Paroles d'histoire

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Un podcast consacré à l'actualité des livres, de la recherche et des débats en histoire

191 épisodes

12 avril 2021 - 00:56:37
Une émission réalisée en commun avec le podcast Histoire en séries de Nicolas Charles L’invité: Pierre-Yves Beaurepaire, professeur à l’université Nice-Côte-d’Azur Le thème: Les aventures du jeune Voltaire, série diffusée sur France télévisions en 2021. La discussion: * Une série fidèle à ce que l’on sait des jeunes années de Voltaire ? (3:45) * L’éducation du futur Voltaire chez les jésuites (5:45) * Les rapports avec sa famille (7:50) * Les distances sociales maintenues entre un roturier comme Arouet et les aristocrates qu’il fréquente (10:00) * Le changement de nom de Voltaire, étape capitale de sa trajectoire (11:30) * Le monde des salons aristocratiques au début du XVIIIe siècle, et des intrigues de la Régence (cour de la duchesse et du duc du Maine) (14:20) * La forme de célébrité construite par Voltaire (16:55) * Le monde des policiers et des informateurs (19:55) * Le rôle de l’imprimé et des écrits dans les rapports de pouvoir (23:20) * Les premiers combats de Voltaire (27:30) * Les confrontations avec l’Église, et le déisme de Voltaire (32:00) * Voltaire, d’abord un homme de théâtre (34:50) * Le libertinage, défi à l’autorité (38:20) * Les relations amoureuses de Voltaire (41:00) * Une série à mettre en regard d’autres représentations (43:35) et d’autres séries sur la période (46:00) ainsi que d’autres films (50:00) Les références citées durant l’émission: * Pierre-Yves Beaurepaire, La France des Lumières 1715-1789, Paris, Belin, 2011. * Id., Echec au roi – Irrespect, contestations et révoltes dans la France des Lumières, Paris, Belin, 2015. * Marion Brétéché, Les compagnons de Mercure. Journalisme et politique dans l’Europe de Louis XIV, Ceyzérieux, Champ Vallon, 2015. * Robert Darnton, Bohème littéraire et Révolution, Le monde des livres au XVIIIe siècle, Paris, Gallimard, 1983. * Antoine Lilti, Le monde des salons: Sociabilité et mondanité à Paris au XVIIIe siècle, Paris; Fayard, 2005 * Id. Figures publiques : l’invention de la célébrité, 1750-1850, Paris, Fayard, 2014. Le conseil de lecture: Pierre Milza, Voltaire, Paris, Perrin, 2015
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5 avril 2021 - 00:52:28
L’invité: Aurélien Lignereux, professeur à l’IEP de Grenoble François-Joseph Sandmann, Napoléon à Saint-Hélène, ca 1820. Le thème: historiographie de la période napoléonienne à l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon   La discussion : * Le champ particulier des études napoléoniennes, au croisement de différents acteurs, pas uniquement universitaires * Les controverses liées au bicentenaire : la Fondation Napoléon, une instance neutre ? (5:00) * Quel positionnement pour un historien universitaire au sein de ce champ (7:30) * La profusion éditoriale actuelle et le type d’ouvrages paraissant sur Napoléon (9:35) * La place de l’histoire militaire, et ses renouvellements (11:15) * Les difficultés de la commémoration officielle de Napoléon par la République, dans une année tronquée par la crise sanitaire (15:45) * L’épisode du retour programmé du corps d’un général mort en Russie, et ses enjeux diplomatiques (21:30) * Les renouvellements historiographiques de l’histoire napoléonienne et leurs origines (26:30) * Des chantiers majeures : police et maintien de l’ordre (32:30) * Les sources spécifiques de la période napoléonienne (38:20) * Une clef de lecture générationnelle pour comprendre la période (40:30) * Une histoire féminine de la période est-elle possible ? (43:30) * Le Premier Empire, matrice des impérialismes européens au XIXe siècle ? (47:00) Les travaux mentionnés durant l’émission (par ordre alphabétique) : * Michael Broers, Europe Under Napoleon 1799-1815, Londres, Hodder, 1996. * Walter Bruyère-Ostells, Benoît Pouget et Michel Signoli, Des chairs et des larmes. Combattre, souffrir, mourir dans les guerres de la Révolution et de l’Empire, 1792-1815, Avignon, Presses universitaires de Provence, 2020. * Jane Burbank, Frederick Cooper, Empires. De la Chine ancienne à nos jours, Paris, Payot, 2011. * Hervé Drévillon, Olivier Wieviorka (dir.), Histoire militaire de la France, I. Des Mérovingiens au Second Empire, Paris, Perrin, 2018. * Aurélien Lignereux, L’empire des Français, 1799-1815, Paris, Seuil, 2013. * Id., Les impériaux, administrer et habiter l’Europe de Napoléon, Paris, Perrin, 2021 * Id., avec Quentin Deluermoz et Arnaud-Dominique Houte, « Sociétés et forces de sécurité au XIXe siècle », Revue d’histoire du 19e siècle, 50, 2015 *  Nathalie Petiteau (dir.), Voies nouvelles pour l’histoire du Premier Empire. Territoires, pouvoirs, identités : colloque d’Avignon, 9-10 mai 2000, Paris, La boutique de l’histoire, 2000. * Maria Pia Donato, Les archives du monde. Quand Napoléon confisqua l’histoire, Paris, PUF, 2020. * Anne Verjus, Le bon mari : une histoire politique des hommes et des femmes à l’époque révolutionnaire, Paris, Fayard, 2010. * Stuart Woolf, Napoleon’s Integration of Europe, L. Longman, 1993. Les conseils de fin d’émission : * Ridley Scott, Les duellistes (1977) * Grétry, La caravane du Caire (1783)    
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29 mars 2021 - 00:55:27
L’invité: Nicolas Offenstadt (MCF HDR Université Paris-I) Le livre: Gilbert Badia, Le spartakisme. Les dernières années de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, Ivry, éditions Otium, 2021 [1967] La discussion : * Pourquoi lire cette réédition d’un livre de 1967 ? (1:00) * Le parcours de Gilbert Badia, germaniste, résistant, militant communiste, passeur de la RDA en France… (4:00) * Quelle position pouvait avoir un intellectuel communiste dans les années 1950-1980 dans le monde universitaire ? (8:30) * Les rapports de Gilbert Badia au régime de la RDA et à ses organes de sécurité (12:10) * Un livre marqué par les questionnements politiques des années 1960 sur la révolution et l’organisation révolutionnaire (17:30) * À l’arrière-plan de l’ouvrage, le questionnement sur la « trahison » de la social-démocratie (21:15) * Le spartakisme, né du rejet de la Grande Guerre (24:30) * La figure marquante de Karl Liebknecht (27:00) * La naissance du spartakisme et son développement à partir de 1916 (29:30) * Nuancer la place des spartakistes dans la révolution allemande (34’) * Le rôle des socialistes majoritaires en partie réévalué (38:30) * Les commémorations de la révolution allemande en 2018-2019 (42:00) * Quelles traces, quels monuments du spartakisme dans l’Allemagne contemporaine ? (51:00) Principaux ouvrages de de Gilbert Badia: * La fin de la République allemande, 1929-1933, éditions sociales, Paris, 1958. * Histoire de l’Allemagne contemporaine, 2 volumes, éditions sociales, 1962, rééd. 1964, 1975. * Les spartakistes, 1918, l’Allemagne en révolution, Collections archives, Julliard, 1966. * Le Spartakisme, les dernières années de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht, L’Arche, 1967. * Rosa Luxemburg : Journaliste, polémiste, révolutionnaire, éditions sociales, 1975. * (dir.) Les barbelés de l’exil, Presses universitaires de Grenoble, 1979. * Feu au Reichstag : l’acte de naissance du régime nazi, éditions sociales, 1983. * (dir.) Les Bannis de Hitler, EDI-Presses universitaires de Vincennes, 1984. * Clara Zetkin, féministe sans frontières, Éditions de l’Atelier, 1993. * Rosa Luxemburg, épistolière, Éditions de l’Atelier, 1995. * Ces Allemands qui ont affronté Hitler, Éditions de l’Atelier, 2000. Notice biographique de Gilbert Badia La chanson de fin: Ernst Buch, Das Lied der Matrosen, tiré du film du même nom, par Kurt Maetzig et Günter Reisch (1958)  
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27 mars 2021 - 01:01:35
Les invité-es : Véronique Beaulande-Barraud (Professeure à l’université Grenobles-Alpes), Annie Duprat (Professeure émérite à l’université de Cergyà, Gwendal Piégais (doctorant à l’université de Bretagne-occidentale) et Manon Pignot (MCF à l’université de Picardie-Jules Verne) L’hommage: Bertrand Tavernier (1941-2021), son cinéma, ses films historiques La discussion: * Un personnage majeur et à part dans le cinéma français (1:00) * Un rapport à l’histoire éclectique, doublé d’un regard sur la société contemporaine (3:20) * Une conscience politique qui se traduit également par un travail de documentariste important, pour La Guerre sans nom (1992) notamment (4:45) * Que la fête commence (1975), un film complexe, situé sous la Régence (7:00) * Extrait d’entretien (Arte, Olivier Père, 2018) : l’écriture du scénario (9:00) * Les protagonistes du film : Émilie, Philippe d’Orléans, l’abbé Dubois, Pontcallec (10:20) * La réception pas évidente du film (14:30) * Un film tout sauf « académique », et marqué par la mort (19:00) * La critique des institutions, une ligne de force du cinéma de Tavernier (21:00) * Extrait d’entretien (Parlons cinéma, 1979) : les deux personnages du juge et l’assassin (24:40) * Le juge et l’assassin (1976), loin des images d’Épinal sur la France des années 1890 (26:00) * La capacité de Tavernier à choisir des sujets à la marge des « grands » événements historiques, ou dans leurs interstices (28:30) * La passion Béatrice (1987), une image sombre de la période médiévale, commentée par Véronique Beaulande-Barraud (33:00) * La Vie et rien d’autre (1989), le chef-d’œuvre sur le deuil de la Grande Guerre (38:00) * La puissance des paysages et la matérialité du deuil (42:00) * Un film qui anticipe sur le retour mémoriel de la guerre de 1914-1918 (45:00) * Extrait d’entretien (FilmoTV, 2011) : comment filmer l’histoire, à hauteur de personnages ? (50:00) * Capitaine Conan (1996), un film s’inscrivant dans les débats historiographiques sur la violence de guerre (53:00)
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22 mars 2021 - 00:49:25
Les invitées : Nathalie Kouamé (PR Université Paris), Aurélia Michel (MCF Université Paris), Anne Viguier (MCF Inalco) Le livre : Nathalie Kouamé, Éric P. Meyer et Anne Viguier (dir.), Encyclopédie des historiographies : Afriques, Amériques, Asies ; Volume 1 : sources et genres historiques (Tome 1 et Tome 2), Paris, Presses de l’Inalco, 2020. La discussion : * Les origines et les buts de l’Encyclopédie des historiographies (1:30) * Le rôle de l’INALCO et de ses presses dans la genèse du projet (6:00) * Le contenu du premier volume de cette Encyclopédie : « genres et sources », dans la variété des écritures non occidentales de l’histoire (8:45) * La variété des notices et des types de notices (9:45) * La tension entre conception occidentale des « sources » et la nature des récits du passé non occidentaux (11:00) * La place (réduite) des récits ou archives émanant de l’occident (15:00) * Les équilibres géographiques au sein du projet (21:35) * Des notices encyclopédiques classiques, et d’autres relevant plus d’une démarche de recherche (27:00) * Le cadre géographique large du projet (28:40) * La place donnée à des périodisations non occidentales ? (32:20) * Les objets comme sources (37:20) * Les traces du passé des sociétés dites sans écriture (38:45) * Le second volume du projet, à venir, consacré aux débats historiographiques (40:20)  
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17 mars 2021 - 00:45:07
L’invité: Eric Fournier, maître de conférences à l’Université Paris-I L’événement et le livre: 150e anniversaire de la Commune / La Commune n’est pas morte! Usages politiques du passé de 1871 à nos jours, Libertalia, 2013. La discussion: * Une commémoration sous Covid en mode mineur pour 2021 (1:30) * Les premières commémorations de 1880-1881 (2:50) * La naissance du “mur des fédérés” (5:00) * Commémorer ailleurs? (7:20) * Les bolcheviks et la Commune (9:35) * Le cinquantenaire de la Commune au temps de la division SFIC-PCF / SFIO (12:15) * Les lectures réductrices de la Commune dans la mémoire communiste (15:40) * Une mémoire plus unie au temps du Front Populaire (19:30) * La Commune, hantise de Weygand en 1940 (22:05) * Doriot et la Commune (24:35) * Mai 68, réactivation de la Commune (28:00) * Un centenaire politisé et conflictuel en 1971 (29:15) * Pourquoi Pompidou n’était pas au Mur des Fédérés lors du centenaire (30:30) * Une mémoire qui tend à se banaliser depuis les années 1980 (32:50) * La réactivation de discours “Versaillais” dans les années 2000 (34:40) * Les enjeux politiques de la commémoration en 2021 (36:10) Les conseils et références citées dans l’émission (par ordre alphabétique) : * Marc César, Laure Godineau (dir.), La Commune de 1871 : une relecture, Grane, Créaphis, 2019. * Jordi Brahamcha-Marin et Alice De Charentenay, La Commune des écrivains. Paris, 1871 : vivre et écrire l’insurrection, Paris, Gallimard, « Folio classique », 2021. * Michel Cordillot, La Commune 1871 (collection Maitron) * Quentin Deluermoz, Commune(s). Une traversée des mondes au XIXe siècle, Paris, Seuil, 2020. * Madeleine Rébérioux, “Le mur des fédérés”, in P. Nora (dir.), Les lieux de mémoire. * Jacques Rougerie, Procès des Communards, Paris, Julliard, coll. « Archives », 1964. * Edith Thomas, Les pétroleuses, Paris, Gallimard, “Folio histoire”, 2021 [1964], préface de Chloé Leprince.
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15 mars 2021 - 00:49:45
L’invité : Maurice Sartre, professeur émérite à l’université de Tours Le livre : Le bateau de Palmyre. Quand les mondes anciens se rencontraient, VIe s. av. J-C, VIe s. ap. J-C, Paris, Tallandier, 2021. La discussion : * Le projet du livre, qui prend ses distances avec l’idée d’une « mondialisation antique » (1:15) * Les origines de ce travail, lié à des renouvellements historiographiques et à des expériences personnelles, comme les fouilles d’Aï Khanoum (4:15) * La structure du livre, appuyé sur des sources, et sur une présentation géographique (8:20) * La postérité d’une historiographie d’époque coloniale (12:20) * Les difficultés à retrouver aujourd’hui les toponymes anciens (14:50) * Les cartes inédites accompagnant le livre (18:15) * Des sources fragmentaires et incomplètes pour certains récits de voyage, et le rapport spécifique à la géographie que dessinent ces documents (20:45) * Des voyages antiques qui présentent des difficultés pratiques, expliquant des connexions limitées (25:30) * Les « routes de la soie », une idée reçue à nuancer (30:20) * Les apports de l’archéologie pour penser ces connexions (34:20) * L’absence de monnaies romaines en Chine (37:50) * Voyages individuels et politiques d’État (39:40) * Les rythmes chronologiques de ces contacts (43:15) Le conseil de lecture : Pline, Strabon, le Périple de la Mer Érythrée Un épisode de In Our Time sur Strabon à écouter en complément
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8 mars 2021 - 00:48:12
L’invitée: Annette Wieviorka Le livre: Mes années chinoises, Paris, Stock, 2021. La discussion: Le conseil de lecture: * Yu Hua, Brothers, Actes Sud, 2008. Les références citées dans le podcast (par ordre alphabétique): * Guillaume Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être chrétien. Anatomie d’un effondrement, Paris, Seuil, 2018. * Simon Leys [Pierre Ryckmans], Les Habits neufs du président Mao, Paris, Champ libre, 1971. * Olivier Rolin, Tigre en papier, Paris, Seuil, 2002. * Yang Yisheng, Stèles. La Grande Famine en Chine, 1958-1961, Paris, Seuil, 2012 ; Id. Renverser ciel et terre – La tragédie de la Révolution culturelle, 1966–1976, Paris, Seuil, 2020.
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23 février 2021 - 01:08:31
L’invité: Tal Bruttmann, historien, spécialiste de la Shoah Le livre: Art Spiegelman, Maus, NY, Pantheon Books, 1986-1991 La discussion: * La première rencontre avec Maus, à la fin des années 1980 (1:30) * La vie d’Art Spiegelman, auteur et éditeur de comics avant Maus (2:50) * Le contexte de création de Maus, au moment où le feuilleton Holocauste est diffusé à la télévision américaine (4:30) * Un livre d’une grande complexité, à l’opposé de l’« Holokitsch » (7:40) * Les recherches préparatoires d’Art Spiegelman, fondées sur des enregistrements de conversations avec son père, et la consultation de dessins et d’ouvrages (10:00) * Le dessin, source pour l’histoire, dans ce travail de documentation et pour Ma us (13:00) * Les difficultés de publication de Spiegelman (14:00) * Les incertitudes de la réception : « fiction » ou « non-fiction » ? quelle légitimité pour la BD comme représentation de l’histoire ? (17:45) * Un livre qui n’est pas seulement consacré à la Shoah, mais aussi et surtout sur la transmission familiale, avec une mise en abyme du témoignage, et un récit de « seconde génération »  (22:40) * Un trait « tenu » du début à la fin de l’œuvre (26:00) * Un livre qui n’embellit pas la réalité ni le témoin (27:00) * Un travail qui montre de façon rare les conditions de recueil du témoignage (29:00) * Extrait audio : Vladek Spiegelman témoigne (31:00) * Le parcours singulier de Vladek et Anja durant la Seconde Guerre mondiale (32:00) * Le caractère « transactionnel » de la survie durant la Shoah dans le récit de Vladek Spiegelman (38:00) * Les langues de Maus : anglais, allemand, yiddish, polonais… (40:00) * Le choix de représenter les Juifs en souris, et le caractère « reconnaissable » des Juifs en Pologne (42:30) * La question des choix, et des dilemmes pour les protagonistes dans l’incertitude des protagonistes (45:00) * Les choix graphiques de Maus : animaux, bichromie… en lien avec la culture graphique d’Art Spiegelman (48:00) * la position particulière de Maus dans les débats sur la représentation de la Shoah, et ses sources visuelles (51:00) * la plasiticité du medium BD (57:00) * un « avant » et un « après » Maus dans la représentation de la Shoah en BD (1:02:00) * Conseils de lecture (1:04:00) Albums cités dans l’entretien (par ordre chronologique): * Pierre-Edmond Calvo, Victor Dancette & Jacques Zimmermann, La Bête est morte ! Fascicule premier. Quand la bête est déchaînée, Paris, Editions GP, 1944 * Will Eisner, A contract with God : and other tenement stories, New York , Baronet, 1978. * Frank Miller, Batman: The Dark Knight Returns, DC Comics, miniseries (4), February-June 1986. * Alan Moore & Dave Gibbons, Watchmen, DC Comics, limited series (12) September 1986-October 1987. * Joe Kubert, Yossel. April 19, 1943: a story of the Warsaw Ghetto Uprising, New York: Ibooks : Distributed by Simon & Schuster, 2003. Bibliographie sélective: * Tal Bruttmann, « The Holocaust through Comic Books » in Aukje Kluge et Benn E. Williams (eds.), Re-examining the holocaust through literature, Newcastle upon Tyne, Cambridge Scholars Pub., 2009, p. 173-200. * Mary S. Costanza, The Living Witness: Art in the Concentration Camps and Ghettos, New York, Free Press, 1982.Deborah R. Geis (ed), Considering Maus : approaches to Art Spiegelman’s “Survivor’s tale” of the Holocaust, Tuscaloosa, University of Alabama Press, 2003. * Anne Hélène Hoog, Didier Pasamonik et Edward Portnoy, De Superman au Chat du rabbin. Bande dessinée et mémoires juives, Paris, Musée d’art et d’histoire du judaïsme, 2007 * Serge Klarsfeld (ed.),
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11 février 2021 - 00:50:17
L’invité : Quentin Rochet, archéologue, médiéviste, responsable d’opération pour Archeodunum (opérateur d’archeologie préventive) et chercheur associé à l’UMR ArAr 5138 (Lyon). Le film : The Dig (Simon Stone, 2021) La discussion : * Un film réussi, qui évoque l’archéologie et non la chasse au trésor (2:00) * Un film sensible, qui évoque le rapport à la mort et au temps qui passe (3:00) * L’approche de la Seconde Guerre mondiale qui donne une tonalité plus sombre au film  (3:40) * Le trésor de Sutton Hoo, presque pas montré à l’écran (5:00) * Que sait-on de la tombe de Sutton Hoo ? (8:30) quelle place des anglo-saxons dans l’imaginaire national britannique ? (10:10) * L’importance accordée à l’époque aux anglo-saxons « cultivés » par opposition aux Vikings « sauvages » (11:30) * Les personnages du film, leur histoire réelle, en partant du principal fouilleur Basil Brown (16:00) * Une archéologie « prestigieuse » à l’arrière-plan, avec la référence à Howard Carter (19:45) * La représentation du travail et des techniques archéologiques dans le film (21:45) * L’importance de l’objet archéologiques à l’époque, et la mise en scène de leur fragilité (25:30) *  Bâcher, débâcher, lors des intempéries : le quotidien de l’archéologie (30:40) * Des tensions dans le monde archéologique : hommes / femmes, amateurs / professionnels… (32:00) * Un film conçu comme une réhabilitation de Basil Brown (33:00) * La représentation des tensions hommes / femmes sur cette fouille, qui tend à gommer les personnages féminins de l’histoire (35:30) * À qui appartiennent les objets découverts lors de cette fouille ? Les différences entre Grande-Bretagne et France du point de vue de la législation sur le patrimoine et l’archéologie (38:00) * Refermer / reboucher un site (43:00) * Une piste de recherche actuelle : retravailler les archives de fouilles plus anciennes (45:50) Le conseil de lecture : Edward C. Harris, Principes de la Stratigraphie Archéologique, 2eme édition, traduction par Anne-Sophie Murray Bibliographie (établie par Quentin Rochet) : * Digging the dirt: The true story behind The Dig – National Trust * Sue Brunning, Inside ‘The Dig’: how the star-studded film squares with reality of Sutton Hoo, British Museum * Un lien intéressant pour le grand public, la partie “Histoire de l’Archéologie” sur le site de l’INRAP * Comprendre les méthodes de l’archéologie (et leur histoire) : Demoule J.-P., Giligny F., A. Lehoërff, A. Schnapp, Guide des méthodes de l’archéologie, ed la découverte, 2009 * Une référence sur le monde anglo saxon : Nicholas J. Higham and Martin J. Ryan, The Anglo-Saxon World, New Haven: Yale University Press, 2013 * L’historiographie anglaise et la place des anglo-saxons dans cette dernière : J.-F. Dunyach et A. Mairey, Les âges de Britannia, Repenser l’histoire des mondes britanniques (Moyen Âge-XXIe siècle), Presses universitaires de Rennes, 2015 * Les archéologues anglais mentionnés hors équipe de Sutton Hoo : Mortimer Wheeler, Archaeology From the Earth, Oxford University Press, 1954. V. Gordon Childe, The Dawn of European Civilization, 1925 Kathleen Kenyon,
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8 février 2021 - 01:04:44
L’invitée : Nadège Ragaru, directrice de recherche à Sciences PO (CERI / CNRS) Le livre : « Et les Juifs bulgares furent sauvés… » Une histoire des savoirs sur la Shoah en Bulgarie, Paris, Presses de Sciences Po, 2020. Carte de contextualisation : Les territoires sous occupation civile et/ou militaire bulgare pendant la seconde guerre mondiale La discussion: * Présentation du contexte et de la situation spécifique de la Bulgarie dans la Seconde Guerre mondiale, ainsi que de la « double configuration » du sort des Juifs de la région (1:30) * Pourquoi en venir à complexifier le récit dominant sur le « sauvetage » des Juifs bulgares ? (4:00) * L’inscription particulière de la Bulgarie dans l’historiographie et dans l’espace de la période, longtemps étudiée à part ou invisibilisée (9:15) * Une histoire qui s’écrit depuis plusieurs espaces : la Bulgarie communiste, l’occident, Israël… (12:50) * Derrière l’image du « sauvetage » des Juifs bulgares, les réalités des persécutions (16:00) * L’historiographie de ces événements, pas cantonnée au travail des historiens : au croisement de l’histoire, de la justice, du cinéma (22:00) * Les choix d’écriture originaux, presque expérimentaux, du livre (27:40) * Les procès des persécutions antisémites de 1944-45 en Bulgarie, où commencent à se forger les récits  (31:20) * Une archive visuelle de la Shaih en Bulgarie (38:10) en partie visible en ligne (lien YouTube, dont le titre est inexact et pour lequel les localisations sont encore discutées) * Des images décontextualisées lorsqu’elles se retrouvent dans d’autres contextes : la preuve de la déportation devient la preuve du « sauvetage » (48:00) * L’année 1989 et ses suites, moment de reconfiguration du rapport au passé, mieux connu mais aussi objet de questionnements et de controverses (51:00) * L’idée d’une « tolérance bulgare » construite dans la longue durée, depuis la période ottomane (56:35) Le conseil de film : * Le Miroir aux alouettes, film réalisé par Jan Kadar et Elmar Klos (1965)
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5 février 2021 - 00:39:36
L’invité : Etienne Anheim, directeur d’études à l’EHESS et des éditions de l’EHESS Le livre : Norbert Elias, Moyen âge et procès de civilisation, traduction d’Anne-Marie Pailhès, Paris, Éditions de l’EHESS, 2021. La discussion : * Une nouvelle collection de poche pour les sciences sociales aux éditions de l’EHESS (1’) * Un texte inédit en français, ce qui s’inscrit dans la réception longue et complexe des travaux d’Elias (2:00) * Ce qui explique en partie une réception moins forte de l’œuvre d’Elias chez les médiévistes (5:00) * Les problèmes qu’Elias cherche à résoudre en s’emparant du Moyen âge : l’origine de la société de cour et de la modernité (8:30) * La thèse forte du livre, qui fait de la cour l’instance intermédiaire ou le « chaînon manquant » entre monde féodal et société moderne capitaliste (10:30) * L’idée que la cour permet de commencer à réguler la violence « féodale » dès le Moyen âge central (15:30) * L’absence de l’Église dans l’argumentation et ses raisons (18:00) * La façon de travailler d’Elias et les matériaux dont il dispose, en tant que sociologue, dans les années 1930 (20:00) * Une démarche de sociologie historique qui amène Elias à penser les causes sociales des phénomènes et à « défataliser » l’histoire nationale, en lien avec d’autres courants intellectuels issus notamment de la sociologie (25:30) * Le « grand Moyen âge » de Norbert Elias, proche du « long Moyen âge » de Jacques Le Goff (30:30) * Repenser le Moyen âge au regard de l’histoire globale (34:00) Les références citées durant l’émission (par ordre alphabétique) : * Étienne Anheim, « De l’usage de l’œuvre de Norbert Elias en histoire médiévale », publié en avril 2013, en ligne : www.menestrel.fr/?-elias- * Dominique Barthélemy, L’an mil et la Paix de Dieu. La France chrétienne et féodale 980-1060, Paris, Fayard, 1999. * Jérôme Baschet, La civilisation féodale : de l’an mil à la colonisation de l’Amérique, Paris, Aubier, 2004. * Marc Bloch, La société féodale, Paris, Albin Michel, 1939-1940. * Quentin Deluermoz (dir.), « Norbert Elias et le XXe siècle. Le processus de civilisation à l’épreuve », numéro thématique, Vingtième siècle. Revue d’histoire, 2010, no 106. * Claude Gauvard, « De grace especial ». Crime, État et société en France à la fin du Moyen Âge, Paris, Publications de la Sorbonne, 1991. * Alain Guerreau, Le féodalisme, un horizon théorique, Paris, le sycomore, 1980. * Dominique Iogna-Prat, La Maison Dieu. Une histoire monumentale de l’Église au Moyen Âge, 800-1200, Paris, Seuil, 2006 * Marc Joly, Devenir Norbert Elias. Histoire croisée d’un processus de reconnaissance scientifique : la réception française, Paris, Fayard, 2012. * Michel Lauwers, Naissance du cimetière. Lieux sacrés et terre des morts dans l’Occident médiéval, Paris, Aubier, 1999. * Jacques Le Goff, « Pour un autre Moyen Âge », Europe, no 654, 1983, p. 19-24, repris dans L’imaginaire médiéval, Paris, Gallimard, 1985, p. 7-13. * Florian Mazel, L’évêque et le territoire. L’invention médiévale de l’espace, Paris, Seuil, 2016. * Michael Mitterauer, Why Europe? The Medieval Origins of Its Special Path, Chicago, University of Chicago Press, 2010. * Stephen White, Feuding and Peace-making in Eleventh-century France, Aldershot, Ashgate, 2004.  
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2 février 2021 - 00:34:23
L’invitée : isabelle Algrain, archéologue, chercheuse à l’Université Libre de Bruxelles Le livre : Archéologie du genre. Construction sociale des identités et cultures matérielles, Bruxelles, Université des femmes, 2021. La discussion : * Le genre, un outil conceptuel pour les sciences sociales et l’archéologie en particulier (1:00) * L’archéologie du genre, un champ de recherches né dans le monde anglophone dans les années 1970 (3:30) * La question du sexisme dans la discipline archéologique, et la féminisation partielle du métier (4:50) * Des questions qui se sont posées plus tardivement dans le monde francophone (7:20) * Le parcours de recherche d’Isabelle Algrain et ce qui l’a conduite à ces questions (8:50) * La lecture genrée des rôles et des objets, ancienne dans l’archéologie (10:50) * Relire les résultats de l’archéologie funéraire grâce aux analyses du sexe biologique des individus (12:15), comme pour la tombe de Vix (13:00) * Un champ de recherche qui vient parfois compliquer des raisonnements circulaires (16:00) * La tombe de Birka en Suède et la « guerrière viking » supposée (16:50) * Le genre, critère d’analyse qui n’est pas forcément l’outil principal ou le plus pertinent de l’étude (19:00) * Les « amants de Modène » qui n’en sont pas (20:00) * L’association textes / fouilles au prisme du genre (21:20) * Comment la question du genre peut se poser dans d’autres contextes que celui de l’archéologie funéraire (24:40) * La place de la comparaison dans ces questionnements (27:20) * Le réflexivité nécessaire dans ce champ de recherche pour ne pas plaquer des présupposés archéologiques sur le passé (30:30) * L’archéologie du genre est-elle prise au sérieux aujourd’hui dans la discipline ? (31:50) Les références citées dans l’émission * Collectif « paye ta truelle » * Annick Louis, L’invention de Troie * Margaret Conkey, Jacey Spector, « Archaeology and the study of gender », Advances in Archaeological Method and Theory, vol. 7, 1984. * Marie Louise Stig Sørensen, Gender Archaeology, Cambridge: Polity Press, 2000. * Sarah Milledge Nelson, Handbook of Gender in Archaeology, Walnut Creek CA: AltaMira Press, 2006.
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1 février 2021 - 00:45:31
L’invitée : Violaine Sébillotte-Cuchet, professeure à l’université Paris-I Le thème : le projet Eurykleia, base de données pour une histoire mixte de l’antiquité, présenté dans le numéro de décembre 2020 de la revue Mètis La discussion : * La revue Mètis et sa place originale dans les études grecques (1:30) * Présentation du projet Eurykleia (4:00) * À l’origine du projet, une insatisfaction liée aux études sur le genre, centrées sur les discours (5:20) * Des femmes pas si invisibles dans l’antiquité grecque, sur d’autres types de sources que celles de la tradition littéraire (7:00) * Un groupe de recherche collectif reliant des chercheuses de différents horizons (Adeline Grand-Clément, Sandra Péré-Noguès, Sandra Boehringer) (9:30) * L’origine et le sens du nom « Eurykleia » (12:40) * Que serait une « histoire mixte » de l’antiquité ? (14:00) * Les défis d’écriture posés par le projet (16:10) * Les entreprises prosopographiques du passé, et la distinction à faire avec le projet Eurykleia (18:30) * Comment analyser les documents étudiés ? Un exemple pris dans un sanctuaire, et la comparaison nécessaire avec le volet masculin de la documentation (23:35) * Un travail sur les femmes réelles, et pas sur les déesses (27:47) * Des noms féminins pas toujours évidents ni faciles à déchiffrer ! (29:25) * La nécessité de disposer d’outils statistiques (30:50), via une base ouverte et interopérable (33:25) * Englober toutes les périodes de l’antiquité grecque pour dégager constantes et contrastes (37:30) Le conseil de lecture : Sandra Boehringer, L’homosexualité féminine dans l’Antiquité grecque et romaine, préface de David Halperin, Paris, Les Belles Lettres, 2007 (408 p.)
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25 janvier 2021 - 00:42:26
Les invités : Michel Cordillot (professeur émérite à l’université Paris-8), Julien Lucchini (responsable « histoire » aux éditions de l’atelier) Le livre : La Commune de Paris 1871. les acteurs, l’événement, les lieux, Ivry, éditions de l’Atelier, 2021. La discussion : * Les origines du projet et le choix des auteurs (2:00) * Un volume de 1400 pages, véritable challenge éditorial (7:30) * Quel paysage historiographique en 2021, par rapport au centenaire de 1971 ? (9:30) * La complexification du vocabulaire et des approches, sur le plan sociologique (10:40) et idéologique (12:40) * La part de la contingence dans l’histoire brève de la Commune (14:00) * Le choix des biographies incluses dans l’ouvrage, complémentaires de celles figurant sur le site (15:00), se voulant représentatif de la diversité des Communards (19:00) * La place des femmes dans l’ouvrage (19:50) * Annexes, listes, outils de travail présents dans le livre (22:00) * Les pistes de recherche futures qui pourront être suivies (23:00) * L’iconographie et son intégration (24:00), reflétant la culture visuelle de la période (26:20) * La Commune de Paris et ses liens avec le reste du pays et du monde (28:30) et la place des étrangers dans l’événement (30:00) * Les sections thématiques du livre, et la place donnée aux controverses historiographiques (32:00), et les aspects moins attendus de l’événement (35:00) * Comment concilier sympathies communardes et rigueur historique ? (37:00) * Qu’attendre du 150e anniversaire ? (39:00) * Quelles résonances actuelles de l’événement ? (40:00) Voir les compléments du livre en ligne sur le site Maitron. Chanson d’ouverture: La  Commune est en lutte, de Jean-Roger Caussimon  
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18 janvier 2021 - 01:09:44
L’invité: Omer Bartov, professeur à l’université Brown Le livre: Anatomie d’un génocide. Vie et mort dans une ville nommée Buczacz, Paris,  Plein jour éditions, 2021 [2018] La discussion: * Préface et présentation d’Omer Bartov, par Tal Bruttmann, historien, spécialiste de la Shoah * La 1e question de l’entretien porte sur la localisation de la ville de Buczacz étudiée dans le livre, aujourd’hui en Ukraine, et qui a varié dans l’histoire * Le livre comporte un aspect intime d’histoire familiale, comme ceux de Daniel Mendelsohn et Philippe Sands, j’ai demandé à Omer Bartov la place de cette dimension dans son ouvrage * La question suivante porte sur la durée de la recherche et la difficulté de brasser des matériaux dans de nombreuses langues * L’histoire de Buczacz paraît linéaire avec une explosion inéluctable de la violence : d’où ma question, est-ce qu’il y a des moments de bifurcation, après lesquels cette histoire aurait pu se dérouler autrement ? * Cette idée que la 1e GM constitue un tournant pour l’Europe de l’est et du sud-est, radicalisant les antagonismes, Omer Bartov l’a développée dans un projet collectif dirigé avec Eric Weitz, Shatterzone of empires, la zone d’effondrement des empires, il explique maintenant ces logiques * La question suivante porte de façon plus générale sur la manière dont la guerre fait s’effondrer les normes sociales et morales, ce qui était aussi l’un des aspects étudiés dans L’armée d’Hitler * Dans l’entre-deux-guerres à Buczacz on voit monter les nationalismes, ce qui pose un problème particulier pour les Juifs de Galicie : contrairement aux Ukrainiens et Polonais il leur est difficile de revendiquer ce territoire * La question suivante porte sur le rôle des aspects économiques et sociaux, de la pauvreté de cette région, dans les mécanismes de la violence, en lien avec le ressentiment des acteurs * Comme dit précédemment, la 2e GM commence à l’est de la Pologne, à Buczacz, avec l’occupation soviétique, de 1939 à 194 : un moment important parce que les Juifs se retrouvent associés au régime communiste * Un aspect très frappant des pages consacrées au génocide commis par les Allemands est que son déroulement est presque quotidien, avec des meurtres en pleine rue, de façon quasi constante, très loin de l’image parfois diffusée de la Hhoah, d’un crime de bureau et d’une organisation industrielle du meurtre de masse * J’ai ensuite posé à Omer Bartov la question de ses choix d’écriture, dans un chapitre qui n’est pas chronologique mais passe en revue des expériences individuelles et des portraits ; en demandant aussi quel lien il voyait entre son intégration des témoignages et celle faite par Saül Friedlander dans sa grande synthèse * Un des aspects terribles racontés dans le livre est cette sorte de dissonance cognitive chez les Allemands qui commettent des meurtres épouvantables ou y assistent, et vivent leur vie de famille tranquille en buvant du schnaps. Est-ce qu’on peut l’expliquer ? * Le livre confirme aussi, ce que l’on savait, à quel point ces crimes sont restés presque totalement impunis * La fin de l’occupation allemande ne signifie pas la fin de la violence, d’abord entre groupes nationalistes, puis en raison des politiques staliniennes * Une avant-dernière question qui porte sur les traces très minimes de ces événements à Buczacz et dans la région aujourd’hui * Pour finir, j’ai demandé à Omer Bartov sa réaction à la traduction en français de son livre Travaux d’Omer Bartov * The Eastern Front, 1941–1945: German Troops and the Barbarization of Warfare, Palgrave Macmillan, 2001 * Hitler’s Army: Soldiers, Nazis, and War in the Third Reich, Oxford Paperbacks, 1992; trad. fr. L’armée d’Hitler, La Wehrmacht,
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11 janvier 2021 - 00:43:19
L’invitée : Christiane Klapisch-Zuber directrice d’études honoraire à l’EHESS Le livre : Mariages à la florentine. Femmes et vie de famille à Florence (XIVe-XVe siècle), Paris, EHESS / Gallimard / Seuil, coll. « Hautes études », 2020. La discussion : * Un parcours de recherche orienté par Fernand Braudel, de l’histoire économique et sociale vers l’anthropologie historique  (1’10) * Un travail fondamental sur le catasto florentin (3’20) * Les gisements documentaires extraordinaires de la ville (4’15) * L’accès aux familles patriciennes comme à des couches sociales plus modestes (5’) * Contrastes et différences entre Florence et Venise (6’15) * Le recueil d’articles construit comme un livre ordonné, montrant la vie des femmes mariées (8’20) * La notion de « marché matrimonial » à Florence au XVe siècle (9’25) * Les calculs familiaux, destinés à marier ou à vouer à l’Église certains enfants (10’40) * Des mariages célébrés devant le notaire, plus que devant l’Église (13’30) * La dot, clé des relations sociales et matrimoniales (15’15) * Le sens à donner aux images de femmes parées et habillées, dans l’iconographie (18’15) * Les choix des épouses par leurs futures belles-mères (20’30) * Les cycles de vie particuliers des marchands florentins (23’) * La chambre nuptiale, ses objets, ses représentations (24’45) * Le nombre de naissances, l’importance de la mortalité infantile (27’50) * Quels sentiments familiaux, envers les enfants ? (30’) * Quel statut pour une veuve, et son « matrimoine » dans la société florentine ? (32’) * Quelle transmission du nom par les femmes ? (35’40) * La sépulture des femmes et ses enjeux (37’30) * Que voir, à Florence, comme traces de cette histoire ? (39’) Entretien avec Didier Lett retraçant la carrière de Christiane Klapisch-Zuber Bibliographie et références citées dans l’émission * Bellavitis, Anna, « Dot et richesse des femmes à Venise au XVIe siècle », Clio, HFS, 6, 1998, p. 91-100. * Chabot, Isabelle, La dette des familles. Femmes, lignage et patrimoine à Florence aux XIVe et XVe siècles, Ecole française de Rome, 2011, coll. de l’EFR 445. * Chabot, Isabelle & Anna Bellavitis, « A proposito di ‘Men and Women in Renaissance Venice’ di Stanley Chojnacki », Quaderni storici,  2005, p. 203-238. * Frugoni, Chiara, Une journée au Moyen âge, Paris, Les Belles lettres, 2013. * Guglielmotti, Paola (dir.), Donne, famiglie e patrimoni a Genova e in Liguria nei secoli XII e XII, Gênes, Società Ligure di storia patria, 2020. * Kirshner, Julius, « Pursuing honor while avoiding sin. The Monte delle doti of Florence », Milano, Giuffrè, 1977. * Lett, Didier, L’enfant des miracles. Enfance et société au Moyen Âge (XIIe-XIIIe s.), Paris, Aubier, 1997. * Molho, Anthony, Marriage alliance in late medieval Florence, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1994. Texte de Dante cité à la fin de l’émission Dante Alighieri, La divine comédie, t. III, Le Paradis, chant XV, v. 97-108, Paris, Flammarion, 1990, trad. Jacqueline Risset. Dante rencontre son trisaïeul Cacciaguida qui lui loue l’état de Florence au XIIe siècle : « Florence en son antique enceinte où elle sonne encore la tierce et la none, était en paix, sobre et pudique. Elle n’avait ni habits brodés ni ceinture qui fussent plus à voir que la personne. La fille, en naissant, ne faisait pas encore peur à son père, car l’âge et la dot ne dépassaient ni l’un ni l’autre la mesure. Elle n’avait pas de maison sans familles, on n’y rencontrait pas encore Sardanapale,
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5 décembre 2020 - 01:20:23
Les invités : Vivien Barrière, maître de conférences à Cergy Université ; Clément Salviani, doctorant à Paris-I et ATER à l’université Bordeaux-Montaigne Le film : Gladiator, de Ridley Scott (2000) La discussion : * Le rapport de nos invités à ce grand film épique (1’30) * Présentation du film, du projet, de son succès (4’05) * La séquence d’ouverture : les guerres aux frontières de Marc-Aurèle contre les barbares (5’50) * La représentation stéréotypée des barbares (7’05) * La première bataille : une façon de faire la guerre qui n’a rien de romain (9’10) * L’introduction de Maximus, « parfait » chef militaire (11’40) * Une vision plutôt simplifiée de Marc-Aurèle, et l’idée fausse de velléités « républicaines » (13’25) * La représentation de l’empereur Commode et l’interprétation de Joaquin Phoenix, tributaire d’un portrait déformé transmis par des sources sénatoriales (16’40) * Le règne de Commode (associé au pouvoir du vivant de son père), plus long et plus complexe que le film ne le suggère (20’30) * Le rapport aux dieux et à l’au-delà, de Maximus, laissant de côté la religion publique de Rome (23’25) * La succession impériale, l’empereur assassiné : un enjeu récurrent ? (28’) * La mort de Commode, et la façon dont le film reprend le péplum La chute de l’empire romain de 1964 (30’30) * L’évasion de Maximus (32’) et son long trajet vers l’Espagne, permettant de voir une géographie imaginaire de l’empire romain (33’), avec l’idée (impossible) d’une ascension sociale du personnage principal (34’) * Maximus, un nouveau Cincinnatus ? (35’) * L’Afrique du nord romaine entre réalisme et clichés orientalisants (36’40) * Comment Maximus a-t-il été doublé par les envoyés de Commode ? (38’) * La représentation de la gladiature, et les différents types de spectacles (40’) * Les lieux de la gladiature, à Rome et dans l’empire (44’) * Quel degré de violence de la gladiature par rapport à ce que montre le film ? (46’15) * Le geste, peu attesté dans l’antiquité, du pouce levé ou baissé (48’20), repris par le peintre Gérôme dans un tableau inspirant les choix esthétiques du film (49’) * Un morceau de bravoure du film : la mise en scène de la bataille de Zama (52’) * La façon dont Gladiator filme la guerre (56’) * La thématique de la décadence romaine, et la question historiographique de la fin de l’empire (57’20) * Que dit le film politiquement ? (1’02’00) * La référence aux Gracques (1’06’00) * L’onomastique un peu fantaisiste du film (1’07’30) * La restitution intéressante du Colisée (1’10’00) * Quel sens donner à la scène la plus fameuse : « are you not entertained ? » (1’11’15) * Quels moments préférés ou marquants dans le film (1’14’00) Les références citées dans le podcast : * Claire Sotinel, Rome, la fin d’un empire, Paris, Belin, 2019. * Kyle Harper, Comment l’empire romain s’est effondré. Le climat, les maladies et la chute de Rome, Paris, La Découverte, 2019. * Benoît Rossignol, Marc-Aurèle, Paris, Perrin, 2020. * John Scheid, Infographie de la Rome antique, Paris, Passés composés, 2020.
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30 novembre 2020 - 00:40:09
L’invité : Bruno Dumézil, professeur à Sorbonne Université L’ouvrage : Barbares, Paris, PUF, « Quadrige », 2020. La discussion : * Une histoire et un dictionnaire du concept de « barbare » (1’) * Une définition presque impossible, mais des traits récurrents servant à concevoir l’Autre comme « barbare » (2’20) * Attila de Delacroix sur la couverture de l’ouvrage, disant l’importance de l’image des barbares (4’) * Les noms de peuples barbares, et ce qu’ils recouvrent, parfois plus complexe (5’25) * Les peuples semi-imaginaires comme les Scythes, et les stéréotypes repris des siècles durant (6’50) * Les auteurs ayant évoqué les barbares, et l’ambiguïté de leurs textes (8’) * L’altérité des barbares : marqueurs physiques (9’25) * L’altérité des barbares : marqueurs alimentaires (11’) * La présence de l’archéologie qui compense et complète les biais des sources textuelles (12’15) * La transmission d’acquis historiographiques ayant remodelé notre compréhension des « barbares » (14’) * Comment penser aujourd’hui ce qu’on a nommé les « grandes invasions » ? (16’20) * Les notices consacrées aux historiens dans l’ouvrage (18’20) * Croyances et cultes des barbares, et des zones de contact / frontières (20’) * Comment accorder une place aux femmes dans un tel dictionnaire ?  (21’45) * Les ouvertures vers les « barbares » d’autres aires géographiques, en Chine, au Japon… et là où cela n’existe pas (23’45) * Rome et la Chine aux deux extrémités de l’Eurasie faisant face à des peuples nomades (25’40) * Des « barbares de rechange » à la période moderne ? (26’45) * La place donnée à la culture de masse : cinéma, littérature, jeu vidéo (28’45) * Est-ce qu’on s’intéresse toujours aux barbares pour de bonnes raisons ? (31’15) * Regrets ou ajouts par rapport à la première édition du livre (33’30) * Les notices les plus originales (34’45) * La volonté de varier les modes d’exposition du savoir et de ne pas cloisonner histoire savante et histoire diffusée auprès du grand public (36’30) * Conseils de lecture : Conan le barbare de Rober Howard, Tolkien, Narnia de C. S. Lewis
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14 décembre 2020 - 00:53:40
L’invitée: Camille Creyghton, assistant professor à l’université d’Utrecht Le livre: Résurrections de Michelet, Politique et historiographie en France depuis 1870, Paris, éditions de l’EHESS, 2019. La discussion: * Comment une chercheuse néerlandaise s’empare de Michelet (2’) * Le sens du titre : « résurrections » de Michelet (5’) * Le conflit de succession à la mort de Michelet et le rôle de sa veuve Athénaïs Mialaret  (8’) * La sous-estimation de la part des femmes dans l’écriture de l’histoire au XIXe siècle (10’45) * La promotion de Michelet comme grand historien de la IIIe République (13’30) * Une figure pas si consensuelle ou simple à commémorer, à droite notamment (18’) * Les usages de Michelet en temps de crise : affaire Dreyfus, Grande Guerre, Occupation (22’20) * Les coupures historiographiques à nuancer entre histoire romantique, méthodique et des Annales (25’) * Les liens personnels et intellectuels entre Michelet et Gabriel Monod (30’05) * La distinction souvent faite entre Michelet « historien » et « écrivain » (33’) * La « redécouverte » de La Sorcière dans les années 1970 (36’30) * Vers une banalisation contemporaine de Michelet ? (41’) * Michelet a-t-il des équivalents en Europe ? (47’)
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