Paroles d'histoire

12 abonnés
S'abonner
Un podcast consacré à l'actualité des livres, de la recherche et des débats en histoire

158 épisodes

23 janvier 2019 - 00:49:37
L’invité : William Blanc, historien Le livre : Super-héros, une histoire politique, Montreuil, Libertalia, 2018La discussion : les origines de ce travail sur les super-héros (1’20), et le lien entre médiévalisme et super-héros via la table ronde notamment ; l’imaginaire du château lié aux villains que combattent les super-héros (3’45) ; la fluidité des supports (dessins, films, jeux) à prendre en compte (5’20) ; la naissance de super-héros et leurs créateurs souvent immigrés et progressistes (6’50) ; des premiers comics dotés d’une conscience sociale (8’) ; l’opposition entre les créations d’Edgar Rice Burroughs (Tarzan, John Carter) et les héros de comics comme Superman (9’) ; l’ambiguïté constitutive de ces personnages (11’05) ; Wonder Woman et son créateur original, féministe à son époque, William Marston (13’15) ; l’évolution du personnage et le tournant conservateur qui lui est imprimé (16’) ; la mobilisation antifasciste des super-héros dans la Seconde Guerre mondiale, dont Captain America créé par Jack Kirby, dans un contexte de présence nazie aux États-Unis (17’40) ; les restrictions apportées par la loi française de 1949 et le Comics code de 1954 (22’20) ; les transformations liées aux comics de Marvel dans les années 1960, autour de la présidence Kennedy (26’55) ; la naissance de Black Panther en lien avec le mouvement des droits civiques (30’20) ; les doutes des années 1970 liés à la guerre du Vietnam et au Watergate (35’50) ; le personnage du Punisher, reflet de ces évolutions et symbole du vétéran traumatisé comme d’un changement de rapport aux armes à feu (37’15) ; un désenchantement vis-à-vis de l’État aussi marqué durant la période (41’20) ; les usages récents du Punisher par des soldats ou des policiers (45’30); que se passera-t-il dans Avengers Endgame ? (48’10). Les références citées dans le podcast : – Le podcast Villains de Shea Serrano. – William Blanc, Le Roi arthur , un mythe contemporain de Chrétien de Troyes à Kaamelott en passant par les Monty Python, Montreuil, Libertalia, 2016. – Jill Lepore, The Secret History of Wonder Woman, Random House, 2015.
like podcast

16 janvier 2019 - 00:46:56
Les invitées : Danièle Voldman et Annette Wieviorka, Le livre : Tristes grossesses. L’affaire des époux Bac (1953-1956), Paris, Seuil, 2019. La discussion : présentation rapide de l’affaire des époux Bac ; le contexte des années 1950 et d’un drame familial lié à une forme de misère sociale ; un « drame du Baby-Boom » (Annette Wieviorka) ; retour sur la loi de 1920 qui interdisait la contraception et sa « propagande » et renforce la répression de l’avortement ; les failles des pratiques contraceptives à l’époque ; les avancées d’autres pays en la matière, et le parcours de la gynécologue Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé ;  des procès qui révèlent une justice plutôt équilibrée, et soucieuse de ne pas dédouaner le mari de ses responsabilités ; le parcours carcéral des époux ; un arrière-plan à l’affaire : le catholicisme encore enraciné dans la France des années 1950 ; la convergence conservatrice en matière de contraception du monde médical, de l’Église catholique, mais aussi du parti communiste ; le rôle du journaliste Jacques Derogy au sein du petit cercle qui commence à militer en faveur de la contraception, et à porter l’affaire sur la place publique dans les pages de Libération en 1955 ; la naissance de l’association Maternité heureuse dans la foulée ; les ressemblances et différences entre les contextes de cette affaire et de la loi Veil sur l’IVG (1975) ; le parcours de l’enquête et les difficultés liées aux sources parfois introuvables et aux dérogations pour consulter les archives ; la dimension personnelle du travail et le fait d’avoir en partie vécu à la même période que cette affaire ; l’écho du  film d’Henri Verneuil avec cette enquête. Le conseil de film : Des gens sans importance d’Henri Verneuil (1956)    
like podcast

15 décembre 2018 - 01:04:46
Les conseils de Dimitri Tilloi d’Ambrosi (histoire antique, à 55 secondes dans le podcast) : * Jean-Paul Demoule, Alain, Schnapp, Dominique Garcia, Une histoire des civilisations (La Découverte/INRAP) * Neil McGregor, Une histoire du monde en 100 objets (Les Belles Lettres) * Véronique Boudon-Millot, Au temps de Galien, catalogue de l’exposition du musée royal de Mariemont (éd. Somogy) * Catherine Virlouvet, Patrice Faure et Nicolas Tran, Rome, cité universelle, de César à Caracalla (Belin) Les conseils de Raphaëlle Leyris (littérature, à 5 minutes 25) : * Philippe Lançon, Le lambeau (Gallimard) * Jérôme Ferrari, À son image (Actes sud) * Agnès Desarthe, La chance de leur vie (Éditions de l’Olivier) Les conseils d’Etienne Anheim (histoire médiévale, à 9 minutes 45) : * Sylvain Piron, L’occupation du monde (Zones sensibles) * Alain Boureau, Le feu des manuscrits (Les Belles Lettres) * Catherine Kikuchi, La Venise des Livres (Champ Vallon) * Maud Ternon, Juger les fous au Moyen âge (PUF) * Dominique Barthélémy, La bataille de Bouvines, Histoire et légendes (Perrin) * Agostini Paravicini Bagliani, Le bestiaire du pape (Les Belles Lettres) Les conseils de Caroline Callard (histoire moderne, dans un café hélas un peu bruyant, à 19 minutes 20) : * Sanjay Subrahmanyam, L’Inde sous les yeux de l’Europe (Alma) * Liesbeth Correns, Confessional Mobility and English Catholics in Counter-Reformation Europe (Oxford UP) * Charlotte Guichard, La griffe du peintre (Seuil / « Univers historique illustré ») * Timothy Tackett, Anatomie de la Terreur (Seuil) Le conseil de Florent Georgesco (essais, à 33 minutes 50) : * Umberto Eco, Sur les épaules des géants (Grasset) Les conseils de Delphine Diaz (histoire du XIXe siècle, à 39 minutes 30) : * Thomas Bouchet, De colère et d’ennui. Paris, chronique de 1832 (Anamosa) * Mathilde Rossigneux-Méheult, Vies d’hospice. Vieillir et mourir en institution au XIXe siècle (Champ vallon) * Michel Biard (et. al.), Déportation et exils des conventionnels (Société des études robespierristes) Les conseils de Pierre Grosser (histoire du XXe siècle / histoire internationale, à 51 minutes) : * Georges-Henri Soutou, La guerre froide de la France (Tallandier) * Sabine Jansen, La boîte à idées de Marianne (Cerf) * Elie Tenenbaum, Partisans et centurions. Une histoire de la guerre irrégulière au XXe siècle (Perrin) * David Reynolds, Vladimir Pechatnov, The Kremlin letters. Stalin’s wartime correspondence (Yale books) * Erez Manela (dir.), The development century. A global history (Cambridge)
like podcast

12 décembre 2018 - 00:40:01
L’invitée : Catherine Kikuchi, maîtresse de conférences à l’université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines, contributrice du site Actuel Moyen âge Le livre : La Venise des Livres, 1469-1530, Champ Vallon, 2018. La discussion : une démarche de recherche qui part de la question des imprimeurs allemands à Venise (1’45) ; la diffusion de l’imprimerie de l’Allemagne rhénane vers Venise au XVe siècle, difficile à retracer (2’45) ; l’espionnage industriel d’un Nicolas Jenson (4’15) ; la nécessité de déconstruire la notion englobante d’« imprimeur » pour approcher ce groupe social et sa complexité (5’30), un métier qui à l’origine n’est pas dans le cadre d’une corporation, posant la question des possibles mobilités sociales (7’40), l’usage des sources et en particulier des colophons, ces marques distinctives à la fin des livres (9’10), la méthode prosopographique, le corpus, et les résultats de l’enquête sur le plan des origines : un monde du livre marqué par la présence d’étrangers (10’10), les enjeux identitaires du fait de se dire « Allemand » ou « Italien » dans le contexte de l’humanisme européen (11′), les liens entre imprimeurs allemands et marchands dans le cadre notamment du Fondaco dei Tedeschi (12’40), la « condition d’incertitude » (S. Cerruti) des étrangers à la fin du Moyen âge (14′), le lectorat de Venise et le marché du livre tel que les sources le dessinent (15’30), les ressemblances et différences avec les livres moins coûteux imprimés à Paris (16′), le livre comme objet de luxe, mais qui devient moins cher et plus accessible au cours de la période (17’25), les spécificités de l’imprimerie comme activité économique, et les gros investissements en capital que cela nécessite, ainsi que la fragilité qui en découle (19’05), les stratégies d’enracinement et de transmission familiales des entreprises (22’40), l’articulation entre tensions (voire violences) et solidarités au sein du groupe (24’15), ce que dit le monde du livre des pouvoirs vénitiens (26’50), les multiples langues et alphabets d’impression (grec, cyrillique, glagolitique…) et les situations que cela recouvre (29’30), les traces de ces imprimeurs dans la Venise d’aujourd’hui, leurs sépultures notamment (34′), les éclairages de l’histoire du livre sur les enjeux contemporains (36’30), la place de cette recherche : histoire moderne, médiévale, du « long Moyen âge » ? et pourquoi le terme de « Renaissance » n’y correspond pas ? (37’20) Les références citées dans le podcast : – Claire Lemercier et Emmanuelle Picard, « Quelle approche prosopographique ? » – Philippe Braunstein, Les Allemands à Venise (1380-1520), Rome, École française de Rome, 2016. – Simona Cerruti, Étrangers. Étude d’une condition d’incertitude dans une société d’Ancien Régime, Paris, Bayard, 2012 – Martin Lowry, Le monde d’Alde Manuce. Imprimeurs, hommes d’affaires et intellectuels dans la Venise de la renaissance, Évreux, Cercle de la Librairie, 1989. Le conseil de lecture : Henri-Jean Martin et Lucien Febvre, L’apparition du livre, 1957
like podcast

5 décembre 2018 - 00:41:27
L’invité : Paul Boulland, ingénieur de recherches au CNRS, Centre d’Histoire Sociale du XXe siècle. L’événement : le site et dictionnaire Maitron passe en libre accès ! La discussion : présentation du Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (0’50) ; la journée Maitron du 5 décembre 2018 et la mise en ligne en libre accès du site et du dictionnaire (1’50) ; la vie, le travail et le militantisme (principalement au PCF) de Jean Maitron (4’00) ; la genèse du projet de dictionnaire dans les années 1950 (8’40), et sa dimension initiale d’histoire mondiale ; autour du « Maitron » et de la revue Le mouvement social, l’entrée de l’histoire sociale et ouvrière à l’université dans les années 1960-1970 (10’35) ; un dictionnaire qui fait se rencontrer univers militant et histoire scientifique (13’) ; la « dignification » (Bernard Pudal) du monde ouvrier qui en résulte ; les archives et sources plus denses du XXe siècle et notamment du PCF (19’30) ; l’élargissement du Maitron à d’autres thèmes et corpus, par professions ou moments (cheminots, fusillés de la 2e GM…) ; la place des femmes dans le Maitron, en partie tributaire de leur (in)visibilité dans les sources policières et militantes (25’) ; le passage du dictionnaire papier au CD-Rom puis au site internet (27’15) ; les questions d’indexation et de métadonnées (28’00) ; les usages à venir du Maitron pour les chercheurs-ses et enseignant-e-s du secondaire (31’45) ; un outil historiographique avec la présence de beaucoup d’historien-ne-s dans le Maitron, ainsi que d’artistes (33’35) ; un dictionnaire ouvert et encore en voie d’enrichissement , au-delà de la date butoir de 1968 (34’) ; Les conseils de lecture : Javier Cercas, L’imposteur, Arles, Actes sud, 2015 Michelle Perrot, Mélancolie ouvrière, Paris, Grasset, 2012. Biographie de Lucie Baud sur le Maitron. Paul Boulland, Des vies en rouge. Militants, cadres et dirigeants du PCF (1944-1981), Éditions de l’Atelier, 2016
like podcast

28 novembre 2018 - 00:40:58
L’invitée : Myriam Deniel Ternant, docteure en histoire, enseignante. Le livre : Ecclésiastiques en débauche, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2017. La discussion : les origines du travail, entre représentations littéraires de la sexualité des ecclésiastiques et curiosité pour les mutations religieuses du XVIIIe siècle (1’30), le thème de l’inconduite sexuelle du clergé, qui existe depuis le Moyen âge (5’50), la difficulté d’une mesure diachronique de la « débauche » ou de la « moralisation » du clergé (6’50), le travail mené sur les sources policières parisiennes, et leurs spécificités (8’25), des registres plus ou moins loquaces, au langage inégalement policé (9’20), Paris, observatoire des mœurs et lieu de convergence de clercs d’horizons variés (12’20), les normes de chasteté qui sont censées être observées par le clergé (14’50), une « chasse aux abbés » autour de 1750, aux causes multiples, discutées et compliquées dont le conflit autour du jansénisme (17’30), un arrière-plan troublé par l’attentat de Damiens en 1757 (20’30), le vocabulaire assez vague des rapports d’arrestation et la difficulté d’une étude sérielle (22’15), un corpus où clergé régulier et haut clergé restent peu visibles (23’30), une géographie de la prostitution centrée sur le Palais-Royal, et dont des ecclésiastiques s’échangent les adresses (24’35), un rapport particulier au corps et à la nudité (26’10), des pratiques sexuelles marquées par les attouchements, par la flagellation parfois (27’10), des rapports sexuels avec des prostituées qui alternent avec des pratiques de couple ou de concubinage (29’30), les réactions de la société à ce qui est perçu, parfois, comme déviance ou scandale, et les éléments déclencheurs d’éventuelles poursuites (31’30), les liens entre ces déviances du clergé et la thèse discutée d’une “déchristianisation” au XVIIIe siècle (36’45), la difficulté de mener de front une thèse et l’enseignement dans le secondaire (38′). Sources et références mentionnées dans le podcast : – Boyer d’Argens, Thérèse philosophe, in Patrick Wald Lasowski, Romanciers libertins du xviiie siècle, Paris, Gallimard, 2000 [1748]. – Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris, Genève, Slatkine Reprints, 1979 [1782] – Erica-Marie Benabou, La Prostitution et la police des mœurs au xviiie siècle, Paris, Perrin, 1987. – Robert Muchembled, Les Ripoux des Lumières. Corruption policière et Révolution, Paris, Seuil, 2011. – Clyde Plumauzille, Prostitution et révolution, Paris, Champ Vallon, 2016. Les conseils de lecture : Sylvie Steinberg (dir.), Une histoire des sexualités, Paris, PUF, 2018. Katrina Kalda, Arithmétique des dieux, Paris, Gallimard, 2013.  
like podcast

14 novembre 2018 - 00:42:48
L’invitée : Evelyne Gayme, professeur en lycée, docteure en histoire avec une thèse sur les prisonniers de guerre Le film : La Grande Illusion, de Jean Renoir (1937)           La discussion : les origines du scénario, entre souvenirs de la Grande Guerre, récits du général Pinsard, et expériences du frère du coscénariste Charles Spaak (1’20) ; les accusations de plagiat lors de la sortie du film (4’25) ; le contexte de sortie (4’50) : la France et l’Europe de 1937 ; la politisation de Renoir à l’époque du Front Populaire ; la réception compliquée du film à l’étranger dans les dictatures (6’10) ; un film retiré des écrans durant la Seconde Guerre mondiale (6’50) ; les différentes versions du film et la ressortie compliquée de 1946 (8’35) ; les thèmes du film : rapprochements et cloisonnements entre les êtres et les pays (9’40) ; un passage en revue des différents personnages (10’15) : Maréchal, De Boëldieu, Rosenthal, von Rauffenstein ; les réalités de la captivité militaire, dure et normée (16’45) ; la question des langues de communication et de l’intercompréhension difficile entre personnages (19’10) ; les relations entre geôliers et captifs associant dureté et humanité (22’05) ; les nouvelles (et rumeurs) qui évoquent la guerre (23’30) et le paradoxe d’un film de guerre sans combats ; la mise en scène des rapports sociaux et des repas et discussions (26’45) ; la tension clef du film entre clivages sociaux et clivages nationaux (27’30) ; la séquence du travestissement et la question de l’absence des femmes et du trouble que la guerre provoque dans le genre (28’40) ; le personnage de Rosenthal et le problème de l’antisémitisme qu’il véhicule ou combat (31’40) ; le rapport à la guerre d’un film teinté de pacifisme (35’20) ; l’image complexe des prisonniers dans l’entre-deux-guerres et ensuite (38’35). Les études sur le film : – Olivier Curchod, La Grande Illusion, Paris, Armand Colin, 2005 – Julian Jackson, La Grande Illusion, New York, Palgrave Macmillan/British Film Institute, 2009. Les conseils de visionnage et de lecture (bandes dessinées) : -Jean Renoir, Le caporal épinglé (1962) – FOURNIER et KRIS, Plus près de toi, Paris, Dupuis, collection Aire libre, 2017. – SILLORAY Florent, Le Carnet de Roger, Paris, Editions Sarbacane, 2011. – TARDI Jacques, Moi René Tardi prisonnier de guerre au Stalag II B, Paris, Casterman, 2012. – TARDI Jacques, Moi René Tardi prisonnier de guerre au Stalag II B, mon retour en France, Paris, Casterman, 2014. – RABATÉ Pascal, La Déconfiture, Paris, Futuropolis, 2018.
like podcast

21 novembre 2018 - 00:41:12
L’invitée : Justine Breton, spécialiste des représentations arthuriennes en littérature et au cinéma, professeur à l’ESPE de Picardie Le film : Monty Python, Holy Grail, de Terry Gilliam et Terry Jones (1975) La discussion : le médiévalisme, domaine d’étude des représentations du Moyen âge et de ses déformations (1′), le rôle du roman de Walter Scott, Ivanhoé (1819) dans la cristallisation de ces images (3’10), le contexte de sortie du film et la présence cinématographique du Moyen âge (4′), les origines du projet chez les Monty Python (6’20), les différentes versions du scénario et les conditions cauchemardesques du tournage (9’05), les difficultés spécifiques de Graham Chapman/Arthur (11’40), la subversion des codes chevaleresques (13’05), comme de la narration filmée de l’histoire (15’25), un autre cliché détourné ou subverti, celui des bûchers pour les sorcières (19’15), quand se déroule le film ? Moyen âge générique ou spécifique (22’35), le personnage d’Arthur et son origine historique et littéraire (23’35), l’espace figuré par le film et la présence des Français (25’05), l’antagonisme anglo-français et ses significations : appropriation « française » des motifs arthuriens (26’28) ? l’inachèvement de la quête du Graal, dans le film et dans ses sources (29’50), la mise en scène de la sexualité et de la tentation sexuelle pour Galahad/Michael Palin (32’30), le travail sur l’image médiévale et l’enluminure (34’52), la place du religieux dans le film (36’20). Le château de Doune, où furent tournées une grande partie des scènes du film Les références citées dans le podcast : – Richard Thorpe, Les chevaliers de la Table ronde, 1953 – John Boorman, Excalibur, 1981 – Michel Pastoureau, L’ours, histoire d’un roi déchu, Paris, Seuil, 2007 – T. H. White, The once and future king, Collins, 1958 – Justine Breton et Florian Besson, Kaamelot, un livre d’histoire, Paris, Vendémiaire, 2018. Les conseils de lecture : – Graham Chapman, A liar’s autobiography, 1980 – Eric Idle, Always look on the bright side of life, 2018
like podcast

7 novembre 2018 - 00:47:27
L’invité : Arndt Weinrich, chercheur à l’Université Paris-Sorbonne La discussion : la dimension franco-allemande du 11 novembre 2018 et sa perception en Allemagne (1:00), les crispations que cela suscite et la place de la “victoire” dans les commémorations (3;10), la faible importance du 11 novembre par rapport au 9 novembre en Allemagne (6:40), un bilan global du centenaire allemand (9:05), le succès du livre de Christopher Clark, qui participe d’une « normalisation » du passé allemand (11:00), un parallèle entre le contexte de réception du livre de Daniel Goldhagen sur le nazisme, et celui de Clark sur 1914 (14:35), les parutions marquantes dans le champ historiographique allemand, synthèses plus que monographies (17:00), les variations régionales de la mémoire de la Grande Guerre en Allemagne (20:20), le mémorial franco-allemand du Hartmannswillerkopf (21:25), la mémoire très vive des mutins de la marine en 1918 à Kiel (22:15), le contraste avec les commémorations des mutineries françaises (24:25), la disproportion est-ouest de la mémoire avec la difficulté plus grande de commémorer le front oriental (26:40), l’absence complète de la dimension coloniale dans les mémoires allemandes de la guerre, et le contraste avec le cas français (29:50), la question des civils et du blocus paradoxalement pas très présente non plus (32:25), les formes de révisionnisme historique appliquées à la question des atrocités allemandes lors de l’invasion de la France et de la Belgique (34:30), la question des continuités ou ruptures entre Grande Guerre et nazisme, aujourd’hui envisagée de façon bien moins linéaires, y compris pour la question du traité de Versailles, et le « masochisme français » à ce propos (37:40), la place des historiennes et des historiens dans l’espace public au moment du centenaire, de part et d’autre du Rhin (42:15). Les lieux et les références citées dans l’émission (par ordre alphabétique d’auteurs, on indique autant que possible les traductions françaises et anglaises d’ouvrages allemands) : – Observatoire du centenaire (Université Paris-I) – Encyclopédie de la Grande Guerre 1914-1918 online – Mémorial franco-allemand du Hartmannswillerkopf – Christopher Clark, Les Somnambules. Été 1914 : comment l’Europe a marché vers la guerre, Paris, Flammarion, 2013. – Fritz Fischer, Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale, Trévise, 1970 [1961]. – Jörg Friedrich, The Fire: The Bombing of Germany, 1940-1945, Columbia University Press, [2002]. – Daniel Jonah Goldhagen, Hitler’s willing executioners. Ordinary Germans and the Holocaust, New York, Alfred A. Knopf, 1996. – John Horne, Alan Kramer, Les atrocités allemandes, Paris, Tallandier , 2005 [2001]. –Discussion historiographique sur les atrocités allemandes (Potsdam, octobre 2017) – Laurent Jalabert, Reiner Marcowitz, Arndt Weinrich, La longue mémoire de la Grande Guerre . Regards croisés franco-allemands de 1918 à nos jours, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2018. – Steven Kaplan, Adieu 89, Paris, Fayard, 1993. – Gerd Krumeich, Le feu aux poudres, Qui a déclenché la guerre en 1914 ?, Paris,Belin, 2014. – Tribune de Djordje Kuzmanovic dans Marianne, novembre 2018. – Jörn Leonhard, Pandora’s Box. A History of the First World War, Cambridge,
like podcast

31 octobre 2018 - 00:54:30
Les invités : Laurent Joly directeur de recherches au CNRS, Jacques Sémelin, directeur de recherches émérite au CERI Les livres : – Laurent Joly, L’État contre les juifs. Vichy, les nazis et la persécution antisémite, Paris, Grasset, 2018. – Jacques Sémelin, La survie des juifs en France 1940-1944, Paris, CNRS éditions, 2018.           La discussion : la situation des deux ouvrages au regard de l’historiographie, et des travaux antérieurs, en particulier de Robert Paxton (2’10), la nécessité de réintroduire l’occupant allemand dans la lecture de la période, notamment pour le statut des juifs d’octobre 1940 (3’30), le rapport de Jacques Sémelin à Paxton mais aussi au livre de Renée Poznanski, pour poser la question des « 75% » de juifs de France n’ayant pas été déportés (4’40), l’importance de travailler sur l’opinion sous l’occupation (7’20), l’attention qu’il faut porter aux contextes changeants de l’occupation, suite aux changements de gouvernements ou d’institutions (7’50), l’attention à prêter également aux anticipations de l’avenir : l’Allemagne va-t-elle gagner la guerre ? (10’10), les enjeux de la géographie spécifique de l’occupation : flux humains liés à la débâcle, multiplicité des zones, dispersion géographique des juifs, trajets villes-campagnes… (11’15), les particularités géographiques, historiques, stratégiques de la France dans l’Europe hitlérienne, qui expliquent partie le chiffre de « 75% » (14’15), les paradoxes de la vie des juifs sous l’occupation, pour certains cachés et clandestins, pour d’autres vivant légalement voire scolarisés comme à Paris, pour beaucoup réfugiés à la campagne (17’20), posant la question de l’attitude des populations : silence passif, complice ? Quel degré d’antisémitisme ? (21’10) Et plus généralement quelles attitudes moyennes de part et d’autre des engagements résistants et collaborateurs explicites ? (22’00) la question de la délation comme point d’entrée pour poser ces questions (23’20), la rafle du Vel d’Hiv, perçue comme un échec par Vichy et les nazis (24’35), et que l’on peut relire en scrutant les marges de manœuvre des policiers qui la mènent et y participent (26’50), l’importance du carriérisme pour comprendre l’attitude nombre de fonctionnaires sous Vichy (29’50), une relecture du degré d’antisémitisme en France, à travers les basculements de l’opinion et d’une partie du clergé à l’été 1942 (30’30), l’importance de la xénophobie comme motif aux politiques de persécution (33’45), l’idée fausse selon laquelle Vichy n’aurait pas fait arrêter des juifs français, même si sa xénophobie a conduit à cibler d’abord les juifs étrangers (36’10), le contre-exemple du Danemark, où l’État comme la société civile ont été davantage protecteurs (41’50), le paradoxe d’une politique antisémite de Vichy définie et appliquée par des dirigeants et fonctionnaires non marqués par la tradition antisémite française d’extrême droite (43’40), la nécessité de porter un regard à la fois nuancé et sans concession sur Vichy (45’20), un contexte contemporain nouveau et délétère, entre rééditions de Maurras ou Céline et succès de Zemmour (47’45). Les références citées dans le podcast (par ordre de parution) : – Robert Paxton, La France de Vichy, Paris, Seuil, 1973. – Michael Marrus et Robert Paxton, Vichy et les juifs, Paris, Calmann-Lévy, 2015 (2e éd.) [1981]. – Serge Klarsfeld, Vichy-Auschwitz. Le rôle de Vichy dans la solution finale de la question juive en France, Paris, Fayard, 1983. – Raul Hilberg, La destruction des Juifs d’Europe, Paris, Fayard, 1988. – Asher Cohen,
like podcast

24 octobre 2018 - 00:58:43
Les invités : Vivien Barrière, maître de conférences en histoire et archéologie à l’Université de Cergy-Pontoise ; Clément Salviani, doctorant contractuel chargé de recherches à l’INHA L’enjeu : opposant les troupes de Vercingétorix et de César, le siège d’Alésia en 52 avant notre ère est bien connu, l’histoire et l’archéologie ayant permis de le localiser précisément, à Alise Sainte-Reine (actuel département de la Côte-d’Or). Pourtant, des gens s’obstinent à soutenir des alter-Alesiae en d’autres lieux comme le Jura au mépris d’un consensus scientifique parfaitement établi. Cela pose la question plus large de la vérité en histoire. La discussion : le contexte entourant la bataille et le siège d’Alésia, au sein de la guerre des Gaules racontée par César (1’50) ; l’engouement pour les Gaulois dans la France du XIX siècle dans un contexte d’intense intérêt pour le passé lié à la construction des États-nations (4’40) ; les premières fouilles sur le site d’Alésia (actuellement Alise-Sainte-Reine) sous le Second Empire avec une implication directe de Napoléon III (7’55) ; les techniques de fouille hier et aujourd’hui (10’35) ; les premières controverses sur la localisation d’Alésia, et la difficulté plus générale de localiser des sites mentionnés par des auteurs de l’antiquité (11’45) ; le parcours d’André Berthier, le personnage singulier qui fut le principal tenant d’une Alésia située dans le Jura (15’05) ; l’idée selon laquelle le site (réel) d’Alise serait indigne d’un personnage de Vercingétorix (19’20) ; l’erreur de lecture du texte de César sur lequel repose l’erreur de localisation (20’00) ; les caractéristiques du site alternatif de Chaux-des-Crotenay dans le Jura, et la définition d’un oppidum (21’25) ; la stratégie de Vercingétorix à replacer dans les conditions du monde gaulois du premier siècle avant notre ère, et de l’opposition formidable donnée par César (27’00) ; les renouvellements apportés par les fouilles menées dans les années 1990 sur le site d’Alise Sainte-Reine (30’10) ; un récapitulatif de tous les éléments (textes, armes, monnaies, vestiges, inscriptions…) attestant la localisation d’Alésia et ne faisant sens que dans ce cadre (31’55) ; les erreurs des défenseurs d’une autre Alésia, venant d’un rapport à la fois littéral et hyper-critique aux textes antiques (35’40) ; l’économie du texte de César, qui n’écrit pas un guide topographique d’Alésia mais construit un récit à destination de l’aristocratie romaine (39’10) ; le refus pour certain-e-s d’admettre le consensus scientifique sur Alésia, et le rapport compliqué à la vérité que cela révèle, proche du complotisme (43’20) ; Wikipedia comme lieu où cette question est discutée (46’50) ; la différence entre critique des sources et hypercritique infondée (51’40) ; si une autre Alésia existait, on l’aurait trouvée (53’30) ; le paradoxe qui veut qu’autant de lieux revendiquent d’être le site d’une défaite (55’15). Les conseils de lecture et références pour aller plus loin : – Manifeste des archéologues contre les confusions sur la localisation d’Alésia (2016) –  Jean-Louis Brunaux, Nos ancêtres les Gaulois, Paris, Seuil, “Points”, 2015. – Christian Goudineau, Le dossier Vercingétorix, Paris, Actes Sud – Errance, 2001. – Michel Reddé, Alésia. L’archéologie face à l’imaginaire, Paris, Errance, 2e éd., 2012.
like podcast

13 avril 2018 - 00:44:03
L’invitée : Ludivine Bantigny, maîtresse de conférences à l’université de Rouen-Normandie Le livre : 1968, De grands soirs en petits matins (Seuil, 2018).  Lire la recension. La discussion : les bornes chronologiques de l’événement « 68 » (à 3 minutes d’entretien environ), la violence des manifestations et de la répression menant aux « morts oubliés » de juin 1968 (6 min.),l’importance pour l’historienne de restituer la dimension matérielle et concrète de l’événement (10 min), le rapport au passé (le Front Populaire, la Commune…) en mai-juin 1968 (15 min.), l’internationalisme pensé et vécu par les acteurs du mouvement (18 min.), le rapport aux sources et le travail en archives sur les fiches établies par la police (22 min.), la mémoire spécifique de la guerre d’Algérie et la présence (ou non) de « Charonne » et du 17 octobre 1961 dans les esprits en 1968 (25 min.), les rapports hommes-femmes, la difficile prise de parole féminine, et la question de la sexualité (27 min.), une histoire contrefactuelle de mai-juin 1968 : comment les choses auraient-elles pu tourner autrement, basculer ? Quel rôle pour la CGT en particulier ? (32 min.), quels acquis sociaux, alors que l’inflation rend éphémères les gains salariaux, et qu’à l’échelle locale les rapports de force sont souvent défavorables aux grévistes après « mai » ? (38 min.), que font les historiennes et les historiens en mai 68 ? (40 min.). Le conseil de lecture final : Julie Pagis, Un pavé dans leur histoire, Paris, Presses de Sciences Po, coll. « Sociétés en mouvement », 2014.    
like podcast

16 mai 2018 - 00:31:47
L’invité : Fabrice Bensimon, professeur d’histoire et de civilisation britanniques à l’université Paris-IV, membre du Centre d’Histoire du XIXe siècle Le livre : Les sentiers de l’ouvrier. Textes de John Colin, Charles Manby Smith et William Duthie, traduits par Sabine Reungoat, présentés par Fabrice Bensimon, Paris, éditions de la Sorbonne, 2018, 136 p. , 15€. La discussion : comment les historiens ont recherché et fait émerger des autobiographies issues des classes populaires (2’), qui écrit mais aussi qui n’écrit pas dans les classes populaires britanniques au XIXe siècle (5’50), les logiques migratoires de la Grande-Bretagne vers la France, où se trouve notamment un marché noir de l’édition à l’époque (8’10), le décalage de qualification entre Britanniques et Français au début de l’industrialisation (10’), liberté de circulation vs. contrôle des passeports et des déplacements (13’), le rapport distant des ouvriers britanniques à l’effervescence politique française des années 1830-1848 (15’45), à propos de politisation, « the » question : pourquoi pas de révolution en Grande-Bretagne en 1848 ? (18’20), les sociabilités populaires et ouvrières dans le Paris des années 1830-1840 (22’45), la « Saint lundi » et les résistances aux rythmes accrus du travail (24’30), l’intégration de ces ouvriers dans la société française, entre ouverture et fermeture avec l’émergence d’un « langage de la nationalité » (27’). Les références citées dans le podcast : Martin Nadaud, Mémoires de Léonard, maçon de la Creuse, présentation, notes et bibliographie de Jean-Pierre Rioux, Paris, Vendémiaire, 2012 [1895] Agricol Perdiguier, Mémoires d’un compagnon, Paris, Maspero, 1977 [1854-1855] Edward P. Thompson, La Formation de la classe ouvrière anglaise, Paris, Seuil, « Points », 2012 [1963] Jacques-Olivier Boudon, Le Plancher de Joachim. L’histoire retrouvée d’un village français, Belin, 288 pp., 24 €. Le conseil de lecture : Jill Lidington et Jill Norris, Histoire des suffragistes radicales, Paris, Libertalia, 2018 [1978].  
like podcast

8 juin 2018 - 00:39:20
L’invité : Nicolas Offenstadt, maître de conférences HDR à l’université Paris-I L’événement : colloque autour de Gérard Noiriel, à l’EHESS, jeudi 14 et vendredi 15 juin 2018 La discussion : une présentation du colloque et de l’importance de Gérard Noiriel (0’30), les constantes dans l’œuvre de Gérard Noiriel, dont un éloge de son écriture claire et réflexive (3’), de sa réflexion sur la construction des objets (5’40), ses premiers travaux sur les ouvriers de Longwy (6’45), le lien entre histoire des ouvriers, histoire de l’immigration (8’), ouvrant la voie à une histoire de l’État, de l’identification, des catégorisations (10’20), ses apports à une histoire constructiviste de la nation (12’20), le lien noué avec la sociologie et la mise en avant de la socio-histoire (13’), appuyée sur une réflexion historiographique (Sur la « crise » de l’histoire, 1996)  suivie de la création de lieux institutionnels pour avancer ces conceptions : une collection de livres chez Belin et une revue, Genèses (15’50), le dialogue intellectuel et la confrontation critique avec des traditions intellectuelles variées, de Marx à Bourdieu et Elias (20’50), la réflexion de Gérard Noiriel sur les intellectuels et les différentes modalités (militantes, critiques, pédagogiques) du rôle qu’il joue lui-même dans l’espace public (22’), ses formes d’intervention originales : le CVUH fondé en 2005 (28’) ainsi que son travail théâtral, à travers notamment l’histoire du clown Chocolat (33’). Les conseils de lecture : tous les livres de Gérard Noiriel dans l’ordre ou dans le désordre ! Les autres références citées dans le podcast : -Revue Genèses -Christian Topalov, Naissance du chômeur 1880-1910, Paris Albin Michel, 1994 -Ingrid Hayes, Radio Lorraine cœur d’acier, 1979-1980. Les voix de la crise, Paris, Presses de Sciences Po, 2018 (à paraître le 15 juin)
like podcast

11 juillet 2018 - 00:37:45
Un mini-documentaire en 6 parties sur la comédie musicale Hamilton, et son rapport à l’histoire, avec quelques petits extraits musicaux. Lin-Manuel Miranda en vacances au Mexique en 2008, lisant la biographie d’Alexander Hamilton par Ron Chernow qui a inspiré son projet 1) Présentation de “Hamilton” et son succès inouï (0’30) 2) Lin-Manuel Miranda et les origines du projet (2’30), avec son passage à la Maison Blanche en 2009 3) La vie mouvementée d’Alexander Hamilton (6’45) 4) Un spectacle aux choix scéniques et musicaux originaux, avec une dimension politique (12’50) 5) Chez les historiens, enthousiasme et critiques (21′) 6) Leçons finales : l’écart fécond entre spectacle et histoire (30’45) Parmi les références citées: –présentation en français par Sylvie Bressler –présentation synthétique dans le NYT –portrait de Lin-Manuel Miranda et description du projet dans le New Yorker -un livre d’histoire interrogeant Hamilton et son succès –commentaire positif par Joseph M. Adelman -le Founders chic, article de H.W. Brands en 2003 dans The Atlantic –commentaire critique par Lyra Monteiro –commentaire critique par Annette Gordon-Reed -commentaire par Joanne Freeman –point de vue féministe par Stacy Wolf Conseil final: Histgeobox pour continuer à réfléchir à l’histoire en musique
like podcast

26 septembre 2018 - 00:45:49
L’invité: Jérémie Foa, maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille Le film: La Reine Margot, de Patrice Chéreau (1994) La discussion: voir et revoir La Reine Margot pour un spécialiste du XVIe siècle (2’00); retour sur les origines du film, un projet porté par le producteur Claude Berri (3’30); les sources d’inspiration du cinéaste, et les liens avec le roman de Dumas (5’55); un ton plus sombre dans le film que dans le roman (7’45); une esthétique opposant le rouge catholique et le noir protestant, loin des réalités de la période (8’45); les responsabilités de la Saint-Barthélémy, et la tradition de diabolisation de Catherine de Médicis dont s’éloigne en partie Chéreau (9’40); la place de l’expédition des Flandres comme arrière-plan au massacre (14’45); filmer la violence de la Saint-Barthélémy, entre images contemporaines et réalités d’époque (16’35); l’astrologie (20’15) et le poison (22’20) comme thèmes clefs (et pour le poison, profondément révélateur: arme de la guerre civile) pour la représentation de la Renaissance ; l’importance de la chasse à la cour de Charles IX et dans le film (24’25); la conversion forcée d’Henri de Navarre et le sens d’une telle pratique (26’05), le rapprochement de Coconnas et La Mole, illustration d’une possible cohabitation entre catholiques et protestants? (28’45); la question de la succession royale, obsession des contemporains (33’30); la place de la sexualité dans le film et dans l’image des Valois (36’00); l’absence du peuple, de la dimension de proximité des violences, dans le film de Chéreau, centré sur les grands (40’20) Les conseils de lecture et références pour aller plus loin: – Denis Crouzet, Les guerriers de Dieu, la violence au temps des troubles de religion, vers 1525-vers 1610, Seyssel, Champ Vallon, 1990. – Denis Crouzet, Le haut cœur de Catherine de Médicis, Paris, Albin Michel, 2005. – Gaspard Delon, Sandra Provini, La Reine Margot de Patrice Chéreau, Neuilly, Atlande, 2015. – Jérémie Foa, Le tombeau de la paix. Une histoire des édits de pacification, Limoges, Presses universitaires de Limoges, 2015. – Jérémie Foa, “Protestants et catholiques n’ont-ils rien en commun? Politisations ordinaires au temps des guerres civiles de Religion”, Politix, 2017/3 (n° 119) – Arlette Jouanna, La Saint-Barthélemy. Les mystères d’un crime d’État, Paris, Gallimard, 2007. – Violette Rouchy-Lévy, La Reine Margot de Patrice Chéreau. Genèse et réalisation d’un film historique, Thèse de l’Ecole des Chartes, 2006 – Eliane Viennot, Marguerite de Valois. « La reine Margot », Paris, Perrin, 2005, coll. « Tempus », 660 pages. – émission “Rembobinage” sur Radio Aligre
like podcast

21 avril 2018 - 00:33:25
L’invitée: Claire Marynower, agrégée d’histoire et maîtresse de conférences à l’Institut d’études politiques de Grenoble. Ses travaux de recherche portent sur l’histoire du Maghreb à l’époque coloniale. Le livre : L’Algérie à gauche 1900-1962, PUF, 2018. La discussion : le choix de travailler sur l’Algérie coloniale (à 2 minutes environ), l’objet du livre: les socialistes en Algérie, des colonisateurs de “bonne volonté” selon l’expression d’un acteur de l’époque (3’30)  les particularités de la région d’Oran, terrain de l’enquête (6′), les types de sources utilisées, en l’absence des archives locales du parti (8′), la démarche prosopographique (10’30), le portrait plus nuancé qu’on ne l’écrit habituellement des militants du parti (13′), les violences qui émaillent la vie politique dans l’Algérie de l’entre-deux-guerres (15’45), l’importance de la guerre d’Espagne dans la vie d’Oran toute proche et peuplée d’une forte communauté d’immigrés espagnols (17’30), le projet de Réforme Blum-Viollette en 1936 et l’enthousiasme qu’il suscite du côté algérien (20′), les possibilités de rencontre au sein de la S.F.I.O. entre Français et Algériens ainsi que leurs limites (23′), les difficultés croissantes des socialistes face à l’irruption du nationalisme algérien dans les années 1940 et 1950, autour des émeutes et violences de Sétif et Guelma (1945) en particulier (25’20), l’importance du livre pour réfuter les tendances nostalgiques qui mythifient “l’effort colonial” de la France en Algérie (29’40). Les références citées dans le podcast : – Raphaëlle Branche, La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, Paris, Gallimard, coll. “Folio histoire”, 2e éd., 2016 [2001]. – Albert Memmi, Portrait du colonisé, précédé de Portrait du colonisateur, Paris, Buchet/Chastel, 1957. – Célia Keren, « Négocier l’aide humanitaire : les évacuations d’enfants espagnols vers la France pendant la guerre civile (1936-1939) », Revue d’Histoire de l’Enfance Irrégulière, n°14, dossier « Enfances (dé)placées », 2013, p. 167-183. – Jean-Pierre Peyroulou, Guelma,1945. Une subversion coloniale dans l’Algérie française, Paris, La découverte; coll. “Textes à l’appui”, 2009. Le conseil de lecture final : Marceline Loridan-Ivens, L’amour après, Paris, Grasset, 2018.
like podcast

23 mai 2018 - 00:37:12
Cliquer ici pour accéder au second volet de l’entretien. L’invité : Pierre Briant, professeur émérite au Collège de France (chaire d’Histoire et civilisation du monde achéménide et de l’empire d’Alexandre) Les livres : –Histoire de l’empire perse, Paris, Fayard, 1996. –Darius dans l’ombre d’Alexandre, Paris, Fayard, 2003. –Lettre ouverte à Alexandre le grand, Arles, Actes sud, 2008. –Alexandre des Lumières, Paris, Gallimard, NRF essais, 2012. –Alexandre. Exégèse des lieux communs, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 2016. La discussion : la volonté d’écrire une histoire « à parts égales » d’Alexandre et de l’empire perse ne s’appuyant pas seulement sur les sources narratives grecques (2’20), ses difficultés documentaires et les incertitudes sur les tombeaux de Darius III et d’Alexandre (7’05), les archives en grande partie manquantes du conquérant (9’30), l’usage des sources numismatiques et la question de la « monétarisation de l’Orient » sous Alexandre (12’25), le projet de conquête d’Alexandre, plus ample et plus cohérent qu’on ne le dit parfois, en raison de liens anciens entre monde grec et perse (14’35), les interprètes et les questions linguistiques dans les empires de Darius et d’Alexandre (19’45), les stéréotypes liant un effondrement de l’empire achéménide à l’image de Darius III couard ou fuyard, et les véritables raisons de la victoire macédonienne (22’45), la politique « iranienne » d’Alexandre et l’incendie de Persépolis (28’35), les questions posées par l’absence d’héritier légitime à la mort d’Alexandre (33’35), son rapport aux dieux à sa propre divinisation (35’50). Les références citées dans le podcast : P. Briant, « Impérialisme antique et idéologie coloniale dans la France contemporaine : Alexandre modèle colonial », Dialogues d’histoire ancienne, 5 (1979), p. 283-292
like podcast

13 juin 2018 - 00:42:46
Les invités : Juliette Cadiot (directrice d’études à l’EHESS) et Marc Elie (chargé de recherches au CNRS) Le livre : Histoire du Goulag, Paris, La découverte, « Repères », 2017, 128 p. La discussion : le Goulag, un sujet qui arrive à maturité historiographique, permettant d’écrire une synthèse (1’15), l’apport récent des archives sur l’histoire du Goulag, complétant les témoignages et le travail de l’association Memorial (2’45), les traces matérielles et l’archéologie du Goulag (4’40), l’inscription du Goulag dans le temps plus long de la relégation pénale puis de la Grande Guerre (6’10), le tournant que constitue l’avènement de Staline (8’20), le renouvellement historiographique pour l’analyse de la violence d’état stalinienne, dont on sait désormais qu’elle frappe surtout des pauvres et des gens ordinaires (10’05), la variété des lieux et des formes de relégation, qui ne se résument pas au camp entouré de barbelés (15’), le Goulag comme lieu central de l’économie stalinienne (16’50), la variante du Goulag que sont les charachki, laboratoires de recherche (18’10), la comparaison entre Goulag stalinien et d’autres formes concentrationnaires au XXe siècle (19’20), la gestion des camps par des condamnés et criminels eux-mêmes (22’45), ce qu’on savait du Goulag dans la direction stalinienne et plus largement dans la société soviétique (25’35), les stratégies de survie et la révolte des détenus du Steplag en 1954 (30’), la mémoire compliquée du Goulag dans la Russie contemporaine (33’20). Les références citées dans le podcast : –Musée en ligne du goulag -Marta Craveri, Anne-Marie Losonczy, Enfants du Goulag, Paris, Belin, 2017. -Luba Jurgenson, Nicolas Werth, Le goulag. Témoignages et archives, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 2017. -Eric Lohr, Nationalizing the Russian Empire: The Campaign Against Enemy Aliens during World War I , Cambridge, MA : Harvard University Press, 2003 -Peter Gatrell, A Whole Empire Walking: Refugees in Russia during World War 1,  Bloomington, Indiana University Press, 1999 -Peter Holquist, Making War, Forging Revolution: Russia’s Continuum of Crisis, 1914-1921, Cambridge, MA: Harvard University Press, 2002 -Terry Martin, The Affirmative Action Empire: Nations and Nationalism in the USSR, 1923–1939, Ithaca, Cornell University Press, 2001 -Nicolas Werth, La Terreur et le désarroi : Staline et son système, Paris, Perrin, coll. “Tempus”, 2007. Les conseils de lecture : -Varlam Chalamov, Récits de la Kolyma, Lagrasse, Verdier, 2003 [1978]. -Vanessa Voisin, L’URSS et ses traîtres, l’épuration soviétique (1941-1955), Paris, Publications de la Sorbonne, 2015. -Tal Bruttmann, Auschwitz, Paris, La découverte, « Repères », 2015.
like podcast

31 août 2018 - 00:35:20
L’invitée : Claude Gauvard, Professeur émérite d’histoire du Moyen Âge à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Le livre : Condamner à mort au Moyen âge, Paris, PUF, 2018.La discussion : un livre écrit entre passé et présent, avec en tête les questionnements contemporains sur la peine de mort (1:30), la condamnation, préoccupation importante pour les hommes et les femmes du Moyen âge,pour les juges comme pour le peuple (2:40), les difficultés de quantification liées aux sources (4:50), le nécessaire décodage des textes et des images faisant allusion à la peine capitale et aux supplices (6:40) , la tension entre principes punitifs hérités du droit romain et valorisation de la miséricorde dans une société  chrétienne (7:44), le pouvoir de gracier du roi, “coup de génie” (9:45), la volonté de réguler la violence et de limiter les exécutions par des transactions et compositions (10:29), une justice militaire (déjà) plus sévère (11:45), la figure du bourreau, moins marginale qu’on ne l’a dit (13:20), une grammaire des exécutions (pendaison, noyade…) différente suivant le genre, les crimes ou la réputation (14:50), la difficulté d’interpréter certains rituels (17:00), la “male mort”, peine la plus infamante, ici-bas et dans l’au-delà (17:44), la tension entre justice ordinaire et condamnations spectaculaires voulues par la justice royale (pour trahison, hérésie…) (19:50), la notion de “crime énorme” qui permet cet accroissement du champ de la justice royale (22:50), le caractère non linéaire de cette évolution vers un “monopole de la violence physique légitime” par le roi, avec les résistances des justices urbaines (24:35),la place et la participation du peuple, et l’idée de son “consentement” aux condamnations (27:10), la stigmatisation de criminels marginaux, lépreux, aux “enfances mauvaises” (28:30), une évolution comparable dans les autres espaces et États de l’occident médiéval (31:45). Les références citées dans l’émission: – Association française pour l’histoire de la justice – sur la torture au Moyen âge: travaux de Faustine Harang – sur la justice militaire médiévale: travaux de Loïc Cazaux – sur les valets de ville et crieurs : Nicolas Offenstadt, En place publique: Jean de Gascogne, crieur du XVe siècle, Paris, Stock, 2013. – sur la justice de l’Angleterre médiévale : Barbara Hanawalt, Crime and Conflict in English Communities, 1300-1348, Cambridge (MA), Harvard University Press, 1979. – sur celle des villes italiennes : Andrea Zorzi, “Aspects de la justice criminelle dans les villes italiennes à la fin du Moyen âge“, Déviance et société, 15, 1991, p. 439-454. Le conseil de lecture : les discours de Jaurès, les écrits de Michelet  
like podcast

140 / 158 épisodes
1 2 5 6 7 8
Scroll to top