Passion Modernistes

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Passion Modernistes propose des interviews de jeunes historiens (en master ou en thèse) qui travaillent sur l’histoire moderne, une période historique qui va de la Renaissance jusqu’à la Révolution française (pour être assez généraliste). Une temporalité plus courte que le Moyen Âge mais aussi très riche en transformations de la société et des territoires.

15 épisodes

26 avril 2020 - 00:39:07
Comment organisait-on l'éducation des enfants pauvres à l'époque moderne en France ? [podcast_subscribe id="498"] [caption id="attachment_1968" align="alignright" width="272"] Aurélie Perret au micro de Passion Modernistes[/caption] Depuis 2015 Aurélie Perret fait une thèse « L’éducation des enfants pauvres dans les villes d’Ancien Régime : Lyon, Rouen et Reims 1659 – 1791 », sous la direction de Albrecht Burkardt à l'université de Limoges. Histoire de l'éducation Son travail consiste en une étude en profondeur de l’éducation donnée aux enfants pauvres. Aurélie traite donc à la fois des écoles et de leurs fondations, des maîtres et des maîtresses, des élèves, des théories pédagogiques, mais aussi, grâce à des sources inédites, elle me propose de rentrer en sein des classes pour traiter la réalité des pratiques enseignantes. Il y a une éducation pour les pauvres dès l'époque moderne. (Aurélie Perret) L’image de l’éducation sous l’Ancien Régime est celle d’une éducation exclusivement cantonnée à la sphère des élites. Dans la pratique, on a affaire à la mise en place de petites écoles de charité à destination des enfants pauvres, filles et garçons, au sein des villes dès la première moitié du XVIIe siècle. Ce phénomène, relativement peu étudié en ce qui concerne l’éducation des filles pauvres, fait face à un vide historiographique conséquent qui amène aujourd’hui à une relecture des sources archivistiques sous l’aspect de l’histoire du genre, mais aussi de l’histoire de l’éducation populaire et de l’histoire sociale. [caption id="attachment_1972" align="alignleft" width="309"] Abraham Bosse, La maîtresse d'école, eau-forte, v. 1638 (source site de la BNF)[/caption] Un réseau d'écoles Dans sa thèse Aurélie Perret travaille surtout sur la ville de Lyon, mais aussi sur Rouen où Nicolas Barré, fondateur de la congrégation des sœurs du saint Enfant Jésus et d’une école de filles pauvres, a eu des contacts avec celui des écoles lyonnaises, Charles Démia. Elle s'est également intéressée à Reims où le prêtre Nicolas Roland, fondateur d’écoles destinées aux enfants pauvres et directeur de conscience de Jean Baptiste de la Salle (fondateur des Frères des écoles Chrétiennes, dévoués à l’éducation des garçons pauvres) a lui aussi eu des contacts avec Nicolas Barré. Ces trois espaces urbains ne sont donc pas choisis au hasard puisque les trois pédagogues principaux de ces villes ont eu des contacts. Les populations cibles de ces petites écoles : les « enfants pauvres » sont également originaires des mêmes milieux socioprofessionnels puisque le contexte urbain est sensiblement le même. [caption id="attachment_1973" align="alignright" width="303"]
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18 mars 2020 - 00:47:54
Comment luttait-on contre les épidémies au XVIIIème siècle en Italie ? [podcast_subscribe id="498"] [caption id="attachment_1890" align="alignright" width="333"] Paul Arthur Tortosa au micro de Passion Modernistes[/caption] Lorsque cet épisode a été enregistré début mars 2020 nous n'avions aucune idée de comment la situation pourrait évoluer dans les prochaines semaines... Cet épisode est publié le mercredi 18 mars, et nous espérons qu'il permettra d'avoir du recul sur la situation, d'observer les évolutions ou les constantes entre le XVIIIème siècle et notre époque contemporaine. La politique face aux épidémies Dans sa thèse, Paul-Arthur Tortosa étudie les politiques de santé publique mises en place dans l’Italie des années 1796-1805, c’est-à-dire sous domination française, mais encore constitué d’États indépendants. Dans cet épisode, nous parlons de comment l'Italie, dans toute sa complexité politique, gérait les épidémies, quelles mesures étaient mises en place ou non. La santé publique et la médecine, c'est de la politique menée par d'autres moyens. Souvent les mesures d’urgence et de luttes contre les épidémies, comme les quarantaines ou les cordons sanitaires, sont des mesures avant tout politiques : de la politique intérieure, pour rassurer la population, et de la politique extérieure, pour rassurer les États voisins. Mais les politiques et les autorités sanitaires sont conscientes des limites de la quarantaine, il s'agit avant tout de mettre en scène l'action du souverain qui protège sa population. La conjonction des épisodes épidémiques et de l’occupation française en Italie entraîne un moment de recomposition des rapports de force : entre les différents États italiens, entre magistratures centrales et périphériques, et entre les sphères médicales et politiques. [caption id="attachment_1891" align="alignleft" width="418"] Edward Jenner pratiquant la première vaccination contre la variole en 1796 (Crédits : Gaston Melingue)[/caption] Qu'est-ce qu'une épidémie au XVIIIème siècle ? La notion d'épidémie est à différencier de celle de l'endémie, une maladie qui touche une population et une région de manière continue dans le temps, comme le paludisme. On peut définir une épidémie comme la hausse de l'incidence d'une maladie dans un espace donné à un moment donné, avec une augmentation de cas. Mais dans cet épisode Paul-Arthur nuance cette définition car le seuil où une maladie devient une épidémie est politique. Après la peste à la fin du Moyen Âge et jusqu'au XVIIème, et avant le choléra au XIXème siècle, le XVIIIème est le siècle de la variole, une forme de très grande varicelle, qui laissait les malades défigurés, et qui touchait toutes les parties de la population (là où la peste touchait plutôt les milieux populaires). Et ce jusqu'au sommet des États, parce que Louis XV notamment est mort de la variole. Mais la connaissance des maladies à l'époque n'était pas aussi développée qu'aujourd'hui, donc une maladie aujourd'hui pouvait avoir plusieurs noms au XVIIIème siècle, comme le paludisme, appelé fièvre tierce ou fièvre intermittente, qui est une des maladies les plu
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31 décembre 2019 - 00:38:13
Dans les hors-séries de Passion Modernistes je vous propose des épisodes un peu généraux sur de grandes thématiques, et aujourd’hui on embarque pour la Méditerranée au XVIIème siècle. [podcast_subscribe id="498"] [caption id="attachment_1754" align="alignright" width="357"] Guillaume Calafat au micro de Passion Modernistes[/caption] Pour parler de la Méditerranée au XVIIème siècle je reçois dans cet épisode Guillaume Calafat. Ancien élève de l’École Normale Supérieure et maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris 1 depuis septembre 2014, il a publié en 2019 l'ouvrage Une mer jalousée. Contribution à l’histoire de la souveraineté (Méditerranée, XVIIe siècle) aux éditions du Seuil. Des puissances rivales Au XVIIème siècle une grande partie des États européens, ainsi que l'empire Ottoman, s'affrontent pour avoir des parts de marché sur le monde méditerranéen, qui reste un espace important au XVIIème siècle avec de nombreuses villes et un taux d'urbanisation élevé. Ses puissances règnent grâce à leurs flottes marchandes et militaires qui se déploient en Méditerranée, accueillies par les ports pour leurs marchandises et par leurs conquêtes. Le concept de souveraineté va définir les États au XVIIème et au XVIIIème siècle, il va venir de la mer, et il est crucial pour comprendre la politique moderne. La Méditerranée est un espace d'affrontements, où il est dangereux de naviguer à cause de la présence des corsaires (par exemple ceux de Salé auxquels le podcast Radio Maarif a consacré un épisode) et des flottes des États rivaux, par exemple lors de la guerre de Trente Ans. Les enjeux pour la France Pour la France, un des enjeux en Méditerranée est le port de Marseille, qui connaît au XVIIème siècle une croissance importante, avec des marchands marseillais qui négocient jusqu'au Levant. Le royaume octroie notamment à Marseille un édit d'affranchissement en 1669 qui abaisse les barrières douanières à l'entrée du port et organise un monopole commercial. La France s'appuie aussi sur un réseau de petits ports provençaux comme Saint-Tropez, Antibes, Saint-Raphaël ou encore Toulon. Pour aller plus loin sur le sujet nous vous conseillons aussi d'écouter cette émission de La Fabrique de l'histoire sur France Culture à propos de l'histoire du commerce. Ce très beau générique a été réalisé par Julien Baldacchino (des podcasts Stockholm Sardou, Radio Michel, Bulle d’art…) et par Clément Nouguier (du podcast Au Sommaire Ce Soir), merci beaucoup à eux !
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27 novembre 2019 - 00:36:33
Plongez dans la micro histoire dans cet épisode, dans la Franche Comté au XVIIème siècle ! [podcast_subscribe id="498"] [caption id="attachment_1726" align="alignright" width="277"] Elodie Lemaire au micro de Passion Modernistes[/caption] Un début d’après-midi du 10 janvier 1689 en Franche Comté, le curé Bennenot met fin à ses jours dans sa maison curiale de Pompierre. Il rédige ses derniers mots sur un bout de papier laissé sur la table de son poêle. Quand il revient dans son cabinet, il se tranche la gorge d’abord au rasoir, puis à l’aide d’un grand couteau avec en poche une pâte de Rome et devant lui son crucifix. Pourquoi ce curé s’est suicidé ce jour là, dans une seigneurie entre Besançon et Montbéliard ? Et comment cette histoire peut nous éclairer du point de vue historique ? Elodie Lemaire a consacré son mémoire de Master 2 d'histoire moderne à l'étude du procès qui a fait suite au suicide du curé Sébastien Bennetot. Soutenu en juillet 2019 sous la direction de Anne Bonzon, ce mémoire sert aussi à dresser le portrait de la seigneurie de Clerval au XVIIème siècle. Elodie a cherché à comprendre l’environnement dans lequel a évolué pendant un an Sébastien Bennenot et duquel viennent tous les producteurs de sa source. Un curé dans une seigneurie en tension Elodie raconte dans l’épisode une seigneurie en proie aux conflits, déstabilisée par la guerre et l’absence de son seigneur, au moment-même où la société d’Ancien Régime connaissait de profondes mutations : recul du seigneur, prise de pouvoir de la bourgeoisie, réforme du clergé. Marqués par la mentalité comtoise, tiraillés entre deux territoires, les Clervalois ont ainsi développé une identité affirmée dans des temps difficiles. C’est dans ce contexte général qu’en 1689, Sébastien Bennenot se suicide, considéré comme fou mélancolique par ses proches. [caption id="attachment_1727" align="aligncenter" width="713"] Le mot laissé par le curé Sébastien Bennenot avant son suicide en 1689[/caption] Pour aller plus loin sur le sujet voici une bibliographie sélectionnée par Elodie : Sur la Franche Comté : GRESSET Maurice, GRESSER Pierre et DEBARD Jean Marc, Histoire de l’annexion de la Franche-Comté et du pays de Montbéliard, Le Coteau, Horvath, 1988. VERNUS Michel, La vie comtoise au temps de l’Ancien Régime (1) : XVIII e siècle, FeniXX, 1983. Sur le suicide : MINOIS Georges, Histoire du suicide : la société occidentale face à la mort volontaire, Paris, Fayard, 1995. REGINA Christophe, « Se délivrer soi-même de la vie », Rives méditerranéennes, 44, 15 février 2013, p. 107-123. ORTOLANI Marc, « Le procès au cadavre du suicidé au XVIIIe siècle. Deux exemples provençaux », Historia et ius - Rivista di storia giuridica dell’età medievale e moderna (www.historiaetius.eu), 2016. Sur la figure du curé de campagne
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25 octobre 2019 - 00:33:47
Quelle est la place du duché de Lorraine par rapport au Saint-Empire au XVIIIème siècle ? [podcast_subscribe id="498"]   [caption id="attachment_1658" align="alignright" width="336"] Jérôme Jacobé (© Fanny Cohen Moreau)[/caption] En juin 2019, Jérôme Jacobé a soutenu un mémoire sur "Le duché lorrain et sa pratique de l’appartenance impériale à travers la diplomatie" à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne, sous la direction de Christine Lebeau. Un duché de Lorraine entre deux grands pouvoirs A la fin de la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697), le duc de Lorraine Léopold retrouve ses duchés qui ont été annexés par la monarchie française depuis le milieu du XVIIème siècle. Au début de la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), le prince lorrain tente de maintenir une stricte neutralité à l’égard de ses deux parents que sont Louis XV et l’Empereur Léopold. Néanmoins, cela ne l’empêche pas de formuler de vastes projets diplomatiques en lien avec ses revendications successorales sur le duché de Montferrat. A travers l’étude d’un de ses envoyés extraordinaire à la diète de Ratisbonne, Jérôme Jacobé a travaillé sur comment le duché lorrain a tâché de rappeler son appartenance au Saint-Empire. Celle-ci est certes ambiguë mais s’appuie sur une multitude de liens et de définitions juridiques floues utilisée à dessein afin de se présenter comme membre de l’Empire pour obtenir une protection diplomatique. [caption id="attachment_1659" align="alignleft" width="301"] Léopold Ier duc de Lorraine[/caption] Un envoyé extraordinaire La trajectoire de Gaspard de Henckelman, l’envoyé extraordinaire de Léopold Ier et l’étude des documents juridiques permettent de comprendre comment se construit à travers la diplomatie une pratique de l’appartenance impériale originale. Elle est cependant caractéristique de cet ensemble complexe qu’est le Saint-Empire où se juxtaposent plusieurs types de droits et des princes possédant différents statuts. Pour en savoir plus sur cet épisode Jérome vous conseille les lectures suivantes : GANTET Claire, LEBEAU Christine, Le Saint-Empire (1500-1800), Paris, Armand Colin, 2018. NOEL Jean François, Le Saint-Empire, Paris, PUF, 1986 BRETSCHNEIDER Falk, DUHAMELLE Christophe, Le Saint-Empire, histoire sociale, Paris, Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme, 2018. BRAUN Guido, La connaissance du Saint-Empire en France 1643-1746, Munich, R. Oldenbourg Verlag, 2010. BRAUN Guido, Du Roi-Soleil aux Lumières : l’Allemagne face à l’Europe française (1648-1789), Villeneuve-d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2012. Sur la Lorraine : VIGNAL SOULEYREAU Marie-Catherine, Richelieu et la Lorraine, Paris, L’Harmattan, 2004. MOTTA Anne, Noblesse et pouvoir dans la Lorraine ducale (1624-1737), Paris, Classiques Garnier, 2015. MOTTA Anne (dir.), Échanges, passages et transferts à la cour du duc Léopold (1698-1729), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2017. MCCLUSKEY Phil, Absolute monarchy on the frontiers : Louis XIV’s military occupations of Lorraine and Savoy, Manchester, Manchester-Univer
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29 septembre 2019 - 00:29:58
Comment chassaient les chasseurs dans la vallée du Mississippi aux XVIIème et XVIIIème siècle ? [podcast_subscribe id="498"] [caption id="attachment_1598" align="alignright" width="304"] Elise Retoré au micro de Passion Modernistes[/caption] En septembre 2018 Elise Retoré a soutenu un mémoire sur le sujet "La chasse dans la vallée du Mississippi (1672 –1770): Acteurs, pratiques et territoires", sous la direction de Gilles Havard à l’École des Hautes Études en sciences sociales. Dans son mémoire elle a interrogé l’enjeu de l’entrée de la chasse pour mieux comprendre la société coloniale louisianaise et plus généralement l’histoire de l’espace mississippien au XVIIIème. Elle s'est aussi intéressée aux modalités d’interactions entre les différents acteurs participant via cette activité : les colons, les Amérindiens et les esclaves africains, en essayant à l’intérieur de ces groupes de d istinguer les pratiques masculines mais aussi féminines. A travers ses recherches Elise Rotoré a tenté de proposer une histoire totale de la chasse en Louisiane française et d’envisager la pratique cynégétique du point de vue tant social et culturel, qu’économique et politique, et de l’étudier à différentes échelles. Aussi, son mémoire a été pensé dans la continuité des recherches et des idées de son directeur de recherche (elle a trouvé mon sujet dans son ouvrage Histoire des Coureurs de Bois, paru en 2016) mais elle a tenté d’innover en intégration à sa réflexion l’histoire environnementale, notamment aux rapports entre hommes et animaux. Elle a d’ailleurs choisi de considérer ces derniers comme des acteurs historiques à part entière car dotés d’une agentivité. [caption id="attachment_1601" align="alignleft" width="412"] Carte de la Louisiane et du cours du Mississippi, dressée à partir d'un grand nombre de mémoires, dont ceux de Monsieur Le Maire, par Guillaume de L'Isle de l'Académie royale des sciences[/caption] Pour en savoir plus sur cet épisode Elise vous conseille les lectures suivantes :  HAVARD Gilles, VIDAL Cécile, Histoire de l’Amérique française, Paris, Flammarion, 2014, 863 p. SALVADORI Philippe, La chasse sous l’Ancien régime, Paris, France, Fayard, 1996, 462 p. BUTEL Paul, Les Caraïbes au temps des flibustiers: XVIe-XVIIe siècles, Paris, France, Aubier Montaigne, 1982, 299 p. HAVARD Gilles, Histoire des coureurs de bois: Amérique du Nord, 1600-1840, Paris, France, Les Indes savantes, 2016, 885 p. JACQUIN Philippe, Les Indiens blancs: Français et Indiens en Amérique du Nord (XVIe-XVIIIe siècle), Paris, France, Payot, 1987, 310 p. DELÂGE Denys, « Vos chiens ont plus d'esprit que les nôtres » : histoire des chiens dans la rencontre des Français et des Amérindiens », Les Cahiers des Dix, 59, 2005, p. 179-215.
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31 août 2019 - 00:25:22
Comment les bourgeois se divertissent au XVIIème et XVIIIème dans leur quête de noblesse ? [podcast_subscribe id="498"] [caption id="attachment_1496" align="alignright" width="321"] Thomas Fressin[/caption] Lors de l'enregistrement de ce podcast, Thomas Fressin était en troisième année de thèse à l'université Côte d’Azur. Son sujet : “Des bourgeois en quête de distinction : Les chevaliers des nobles jeux de l’arc, de l’arbalète et de l’arquebuse. (XVIIe-XVIIIe s.)”, sous la co-direction de Pierre-Yves Beaurepaire & Hervé Drévillon.   Une nouvelle forme de sociabilité A partir du XVIIe siècle, l'Europe connait une "révolution associative" majeure, où de nouveaux espaces de convivialité et de sociabilité restreinte émergent. C'est durant cette période qu'apparait également, dans le milieu urbain, une forme de sociabilité méconnue : les compagnies privilégiées de la milice bourgeoise. Choisissant de s'exercer à un noble jeu, c'est-à-dire l'arc, l'arbalète et l'arquebuse, mais également la couleuvrine, du canon, de l'épée, du pistolet ou encore de la navigation, ces institutions s'affilient à l'histoire des anciennes confréries militaires des villes, nées au Moyen Âge des libertés urbaines et de l'obligation de se défendre par ses propres moyens.   Des compagnies privilégiées Trouvant une place particulière au sein des milices bourgeoises, ces compagnies sont privilégiées par de nombreuses patentes. Elles finissent par se distinguer des compagnies ordinaires de la milice urbaine sur lesquelles elles exigent le pas. Nous les retrouvons sur une grande partie du royaume de France, sans tenir compte de la hiérarchie urbaine, des villes bien peuplées comme Caen à des petites villes comme Sézanne en Champagne. Bien que les chevaliers des nobles jeux tentèrent de conserver leurs statuts particuliers, l'Assemblée nationale finit par dissoudre ces compagnies privilégiées, par décret du 12 juin 1790. Une fois fondues dans la garde nationale, quelques mois plus tard, l'Assemblée nationale finit par faire de leurs meubles et immeubles des biens nationaux. Il faut alors attendre le premier Empire pour que de nouvelles compagnies des nobles jeux se reconstituent selon les anciens usages. Pour parler de ses recherches au quotidien, Thomas Fressin a ouvert un compte Twitter spécialement dédié à sa thèse, ainsi qu'un compte de chercheur personnel. [caption id="attachment_1495" align="aligncenter" width="600"] Le tir aux buttes, ou Le tir à l'arc aux berceaux. Toile attribuée à TENIERS David, 17e siècle, Musée de l'Archerie et du Valois[/caption] Pour en savoir plus sur cet épisode Thomas vous conseille les lectures suivantes : Pierre-Yves BEAUREPAIRE. Nobles jeux de l’arc et loges maçonniques dans la France des Lumières : enq
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31 juillet 2019 - 00:48:52
Saviez-vous que New York était d'abord une colonie néerlandaise ? Et pourquoi la ville s'appelle ainsi ? [podcast_subscribe id="498"] [caption id="attachment_1427" align="alignright" width="325"] Virginie Adane[/caption] Après une maîtrise d'histoire consacrée à la vision de l'Amérique qu'avait l'Europe au XIXème siècle, Virginie Adane s'est lancée dans une thèse, soutenue en 2017, intitulée "Genre, pouvoir et relations marchandes dans une société coloniale multiculturelle. Nouvelle-Néerlande, New York (1630-1730)". Virginie était fascinée par le choix de ces personnes de tout plaquer pour aller vivre sur un continent inconnu et elle voulait se plonger dans les racines de l'Amérique et des colonies. La Nouvelle-Néerlande, terrain peu étudié Colonie fondée à partir de 1624 autour de la vallée de l’Hudson et de l’île de Manhattan, la Nouvelle-Néerlande est une colonie néerlandaise dans un monde colonial anglais, formée autour de la traite des pelleteries. La société coloniale est marquée par sa diversité, faisant se côtoyer des populations européennes, amérindiennes et afro-caribbéennes. À partir de 1664, la colonie connaît un changement de souveraineté, devient New York et est intégrée à l’empire anglais. En un siècle, une société nouvelle a émergé, s’est construite et transformée. Dans sa thèse, Virginie Adane a analysé le rôle des normes et relations sociales entre hommes et femmes dans la construction de cette société et a envisagé la façon dont ces normes et ces relations construisent un ordre social et  informent les échanges marchands. Une nouvelle société américaine La société de Nouvelle-Néerlande est caractérisée, dès les premières années de l’installation coloniale, par sa diversité culturelle et religieuse, ainsi que par la diversité des projets coloniaux. Parmi ces projets, la mise en place d’un peuplement familial pose la question des normes familiales et de genre au cœur de la formation de la société nouvelle. Ces normes constituent l’armature de base de l’ordre colonial et d’une volonté de faire société, par l’imposition, la transposition ou l’adaptation de prescriptions quant au comportement sexué. Pour les administrateurs, la conformité et le respect des normes de genre étaient conçus comme un garant d’ordre social. Du reste, l’aspiration et l’adaptation à ces normes est aussi le fait des des colons eux-mêmes. [caption id="attachment_1429" align="alignleft" width="449"] Novi Belgii Novaeque Angliae… (Carte de la Nouvelle-Belgique ou Nouvelle-Hollande), 1685, par Nicolaes Visscher[/caption] Cet attachement permet de comprendre, paradoxalement, l’apparente violence des rapports sociaux et l’importante judiciarisation des pratiques sociales. Virginie a voulu montrer que la Nouvelle-Néerlande était, au contraire, une société très normée. Avec le changement de souveraineté, les questions de masculinité, de féminité et des rôles et des relations qui y sont associés ont été au cœur du processus de domination et d’imposition d’un nouvel ordre colonial. Elle a ainsi observé une prise en charge plus marquée de la régulation des crimes moraux – prostitution, adultè
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5 juillet 2019 - 00:39:22
Qu'est-ce que la noblesse au XVIIème siècle ? Comment se pense-t-elle, comment s'écrit-elle ? [podcast_subscribe id="498"] [caption id="attachment_1357" align="alignright" width="299"] Camille Pollet[/caption] Camille Pollet vient de finir sa thèse sur le sujet "Définir la noblesse. Écriture et publication des traités nobiliaires en Angleterre, en France et en Espagne au XVIIe siècle". A la fois à l'université de Nantes et au Grihl à l'EHESS, il était sous la direction de Yann Lignereux et de Dinah Ribard. Un traité nobiliaire est un livre savant sur le thème de la noblesse, et Camille confie être un des premiers à utiliser ce terme pour différencier des traités sur la noblesse ou des manuels de courtoisie et de cour. Beaucoup de gens au XVIIème siècle ne lisent pas, mais pour ceux qui le peuvent ces traités permettent d'apprendre l'histoire de la noblesse, de transmettre des valeurs et des traditions. "Ces livres ont une fonction sociale indépendamment de leur lecture", comme on peut le voir dans le tableau de Jan van Belcamp (voir ci-dessous), "le livre devient un symbole de noblesse". Le contexte politique et intellectuel au XVIIème siècle Le XVIIème siècle est une époque foisonnante du point de vue intellectuel et de l'écrit, avec des personnalités comme Gallilé, Spinoza, Corneille, Molière, ou encore Cervantes en Espagne. En France est fondée l'Académie française à l’initiative de Richelieu en 1635, et le développement de l'écriture est directement lié à l'affirmation de l’État et de la monarchie absolue. En Angleterre, au niveau politique, deux guerres civiles qui opposent les Stuart au Parlement et à la noblesse. Et en Espagne, le pays connaît une période de déclin, notamment avec la perte du Portugal et de nombreuses révoltes. Ce déclin s'incarne dans la personnalité de Charles II, qui meurt sans héritier, conduisant à la guerre de succession d'Espagne. Dans ces trois pays, la monarchie façonne la noblesse et donne des titres et des droits à la noblesse, avec le Bill of Rights en Angleterre par exemple en 1689, et l'édit de la Paulette en France en 1604. La notion de noblesse au XVIIème siècle Camille Pollet a travaillé sur plus de 160 traités nobiliaires, rédigés entre 1590 et 1715 par des auteurs qui écrivent en français, anglais et espagnol. Et parmi eux on retrouve deux femmes, une anglaise et une espagnole, alors que la pratique de l'écrit par les femmes est mal vue par les moralistes de l'époque. [caption id="attachment_1356" align="aligncenter" width="741"] VAN BELCAMP Jan, Le Grand Portrait, 1646, la famille d'Anne, baronne de Clifford[/caption] Au XVIIème siècle la notion de noblesse est débattue, que ce soit en France, en Angleterre ou en Espagne, il n'y a pas de consensus. Néanmoins plusieurs critères reviennent, comme celui de l'ancienneté, la naissance, les qualités morales... Détail important, un livre publié et imprimé et que l'on peut étudier aujourd'hui est p
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26 mai 2019 - 00:28:56
Comment se passaient les mariages à la cour de Louis XIV ? Plongez la tête la première dans les festivités et les archives ! [podcast_subscribe id="498"] Dans cet épisode on vous propose un petit voyage mental à la période faste de la cour de Versailles : imaginez la Galerie des glaces du château de Versailles, les chambres somptueuses, les grands jardins... Et bien sûr Louis XIV, un des rois de France les plus connus à travers le monde. [caption id="attachment_1283" align="alignright" width="347"] Noémie Arnaud[/caption] Des mariages à Versailles Dans le cadre d'un master 2 Recherche-Agrégation Civilisation des temps modernes à l’université Paris Sorbonne, Noémie Arnaud a réalisé un mémoire sur le sujet “Des mariages à la cour de Versailles : le cas des légitimés, 1692", sous la direction de Lucien Bély. Elle a étudié les mariages des enfants légitimés de Louis XIV, et plus particulièrement ceux qui se sont déroulés à un mois d’intervalle durant l’année 1692. Il s’agit du mariage du duc de Chartres (le neveu du roi) et de Mlle de Blois II (dernière fille du roi et de Mme de Montespan) qui s’est déroulée les 17 et 18 février, et de l’union du duc du Maine (fils ainé du roi et de Mme de Montespan) et de Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé (princesse du sang), qui a eu lieu les 18 et 19 mars. Des festivités remarquables Dans cet épisode, Noémie Arnaud raconte sur travail sur les dispositions légales des mariages, sur le cérémonial, et les à côtés des mariages, comme les festivités et les repas de noce. A la Cour, le mariage est un évènement capital, tant financier que social, politique et mondain. Les mariages de 1692 s’inscrivent dans la politique de promotion sociale que mène Louis XIV à l’égard de ses enfants légitimés, et plus particulièrement de ses filles, tout en étant un prétexte au déploiement de festivités remarquables, montrant les largesses et la magnificence royale. Les mariages en général, dont ceux de 1692, sont également l’une des facettes de la représentation royale, renforçant à la fois la cohésion familiale – à travers des alliances internes au sein de la famille large – et les liens du sang. Sur le sujet des bâtards de princes vous pouvez écouter l'épisode de Passion Médiévistes sur le sujet, dans la famille des Bourbon à la fin du Moyen Âge. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet voici les conseils bibliographiques de Noémie : [caption id="attachment_1277" align="alignleft" width="383"] Chapelle royale de Versailles © Jean-Marc Manaï[/caption] Sur les mariages : BOLOGNE. J.-C, Histoire du mariage en Occident, Paris, Hachette, 1997. CRESCENZO, R, ROIG-MIRABDA. M, ZAERCHER. V (dir), Les mariages dans l’Europe des XVIème et XVIIème siècles : réalités et représentations, 2 tomes, Nancy, PUN2, 2002. GAUDEMET. J, Le mariage en Occident, Paris, Cerf, 1987. Sur la société du Grand siècle : AVIGNON. C (dir), Bâtards et bâtardise dans l’Europe médiévale et moderne, Rennes, PUR, 2016. BELY. L, La société des Princes, XVIème-XVIIIème siècles, Paris, Fayard, 1999. Sur les représentations et les fêtes : APOSTOLIDES. JM, Le roi-machine. Spectacle et politique au temps de Louis XIV, Paris, ed.
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27 avril 2019 - 00:43:40
Dans ce quatrième épisode Antoine vous parle de la ville de Caen au milieu du XVIème siècle, lors des guerres de religion. [podcast_subscribe id="498"] Pendant longtemps l'historiographie a considéré qu'il n'y avait pas eu d'épisode "protestant" à Caen. Pourtant dans ces recherches Antoine Dauvin a démontré qu'il y a bien eu un courant de pensée différent du catholicisme traditionnel dans la deuxième ville de Normandie. [caption id="attachment_1228" align="alignright" width="329"] Antoine Dauvin[/caption] L'histoire de Caen réétudiée En sixième année de thèse au moment de l'enregistrement de l'épisode, Antoine raconte son travail sur "Les gouverneurs de Caen, la Ville et le Roi durant les guerres de Religion (1562-1598)". Les registres protestants de cette ville sont étonnamment bien conservés et laissent entendre que les élites civiles de Caen (municipalité, juges, baillis ...) sont majoritairement acquis à la Réforme à partir des années 1540. Le gouverneur de Caen lui, parce qu'il est choisi par le roi, est toujours catholique et souvent intransigeant. Immanquablement, un rapport de force s'établit entre les gouverneurs et le corps de ville de Caen. Aux nombreuses querelles liées à l'application des ordres royaux s'ajoute un climat de méfiance et d'hypocrisie entre les deux administrations. L'histoire d'un Béarnais nommé à Caen Antoine raconte dans l'épisode la montée des tensions dans la France et à Caen, les épisodes iconoclastes des années 1562-1563 et surtout par la reprise en main autoritaire de la ville à partir de l'édit d'Amboise. Il met en évidence des éléments qui contredisent l'image d'une ville et d'une population apaisées et spectatrice des violences extérieures, en insistant sur la persécution systématique des élites civiles caennaises sous Charles IX (1563-1574). Il travaille beaucoup sur la personnalité ardente du gouverneur de l'époque, Raymond de Laguo, plutôt méconnu jusqu'à lors. Un important tournant concerne l'explosion de la Saint-Barthélemy parisienne (24 août 1572), dont les répercussions à Caen sont plus importantes qu'on ne le pense généralement... Un doctorant guide En parallèle de sa thèse, Antoine est médiateur culturel et guide-conférencier à l’Abbaye-aux-Dames à Caen. Il fait découvrir l'ancien monastère et église abbatiale, fondé par la reine Mathilde au Moyen Âge. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet voici les conseils bibliographiques d'Antoine : [caption id="attachment_1231" align="alignleft" width="459"] "Le vray pourtraict de la ville de Caen", dans Belleforest François, La Cosmographie universelle de tout le monde, Paris, Nicolas Chesneau, 1575.[/caption] Sur les guerres de Religion: Leroux Nicolas, Les guerres de Religion 1559-1629, Paris, Belin, 2011. (Une des meilleures références sur le sujet, clairement exposé et bien illustré) Carpi Olivia, Les guerres de Religion (1559-1598): un conflit franco-français, Paris, Ellipses, 2012. (Un bon ouvrage pour une présentation globale et fluide du conflit et de ses principaux
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24 mars 2019 - 00:34:38
Dans ce troisième épisode Johana vous parle de la professionnalisation des sages-femmes en Alsace au XVIIIe siècle. [podcast_subscribe id="498"] [caption id="attachment_1129" align="alignright" width="286"] Johana Figliuzzi[/caption] Johana Figliuzzi termine en 2019 son master 2 Sciences et société à l'université de Strasbourg. Elle travaille pour son mémoire sur la professionnalisation des sages-femmes en Alsace au XVIIIème siècle, sous la direction Isabelle Laboulais. Avec ses recherches elle veut montrer comment la transformation de l'activité de sage-femme, qui passe d'un service rendu à la communauté à une profession surveillée, s'accompagne d'un contrôle social de la part de l'État, de l'Église et des médecins. Elle a chois choisi l'Alsace pour la proximité des sources et parce que la ville de Strasbourg est la première à ouvrir une école de sages-femmes en France après l'Hôtel-Dieu de Paris. De plus, les sages-femmes y sont nombreuses au XVIIIe siècle en raison de la présence de familles catholiques et protestantes. La formation des sage-femmes Son mémoire aborde plusieurs points : tout d'abord la construction d'un discours sur les sages-femmes pour justifier la nécessité de les surveiller et de les former. Ensuite, la formation et du recrutement comme moyen de contrôle. Enfin, l'activité concrète des sages-femmes dans la communauté, de leur rôle médical, social et religieux, mais aussi des conflits entre les sages-femmes. Johana cherche à critiquer l'idée selon laquelle la formation des sages-femmes au XVIIIe siècle est le résultat d'une "modernisation" de la médecine et des pratiques, qui s'impose nécessairement face à l'ignorance des sages-femmes des campagnes en particulier. Dans cet épisode vous apprendez notamment que c'est lorsque les hommes médecins ont commencé à accoucher des femmes au XVIIIème siècle que les accouchements accouchées allongées. Pour aller plus loin sur le sujet Johana vous conseille la bibliographie suivante : [caption id="attachment_1132" align="alignleft" width="310"] Chaise d'accouchement pliable du musée de l'hôpital universitaire de Strasbourg. Fin du XIXe siècle. Utilisé par une sage-femme itinérante[/caption] Sur les sages-femmes en Alsace : BOEHLER Jean-Michel, « "Sages-femmes de nos aïeules, qui êtes-vous donc ?" 22 accoucheuses rurales en Alsace moyenne au XVIIIe siècle », Société d’histoire et d’archéologie de Dambach-la-Ville, 33, 1999 (une bonne référence sur les sages-femmes des campagnes, avec une riche analyse sur leur professionnalisation). Lefftz Jean-Pierre, L’art des accouchements à Strasbourg et son rayonnement européen de la Renaissance au Siècle des Lumières : un des plus beaux fleurons de la médecine, Editions Contades, Strasbourg, 1985. (pas très objectif mais il explique bien le fonctionnement de l'école d'accouchement de l'hôpital civil). Lichtie Josie, Schneider Malou, Le puits et la cigogne : traditions liées à la naissance dans les familles juives et chrétiennes d’Alsace, Les musées de Strasbourg, Musée alsacien, Strasbourg, 2002. (très bon ouvra
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17 février 2019 - 00:31:03
[podcast_subscribe id="498"] Dans ce deuxième épisode du podcast Antoni vous raconte comment était faite la bière à l'époque moderne. [caption id="attachment_1093" align="alignright" width="301"] Antoni Cala[/caption] Antoni Cala a réalisé en juin 2018 un mémoire sur les techniques de fabrication et de conservation de la bière du XVème au XVIIIème siècle. Il était sous la direction de Danielle Arribet-Deroin à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne. En France on s’est beaucoup intéressé à la question du vin et du pain mais assez peu à celle de la bière, donc pour Antoni il était nécessaire de s’intéresser à la bière. Cette boisson est pourtant assez commune et présente dans la culture populaire. Antoni a la particularité d'avoir fait un master d’archéologie, science cousine de l’histoire, qui se focalise plutôt sur la matérialité. Il s'est donc concentré sur la matérialité des techniques, en étudiant notamment des manuels et traités. Antoni explique dans l’épisode les procédés technique de la fabrication de la bière, étape par étape, en détaillant les différents évolutions au cours des siècles. Il rapporte notamment les querelles entre les Français et les Anglais sur cette fabrication, et fait une mise au point sur les bières dites “historiques”. Dans cet épisode vous apprendrez que faire de la bière était l’apanage des femmes au Moyen Âge, et si à l’époque moderne le brassage reste encore une activité féminine et domestique, avec l’industrialisation la fabrication passera aux mains des hommes [caption id="attachment_1094" align="alignleft" width="234"] Une des bouteilles de bière de l'épave du Sydney CoveQueen Victoria Museum & Art Gallery, Launceston, 1992.[/caption] Pour en savoir plus voici quelques ouvrages que vous conseille Antoni : D'Apligny, M. L. P., 1783. Instructions sur l'art de faire la biere : au moyen desquelles chaque particulier peut faire cette boisson chez lui, à peu de frais, & dans la plus grande perfection. Paris: Serviere. Diderot, D., 1752. « Brasserie ». Dans: L'Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des mrts et métiers. Paris: s.n., p. 400. Ellis, W., 1737. The London and Country Brewer. Londres: J. & J. Fox. Bennett, J., 1996. Ale, Beer, and Brewsters in England. New York (NY): Oxford University Press. Unger, R., 2004. Beer in the Middle Ages and Renaissance. Philadelphie (PE): University of Pennsylvania Press. Corbin Laain, Le miasme et la jonquille, 2008 En fin d’épisode Fanny vous fait deux recommandations :  L’émission Sur les épaules de Darwin sur France Inter a consacré plusieurs émissions aux origines de la bière, notamment en Mésopotamie Le podcast Binouze USA qui vous parle des bières américaines Les extraits diffusés dans l’épisode : C’est pas sorcier - La bière Le seigneur
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10 février 2019 - 00:31:57
Passion Modernistes RSS jQuery(document).ready(function($) { 'use strict'; $('#podcast-subscribe-button-498 .podcast-subscribe-button').on("click", function() { $("#secondline-psb-subs-modal.modal.secondline-modal-498").modal({ fadeDuration: 250, closeText: '', }); return false; }); }); Dans ce premier épisode de Passion Modernistes, Sophie Blatecky nous parle de Gaston d’Orléans et de l’histoire rocambolesque de son deuxième mariage. Sophie Blatecky Frère de Louis XIII et fils d’Henri IV, Gaston d’Orléans a été pendant un moment candidat au trône de France. Il est connu notamment pour son rôle dans la Fronde, rebelle face à l’autorité royale, le jeune Louis XIV, Anne d’Autriche et le cardinal Mazarin. Mais Sophie s’est surtout intéressée à son deuxième mariage avec Marguerite de Lorraine, la soeur du duc de Lorraine, Charles IV. Son mémoire, soutenu à l’université de Lorraine en 2017 sous la direction de Anne Motta, s’intitule : « Le second mariage de Gaston, duc d’Orléans, avec Marguerite de Lorraine, sœur de Charles IV de Lorraine (1629 – 1643) ». Ce mariage a d’abord été secret, puis révélé, contesté, au cœur de conflits entre la France, la Lorraine et l’Empire. Et finalement confirmé par le Pape et Louis XIII juste avant sa mort. Sophie vous raconte toutes ces péripéties. Pour vous aider à suivre voici ci-dessous un arbres généalogique de Gaston d’Orléans.
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20 janvier 2019 - 00:31:57
Dans ce premier épisode de Passion Modernistes, Sophie Blatecky nous parle de Gaston d’Orléans et de l’histoire rocambolesque de son deuxième mariage. Sophie Blatecky Frère de Louis XIII et fils d’Henri IV, Gaston d’Orléans a été pendant un moment candidat au trône de France, et il est connu notamment pour son rôle dans la Fronde, rebelle face à l’autorité royale, le jeune Louis XIV, Anne d’Autriche et le cardinal Mazarin. Mais Sophie s’est surtout intéressée à son deuxième mariage avec Marguerite de Lorraine, la soeur du duc de Lorraine, Charles IV. Son mémoire, soutenu à l’université de Lorraine en 2017 sous la direction de Anne Motta, s’intitule : « Le second mariage de Gaston, duc d’Orléans, avec Marguerite de Lorraine, sœur de Charles IV de Lorraine (1629 – 1643) ». Ce mariage a d’abord été secret, puis révélé, contesté, au coeur de conflits entre la France, la Lorraine et l’Empire, et finalement confirmé par le Pape et Louis XIII juste avant sa mort. Sophie vous raconte toutes ces péripéties. Pour vous aider à suivre voici ci-dessous un arbres généalogique de Gaston d’Orléans. Arbre généalogique de Gaston d’Orléans Pour en savoir plus voici quelques ouvrages que vous conseille Sophie : CONSTANT Jean-Marie, Gaston d’Orléans, prince de la liberté, Paris, Perrin, 2013 CONSTANT Jean-Marie, GATULLE Pierre (dir.), Gaston d’Orléans, prince rebelle et mécène, Rennes, PUR, 2017 (catalogue de la dernière exposition sur Gaston d’Orléans, avec plein de jolies images) JALABERT Laurent, PENET Pierre-Hypolithe (dir.), La Lorraine pour horizon La France & les duchés, de René II à Stanislas, Milan, SilvanaEditions, 2016 Les extraits diffusés dans cet épisode : Louis XIII of France « Le Juste » La reine Margot, film de 1994 réalisé par Patrice Chéreau Gaston d’Orléans – Le jardin des plaisirs et des chimères
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