Paroles d'histoire

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Un podcast consacré à l'actualité des livres, de la recherche et des débats en histoire

74 épisodes

18 septembre 2019 - 00:46:14
Les invité-e-s : Stéphanie Sauget, professeure à l’université de Tours ; Manuel Charpy, chargé de recherche au CNRS La parution : Histoire et archéologie : que faire du XIXe siècle ?, n°58/2019 de la Revue d’histoire du 19e siècle La discussion :* L’exemple des fouilles du cimetière des Crottes à Marseille pour illustrer l’intérêt de la démarche archéologique appliquée au XIXe siècle, pour mesurer notamment les écarts entre normes et pratiques (1′) * Un XIXe siècle paradoxal, qui a légué objets et monuments, et dont l’archéologie ne peut se limiter à l’enfoui, à la fouille (4’15) * Le travail de Daniel Sayers, archéologue américain, sur le « grand marais lugubre » (great dismal swamp), et les traces qu’il y repère de communautés d’anciens esclaves en fuite autonomes (5’20) * Les parcours ayant amené Stéphanie Sauget et Manuel Charpy à travailler sur la culture matérielle, via les enjeux spatiaux ou ceux concernant les objets du XIXe siècle (8′) * La difficulté paradoxale de trouver des objets « ordinaires », et les fonds désormais accessibles de l’INPI (11′) * L’évolution de la démarche archéologique et historienne, qui ne cherche plus seulement le « bel objet » * L’établissement du dialogue entre historien-ne-s et archéologues : que fait-on de la « couche XIXe », récente, lors des fouilles ? (15’10) * La naissance de l’« archéologie générale » autour de Philippe Bruneau à la fin des années 1970, une démarche développée également dans les « pays neufs » comme les États-Unis et le Brésil, et en France en lien avec les préoccupations sur le patrimoine industriel (18’30) * L’archéologie qui permet de saisir la vie – la biographie ? – des objets (25′) * L’archéologie de la Grande Guerre et son essor à partir de 1991, et les problèmes (juridiques, moraux, éthiques) que posent les fouilles de terrains funéraires récents : « j’ai fouillé un soldat de 14 comme j’aurais fouillé du mérovingien ! » (26’15) * Comment faire l’archéologie d’une tombe qu’on ne peut pas fouiller ? à partir de l’article de Bruno Bertherat sur la tombe de Jeanne Moyaux morte en 1877 (28’40) * Extrait audio : Lucien Febvre, “vers une autre histoire”, 1949, in Combats pour l’histoire (lu par Jeanne Omhover, 32’55) * Le paradoxe d’un XIXe siècle qui est partout, mais absent en même temps, ou transformé, même dans les espaces dits préservés (35’40) * Des archives utiles pour parler de ceux qui ne parlent (n’écrivent) pas (40’30)Les références citées dans l’émission :* Maurice Agulhon, « Esquisse pour une archéologie de la République. L’allégorie civique féminine », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 28e année, n° 1, 1973, p. 5-34. * Thierry Bonnot, « La biographie d’objets : Une proposition de synthèse », Culture & Musées [En ligne], 25 | 2015 * Jacques-Olivier Boudon, Le plancher de Joachim. L’histoire retrouvée d’un village français, Paris, Belin, 2018. * Manuel Charpy, Intérieurs parisiens. De l’atelier aux appartements, XVIIIe-XXe siècles, Paris, Flammarion, catalogue d’exposition, 2014. * Revue RAMAGE * Nicolas Offenstadt, Urbex RDA, Paris, Albin Michel, 2019. * Stéphanie Sauget, À la recherche des pas perdus. Une histoire des gares parisiennes, Paris, Tallandier, 2009Les conseils de lecture :* Georges Balandier, Sociologie des Brazzavilles noires, Paris,
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11 septembre 2019 - 00:45:16
L’invitée : Caroline Callard, directrice d’études à l’EHESS Le livre : Le temps des fantômes. Spectralités de l’âge moderne (XVIe-XVIIe siècle), Paris, Fayard, 2019. La discussion :* L’origine de ce travail, et le pullulement des fantômes à l’époque moderne qu’il permet de saisir (1:00) * Une enquête au croisement de plusieurs fils historiographiques : histoire de la mort, anthropologie historique des revenants, sociologie pragmatique du surnaturel (3:50) * Quelles traces documentaires des fantômes ? Plus facile à trouver dans les imprimés que dans les archives… (6:20) * Un vocabulaire pour désigner les fantômes qui n’est pas stabilisé, malgré des efforts de nomenclature (9:50) * Une grande variété d’apparences visuelles pour les fantômes hors de tout code de représentation aux XVIe-XVIIe siècles (11:40) * Extrait audio commenté : Hamlet, I, 4 (interprétation de Jean Marais) * Historiciser le rapport aux fantômes dans une « conjoncture panique » des XVIe-XVIIe siècles (17:30) * Les fantômes saisis au prisme du droit, à travers les histoires de maisons hantées (et de rupture de bail) en particulier (18:45) * Comment établir une distinction entre rapports médiévaux aux spectres et usages dans la première modernité ? (21:45) * La présence genrée des fantômes, lisible dans une apparition à Dole en 1628, dans un contexte pourtant de chasse aux sorcières (27:05) * Des fantômes qui agissent et interagissent avec les vivants, sans que la question de la croyance ne soit forcément centrale pour les comprendre (32:00) * Les différents registres de la croyance, de la crédulité, du scepticisme et de l’incrédulité (35:20) * Le rôle politique des fantômes à travers celui de Concini , tué en 1617 (39:35)Les références citées dans l’émission :* Kathryn A. Edwards and Susie Speakman Sutch (éd.), Leonarde’s ghost. Popular piety and The appearance of a spirit in 1628, (Sixteenth Century Essays & Studies, 82.), Kirksville, Missouri, Truman State University Press, 2008. * Jean Bazin, Des clous dans la Joconde, Toulouse, Anacharsis, 2008. * Caroline Callard, Le Prince et la République. Histoire, pouvoir et société dans la Florence des Médicis, au XVIIe siècle, Paris, PUPS, 2007. * Elisabeth Claverie, Les guerres de la Vierge. Une anthropologie des apparitions, Paris, Gallimard, 2003 * Colin Dayan, The law is a white dog, Princeton U.P., 2011. * Jean-Pascal Gay, Le dernier théologien ? Théophile Raynaud : histoire d’une obsolescence, Beauchesne, collection Théologie historique, n° 127, 2018. * Carlo Ginzburg, Les batailles nocturnes, Sorcellerie et rituels agraires en Frioul, XVIe-XVIIe siècles, Lagrasse, Editions Verdier, 1980. * Stephen Greenblatt, Shakespearean Negotiations. The Circulation of Social Energy in Renaissance England, University of California Press, 1989. * –Hamlet in Purgatory, Princeton University Press * Sasha Handley, Visions of an Unseen World: Ghost Beliefs and Ghost Stories in Eighteenth-Century England. Pickering & Chatto, 2007. * Jean-Claude Schmitt, Les revenants. Les vivants et les morts dans la société médiévale, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des Histoires », 1994. * Natalie Zemon Davis, « Ghosts, Kin and Progeny: Some Features of Family Life in Early Modern France », Daedalus 106:2 (printemps 1977), p. 87-114.Les conseils de lecture :* Vinciane Despret, Au bonheur des morts. Récits de ceux qui restent, Paris, La Découverte, coll. « Les Empêcheurs de penser en rond », 2015 * Manuel Vilas, Ordesa, éditions du sous-sol, 2019. * Guillaume Cuchet, Les Voix d’outre-tombe. Tables tournantes, spiritisme et société au XIXe siècle, Paris,
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4 septembre 2019 - 01:01:02
L’invité: Julian Jackson, professeur à Queen Mary college, LondresLe livre: De Gaulle. Une certaine idée de la France, Paris, Seuil, 2019. La discussion:* les origines de ce travail sur De Gaulle * comment écrire une telle biographie, et quel type d’écriture biographique choisir, avec quelles archives * la confrontation aux sources et aux écrits de De Gaulle en particulier, et la nécessité à la fois d’en  déconstruire le mythe et de le prendre en compte * De Gaulle, un intellectuel marqué par de multiples influences, dont Péguy et Bergson mais aussi Gustave Le Bon * “on a trop tendance à arrondir les angles de De Gaulle en France” * Des rapports compliqués entre De Gaulle et Pétain, “mort en 1925” selon lui, et dont il n’est pas sous l’emprise en 1940 * les difficultés immenses de la France libre naissante en 1940, et les facteurs expliquant le succès gaullien * relativiser les effets du ralliement des résistants de l’intérieur (du CNR) en 1943 dans le succès obtenu sur Giraud * extrait audio: discours du 23 octobre 1941 (fusillés de Nantes et Châteaubriand) * l’extrême froideur manifestée par De Gaulle envers les résistants de l’intérieur, et plus largement, sa personnalité si étrange devenue un outil politique * les ambiguïtés vis-à-vis de l’idée de coup d’état afin de revenir au pouvoir entre 1946 et 1958 * extrait audio: discours du 23 avril 1961 (“putsch des généraux” à Alger) * les paradoxes d’un général qui a incarné l’autorité, après avoir lui-même désobéi en 1940, illustrant la tension entre légalité et légitimité * Un De Gaulle aimant faire des éclats mais sachant se montrer pragmatique * Le style gaullien en politique extérieure, et son positionnement vis-à-vis de la guerre froide * extrait audio: discours du 24 juillet 1967 à Montréal (“Vive le Québec libre”) * la surprise au terme de travail : un De Gaulle doté d’une extraordinaire capacité d’écouteLe conseil de lecture: Richard Evans, Eric Hobsbawm, A life in history
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24 juillet 2019 - 00:42:41
L’invitée : Axelle Chassagnette, Maîtresse de conférences en histoire moderne, Université Lumière Lyon 2 Le thème : Sciences et techniques au XVIIe-XVIIIe siècles, nouvelle question au programme de 2nde pour la rentrée 2019, en lien avec le chapitre rédigé dans l’ouvrage historiographique : Sébastien Cote, Emmanuelle Picard (dir.), Regards historiques sur Nations empires et nationalités de 1789 aux lendemains de la Première Guerre mondiale, Paris, Nathan, 2019. La discussion :* Le regard d’une universitaire spécialiste de ces questions sur l’inscription au programme de 2nde de l’histoire des sciences (1’20) * Les difficultés pour enseignants et étudiants à s’approprier le contenu même des sciences de l’époque (3’05) * Un vocabulaire de la « science » qui n’est pas le même à l’époque moderne et aujourd’hui, et qui n’a pas les mêmes cloisonnements entre philosophie, théologie, savoirs relatifs à la nature… (5’20) * La notion de « révolution scientifique », qui a aujourd’hui été revisitée et nuancée (7’50) * Comment faire pour enseigner la période sans la réduire à une liste des « grandes figures » comme Galilée et Newton ? (11’50) * La place accordée aux femmes dans le programme, et le nécessaire rappel du statut minoritaire de figures comme Émilie du Châtelet (14’30) * La question des rapports entre sciences et Églises, qui ne se réduisent pas à des confrontations (16’10) * Les circulations des savoirs entre sphère savante et usages populaires (20’10) * Le rôle des États dans la construction des sciences, qui peuvent devenir des instruments de gouvernement (22’15) * La question des langues, et les circulations géographiques des savoirs, ainsi que les mutations de l’édition (25’20) * Les objets (télescope, microscope…) qui restent imparfaits à l’époque moderne, comme en attestent les observations de Galilée (30’15) * La circulation des savants en Europe (32’40) * Analyse d’un document : Michel van der Muischer, Médecin dans son cabinet, 1680 (35’00)Les conseils de lecture et les références citées dans le podcast : – Michel Lagrée, La Bénédiction de Prométhée. Religion et technologie, Paris, Fayard, 2000. – Simone Mazauric, Histoire des sciences à l’époque moderne, Paris, Armand Colin, 2009 – Steven Shapin, Une histoire sociale de la vérité. Science et mondanité dans l’Angleterre du XVIIe siècle, Paris, La Découverte, 2014. – Steven Shapin, La révolution scientifique, Paris, Flammarion, 1998. – L’affaire des faux Galilée
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17 juillet 2019 - 00:46:07
L’invitée : Cécile Vast, docteure en histoire, chercheure associée au LAHRA Le livre : Pierre Laborie, Penser l’événement, 1940-1945, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 2019. La discussion :* Un projet éditorial qui prend source dans les derniers textes que Pierre Laborie composait à la fin de sa vie * Son expérience personnelle de la guerre et de la mort, enfant, au printemps 1944 dans le Lot * La question du silence et la difficulté de son interprétation historique * Un parcours de recherche débuté à la fin des années 1960, comme professeur du secondaire, et en lien avec le Comité d’histoire de la 2e guerre mondiale, et qui aboutit à l’EHESS * Une démarche inscrite dans une approche collective de la recherche, initiée par les colloques « La Résistance et les Français » à partir des années 1990 * La recomposition des rapports entre historiens et témoins de la Résistance dans ces mêmes années 1990 * L’épisode marquant que fut la table ronde de 1997 organisée par Libération, et le malaise qu’elle a suscité parmi des historiens comme Antoine Prost xxx article collectif * Le clivage dans l’historiographie de la Résistance entre deux types d’approches : priorité à son efficacité, ou à son inscription sociale ? * Les critiques apportées par Pierre Laborie à la « vulgate » voulant que les Français aient été collectivement veules sous l’Occupation, liée notamment à la réception du film Le Chagrin et la Pitié * Des positions historiographiques critiques envers certains aspects des travaux de Robert Paxton et Henry Rousso * Les concepts introduits par Pierre Laborie, comme « crise d’identité nationale », « penser-double », « non-consentement » * La dialectique de l’événement et de la structure dans son travail, en lien avec l’effondrement de 1940 * Conseil de lectureRéférences et conseils de lecture : « Pierre Laborie, un historien “trouble-mémoire” » (article sur Pierre Laborie avec liens et entretiens) « Déplorable leçon d’histoire » : Tribune cosignée par Pierre Laborie suite à la table-ronde avec les époux Aubrac organisée par Libération en 1997. Parmi les travaux de Pierre Laborie : – Résistants vichyssois et autres : l’évolution de l’opinion et des comportements dans le Lot de 1939 à 1944, Paris : Éditions du CNRS, 1980 – L’opinion française sous Vichy : les Français et la crise d’identité nationale, Paris, Seuil, 1980. – Le chagrin et le venin. La France sous l’Occupation, mémoire et idées reçues, Paris, Bayard, 2011 Travaux cités durant l’émission : – François Azouvi, Le Mythe du grand silence. Auschwitz, les Français, la mémoire, Paris, Fayard, 2012. – Eberhard Jäckel, La France dans l’Europe de Hitler, Paris, Fayard, 1968. – Alf Lüdtke, « La domination au quotidien. “Sens de soi” et individualité des travailleurs en Allemagne avant et après 1933 », Politix, 4/13, 1991. – François Marcot (dir.), avec la collaboration de Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Dictionnaire historique de la Résistance – Résistance intérieure et France libre, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 2006. – Robert Paxton, La France de Vichy, Paris, Seuil, 1972. – Henry Rousso, Le syndrome de Vichy (1944-1987), Paris, Seuil, 1987. Conseil de lecture : Claude Mauriac, Le temps immobile, 10 vol. Grasset
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10 juillet 2019 - 00:35:57
L’invitée: Meriem Sebaï, maître de conférences à l’université Paris-I Préparatifs d’un sacrifice à Mars. Bas-relief dit de Domitius Ahenobarbus, fin du IIe s. av. J.-C., Musée du Louvre. Le thème : nouvelle question au programme de l’agrégation d’histoire pour 2020 : « Religion et pouvoir dans le monde romain de 218 avant notre ère à 235 de notre ère » Consulter l’émission portant sur la question d’histoire médiévale. Avertissement : l’entretien, réalisé à titre individuel, et les conseils donnés, ne reflètent pas une position officielle du jury de l’agrégation externe d’histoire. La discussion :* Une question d’histoire religieuse reflétant une historiographie à maturité (1’00) * Le sens du cadre chronologique donné pour le programme, avec l’importance de la date de 212 à la fin de la période (3’05) * Une question qui n’est pas centrée sur la christianisation de l’empire (6’45) * La césure de la période augustéenne (7’45) et la notion de « culte impérial » (8’30) * La tension entre nouveautés religieuses et retour aux traditions à Rome (10’10) * La spécificité du vocabulaire romain en matière de cultes, centrés sur des pratiques (11’45) * Le cadre géographique de la question, dont la définition n’est pas  entièrement nette (15’15) * L’arrivée à Rome de cultes et de divinités venues d’ailleurs (17’00) * Des tensions et réticences envers ces nouveautés comme lors des Bacchanales (20’30) * Les effets religieux des guerres civiles (21’30) * Les rapports entre Rome et les monothéismes (23’10) * La place de John Scheid et de ses travaux dans l’historiographie de la question (24’35) * Quelles sources aborder pour se confronter à la question ? (29’30) * Conseils de lecture (33’)Les conseils de lecture : – John Scheid, La religion des Romains, Paris, Armand Colin, « Cursus », 3e éd., 2017. – John Scheid, Religion et piété à Rome, Paris, Albin Michel, 2001. – François Jacques et John Scheid, Rome et l’intégration de l’Empire. 44 av. J.-C- 260 ap. J.-C., Tome 1. Les structures de l’empire romain, Paris, PUF, « Nouvelle clio » 1990 – William Van Andringa, Quotidien des dieux et des hommes : la vie religieuse dans les cités du Vésuve à l’époque romaine, Rome, École française de Rome, 2009. – Audrey Bertrand, La religion publique des colonies dans l’Italie républicaine et impériale (Italie médio-adriatique, IIIe s. av. n.è.-IIe s. de n.è.), Rome, École française de Rome, 2015 – Yann Berthelet, Gouverner avec les dieux. Autorité, auspices et pouvoir, sous la République romaine et sous Auguste, Belles Lettres, collection « Mondes anciens », Paris, 2015
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10 juillet 2019 - 00:44:41
L’invité : Antoine Destemberg, maître de conférences à l’université d’Artois Charte de Philippe Auguste, 1203, commentée en ligne sur le site THELEME Le thème : nouvelle question au programme de l’agrégation d’histoire et du CAPES d’histoire-géographie pour 2020 : « écrit, pouvoirs et société en occident début XIIe fin XIVe (France, Angleterre, péninsule italienne, péninsule ibérique) » La discussion :* Une histoire à la fois sociale, culturelle et politique de l’écrit, qui a connu de forts renouvellements (1’45) * La coupure entre lettrés et illettrés désormais relativisée suite aux travaux de Jack Goody notamment (3’01) * Le lien entre accroissement du recours à l’écrit et affirmation des pouvoirs (5’40) * La perte des archives de Philipe Auguste à la bataille de Fréteval (1194) comme marqueur d’une prise de conscience d’une importance de l’écrit pour le pouvoir royal (7’40) * L’importance du droit et de l’outil juridique s’insérant dans les relations sociales à partir du XIIe s. (9’10) * Le recours de l’Église et des pouvoirs laïcs à des professionnels de l’écrit souvent formés dans les universités et les écoles (11’40) * Des compétences scripturaires encore rares dans une « société du manuscrit » (14’15) * Les différents types d’écoles qui ouvrent l’accès à l’écrit (15’20) * Différentes cultures de l’écrit dans les différents espaces géographiques au programme ? (17’15) * L’impossibilité de quantifier le recours à l’écrit, même si on réévalue à la hausse la proportion de la population urbaine lettrée (20’50) * L’accès au texte sacré de la Bible comme enjeu de pouvoir au Moyen âge (22’10) * L’écrit hagiographique comme enjeu, à travers l’exemple de François d’Assise (24’45) * Quelle périodisation pour cette question ? Pour la « révolution de l’écrit », l’essor de l’écrit pratique, du papier ? (27’) * Conseils de lecture (33’)Les références citées et les lectures suggérées : Manuels généraux et par espaces géographiques – Histoire de France (collection Belin, volumes de Florian Mazel, Jean-Christophe Cassard, Boris Bove) – Franck Collard, Pouvoirs et culture politique dans la France médiévale (Ve-XVe siècle), Paris, Hachette, « Carré histoire », 1999. – Philippe Contamine, Histoire de la France politique, Paris, Seuil, coll. »Points », 2006. – Jean-Pierre Delumeau et Isabelle Heullant-Donat, L’Italie au Moyen âge, Ve-XVe siècle, Paris, Hachette, « Carré histoire », 2000. – François Menant, L’Italie des communes, 1100-1350, Paris, Belin, 2005. – Denis Menjot, Les Espagnes médiévales, 409-1474, Paris, Hachette, « Carré histoire », 1996. – Jean-Philippe Genet, Les îles britanniques au Moyen âge, Paris, Hachette, « Carré histoire », 2005. Manuels et synthèses permettant d’aborder la question – Jean-Philippe Genet, La mutation de l’éducation et de la culture médiévales. Occident chrétien (XIIe-milieu du XVe siècle), 2 vol., Paris, Seli Arslan, 2000. – Nathalie Gorochov et Cédric Giraud, Histoire culturelle du Moyen âge en occident, Paris, Hachette, 2019. – Michel Sot, Anita Guerreau-Jalabert, Jean-Patrice Boudet, Histoire culturelle de la France, t. 1 : Le Moyen âge, Paris, Seuil, coll. « Points », 2005. Articles – Paul Bertrand, « À propos de la révolution de l’éc...
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4 juillet 2019 - 00:35:09
Dans ce troisième épisode d’une série réalisée grâce aux contributions des auditrices et des auditeurs du podcast, qui ont envoyé un bref éloge d’un livre d’histoire les ayant marqués, sont évoqués les luttes et les drames de l’histoire contemporaine: Grande Guerre,Shoah, guerre d’Algérie, combats des minorités noires aux États-Unis… Mais aussi de belles tentatives pour reconstruire le monde d’individus connus ou inconnus. Vus pouvez également écouter le premier volet de cette série portant sur l’antiquité et le moyen âge, et le second consacré à l’époque moderne  (du XVIe au XVIIIe siècle). Les livres conseillés :* Alain Corbin, Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot, sur les traces d’un inconnu, 1798-1876, Paris, Flammarion, 1998 (par Jérôme Lamy) * Gérard Noiriel, Les ouvriers dans la société française, xixe-xxe siècle, Paris, Le Seuil, 1986 (par Mathilde Larrère) * Timothy Tackett, Par la volonté du peuple. Comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires, Paris, Albin Michel, 1997 (par Mathilde Larrère) * Patrick Cabanel, Le protestantisme français : la belle histoire, Nîmes, Alcide, 2017 (par Stéphane Zehr) * Michelle Perrot, George Sand à Nohant. Une maison d’artiste, Paris, Seuil, 2018 (par Mathilde Castanié) * Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker, 14-18, Retrouver la guerre, Paris, Gallimard, 2000 (par Nathan Menez) * Emmanuel Debruyne, « Femmes à boches ». Occupation du corps féminin dans la France et la Belgique de la Grande Guerre, Paris, Les Belles Lettres, 2018 (par Nicolas Charles) * Calel Perechodnik, Suis-je un meurtrier ?, Paris, Liana Levi, 1998 (par Théo Bonin) * Caroline Rolland-Diamond, Black America. Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe siècle), Paris, La Découverte, 2016 (par Véronique Servat) * Alain Dewerpe, Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’État, Paris, Gallimard, 2006 (par Théophile Leroy) * Etienne Anheim, Le travail de l’histoire, Paris, Publications de la Sorbonne, 2018 (par Aurore Denmat-Léon) * Patrick Boucheron, Comment se révolter ?, Bayard, Montrouge, 2016 (par Marie-Cécile Pineau)
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3 juillet 2019 - 00:35:35
Second épisode d’une série réalisée grâce aux contributions des auditrices et des auditeurs du podcast, qui ont envoyé un bref éloge d’un livre d’histoire les ayant marqués. Dans ce deuxième volet est évoquée dans sa diversité ce qu’on a coutume d’appeler l’époque moderne : les Espagnols au “nouveau monde”, l’esclavage aux Antilles, la Fronde, les guerres de religion, l’affaire Calas… Vous pouvez écouter la première émission portant sur l’histoire antique et médiévale, et la troisième sur l’époque contemporaine et l’historiographie. Les livres conseillés:* Bartolomé et Lucile Bennassar, 1492, Un monde  nouveau ?, Paris, Perrin, 1991 (par Stéphane Descazeaux) * Bernal Diaz del Castillo, Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne, Paris, La Découverte, 2009 (par Marc Jégou) * Nathan Wachtel, La vision des vaincus. Les Indiens du Pérou devant la conquête espagnole, 1530-1570 (par André Loez) * Frédéric Régent, La France et ses esclaves, de la colonisation aux abolitions (1620-1848), Paris, Grasset, 2007 (par Muriel Descas-Ravoteur) * Tyler Anbinder, La cité des rêves. New York, une histoire de 400 ans, Paris, Fayard, 2018 (par tolosamedia2) * Mike Dash, L’archipel des hérétiques. La terrifiante histoire des naufragés du Batavia, Paris, JC Lattès, 2002  (par Vincent Truffier-Blanc) * Robert Mandrou, Introduction à la France moderne 1500-1640, Paris, Albin Michel, 2e éd. 1998 (par Olivier Jandot) * Arlette Jouanna, Le devoir de révolte. La noblesse française et la gestation de l’État moderne, 1559-1661, Paris, Fayard, 1989 (par Fabien Lévy) * Janine Garrison, L’Affaire Calas, miroir des passions françaises, Paris, Fayard, 2004 (par Julie Duprat) * Lucien Bély, La société des princes, Paris, Fayard, 1999 (par Noémie Arnaud) * Sophie Vergnes, Les Frondeuses. Une révolte au féminin (1643-1661), Seyssel, Champ Vallon, 2013 (par Clara Coudon) * Edmond Dziembowski, La guerre de sept ans, Paris, Perrin, 2015 (par Gwendal Piégais) 
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2 juillet 2019 - 00:22:08
Premier épisode d’une série réalisée grâce aux contributions des auditrices et des auditeurs du podcast, qui ont envoyé un bref éloge d’un livre d’histoire les ayant marqués. Dans ce premier volet sont évoqués les mondes anciens de l’Afrique, de la Méditerranée, ou encore de l’Europe médiévale. Merci pour ces envois! Le second volet portera sur les temps modernes (du XVIe au XVIIIe siècle), le troisième sur l’époque contemporaine et l’historiographie. Les livres présentés : – François-Xavier Fauvelle, L’Afrique ancienne, de l’Acacus au Zimbabwe, Paris, Belin, 2018 (par Anthony Guyon) – Pierre Vidal-Naquet, Le chasseur noir, formes de pensée et formes de société dans le monde grec, Paris, F. Maspero, 1981, rééd. La Découverte, 2005 (par Cadensia) – Yann Le Bohec, Histoire des guerres romaines, Paris, Tallandier, 2017 (par Gildas le Quentrec) – Johann Chapoutot, Le national-socialisme et l’Antiquité, Paris, PUF, 2008 (par Krokogyptienne) – Karol Modzelewski, L’Europe des barbares. Germains et Slaves face aux héritiers de Rome, Paris,  Aubier, 2006 (par Emilie Mitsakis) – Anders Winroth, Au temps des Vikings, Paris, La découverte, 2018 (par Ragenold) – Jacques Dalarun, Dieu changea de sexe, pour ainsi dire. La religion faite femme, XIe-XVe siècle, Paris, Fayard, 2008 (par Noémie Marijon).    
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26 juin 2019 - 00:40:33
L’invité: Pierre-Marie Delpu, chercheur au laboratoire Telemme Le livre: Un autre Risorgimento.La formation du monde libéral dans le Royaume des Deux-Siciles (1815-1856), École française de Rome, 2019. La discussion:* Le Royaume des Deux-Siciles, un espace politique original au sud de l’Italie (1′) * Les paradoxes de la Restauration en 1815, qui n’efface pas entièrement le passé du decennio francese (3′)* La question des sources : comment étudier sociétés secrètes et conspirations ? (9’50) * La façon de tirer parti historiquement des Mémoires de révolutionnaires comme Guglielmo Pepe (12’45) * L’exil et la prison, deux expériences politiques fondamentales pour les libéraux du XIXe siècle, avec la construction de la figure du « martyr » (14’10) * La question de la politisation populaire du XIXe siècle : « descente vers les masses » de la politique ou autonomie des pratiques et représentations ? (20′) * La place des martyrs politiques dans la politisation populaire (22’20) * L’articulation entre grandes révolutions et épisodes en apparence plus ordinaires ou routiniers (24’20) * Les images attachées au mezzogiorno, et son supposé déficit de « modernité », dès le XVIIIe siècle, et qui alimente des préjugés très durables (27’35) * Quels autres possibles en 1860 que le rattachement au Royaume d’Italie ? (33’20)Les conseils de lecture : – Emmanuel Fureix, L’œil blessé. Politiques de l’iconoclasme après la Révolution française, Champ Vallon 2019. – Olivier Grenouilleau, Nos petites patries. Identités régionales et État central, en France, des origines à nos jours, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 2019.
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26 juin 2019 - 00:37:48
L’invité: Pierre-Marie Delpu, chercheur au laboratoire Telemme Le thème: L’Europe entre restauration et révolution / La France et la construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie (programmes de Première 2019), à travers le chapitre dans le livre d’historiographie dirigé par Sébastien Cote et Emmanuelle Picard. La discussion :* Quelles réactions d’un historien du XIXe siècle à ces nouveaux programmes, assez franco-centrés ? (1′) * Le vocabulaire de la « nation » et du « nationalisme » au XIXe siècle (4’15) * Le passage d’une conception historiographique de « l’éveil » des nationalités à la « construction » des nations, à travers l’exemple du « Risorgimento » (6’30) * Les désaccords et conflits au sein de chaque projet national (modèle monarchique, fédératif, républicain…) (9′) * L’importance paradoxale des circulations transnationales pour construire les projets nationaux au premier XIXe siècle, avec la Grèce pour « laboratoire » (11’30) * Les expériences militaires napoléoniennes réinvesties dans les luttes libérales dans les années 1820 (15’20) * La question polonaise, grande cause nationale et libérale au XIXe siècle, qui conduit aussi à relativiser le rôle initiateur de la France dans les révolutions européennes (18’20) * Réinscrire la question nationale dans une longue durée, à travers le « long Risorgimento » par exemple (22’30) * Le rattachement de la Savoie à la France, « point de passage et d’ouverture » du programme de Première (25′) * Difficultés, inachèvement, résistances à la construction nationale, à travers notamment l’exemple des mafias en Italie méridionale (28’30) * Bismarck et sa conception de la nation allemande (32’10) * L’intérêt pour les collègues d’utiliser l’iconographie au moment où les images jouent un rôle majeur dans l’acculturation politique et nationale des populations (35’30)Les références citées dans le podcast : – Benedict Anderson, L’imaginaire national. Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, Paris, La Découverte, 1996 [1983]. – Walter Bruyère-Ostells, La grande armée de la liberté, Paris, Tallandier, 2009 – Olivier Grenouilleau, Nos petites patries. Identités régionales et État central, en France, des origines à nos jours, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 2019. – Sandrine Kott, Bismarck, Paris, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, collection « Facettes », 2003 – Anne-Marie Thiesse, La création des identités nationales. Europe, XVIIIe-XXe siècle, Paris, Seuil, 1999
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21 juin 2019 - 00:28:44
L’invité : Pierre Grosser, professeur agrégé à Sciences Po, chercheur en histoire des relations internationales Le thème : La Chine entre 1842 et 1949, nouvelle question au programme des ENS (Ulm et Lyon) Lettre de cadrage du programme (site de l’ENS de Lyon) La discussion :* Des bornes chronologiques assez classiques pour ce programme (1′) * Une lettre de cadrage des ENS qui insiste sur les interventions impérialistes et la dimension exogène de l’histoire chinoise (2’15) * L’idée d’une Chine qui n’est pas seulement dans la « réaction » vis-à-vis de l’étranger (3’10) * Les catastrophes humaines subies par la Chine dans la seconde moitié du XIXe siècle (4’20) * La révolte des Taiping, moment clef de l’histoire chinoise au XIXe siècle, ses origines et ses prolongements (5’30) * La place de la Première Guerre mondiale dans l’histoire et l’historiographie de la Chine (7’35) * Le « mouvement du 4 mai » 1919 et sa place dans l’avènement d’une modernité intellectuelle chinoise (8’50) * Quelle périodisation donner de cette période d’un siècle ? le tournant de 1895 et de la défaite face au Japon ; l’importance donnée à 1945 (10’15). * Les relectures actuelles du conflit entre nationalistes et communistes (14’15). * Les questions territoriales et identitaires (Mandchous, Tibet, Xinjiang…) (16’00) * L’incorporation de la Chine au système économique mondial et son évolution (18’00) * L’industrialisation de la Chine et les rapports entre impérialistes étrangers et bourgeoisie chinoise (19’25) * L’historiographie du communisme chinois, relue au prisme des archives soviétiques (21’20) * Conseils de lecture (23’30)Les conseils de lecture : En français : – Lucien Bianco, Les origines de la révolution chinoise, 1915-1949, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 4e éd. augmentée, 2007. – John Fairbank Merle Goldman, Histoire de la Chine, des origines à nos jours, Paris, Tallandier, « Texto », 2019. – Yves Chevrier, La Chine moderne, Paris, PUF, « Que-sais-je », 1983. – Pierre Grosser, L’Histoire du monde se fait en Asie. Une autre vision du XXe siècle, Paris, Odile Jacob, 2017. – Christian Henriot, Shanghai 1927-1937 : élites locales et modernisation dans la Chine nationaliste, Paris, éd. de l’EHESS, 1991. – Marie-Claire Bergère, Sun-Yat-Sen, Paris, Fayard, 1994 ; Capitalisme et capitalistes en Chine XIXe-XXIe siècles, Paris, Perrin, 2007. – Alain Roux, Chiang Kaï-shek : Le grand rival de Mao, Paris, Payot, 2016. En anglais : – Robert Bickers, Out of China: How the Chinese ended the Era of Western Domination, Londres, Allen Lane, 2017. – Rana Mitter, Modern China. A very short introduction, Oxford University Press, 2008. – Klaus Mühlhahn, Making China Modern: From the Great Qing to Xi Jinping, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2019. – Patrick Fuliang Shan, Yuan Shikai: A Reappraisal, Vancouver, The University of British Columbia Press, 2018. – Jeffrey N. Wasserstrom, The Oxford Illustrated History of Modern China, Oxford, OUP, 2016. – Odd Arne Westad, Restless Empire: China and the World Since 1750, Londres, Basic Books, 2012.
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20 juin 2019 - 00:14:46
L’invité: Laurent Veyssière, directeur général adjoint de la mission du centenaire de la Première Guerre mondiale La discussion: les rencontres des 20-21 juin 2019 à la BNF; les acquis de la commémoration; les regrets; la dimension pédagogique comme élément fondamental Un podcast improvisé (d’où la qualité moyenne du fichier audio) à la BNF à l’occasion des journées “il était une fois le centenaire“
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19 juin 2019 - 00:31:08
L’invité: Mathieu Marly, chercheur post-doctoral et secrétaire du LabEx EHNE. Le thème : le projet républicain 1870-1914 (nouveaux programmes de Première) La discussion:* Une histoire prise dans des « fantasmes nostalgiques » * La nuance entre « modèle » et « projet » républicain * La tension propre à la IIIe République, entre défense de l’ordre, et défense des libertés * Ne pas idéaliser l’acte de vote sous la IIIe République * La dimension militaire du régime, qui participe de son modèle genré * Une sociabilité politique favorisée par la loi sur les débits de boisson de 1880 * Les meetings politiques (extrait de la chanson de Mac-Nab, « Le grand métingue du métropolitain », par Marc Ogeret) * Un système scolaire à la fois universel et inégalitaire, révélateur des contradictions d’un « habitus national » méritocratique * Une histoire de l’échec scolaire qui reste à faire sous la IIIe République * Une sphère politique qui reste peu ouverte socialement * L’armée comme outil pour discipliner le corps social, à travers notamment ses bagnes coloniaux * La loi de 1905 comme révélateur non seulement du conflit religieux mais aussi de formes d’accommodement entre les catholiques et la République * L’inscription physique et symbolique de la République dans l’espace, et à travers des cérémonies et rituels * Un commentaire de deux documents du début des années 1880 (tableau d’Alfred Roll p. xxx du manuel Nathan / S. Cote 1e / Edouard Detaillé, Longchamp xxx) * Le lien entre République et patriotisme * L’efficacité du projet républicain visible lors de la mobilisation de 1914Les références citées dans le podcast : – Jean-François Chanet, L’École républicaine et les petites patries, préface de Mona Ozouf, Paris, Aubier, 1996 – Christophe Charle, Les élites de la République, 1880-1900, Paris, Fayard, 1987. – Christophe Charle, La Crise des sociétés impériales. Allemagne, France, Grande-Bretagne (1900-1940). Essai d’histoire sociale comparée, Paris, Seuil, 2001. – Paula Cossart, Le meeting politique. De la délibération à la manifestation (1868-1939), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010. – Alain Garrigou, Histoire sociale du suffrage universel en France (1848-2000), Paris, Seuil, 2002. – Dominique Kalifa, Biribi. Les bagnes coloniaux de l’armée française, Paris, Perrin, 2009. – Nicolas Mariot, Bains de foule. Les voyages présidentiels en province, 1888-2002, Belin, coll. « socio-histoires », 2006 – Mathieu Marly, Distinguer et Soumettre. Une histoire sociale de l’armée française (1872-1914), à paraître aux Presses Universitaires de Rennes en août 2019. Le conseil de lecture : – Nicolas Mariot, Tous unis dans la tranchée ? 1914-1918, les intellectuels rencontrent le peuple, Éd. du Seuil, coll. « L’Univers historique », 2013.  
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12 juin 2019 - 00:51:02
L’invité : Emmanuel Fureix, maître de conférences à l’Université Paris-est Créteil Le livre : L’œil blessé. Politiques de l’iconoclasme après la Révolution française, Champ Vallon 2019. La discussion :* Le titre du livre : de qui l’œil est-il blessé, et par quoi ? * Les signes visés par l’iconoclasme politique, et les types d’opérations qui les entourent * Une inquiétude envers les signes politiques, qui produit des sources administratives et judiciaires en particulier * Des témoignages, qui n’émanent que peu des hommes politiques, qui jugent tout cela dérisoire * L’iconoclasme, trace d’autres formes de politisation, et de conceptions de la citoyenneté, que celle qui passe par le vote * Une pratique iconoclaste qui ne s’explique pas seulement par des éléments sociologiques (couches populaires vs. élites) * La monnaie, où s’inscrit la souveraineté, visée par l’iconoclasme * L’imaginaire du régicide visant les Bourbons * Les fleurs et leur gamme chromatique indiquant des appartenances politiques * La croyance en une puissance performative des signes et des gestes qui les visent * La tension entre gestes iconoclastes et sacralisation du patrimoine et de la propriété au XIXe siècle * Un iconoclasme chirurgical à lier à la notion d’« iconoclash » (Bruno Latour) * Un iconoclasme entre spontanéité et le calcul * Le contexte particulièrement troublé des années 1814-1816, et la virulence iconoclaste de la seconde Restauration * Un usage paradoxal et risqué de l’iconoclasme du côté des Bourbons et de leurs partisans * Une autre dimension de ces conflits autour des signes : le défi masculin dans l’espace public * La « recharge iconoclaste » de février 1831 * Quels sens donner à la scène célèbre du « sac  des Tuileries » en  février 1848 ? * Le surprenant iconoclasme de la République conservatrice de 1849-1851 * Un moment d’iconoclasme un peu oublié : la chute du Second Empire en septembre 1870 * Le rapport entre Paris et province et les moments de diffusion des nouvelles parisiennes à l’origine de pratiques iconoclastes * La violence iconoclaste, substitut à la violence physique ? * Une efficacité des gestes iconoclastes qui semble décroître dans le dernier tiers du XIXe siècle * La faible circulation internationale de l’iconoclasme, à la différence de la barricade. * Les résurgences de l’iconoclasme dans les sociétés contemporainesLes conseils de lecture : – Alain Corbin, Le village des cannibales, Paris, Aubier, 1990. – Emmanuel Fureix, Le siècle des possibles (1814-1914), Paris, PUF, 2014.
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5 juin 2019 - 00:40:00
L’invité : Igor Moullier, maître de conférences à l’ENS de Lyon Le thème : l’affirmation de l’État en France à l’époque moderne / le modèle britannique au XVIIIe siècle (nouveaux programmes de Seconde) La discussion :* Le regard que porte un moderniste sur le retour de l’histoire moderne, sous une forme plutôt traditionnelle, dans les programmes du lycée (1:15) * L’absolutisme, une notion moins évidente et plus discutée que par le passé (2:50) * Les relectures du règne de Louis XIV, notamment dans l’historiographie anglophone (6:00) * À quoi ressemble l’État moderne, en termes d’effectifs, encore limités ? (7:45) * La place qui reste centrale de la noblesse et d’autres acteurs sociaux même dans une monarchie dite « absolue » (9 :40) * La guerre au cœur des dynamiques d’affirmation de l’État au XVIIe siècle, et depuis la fin du Moyen âge (11:00) * L’impôt comme fil directeur possible d’une partie du programme de Seconde (12:30) * Les relectures de l’histoire britannique, aujourd’hui démythifiée par l’historiographie qui souligne les tensions qui précèdent et accompagnent l’avènement du parlementarisme (16:00) * Les enjeux des complexes révolutions britanniques du XVIIe siècle (19:15) * Les textes et pratiques du parlementarisme britannique (22:45) * Les circulations idéologiques à l’encontre de l’idée d’un “modèle” britannique simplement diffusé (26:25) * Les rapports entre États monarchiques et Églises en France et en Grande-Bretagne (27:15) * Les approches historiques qui ont réfléchi à la dimension spatiale de l’État, à sa maîtrise du territoire (30:25) * Une analyse de l’Habeas corpus de 1679 (33:30)Les références citées dans le podcast:* John Brewer, The Sinews of Power. War, Money and the English State, 1688-1783, Londres, Unwin Hyman, rééd. Routledge, 1994 * Pierre Goubert, Louis XIV et vingt millions de Français, Paris, Fayard, 1966. * Renaud Morieux, Une mer pour deux royaumes, La Manche, une frontière franco-anglaise (XVIIe – XVIIIe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008 * Daniel Nordman, Frontières de France. De l’espace au territoire, XVIe-XIXe siècles, Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1999Les conseils de lecture : – Fanny Cosandey et Robert Descimon, L’Absolutisme en France. Histoire et historiographie, Paris, Seuil, « Points Histoire »/ »L’histoire en débats », 2002 – James Collins, La monarchie républicaine. État et société dans la France moderne, Odile Jacob, 2016.
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5 juin 2019 - 01:04:49
Les invité-e-s : Sébastien Cote, professeur en CPGE et directeur de collection de manuels scolaires ; Carole Greffrath, éditrice chez Nathan ; Emmanuelle Picard, maîtresse de conférences à l’ENS de Lyon Les livres : S. Cote et E. Picard (dir.), Regards historiques sur les grandes étapes de la formation du monde moderne ; Regards historiques sur Nations empires et nationalités de 1789 aux lendemains de la Première Guerre mondiale (Nathan, à paraître en 2019) La discussion :* L’origine du projet de livre d’accompagnement historiographique aux programmes scolaires dirigé par S. Cote et E. Picard (2:10) * L’accès plus facile aujourd’hui aux renouvellements grâce à des ressources électroniques (4:30) * Comment relire de façon novatrice des programmes d’apparence très classiques ? (6:35) * Peut-on faire des manuels et rester critique envers les réformes et les choix ou le fonctionnement de l’institution scolaire ? (9:35) * Les rapports entre monde universitaire et histoire enseignée dans le secondaire, avec des liens transformés et en partie à renouer (12:15) * Les enjeux civiques de l’histoire scolaire : usages publics de l’histoire, rapport à la vérité, place de la méthode historique (17:55) * Les usages multiples et parfois contradictoires des manuels, transformés encore par le passage au numérique, non sans poser problème (20:30) * La distinction à faire entre programmes, manuels, et contenus des cours d’histoire, source de polémiques artificielles (« Verdun ne sera plus enseigné ! ») (25:50) * La place des « points de passage et d’ouverture » et la lourdeur des programmes (30:50) * La méthode historique et les sources à placer au cœur de la pédagogie ? (36:00) * Les contraintes d’écriture et de fabrication d’un manuel (45:25) * Comment sont choisis les auteurs ? Quel rôle pour le directeur ? (52’50) * La prise en compte des troubles « dys » dans les manuels (56’40) * Est-ce que certaines situations d’apprentissage sont testées avant d’être dans les manuels ? (57’50) * Les différents métiers (cartographe, iconographe…) impliqués dans la fabrication d’un manuel (1:00:40) * Comment rappeler dans un manuel que les femmes sont actrices de l’histoire ? (1:02:25)
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29 mai 2019 - 00:37:54
L’invitée : Charlotte de Castelnau-L’Estoile, professeure d’histoire moderne à l’université Paris-Diderot Le livre : Páscoa et ses deux maris. Une esclave entre Angola, Brésil et Portugal, Paris, PUF, 2019. La discussion :* La vie et la condamnation pour bigamie d’une esclave (1:00), avec sa marge de liberté (“agency”) * Un cas trouvé dans les sources inquisitoriales (3:15) * L’inquisition portugaise, machine implacable et minutieuse (5:35) * Les regards critiques portés par les voyageurs étrangers à l’époque moderne sur la société brésilienne, remarquant la prégnance d’une religiosité baroque et de l’esclavagisme (9:15) * La structure de l’empire portugais entre Europe, Afrique et Brésil (10:35) * Les spécificités de l’esclavage en Angola, et ce qu’on peut savoir du statut de Páscoa (13:45) * L’Angola, dans un entre-deux linguistique et culturel (19:50) * La bigamie comme véritable « crime de l’empire » du fait des circulations dans cet espace (22:20) * Pourquoi l’Église et l’Inquisition accordent-elles tant d’importance au mariage des esclaves ? (23:35) * Les actions et réactions de Páscoa qui fait face à la procédure dirigée contre elle : contre-enquête, réactivation de réseaux, capacité à bâtir une défense et une argumentation (26’35) * La contradiction entre conception économique de l’esclavage (comme chose) et le mariage des esclaves (sacrement indissoluble) (28:40) * La fin de cette histoire avec le retour de Páscoa au Brésil, et dans sa condition d’esclave (30:35) * Les enjeux éthiques et méthodologiques qu’implique l’écriture de cette histoire (33:15)Les conseils de lecture : – Le “roman documentaire” de Thorkild Hansen en trois volumes, dont deux traduits (Actes sud): La Côte des esclaves (1990), Les bateaux négriers (1996). – Gisli Palsson, L’homme qui vola sa liberté. Odyssée d’un esclave, Gaïa éditions, 2018.  
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24 mai 2019 - 00:49:51
L’invitée : Françoise Waquet, directrice de recherche émérite au CNRS Le livre : Une histoire émotionnelle du savoir, XVIIe-XXIe siècle, Paris, Éditions du CNRS, 2019. La discussion :* L’histoire des émotions dans le fil d’un parcours de recherche centré sur les savants (1:00) * Entrée en matière : l’émotion de l’agrégé de Lettres Pierre-Maurice Masson devant sa thèse achevée en 1916 (2:30) * Des émotions situées : avec des collègues, des supérieurs, des instruments, un corps… (4:45) * Des émotions malgré un idéal savant d’objectivité, passant par des publications normées avec une façade lisse et dépourvue d’émotions, notamment en sciences « dures » avec le modèle IMRAD (Introduction, materials and methods, results and discussion) pour les articles (6:00) * Pour trouver les émotions des chercheurs : deux types de sources : ego-documents (lettres, récits, remerciements…) et rapports sur la condition des chercheurs et chercheuses (10:25) * Un « tournant réflexif » des sciences humaines depuis les années 1980, et la multiplication de textes d’« ego-histoire » (15:05) * Les émotions, la recherche et la question du masculin / féminin (16:30) * Les émotions positives : admirations et chocs devant des rencontres de livres ou de personnalités admirées (19:10) * L’attachement aux lieux de travail, comme les laboratoires (21:25) * Le choc émotionnel que fut, en France, le passage de l’ancienne Bibliothèque nationale (salle Labrouste, rue de Richelieu) au site de la BNF-Tolbiac (23:00) * Les bouleversements liés à l’arrivée de l’ordinateur, entre émerveillement et craintes, puis « computer anxiety » et « computer rage » (29:00) * Les émotions négatives liées aux difficultés de recrutement, à travers les campagnes de Marc Bloch et Lucien Febvre au Collège de France (34:20) * La perte d’une bibliothèque et de papiers, douleur pour un chercheur ou une chercheuse (41:30) * Le manque de reconnaissance des « petites mains » ayant travaillé aux grandes enquêtes collectives des années 1960-1970 (43:45)Les références citées dans le podcast : – Etienne Anheim, Le travail de l’Histoire, Publications de la Sorbonne, 2018. – Marc Bloch et Lucien Febvre, Correspondance, édition de Bertrand Müller, Fayard, 3 vol. – Patrick Boucheron, Faire profession d’historien, Publications de la Sorbonne, 2010. – Lorraine Daston, Peter Galison, Objectivité, Les presses du réel, 2012. – Philippe Descola, Les Lances du crépuscule : relations Jivaros. Haute-Amazonie, Paris, Plon, « Terre humaine », 1993. – Arlette Farge, Le goût de l’archive, Paris, Seuil, 1989. – François Jacob, La statue intérieure, Paris, Odile Jacob, 1987. – Michel Perrin, Le chemin des Indiens morts : mythes et symboles guajiro, Payot, 1976. – Dossier « Bibliothèque nationale de France : expériences vécues », Le Débat, 1999/3 (n° 105) – Article sur la controverse liée à l’ouverture de la BNF-Tolbiac Le conseil de lecture : – Jean Rouaud, Kiosque, Paris, Grasset, 2019.
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