Paroles d'histoire

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Un podcast consacré à l'actualité des livres, de la recherche et des débats en histoire

87 épisodes

21 décembre 2019 - 01:08:16
Les intervenants:* Emmanuel Fureix, professeur à l’Université Paris-est Créteil * Romy Sanchez, docteure en histoire * Ary Gordien, docteur en anthropologie, Chargé de recherches à l’Université de Paris/LARCA * Avec une contribution de Myriam Cottias, directrice de recherche au CNRSLe débat: Esclavage et révolution, seconde séance des “mercredis des révolutions“, université populaire organisée à la mairie du XVIIIe arrondissement par la Société d’histoire de la révolution de 1848, en partenariat avec “Paroles d’histoire”.
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14 décembre 2019 - 01:11:45
Cliquer ici pour écouter les conseils donnés en décembre 2018. Les conseils de Noémie Villacèque (histoire antique)* D.M. Halperin, J.J. Winkler, F.I. Zeitlin (dir.) Bien avant la sexualité. L’expérience érotique en Grèce ancienne, Anhima, 2019. * Lydie Bodiou et Véronique Mehl, Dictionnaire du corps dans l’antiquité, Rennes, PUR, 2019. * Paulin Ismard, La Cité et ses esclaves. Institution, fictions, expériences, Paris, Seuil, 2019. * Nicolas Siron, Témoigner et convaincre: Le dispositif de vérité dans les discours judiciaires de l’Athènes classique, Paris, éditions de la Sorbonne, 2019. * Nathalie Barrandon, Les massacres de la République romaine, Paris, Fayard, 2018. * Claire Sotinel, Rome, la fin d’un empire, de Caracalla à Théodoric (212 à la fin du Ve siècle), Paris, Belin, collection « Mondes anciens », 2019. * Jean-Baptiste Bonnard, Corps, gestes et vêtements dans l’Antiquité. Les manifestations du politique, Caen, Presses universitaires de Caen, 2019. * Pierre Judet de la Combe, Homère, Paris, Gallimard, Folio, 2019 * Murielle Szac, Olivia Sautreil, Le feuilleton d’Artémis, Paris, Bayard, 2019 (littérature jeunesse)Les conseils d’Etienne Anheim (histoire médiévale)* Giulia Puma, Les Nativités italiennes (1250-1450). Une histoire d’adoration, Rome, Ecole Française de Rome, 2019. * Patrick Boucheron, La trace et l’aura. Vies posthumes d’Ambroise de Milan, IVe-XVIe siècle, Paris, Seuil, 2019. * Armando Petrucci, Promenades au pays de l’écriture, Paris, Zones sensibles, 2019. * Jacques Dalarun, Modèle monastique. Un laboratoire de la modernité, Paris, Éd. du CNRS, 2019. * Sandrine Victor, Les fils de Canaan. L’esclavage au Moyen âge, Paris, Vendémiaire, 2019. * Jean-Pierre Devroey, La nature et le roi. Environnement, pouvoir et société à l’âge de Charlemagne (740-820), Paris, Albin Michel, 2019. * Isabelle Fabre, Les vergers de l’âme. L’allégorie du jardin spirituel à la fin du Moyen Âge, Paris, Honoré Champion, 2019. * Christine de Pizan, Cent ballades d’amant et de dame, Paris, Gallimard, 2019. * Actuel Moyen âge, L’histoire continue !, Paris, Alma, 2019.Les conseils de Caroline Callard (histoire moderne)* Antoine Lilti, L’héritage des Lumières, Paris, Seuil, 2019. * Timothy Brook, Le Léopard de Kubilai Khan. Une histoire mondiale de la Chine, Paris, Payot, 2019. * Charlotte de Castelnau-L’estoile, Pascoa et ses deux maris, Paris, PUF, 2019. * Barbara Diffendorf, Planting the Cross: Catholic Reform and Renewal in Sixteenth- and Seventeenth-Century France, Oxford, Oxford University Press, 2019. * Collectif, L’Exploration du monde – Une autre histoire des Grandes Découvertes, Paris, Seuil, 2019. * Séverin Duc, La guerre de Milan. Conquérir, gouverner, résister dans l’Europe de la Renaissance, Paris, Champ Vallon, 2019 * Natalia Muchnik, Les prisons de la foi. L’enfermement des minorités (XVIe -XVIIIe siècle), Paris, PUF, 2019.Les conseils de Dominique Kalifa (histoire contemporaine)* Emmanuel Fureix, L’œil blessé. Politiques de l’iconoclasme après la Révolution française, Champ Vallon 2019. * Manon Pignot,
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11 décembre 2019 - 00:39:06
L’invité : Stéphane Coviaux, professeur en classes préparatoires littérairesLe livre : La fin du monde viking, Paris, Passés composés, 2019. Un objet mentionné dans le podcast (31′): moule de stéatite trouvé au Danemark, servant à forger des croix et des marteaux de ThorLa discussion :* La naissance de cette recherche et l’intérêt pour le monde scandinave (1’10) * Les langues qu’il faut parler pour mener de telles recherches (2’00) * Le fait de travailler sur un objet aussi présent dans la culture populaire (3’45) * Le mot « viking » et ses ambiguïtés (4’50) * Le cadre spatial large du livre, et son choix (5’55) * L’articulation entre sources écrites, généralement postérieures, et sources archéologiques, au cœur de ce champ de recherches (7’20) * Les problèmes d’interprétation des données archéologiques (9’40) * Un document exceptionnel : la grande pierre de Jelling (10’10) * À inscrire dans un type de documents, les pierres runiques (12’40) * Des missionnaires au second plan par rapport aux rois dans le processus de christianisation, éminemment politique (14’30) * Une conversion sous la menace, avec Olaf Tryggvasson ? (17’15) * Quelle grammaire rituelle pour les processus de conversion et les baptêmes ? (18’20) * Quelle raison profonde à ces choix de conversion pour les rois nordiques, avec quels éléments préalables de contacts avec des chrétiens ? (20’35) * La variété des acteurs concernés : marchands, esclaves…. (22’45) * Quelle place pour les reliques dans la christianisation du nord ? (24’05) * Le rôle de la papauté dans ce processus, qui interagit en partie avec la Réforme grégorienne (25’15) * La place du christianisme oriental, et les influences byzantines, dans le monde nordique (27’00) * Les hésitations religieuses et les refus de la nouvelle religion (28’00) * Les réemplois et continuités entre dieux scandinaves et christianisme (31’30) * Les femmes, gagnantes ou perdantes de la christianisation ? (32’40) * Ce que la christianisation a pu changer au quotidien pour les populations nordiques (alimentation, onomastique…) (34’20) * Quelles traces visibles aujourd’hui de cette période ? (36’30)Les références citées dans le podcast et les conseils de lecture :* Pierre Bauduin, Le Monde franc et les Vikings (VIIIe-Xe siècle), Paris, Albin Michel, 2009 * Pierre Bauduin, Histoire des Vikings. Des invasions à la diaspora, Paris, Tallandier, 2019 * Halldor Laxness, La saga des fiers-à-bras * Knut Hamsun, Pan 
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4 décembre 2019 - 00:43:41
L’invité : Emmanuel Droit, professeur d’histoire à Sciences Po Strasbourg Le livre : Les polices politiques du bloc de l’est, à la recherche de l’internationale tchékiste 1955-1989, Paris, Gallimard, 2019. La discussion :* Le projet de réaliser une histoire transnationale des polices politiques du bloc de l’est (1’45) * Les lacunes documentaires liées aux destructions d’archives (4’) * Les défis pratiques de l’histoire transnationale : apprendre la langue polonaise pour lire les sources ! (5’30) * Le travail spécifique sur des sources bureaucratiques à la fois arides et révélatrices (8’) * La notion de « bloc de l’est » qu’il faut en partie questionner, ou déconstruire (10’) * La Tchéka, née en 1917, et référence mobilisée dans les années 1950 afin notamment de mettre à distance les politiques répressives staliniennes (11’40) * La mise en place des polices politiques en Europe de l’est après 1945, de façon différenciée suivant les pays * L’image du tchékiste, parfait communiste * L’articulation entre dimensions socialiste, policière et patriotique de leur identité (20’) * Le tournant de la fin des années 1960, après le Printemps de Prague et avec la hausse des voyages au sein du bloc de l’est (22’30) * Une période qui remet en question l’image d’immobilisme ou de stagnation à l’est dans les années 1970, si l’on essaie de penser les futurs non advenus et de ne pas raconter l’histoire par la fin (26’) * L’exportation des pratiques policières dans le Tiers-Monde, au temps de la guerre froide globale : Cuba, Nicaragua, Yemen… (28’30) * Le défi du terrorisme international dans les années 1970, et l’ambiguïté des pays de l’est à son égard (31’) * La tension dans la pratique tchékiste entre le secret et l’affichage (33’) * Le fossé mémoriel entre Russie et Europe de l’est sur a question (35’) * Comment penser le passé de la RDA aujourd’hui, sans nostalgie ni simplifications faisant de la Stasi la seule composante de cette expérience ? (38’30)Le conseil de lecture : Chris Kraus, La fabrique des salauds. Trad. de l’allemand par Rose Labourie. Belfond, 2019.
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27 novembre 2019 - 01:01:09
Émission en partenariat avec Chemins d’histoire, podcast de Luc Daireaux, enregistrée dans les studios de Radio Clype (réalisation Margot Leutard). L’invitée : Claire Sotinel, professeure d’histoire à l’université Paris-est-CréteilLe livre : Rome, la fin d’un empire, de Caracalla à Théodoric (212 à la fin du Ve siècle), Paris, Belin, collection « Mondes anciens », 2019. La discussion :* Quels choix pour ce troisième volume consacré à Rome dans la série « Mondes anciens » ? (1’45) * L’édit de Caracalla en 212, point de départ de l’ouvrage, et transformation profonde du monde romain (5’05) * La réussite même de l’empire, qui l’amène à se transformer et prépare les conditions de sa disparition (6’30) * Les choix iconographiques de l’ouvrage, et la double lecture qu’ils permettent (8’45) * Le poids d’une question historiographique ancienne, liée à l’idée de « déclin » et de « décadence » (11’50) * Des visions concurrentes de la fin de l’antiquité suivant le champ de l’histoire étudié : transition culturelle avec Peter Brown ou Henri-Irénée Marrou, chute brutale avec Bryan Ward-Perkins… (16’05) * La question des transitions économiques entre Antiquité et Moyen âge (21’50) * Comment penser la christianisation du monde antique, passage d’une religion civique à « une religion de la personne et de la communauté » (23’45) * La « crise du IIIe siècle » en lien avec des reconfigurations géopolitiques majeures (26’50) * La difficulté à lire l’Histoire Auguste, seule source narrative suivie pour cette période (30′) * Héliogabale / Antonin le jeune, prototype des personnages dont l’histoire est simplifiée par cette source (33’25) * Les difficultés rencontrées à l’époque de Valérien et de Gallien (34’45) * La réinvention de l’empire à l’époque de la tétrarchie (36’45) * Une idée reçue à effacer dans l’historiographie : le « partage » de l’empire entre Orient et Occident après Théodose (41’25) * La conversion de Constantin, et les interprétations que l’on peut en donner ; son établissement d’un « langage impérial de neutralité religieuse » (44’30) * Le règne de Julien et les contradictions de sa politique religieuse (50’00) * La complexité des rapports aux barbares, à la fin de la période, et la nécessité d’en percevoir la diversité (53’35) * La fin de l’empire romain, fin d’un modèle politique, mais « ce n’est pas la fin du monde » (58’30)Les références évoquées dans le podcast (par ordre alphabétique)* Peter Brown, Le monde de l’Antiquité tardive, de Marc Aurèle à Mahomet, Bruxelles, éd. de l’Université de Bruxelles, 2011. * André Chastagnol, L’évolution politique, sociale et économique du monde romain, de Dioclétien à Julien : la mise en place du régime du Bas-Empire, 284-363, Paris, SEDES, 3e éd., 1997. * François Chausson, Stemmata aurea : Constantin, Justine, Théodose. Revendications généalogiques et idéologie impériale au IVe siècle, Rome, Erma di Bretschneider, 2007. * Michel Christol, Les Règnes de Valérien et de Gallien (253-268) : travaux d’ensemble, questions chronologiques, Berlin, W. de Gruyter, 1975. * Andrea Giardina, « Esplosione di tardoantico », Studi Storici, vol. 40, n°1 (janv.-mars 1999), pp. 157-180. * Peter Heather, Rome et les barbares. Histoire nouvelle de la chute d’un empire, Paris, Alma, 2017. * François Jacques, Les cités de l’occident romain, Paris, Les Belles Lettres, 1990. * Claude Lepelley (dir.), La fin de la cité antique et le début de la cité médiévale de la fin du IIIe siècle à l’avènement de Charlemagne, Bari,
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20 novembre 2019 - 01:05:14
Les intervenants:* Emmanuel Fureix, maître de conférences à l’Université Paris-est Créteil * Maurizio Gribaudi, directeur d’études à l’EHESS * Quentin Deluermoz, maître de conférences à l’Université Paris-XIIILe débat: la démocratie directe, de la Commune aux “gilets jaunes”, première séance des “mercredis des révolutions“, université populaire organisée à la mairie du XVIIIe arrondissement par la Société d’histoire de la révolution de 1848, en partenariat avec “Paroles d’histoire”.  
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13 novembre 2019 - 00:49:34
Les invitées : Fanny Madeline, maître de conférences à l’université Paris-I ; Valérie Theis, professeur à l’ENS (Paris) Les parutions : Croisades et cathédrales, d’Aliénor à Saint Louis ; À la vie, à la mort, des rois maudits à la guerre de cent ans (t. 7 et 8 de l’Histoire dessinée de la France, éditions La découverte / La revue dessinée) La discussion :  
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6 novembre 2019 - 00:57:10
L’invité : Julien Blottière, professeur d’histoire-géographie et animateur de l’Histgeobox La discussion :* Comment est né le blog Histgeobox, et son principe de fonctionnement * Quelles pratiques pédagogiques pour associer chansons et histoire ? * Un parcours à travers les chansons : * Bob Dylan, The Death of Emmet Till (1962) * Zeca Afonso, Grândola Villa Morena (1972) * Bob Marley, Zimbabwe (1979) * Fela Kuti, ITT / International Thief (1979) * Gilbert Bécaud, Tu le regretteras (1965) * Bruce Sprinsteen, Born in the USA (1984) * Jean Ferrat, Le bilan (1980) * Aristide Bruant, À Biribi (1891) * Paulus, En revenant de la revue (1886) * Bernard Lavilliers, Les mains d’or (2001) * Chico Buarque de Hollanda, Construçao (1971) * Claude Nougaro, Paris mai (1968) 
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22 octobre 2019 - 00:54:51
Les invité-e-s : Emilie Fissier et Frédéric Manfrin, du département d’histoire de la Bibliothèque Nationale de France, commissaire associée et commissaire principal (avec Vincent Ferré) de l’exposition Tolkien L’événement : exposition « Tolkien, voyage en terre du Milieu », du 22 octobre 2019 au 16 février 2020 à la Bibliothèque Nationale de France. La discussion :* Les origines de l’exposition « Tolkien, voyage en Terre du milieu », en lien avec la Bodleian library d’Oxford,  et le « Tolkien estate » (1:15) * Les choix d’objets mis en regard des œuvres de Tolkien (5:50) * Un parti-pris de l’exposition : ne rien montrer de postérieur à 1972, pour replonger les visiteurs dans l’imaginaire propre à l’auteur (7:20) * Le genre de la « fantasy », déjà en partie constitué quand Tolkien commence à écrire (8:20) * Les anneaux de Tolkien ne sont pas le Ring de Wagner ! (10:15) * L’enfance de Tolkien près de Birmingham, et la sensibilité à la nature, aux paysages, qui en découle (12:40) * Le rapport complexe de Tolkien à Shakespeare, et à l’antiquité gréco-latine (15:10) * L’invention linguistique comme source fondamentale de son inspiration (17:00) * L’entrée en guerre de 1914, moment ambigu pour qui travaille sur les langues et l’aire germanique (19:10) * La marque de la Grande Guerre sur l’œuvre de Tolkien, travaillée par la mort (21:00) * Tolkien dans l’entre-deux-guerres, savant et écrivain pour ses enfants (24:20) * Son talent graphique et la variété de sa palette (26:00) * Le succès du Hobbit (1937) et le début d’une véritable carrière d’écrivain (28:30) * Le travail propre de Tolkien sur la langue anglaise, et sa musicalité (30:00) * La cosmogonie de la Terre du Milieu (31:45) * La réception du Seigneur des anneaux, et son ampleur sur les campus américains dans les années 1960 en particulier (32:45) * Les paradoxes d’une lecture pacifiste de Tolkien, alors qu’un personnage comme Faramir souligne la légitimité de la guerre (34:25) * Le Moyen âge de Tolkien, antérieur à la conquête normande, et loin de la matière arthurienne (37:00) * La juxtaposition de périodes et de régions dans le monde imaginaire de Tolkien : Minas Tirith, allusion à Byzance (41:20) * Le thème de la quête, fonctionnant de manière inversée dans le Hobbit et le Seigneur des anneaux (42:40)* Un Tolkien « médiéviste » qui va jusqu’à inventer une tradition manuscrite de son propre texte ! (44:10) * Les sources d’inspiration de Tolkien pour les créatures fantastiques dont il peuple son œuvre (45:15) * Un Tolkien qui ne sépare pas les créatures en « races » (48:00) * L’apparence des manuscrits de Tolkien, qui évoquent à leur façon le Moyen âge (50:10) * Quels objets, quelles œuvres ont le plus marqué les commissaires de l’exposition ? (51:50)Pour aller plus loin :* Tolkien, voyage en Terre du Milieu, catalogue de l’exposition de la BNF, 2018. * John Garth, Tolkien et la Grande Guerre, Paris, Christian Bourgois, 2014.
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16 octobre 2019 - 00:43:27
L’invité : Nicolas Sarzeaud, médiéviste, doctorant à l’EHESS Négatif de la photographie du suaire prise en 1898 par Secondo Pia L’objet : le suaire conservé à Turin, et les controverses qu’il alimente La discussion :* Le statut et la façon de nommer l’objet connu comme « suaire de Turin », et les problèmes de qualification que cela pose : suaire, linceul, relique, drap, image, « saint suaire »… ? * L’existence d’une « discipline » propre à l’étude de cet objet, la « sindonologie », qui vise à prouver que le suaire est authentiquement celui qui entourait le Christ, avec des méthodes para- ou pseudo-scientifiques * La page wikipédia du suaire de Turin, reflet de cette tension entre partisans de l’authenticité, et chercheurs attachés à la datation établie au XIVe siècle * Un débat paradoxal : l’objet est très bien connu, beaucoup plus que beaucoup d’autres artefacts du Moyen âge, et très peu « mystérieux » en réalité * Le nombre étonnant des reliques du Christ au Moyen âge : environ 80 suaires ! * Un débat dont les données se nouent à la toute fin du XIXe siècle, à travers les photographies du suaire par Secondo Pia qui ont assuré sa popularité, en tant que « négatif » de l’image du Christ, à un moment déterminant pour l’histoire des images * La remise en cause de l’authenticité du suaire par Ulysse Chevalier au début du XXe siècle, avec les outils de la critique documentaire, et les violents débats que cela suscite * Les stratégies discursives des « sindonologues » pour étayer l’idée de l’authenticité du suaire * Pour « remédiévaliser » le suaire, tour d’horizon des sources contemporaines du XIVe siècle, et des premiers conflits qui entourent l’objet * Des conflits qui impliquent le roi de France et la papauté * La valeur de l’objet et les litiges qui continuent de l’entourer au XVe siècle * Comment inscrire le suaire dans un questionnement plus général sur les reliques médiévales ?Bibliographie (établie par Nicolas Sarzeaud) : Pour les italianophones, l’ouvrage le plus complet sur l’histoire du saint Suaire depuis le xive siècle est celui d’Andrea Nicolotti, Storia e leggende di una reliquia controversata, Turin, Einaudi, 2015. Il a aussi produit plusieurs autres livres sur les théories sindonologiques, notamment en anglais From the Mandylion of Edessa to the Shroud of Turin. The Metamorphosis and Manipulation of a Legend, Leyde, Brill, 2014. En français, les références sont plus anciennes mais on peut lire la très belle réflexion d’Odile Cellier sur l’histoire du saint Suaire et sa place dans le catholicisme contemporain, Le Signe du linceul, Paris, Cerf, 1992. Une synthèse en ligne ancienne mais de très bonne qualité a été publiée par l’archiviste André Perret, « Essai sur l’histoire du Saint Suaire du XIVe au XVIe siècle. De Lirey (Aube) à Chambéry », Mémoires de l’Académie Des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Savoie, IV, 1960, p.49-121 : L’étude du saint Suaire dans une perspective d’histoire sociale est récente et en pleine expansion. On peut citer pour l’époque moderne un ouvrage italien de Paolo Cozzo, La geografia celeste dei duchi di Savoia. Religione, devozioni e sacralità in uno stato di età moderna, Bologne, Mulino, 2006 et la publication d’un colloque récent : Paolo Cozzo, Andrea Merlotti, Andrea Nicolotti (dir.), The Shroud at Court. History, Usages, Places and Images of a Dynastic Relic, Leyde, Brill, 2019 Pour se pencher sur un autre suaire à l’œuvre au Moyen Âge, celui de Cadouin-Toulouse a été remarquablement étudié par Michelle Fournié dans plusieurs articles, notamment celui-ci : «Les miracles du suaire de Cadouin-Toulouse et la folie de Charles VI », Revue d’Histoire de l’Église de France, t. 99, Paris,
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9 octobre 2019 - 00:50:37
Les invité-e-s : Marie Lezowski (maîtresse de conférences en histoire moderne à l’université d’Angers), David Dominé-Cohn (professeur d’histoire et doctorant en histoire médiévale) Le livre : Carlo Ginzburg, Le Fromage et les vers. L’univers d’un meunier au XVIe siècle, Paris, Aubier, 1980 [1976]. La discussion :* Résumé du livre : le procès d’inquisition de Domenico Scandella, dit Menocchio, un meunier à la cosmogonie originale et contredisant les enseignements de l’Église (1’45) * La forme originale de l’ouvrage, personnelle, éclatée, suivant la logique du dossier d’inquisition (4’45) * La thèse forte de Ginzburg sur les idées de Menocchio nées du croisement entre l’imprimerie et un fond de croyances paysannes (6’50) * Comment ce livre est devenu un classique de l’historiographie, et comment les invité-e-s ont rencontré le livre (8’10) * Le contexte d’écriture du livre, et la figure de Carlo Ginzburg (11’30) * Une attention, à travers Menocchio, aux dominés et aux persécutés (14’20) * La remise en cause partielle de l’histoire des « mentalités » (17’00) * L’influence de Marc Bloch sur Carlo Ginzburg (18’20) * Une idéalisation du monde paysan chez l’auteur (20’) * La méthode philologique de Carlo Ginzburg, et sa lecture très particulière des sources inquisitoriales (21’50) * Le travail de Carlo Ginzburg sur les écarts entre questions des inquisiteurs et réponses de Menocchio (25’35) * Les rapports entre Menocchio et ses voisins de village ou son auditoire, en lien avec le rôle social d’un meunier (29’15) * Comment un meunier du Frioul sait-il lire ? Quels livres, et comment les lit-il ? (31’45) * Présentation de la microstoria, les liens qu’elle fait entre « cas » et contexte, sa capacité à « prendre au sérieux l’anomalie » (35’10) * Menocchio, un personnage dont les conceptions religieuses propres entrent en résonance avec des thèmes issus de la Réforme protestante (38’15) * La mise en scène narrative opérée par Carlo Ginzburg, qui a songé écrire ce livre à la façon des Exercices de style de Queneau (39’45) * Quel regard porter aujourd’hui sur le cas Menocchio ? (41’40) * Un rapprochement entre Menocchio, et Louis-François Pinagot, ce sabotier de l’Orne étudié par Alain Corbin ? (43’) * Un livre admirable mais dont les conclusions sur un « substrat oral » d’une culture paysanne sont fragiles (43’45) * La postérité du livre, pour l’étude des croyances « hors normes » (46’30)Les conseils de lecture :* Samir Boumediene, La colonisation du savoir. Une histoire des plantes médicinales du « Nouveau Monde » (1492-1750), Vaulx-en-Velin, Éditions des Mondes à faire, 2016. * Carlo Ginzburg, « Signes, traces, pistes : racines d’un paradigme de l’indice », Le Débat, 6, 1980, p. 3-44.Les références bibliographiques (par ordre alphabétique) :* Patrick Boucheron, « Préface », Le Fromage et les vers, Paris, Flammarion, coll. Champs, 2018. * Jean Boutier et Philippe Boutry, « L’invention historiographique. Autour du dossier Menocchio », Enquête, 3, 1996, mis en ligne le 11 juillet 2013. * Alain Corbin, Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot, sur les traces d’un inconnu, 1798-1876, Paris, Flammarion, 1998 * Andrea Del Col, ed., Domenico Scandella detto Menocchio : i processi dell’Inquisizione (1583-1599), Pordenone, Edizioni Biblioteca dell’Immagine, 1990. * Lucien Febvre, Le Problème de l’Incroyance au XVIe siècle. La Religion de Rabelais, Paris, Albin Michel, coll. « L’évolution de l’Humanité », 1942 ; Autour de l’Heptaméron. Amour sacré, Amour profane, Paris, Gallimard, 1944. * Carlo Ginzburg, Les Batailles nocturnes, Lagrasse, Verdier,
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2 octobre 2019 - 00:58:13
L’invité : Anthony Hostein, directeur d’études à l’EPHE Antonio de Pereda y Salgado, Vanitas (1634). Vienne, Kunsthistorisches Museum. Le thème : la numismatique, son histoire, ses apports à l’étude de l’antiquité La discussion :* Comment est née la numismatique comme discipline, bien avant d’autres branches du savoir historique, à partir de la Renaissance * Commentaire de tableaux : vanité de Salgado, xxx de Chardin * L’autonomisation de la numismatique sur le plan savant, avec son vocabulaire (« droit », « revers »), sous l’impulsion de Joseph Hilarius Eckel en particulier * Les liens maintenus, et parfois ambigus, entre numismatique savante et marchande * Le fléau des détectoristes qui font disparaître les données * La rocambolesque affaire du « trésor de Lava », ces monnaies trouvées près d’Ajaccio * Les effets des conflits et troubles géopolitiques (au Proche-Orient notamment) sur les fouilles et le marché des monnaies, comme le site de Doura-Europos, « perdu pour la science » * Les origines de la monnaie, instrument territorialisé, qui sert seulement dans un second temps à des échanges * La complexité des opérations de datation des monnaies, et d’estimation des ordres de grandeur monétaires * Le regard des numismates sur les débats sur l’économie antique, entre « primitivistes » et « modernistes », et sur l’iconographie * Les enseignements de la numismatique sur les rapports entre les hommes et les dieux * Le médaillon de Ticinum frappé sous Constantin en 315, le premier comportant un symbole chrétien, et son contexte * Relativiser la fonction de « propagande » de la monnaie * Le tournant fondamental du numérique pour les numismates, permettant de constituer des bases de données * Les défis interprétatifs et horizons de recherche en numismatique : construire des corpus, comprendre des monnaies singulières comme celle qui comporte une vache dans un arbre… * Encore des progrès à faire dans la communication entre numismates, historiens, archéologues !Les références citées et conseillées dans l’émission : Quelques noms d’illustres précurseurs (avant le XIXe siècle) Guillaume Budé [1467-1540], De asse et partibus eius (1515) ; Andrea Fulvio [c. 1470-1527], Illustrium imagines (1517) ; Hubert Goltzius [1526-1583] ; Charles Patin [1633-1693], Histoire des médailles (1695) ; Joseph Pellerin [1684-1782], vend en 1776 ses 32499 monnaies grecques au roi ; Joseph Hilarius Eckhel [1737-1798], Doctrina Numorum Veterum, 8 vol. (1792-1798) Choix d’ouvrages en français* Amandry (M.) dir., Dictionnaire de numismatique, Paris : Larousse, 2001. * Morrisson (C.), La numismatique, Paris : QSJ ? n°2638, 1992. * Amandry (M.) dir., La monnaie grecque et romaine, Paris : Ellipses, 2017.Choix de sites internet – Monnaies hellénistiques Monnayages des rois de Macédoine Monnayages des Lagides d’Egypte Monnayages des Séleucides – Monnaies romaines Monnayages républicains : Roman Republican Coinage (RRC) en ligne : cf. projet « CRRO – Coinage of the Roman Republic Online » Monnayages impériaux : Roman Imperial Coinage (RIC) en ligne : cf. projet « OCRE – Online Coins of the Roman Empire » Monnayages provinciaux (émis pour l’essentiel par les cités de l’Empire) ...
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25 septembre 2019 - 00:41:58
Les invité-e-s : Florian Besson (médiéviste, co-animateur du site Actuel Moyen âge) et Iris Pupella-Noguès (cofondatrice de la Boîte à histoire) L’événement : Festival « Secousse 1099 » organisé le 28 septembre 2019 à Paris La discussion :* Les origines du festival « Secousse 1099 » (1′) * La forme du festival, avec une dimension ludique et participative (4′) * Les problèmes posés par un festival sur la Première croisade, événement a priori moins ludique et émancipateur que 1848, objet de la première édition du festival (7′) * L’importance de faire entendre une parole historienne sur des événements pouvant être « brûlants » comme les croisades (9’20) * La Méditerranée médiévale, au cœur de débats et de l’enseignement (programme de 2nde, concours d’agrégation interne), avec le risque d’y projeter sans recul les identités ou affrontements religieux contemporains (11’45) * La controverse ayant entouré la parution du livre de Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel, en 2008, et ce qu’elle révèle des usages idéologiques de la Méditerranée médiévale (14’40) * À l’inverse, la lecture critique qu’on adopte désormais envers l’idée d’une « tolérance » ou convivencia entre communautés confessionnelles au Moyen âge (18’45) * Les différentes strates historiographiques concernant la Méditerranée médiévale, et les paradigmes successifs de son étude, de Pirenne à Braudel et après (21’40) * Le rôle du livre d’Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, paru en 1983 (26’10) * Les apports de l’archéologie, mis en valeur au festival « Secousse 1099 » (30′) * Une suggestion de documents permettant d’illustrer en cours de 2nde la notion de transferts culturels : les traités d’optique arabes (33′) * La mise en scène des croisades dans le cinéma, au prisme du médiévalisme (33’40)Les conseils de lecture :* John Tolan, Mahomet l’européen: Histoire des représentations du Prophète en Occident, Paris, Albin Michel, 2018. * Gérard Noiriel, Le venin dans la plume. Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République, Paris, La Découverte, 2019. * Dennis Lehane, Un pays à l’aube, Paris, Rivages, 2008.La bibliographie et les références citées dans le podcast (par ordre chronologique) :* Henri Pirenne, Mahomet et Charlemagne, préface de Bruno Dumézil, Paris, Tallandier, 2005 [1937]. * Fernand Braudel, La Méditerranée et le Monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 1949. * Joshua Prawer, Histoire du Royaume latin de Jérusalem, 2 vol., Paris, éd. du CNRS, 1970. * Jonathan Riley-Smith, Les Croisades, Paris, Pygmalion, 1990. * Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, Paris, J.-C. Lattès, 1983. * David Nirenberg, Violence et minorités au Moyen Âge, trad. de l’anglais par Nicole Genet, préf. de Claude Gauvard, Paris, PUF, coll. « Le nœud gordien », 2001. * Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne, Paris, Seuil, 2008 [compte-rendu par Blaise Dufal] * Anneliese Nef, Conquérir et gouverner la Sicile islamique aux XIe et XIIe siècles (B.E.F.A.R.), Rome, 2011. * Claire Soussen, Judei Nostri. Juifs et chrétiens dans la Couronne d’Aragon à la fin du Moyen Âge, Toulouse, Méridiennes, 2011. * Christophe Cailleaux,
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18 septembre 2019 - 00:46:14
Les invité-e-s : Stéphanie Sauget, professeure à l’université de Tours ; Manuel Charpy, chargé de recherche au CNRS La parution : Histoire et archéologie : que faire du XIXe siècle ?, n°58/2019 de la Revue d’histoire du 19e siècle La discussion :* L’exemple des fouilles du cimetière des Crottes à Marseille pour illustrer l’intérêt de la démarche archéologique appliquée au XIXe siècle, pour mesurer notamment les écarts entre normes et pratiques (1′) * Un XIXe siècle paradoxal, qui a légué objets et monuments, et dont l’archéologie ne peut se limiter à l’enfoui, à la fouille (4’15) * Le travail de Daniel Sayers, archéologue américain, sur le « grand marais lugubre » (great dismal swamp), et les traces qu’il y repère de communautés d’anciens esclaves en fuite autonomes (5’20) * Les parcours ayant amené Stéphanie Sauget et Manuel Charpy à travailler sur la culture matérielle, via les enjeux spatiaux ou ceux concernant les objets du XIXe siècle (8′) * La difficulté paradoxale de trouver des objets « ordinaires », et les fonds désormais accessibles de l’INPI (11′) * L’évolution de la démarche archéologique et historienne, qui ne cherche plus seulement le « bel objet » * L’établissement du dialogue entre historien-ne-s et archéologues : que fait-on de la « couche XIXe », récente, lors des fouilles ? (15’10) * La naissance de l’« archéologie générale » autour de Philippe Bruneau à la fin des années 1970, une démarche développée également dans les « pays neufs » comme les États-Unis et le Brésil, et en France en lien avec les préoccupations sur le patrimoine industriel (18’30) * L’archéologie qui permet de saisir la vie – la biographie ? – des objets (25′) * L’archéologie de la Grande Guerre et son essor à partir de 1991, et les problèmes (juridiques, moraux, éthiques) que posent les fouilles de terrains funéraires récents : « j’ai fouillé un soldat de 14 comme j’aurais fouillé du mérovingien ! » (26’15) * Comment faire l’archéologie d’une tombe qu’on ne peut pas fouiller ? à partir de l’article de Bruno Bertherat sur la tombe de Jeanne Moyaux morte en 1877 (28’40) * Extrait audio : Lucien Febvre, “vers une autre histoire”, 1949, in Combats pour l’histoire (lu par Jeanne Omhover, 32’55) * Le paradoxe d’un XIXe siècle qui est partout, mais absent en même temps, ou transformé, même dans les espaces dits préservés (35’40) * Des archives utiles pour parler de ceux qui ne parlent (n’écrivent) pas (40’30)Les références citées dans l’émission :* Maurice Agulhon, « Esquisse pour une archéologie de la République. L’allégorie civique féminine », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 28e année, n° 1, 1973, p. 5-34. * Thierry Bonnot, « La biographie d’objets : Une proposition de synthèse », Culture & Musées [En ligne], 25 | 2015 * Jacques-Olivier Boudon, Le plancher de Joachim. L’histoire retrouvée d’un village français, Paris, Belin, 2018. * Manuel Charpy, Intérieurs parisiens. De l’atelier aux appartements, XVIIIe-XXe siècles, Paris, Flammarion, catalogue d’exposition, 2014. * Revue RAMAGE * Nicolas Offenstadt, Urbex RDA, Paris, Albin Michel, 2019. * Stéphanie Sauget, À la recherche des pas perdus. Une histoire des gares parisiennes, Paris, Tallandier, 2009Les conseils de lecture :* Georges Balandier, Sociologie des Brazzavilles noires, Paris,
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11 septembre 2019 - 00:45:16
L’invitée : Caroline Callard, directrice d’études à l’EHESS Le livre : Le temps des fantômes. Spectralités de l’âge moderne (XVIe-XVIIe siècle), Paris, Fayard, 2019. La discussion :* L’origine de ce travail, et le pullulement des fantômes à l’époque moderne qu’il permet de saisir (1:00) * Une enquête au croisement de plusieurs fils historiographiques : histoire de la mort, anthropologie historique des revenants, sociologie pragmatique du surnaturel (3:50) * Quelles traces documentaires des fantômes ? Plus facile à trouver dans les imprimés que dans les archives… (6:20) * Un vocabulaire pour désigner les fantômes qui n’est pas stabilisé, malgré des efforts de nomenclature (9:50) * Une grande variété d’apparences visuelles pour les fantômes hors de tout code de représentation aux XVIe-XVIIe siècles (11:40) * Extrait audio commenté : Hamlet, I, 4 (interprétation de Jean Marais) * Historiciser le rapport aux fantômes dans une « conjoncture panique » des XVIe-XVIIe siècles (17:30) * Les fantômes saisis au prisme du droit, à travers les histoires de maisons hantées (et de rupture de bail) en particulier (18:45) * Comment établir une distinction entre rapports médiévaux aux spectres et usages dans la première modernité ? (21:45) * La présence genrée des fantômes, lisible dans une apparition à Dole en 1628, dans un contexte pourtant de chasse aux sorcières (27:05) * Des fantômes qui agissent et interagissent avec les vivants, sans que la question de la croyance ne soit forcément centrale pour les comprendre (32:00) * Les différents registres de la croyance, de la crédulité, du scepticisme et de l’incrédulité (35:20) * Le rôle politique des fantômes à travers celui de Concini , tué en 1617 (39:35)Les références citées dans l’émission :* Kathryn A. Edwards and Susie Speakman Sutch (éd.), Leonarde’s ghost. Popular piety and The appearance of a spirit in 1628, (Sixteenth Century Essays & Studies, 82.), Kirksville, Missouri, Truman State University Press, 2008. * Jean Bazin, Des clous dans la Joconde, Toulouse, Anacharsis, 2008. * Caroline Callard, Le Prince et la République. Histoire, pouvoir et société dans la Florence des Médicis, au XVIIe siècle, Paris, PUPS, 2007. * Elisabeth Claverie, Les guerres de la Vierge. Une anthropologie des apparitions, Paris, Gallimard, 2003 * Colin Dayan, The law is a white dog, Princeton U.P., 2011. * Jean-Pascal Gay, Le dernier théologien ? Théophile Raynaud : histoire d’une obsolescence, Beauchesne, collection Théologie historique, n° 127, 2018. * Carlo Ginzburg, Les batailles nocturnes, Sorcellerie et rituels agraires en Frioul, XVIe-XVIIe siècles, Lagrasse, Editions Verdier, 1980. * Stephen Greenblatt, Shakespearean Negotiations. The Circulation of Social Energy in Renaissance England, University of California Press, 1989. * –Hamlet in Purgatory, Princeton University Press * Sasha Handley, Visions of an Unseen World: Ghost Beliefs and Ghost Stories in Eighteenth-Century England. Pickering & Chatto, 2007. * Jean-Claude Schmitt, Les revenants. Les vivants et les morts dans la société médiévale, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des Histoires », 1994. * Natalie Zemon Davis, « Ghosts, Kin and Progeny: Some Features of Family Life in Early Modern France », Daedalus 106:2 (printemps 1977), p. 87-114.Les conseils de lecture :* Vinciane Despret, Au bonheur des morts. Récits de ceux qui restent, Paris, La Découverte, coll. « Les Empêcheurs de penser en rond », 2015 * Manuel Vilas, Ordesa, éditions du sous-sol, 2019. * Guillaume Cuchet, Les Voix d’outre-tombe. Tables tournantes, spiritisme et société au XIXe siècle, Paris,
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4 septembre 2019 - 01:01:02
L’invité: Julian Jackson, professeur à Queen Mary college, LondresLe livre: De Gaulle. Une certaine idée de la France, Paris, Seuil, 2019. La discussion:* les origines de ce travail sur De Gaulle * comment écrire une telle biographie, et quel type d’écriture biographique choisir, avec quelles archives * la confrontation aux sources et aux écrits de De Gaulle en particulier, et la nécessité à la fois d’en  déconstruire le mythe et de le prendre en compte * De Gaulle, un intellectuel marqué par de multiples influences, dont Péguy et Bergson mais aussi Gustave Le Bon * “on a trop tendance à arrondir les angles de De Gaulle en France” * Des rapports compliqués entre De Gaulle et Pétain, “mort en 1925” selon lui, et dont il n’est pas sous l’emprise en 1940 * les difficultés immenses de la France libre naissante en 1940, et les facteurs expliquant le succès gaullien * relativiser les effets du ralliement des résistants de l’intérieur (du CNR) en 1943 dans le succès obtenu sur Giraud * extrait audio: discours du 23 octobre 1941 (fusillés de Nantes et Châteaubriand) * l’extrême froideur manifestée par De Gaulle envers les résistants de l’intérieur, et plus largement, sa personnalité si étrange devenue un outil politique * les ambiguïtés vis-à-vis de l’idée de coup d’état afin de revenir au pouvoir entre 1946 et 1958 * extrait audio: discours du 23 avril 1961 (“putsch des généraux” à Alger) * les paradoxes d’un général qui a incarné l’autorité, après avoir lui-même désobéi en 1940, illustrant la tension entre légalité et légitimité * Un De Gaulle aimant faire des éclats mais sachant se montrer pragmatique * Le style gaullien en politique extérieure, et son positionnement vis-à-vis de la guerre froide * extrait audio: discours du 24 juillet 1967 à Montréal (“Vive le Québec libre”) * la surprise au terme de travail : un De Gaulle doté d’une extraordinaire capacité d’écouteLe conseil de lecture: Richard Evans, Eric Hobsbawm, A life in history
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24 juillet 2019 - 00:42:41
L’invitée : Axelle Chassagnette, Maîtresse de conférences en histoire moderne, Université Lumière Lyon 2 Le thème : Sciences et techniques au XVIIe-XVIIIe siècles, nouvelle question au programme de 2nde pour la rentrée 2019, en lien avec le chapitre rédigé dans l’ouvrage historiographique : Sébastien Cote, Emmanuelle Picard (dir.), Regards historiques sur Nations empires et nationalités de 1789 aux lendemains de la Première Guerre mondiale, Paris, Nathan, 2019. La discussion :* Le regard d’une universitaire spécialiste de ces questions sur l’inscription au programme de 2nde de l’histoire des sciences (1’20) * Les difficultés pour enseignants et étudiants à s’approprier le contenu même des sciences de l’époque (3’05) * Un vocabulaire de la « science » qui n’est pas le même à l’époque moderne et aujourd’hui, et qui n’a pas les mêmes cloisonnements entre philosophie, théologie, savoirs relatifs à la nature… (5’20) * La notion de « révolution scientifique », qui a aujourd’hui été revisitée et nuancée (7’50) * Comment faire pour enseigner la période sans la réduire à une liste des « grandes figures » comme Galilée et Newton ? (11’50) * La place accordée aux femmes dans le programme, et le nécessaire rappel du statut minoritaire de figures comme Émilie du Châtelet (14’30) * La question des rapports entre sciences et Églises, qui ne se réduisent pas à des confrontations (16’10) * Les circulations des savoirs entre sphère savante et usages populaires (20’10) * Le rôle des États dans la construction des sciences, qui peuvent devenir des instruments de gouvernement (22’15) * La question des langues, et les circulations géographiques des savoirs, ainsi que les mutations de l’édition (25’20) * Les objets (télescope, microscope…) qui restent imparfaits à l’époque moderne, comme en attestent les observations de Galilée (30’15) * La circulation des savants en Europe (32’40) * Analyse d’un document : Michel van der Muischer, Médecin dans son cabinet, 1680 (35’00)Les conseils de lecture et les références citées dans le podcast : – Michel Lagrée, La Bénédiction de Prométhée. Religion et technologie, Paris, Fayard, 2000. – Simone Mazauric, Histoire des sciences à l’époque moderne, Paris, Armand Colin, 2009 – Steven Shapin, Une histoire sociale de la vérité. Science et mondanité dans l’Angleterre du XVIIe siècle, Paris, La Découverte, 2014. – Steven Shapin, La révolution scientifique, Paris, Flammarion, 1998. – L’affaire des faux Galilée
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17 juillet 2019 - 00:46:07
L’invitée : Cécile Vast, docteure en histoire, chercheure associée au LAHRA Le livre : Pierre Laborie, Penser l’événement, 1940-1945, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 2019. La discussion :* Un projet éditorial qui prend source dans les derniers textes que Pierre Laborie composait à la fin de sa vie * Son expérience personnelle de la guerre et de la mort, enfant, au printemps 1944 dans le Lot * La question du silence et la difficulté de son interprétation historique * Un parcours de recherche débuté à la fin des années 1960, comme professeur du secondaire, et en lien avec le Comité d’histoire de la 2e guerre mondiale, et qui aboutit à l’EHESS * Une démarche inscrite dans une approche collective de la recherche, initiée par les colloques « La Résistance et les Français » à partir des années 1990 * La recomposition des rapports entre historiens et témoins de la Résistance dans ces mêmes années 1990 * L’épisode marquant que fut la table ronde de 1997 organisée par Libération, et le malaise qu’elle a suscité parmi des historiens comme Antoine Prost xxx article collectif * Le clivage dans l’historiographie de la Résistance entre deux types d’approches : priorité à son efficacité, ou à son inscription sociale ? * Les critiques apportées par Pierre Laborie à la « vulgate » voulant que les Français aient été collectivement veules sous l’Occupation, liée notamment à la réception du film Le Chagrin et la Pitié * Des positions historiographiques critiques envers certains aspects des travaux de Robert Paxton et Henry Rousso * Les concepts introduits par Pierre Laborie, comme « crise d’identité nationale », « penser-double », « non-consentement » * La dialectique de l’événement et de la structure dans son travail, en lien avec l’effondrement de 1940 * Conseil de lectureRéférences et conseils de lecture : « Pierre Laborie, un historien “trouble-mémoire” » (article sur Pierre Laborie avec liens et entretiens) « Déplorable leçon d’histoire » : Tribune cosignée par Pierre Laborie suite à la table-ronde avec les époux Aubrac organisée par Libération en 1997. Parmi les travaux de Pierre Laborie : – Résistants vichyssois et autres : l’évolution de l’opinion et des comportements dans le Lot de 1939 à 1944, Paris : Éditions du CNRS, 1980 – L’opinion française sous Vichy : les Français et la crise d’identité nationale, Paris, Seuil, 1980. – Le chagrin et le venin. La France sous l’Occupation, mémoire et idées reçues, Paris, Bayard, 2011 Travaux cités durant l’émission : – François Azouvi, Le Mythe du grand silence. Auschwitz, les Français, la mémoire, Paris, Fayard, 2012. – Eberhard Jäckel, La France dans l’Europe de Hitler, Paris, Fayard, 1968. – Alf Lüdtke, « La domination au quotidien. “Sens de soi” et individualité des travailleurs en Allemagne avant et après 1933 », Politix, 4/13, 1991. – François Marcot (dir.), avec la collaboration de Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Dictionnaire historique de la Résistance – Résistance intérieure et France libre, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 2006. – Robert Paxton, La France de Vichy, Paris, Seuil, 1972. – Henry Rousso, Le syndrome de Vichy (1944-1987), Paris, Seuil, 1987. Conseil de lecture : Claude Mauriac, Le temps immobile, 10 vol. Grasset
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10 juillet 2019 - 00:35:57
L’invitée: Meriem Sebaï, maître de conférences à l’université Paris-I Préparatifs d’un sacrifice à Mars. Bas-relief dit de Domitius Ahenobarbus, fin du IIe s. av. J.-C., Musée du Louvre. Le thème : nouvelle question au programme de l’agrégation d’histoire pour 2020 : « Religion et pouvoir dans le monde romain de 218 avant notre ère à 235 de notre ère » Consulter l’émission portant sur la question d’histoire médiévale. Avertissement : l’entretien, réalisé à titre individuel, et les conseils donnés, ne reflètent pas une position officielle du jury de l’agrégation externe d’histoire. La discussion :* Une question d’histoire religieuse reflétant une historiographie à maturité (1’00) * Le sens du cadre chronologique donné pour le programme, avec l’importance de la date de 212 à la fin de la période (3’05) * Une question qui n’est pas centrée sur la christianisation de l’empire (6’45) * La césure de la période augustéenne (7’45) et la notion de « culte impérial » (8’30) * La tension entre nouveautés religieuses et retour aux traditions à Rome (10’10) * La spécificité du vocabulaire romain en matière de cultes, centrés sur des pratiques (11’45) * Le cadre géographique de la question, dont la définition n’est pas  entièrement nette (15’15) * L’arrivée à Rome de cultes et de divinités venues d’ailleurs (17’00) * Des tensions et réticences envers ces nouveautés comme lors des Bacchanales (20’30) * Les effets religieux des guerres civiles (21’30) * Les rapports entre Rome et les monothéismes (23’10) * La place de John Scheid et de ses travaux dans l’historiographie de la question (24’35) * Quelles sources aborder pour se confronter à la question ? (29’30) * Conseils de lecture (33’)Les conseils de lecture : – John Scheid, La religion des Romains, Paris, Armand Colin, « Cursus », 3e éd., 2017. – John Scheid, Religion et piété à Rome, Paris, Albin Michel, 2001. – François Jacques et John Scheid, Rome et l’intégration de l’Empire. 44 av. J.-C- 260 ap. J.-C., Tome 1. Les structures de l’empire romain, Paris, PUF, « Nouvelle clio » 1990 – William Van Andringa, Quotidien des dieux et des hommes : la vie religieuse dans les cités du Vésuve à l’époque romaine, Rome, École française de Rome, 2009. – Audrey Bertrand, La religion publique des colonies dans l’Italie républicaine et impériale (Italie médio-adriatique, IIIe s. av. n.è.-IIe s. de n.è.), Rome, École française de Rome, 2015 – Yann Berthelet, Gouverner avec les dieux. Autorité, auspices et pouvoir, sous la République romaine et sous Auguste, Belles Lettres, collection « Mondes anciens », Paris, 2015
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10 juillet 2019 - 00:44:41
L’invité : Antoine Destemberg, maître de conférences à l’université d’Artois Charte de Philippe Auguste, 1203, commentée en ligne sur le site THELEME Le thème : nouvelle question au programme de l’agrégation d’histoire et du CAPES d’histoire-géographie pour 2020 : « écrit, pouvoirs et société en occident début XIIe fin XIVe (France, Angleterre, péninsule italienne, péninsule ibérique) » La discussion :* Une histoire à la fois sociale, culturelle et politique de l’écrit, qui a connu de forts renouvellements (1’45) * La coupure entre lettrés et illettrés désormais relativisée suite aux travaux de Jack Goody notamment (3’01) * Le lien entre accroissement du recours à l’écrit et affirmation des pouvoirs (5’40) * La perte des archives de Philipe Auguste à la bataille de Fréteval (1194) comme marqueur d’une prise de conscience d’une importance de l’écrit pour le pouvoir royal (7’40) * L’importance du droit et de l’outil juridique s’insérant dans les relations sociales à partir du XIIe s. (9’10) * Le recours de l’Église et des pouvoirs laïcs à des professionnels de l’écrit souvent formés dans les universités et les écoles (11’40) * Des compétences scripturaires encore rares dans une « société du manuscrit » (14’15) * Les différents types d’écoles qui ouvrent l’accès à l’écrit (15’20) * Différentes cultures de l’écrit dans les différents espaces géographiques au programme ? (17’15) * L’impossibilité de quantifier le recours à l’écrit, même si on réévalue à la hausse la proportion de la population urbaine lettrée (20’50) * L’accès au texte sacré de la Bible comme enjeu de pouvoir au Moyen âge (22’10) * L’écrit hagiographique comme enjeu, à travers l’exemple de François d’Assise (24’45) * Quelle périodisation pour cette question ? Pour la « révolution de l’écrit », l’essor de l’écrit pratique, du papier ? (27’) * Conseils de lecture (33’)Les références citées et les lectures suggérées : Manuels généraux et par espaces géographiques – Histoire de France (collection Belin, volumes de Florian Mazel, Jean-Christophe Cassard, Boris Bove) – Franck Collard, Pouvoirs et culture politique dans la France médiévale (Ve-XVe siècle), Paris, Hachette, « Carré histoire », 1999. – Philippe Contamine, Histoire de la France politique, Paris, Seuil, coll. »Points », 2006. – Jean-Pierre Delumeau et Isabelle Heullant-Donat, L’Italie au Moyen âge, Ve-XVe siècle, Paris, Hachette, « Carré histoire », 2000. – François Menant, L’Italie des communes, 1100-1350, Paris, Belin, 2005. – Denis Menjot, Les Espagnes médiévales, 409-1474, Paris, Hachette, « Carré histoire », 1996. – Jean-Philippe Genet, Les îles britanniques au Moyen âge, Paris, Hachette, « Carré histoire », 2005. Manuels et synthèses permettant d’aborder la question – Jean-Philippe Genet, La mutation de l’éducation et de la culture médiévales. Occident chrétien (XIIe-milieu du XVe siècle), 2 vol., Paris, Seli Arslan, 2000. – Nathalie Gorochov et Cédric Giraud, Histoire culturelle du Moyen âge en occident, Paris, Hachette, 2019. – Michel Sot, Anita Guerreau-Jalabert, Jean-Patrice Boudet, Histoire culturelle de la France, t. 1 : Le Moyen âge, Paris, Seuil, coll. « Points », 2005. Articles – Paul Bertrand, « À propos de la révolution de l’éc...
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