Michelle

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Michelle, le podcast qui raconte des histoires de femmes libres. Des femmes qui n'ont peur ni de leur ombre ni de leur ambition.  Le sexisme, c'était avant. Âmes patriarcales, s'abstenir !

43 épisodes

14 juin 2019 - 00:29:31
Anne-Charlotte Fredenucci est une dirigeante qui vous dit : « ce que je regrette c’est de ne pas avoir réussi à démontrer plutôt à mon père que j’avais les capacités pour prendre la relève. Parce qu’on aurait pu éviter les licenciements ». Vous l’aimez intense et sans faux-semblant ? Vous allez être servi.e ! La PME de son père, elle l’a reprise. Et elle l’a sauvée. Elle n’a pas 45 ans et c’est une sage. Vous sentez que la vie a fait son chemin. Pas tant la vie qui blesse, qui râpe et qui abîme. Plutôt celle qui se donne et se partage, celle qui se sédimente et vous emplit : « pour moi être cheffe d’entreprise, femme, épouse et mère, c’est un équilibre instable en permanence et il faut chaque jour se reposer la question de savoir où sont ses priorités ». Le soir, elle challenge ses idées avec son entrepreneur de mari. Mais les défis, c’est pour les techniciens du groupe et leurs regards perdus face à la crise, qu’elle les relève. Devant vous, une silhouette au cordeau, une intelligence vive et tranchante, un parcours d’un élitisme classique. Et soudain, elle vous parle. Vous étiez à côté de la plaque. Elle ne vous parle que passion, amitié et empathie. Quand elle repart, vous ne la reconnaissez pas, elle a perdu vos préjugés en cours de route.
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11 juin 2019 - 00:35:35
Yseulys Costes est une dirigeante qui vous répond les yeux dans les yeux : « évidemment je suis féministe. En Europe, on a intérêt à l’être. Ce n’est pas un problème moral, c’est un problème d’efficacité, la diversité apporte de l’efficacité ». Elle a créé 1000Mercis, quand personne ne voyait où pourrait mener cette histoire de marketing digital. Un pas après l’autre, elle porte quelque chose du leadership du XXIème siècle. Elle s’engage sans facétie. Elle formule des convictions sans tapage : « pour moi, avoir de l’impact social aujourd’hui, c’est créer de l’emploi. Si on veut vraiment avoir de l’impact, il faut créer une boîte et la faire grandir, il faut avoir de l’ambition ». Ce qui vous frappe, chez Yseulys Costes, c’est son débit de parole posé, son regard planté dans le vôtre, son articulation intellectuelle. Elle ne se dérobe à aucune question. On sent frémir l’alliance d’un plaisir, quotidien, décidé, mûrement choisi et d’une intelligence ouverte, profonde, saine. Il y a des rencontres qui vous apaisent et qui vous réconcilient. Vous avez l’impression tenace d’avoir rencontré une vraie femme, une femme naturelle. Pourtant, vous savez que ça n’a aucun sens en soi.
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7 juin 2019 - 00:34:36
Clémentine Gallet est une patronne de PME qui vous dit paisiblement: « mon énergie débordante m’a beaucoup servi, ça m’a éloignée de tous les pervers et les mal intentionnés, ceux-là, ils ne m’ont pas trop côtoyée ». Quelle formidable façon de voir les choses. Quand les femmes arrêteront de se trouver non-conformes à la féminité vulnérable, elles commerceront à vivre avec ceux qui sont capables de les aimer. Elle a du mal à se dire féministe, elle n’est pas militante. On sourit parce qu’elle incarne tellement cette femme puissante et créatrice. Sans le savoir, sans le vouloir et sans autre limite que son sens de la famille et son envie de partager des moments de joie. Elle a créé sa PME de rien, dans l’aéronautique. Elle tutoie Airbus et les Chinois. Elle aiguillonne la recherche française. Elle en conclut : « il faut plus donner confiance aux femmes et leurs dire qu’il ne va rien se passer : plus tu t’imposes moins on t’agresse. Il faut dire aux femmes que nous ne sommes pas des êtres faibles, constamment en proie aux prédateurs ». Dans les cercles de la féminité convenue et balisée, Clémentine Gallet détonne. Elle parle fort, elle rit, elle jure, elle déménage. Vous la suivriez partout. Un puits d’énergie sans fond. Sa trajectoire est un tour de force. Avec ses 4 enfants et son diplôme d’ingénieur mécanique, elle a dépassé le stade du mouton à 5 pattes. Très vite, son CV s’évanouit. Ce qu’il vous reste, c’est l’irrépressible envie de discuter avec elle en fixant l’horizon, de naviguer, et de rire attablées pendant des heures.
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4 juin 2019 - 00:20:57
Christel Bories est une CEO qui répète : « je suis trop cash ? Je me demande si on dirait la même chose si j’étais un homme. Je connais beaucoup de managers hommes qui sont beaucoup plus cash que moi, mais pour eux, on trouve ça très naturel ». On lui demande souvent comment elle fait pour concilier sa vie de famille, ses enfants, avec des responsabilités comme les siennes. L’une des seules capitaines d’industrie en France. Elle répond, avec un soupçon d’agacement et de défi : « mais comme les hommes ! ». Elle fait de la diplomatie de haut vol, sur fond de minerais stratégiques et de métaux rares, et on lui demande si elle est une bonne mère. On a si peu d’imagination pour le destin des femmes.  Christel Bories est une femme jetlaggée mais elle veut témoigner, même si elle n’en a pas le temps,même si elle n’a dormi que deux heures. Ce temps avec elle vaut de l’or, ou plutôt du lithium ou du zircon, parce que c’est elle. Parce qu’elle est le rôle model par excellence. La cerise sur le gâteau, c’est son charisme, ce charisme qui déborde du micro et vous enveloppe, celui qui vous enverrait à la mine en sifflotant.
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28 mai 2019 - 00:26:21
Brigitte Lemercier met les points sur les i et on voudrait que toutes nos filles l’écoutent : « ma mère m’a incitée à être libre financièrement et pour une femme, c’est fondamental ». Qu’on n’accepte plus jamais la dépendance financière comme preuve d’amour ou par conformisme social. Vous ne connaissez sans doute pas Brigitte Lemercier, si vous n’êtes pas dirigeant.e du CAC40. Elle tient le grand mercato des patrons depuis plusieurs décennies. C’est une femme dont la volonté et la maîtrise se lisent dans le moindre de ses gestes. Elle vous reçoit avec une élégance absolue et son chien sur les genoux. Soudain, un éclat de malice presqu’infantile surgit aux extrémités de son regard. Furtivement, ne vous y habituez pas. Brigitte Lemercier mène un autre métier au cœur de son métier, elle étudie les femmes dirigeantes. Elle a interrogé les femmes qui ont réussi, « elles disent toutes que c’est leur père qui les a confortées dans l’idée qu’elle pouvait tout faire ». Preuve, s’il en est besoin, que le féminisme n’est pas un complot, mais une preuve d’amour et un combat commun pour la liberté. Même les hommes peuvent y faire leurs armes.
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21 mai 2019 - 00:27:16
Rokhaya Diallo constate, un plateau télévisé après l’autre, qu’« en tant que femme, il faut toujours sourire, être douce, parler bas, être mince, ne pas prendre d’espace en gros ». Elle est très fine, pleine de charme mais elle a décidé de prendre de la place dans les débats. Quand vous la rencontrez, vous avez lu la presse, les scandales, les affaires, le conseil du numérique... Mais face à vous, il y a une belle jeune femme, généreuse, articulée, sereine, presque timide : « on ne me dit jamais que j’ai tort, on me dit que mes propos n’ont aucun intérêt. Mais pourtant, on ne cesse d’en parler… ». Elle dit avoir renoncé à maîtriser son image publique. Pour garder son énergie, pour continuer à parler haut et fort malgré les insultes. Parce qu’après des décennies d’un travail acharné, elle a gagné le droit d’être elle-même. Elle lutte contre la parole volée, la parole interdite : « si les femmes ne se racontent pas, c’est toujours les discours dominants qui seront racontés et les petites filles ne pourront pas se percevoir autrement ». Elle rêve d’un monde où les femmes reprennent le fil de leur histoire et parlent pour elles-mêmes. Le vrai scandale.
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17 mai 2019 - 00:23:06
Christiane Lambert est la voix des agriculteurs français, mais aussi la voix, plus lointaine, plus précaire, des agricultrices. Son parcours ? « Lorsque je disais que je voulais être agricultrice beaucoup me disaient mais non tu es une femme tu n’y arriveras pas, tu ne trouveras pas de terre, tu n’auras pas la confiance du banquier, c’est trop dur, c’est un métier d’homme ». La présidente de la FNSEA est une femme puissante. Elle vous regarde, vous demande qui vous êtes. Qu’est-ce que vous faites dans son bureau. Puissante parce qu’elle est ancrée sur ses terres, avec ses animaux, au chevet de sa passion. Puissante parce qu’elle ne doit rien à personne, tout à son bon sens. Puissante enfin parce qu’elle se bat pour les siens, son mari et ses enfants, mais aussi les agriculteurs prisonniers des choix de consommation français, et parmi eux les nouvelles générations d’agricultrices à la vocation bien trempée. Du bio, du technologique, de l’exemplaire. Une féminité conquérante et autonomiste. Être une femme ? Elle ne se pose pas la question. « Je me lève, je respire, je travaille, je suis épanouie dans ce que je fais. Je veux me réaliser et vivre à fond mes passions. Je ne veux pas vivre en seconde classe et mourir en première classe ». Son courage, sa droiture crèvent l’écran. Son émotion, sa tendresse, juste derrière, à petits pas. On l’aimerait presque comme une mère. 
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14 mai 2019 - 00:35:44
Mercedes Erra est une femme qui sonne le réveil « il faut réapprendre un peu la révolte parce que là on est trop apathique ». Ça, c’est fait. Tout Paris la connaît. Croit la connaître. Une femme dure, qui parle fort. Elle s’en étonne : « qu’est-ce que ce je fais de si fou ou de si dangereux ? Je travaille jour et nuit pour mes clients ». Vrai qu’elle carbure à une énergie qui pourrait sauver le monde. Vrai qu’elle demande aux femmes de l’audace, de se bouger, d’aller chercher leur destin avec les dents, comme les hommes. Espagnole qui a bâti la plus belle agence de publicité française, au nez et à la barbe des Anglo-Saxons, elle porte surtout un coin du grand fantasme des femmes de pouvoir. Celles qui ne doivent leurs victoires qu’à elles-mêmes. Voilà le plus subversif. Alors bien sûr, elle a entendu ce qu’on murmurait à son sujet : « au début, on disait que je travaillais autant parce que je n’avais pas d’enfants. Quand j’en ai eu, on disait que je ne m’en occupais pas ou que je ne les aimais pas ». Est-ce qu’elle leur en veut, est-ce qu’elle s’en fout, est-ce qu’elle a fait avec ? Elle est là aujourd’hui, à la tête d’un empire, toujours prête à dénoncer l’éducation des femmes qui les poussent au doute et à cette méticulosité extrême qui n’est rien d’autre que le plus honorable obstacle au pouvoir.
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10 mai 2019 - 00:30:47
Laurence Danon est une femme solaire et cristalline qui vous répond : « mon mode de leadership ?... J’aime bien regarder les choses en face, poser des questions, je n’ai pas peur ». Elle a mis les mains dans la chimie, porté à bout de bras le Printemps et depuis, elle maîtrise la finance jusqu’au bout des doigts. Laurence Danon est une femme dont le CV vous impressionne. Sa compagnie vous enchante. Elle passe du rire à la punchline, en passant par l’analyse du coût de l’électricité allemande. Ce qu’elle demande aux femmes, c’est de prendre le temps de savoir qui elles sont, « donnez-vous des objectifs et les moyens de les atteindre, ne soyez pas amères, n’ayez pas peur ». Sa parole confine au mantra, parfois. Laurence Danon est une femme qui semble avoir dépassé la crainte, comme réconciliée, enracinée dans une grande force vitale. Elle ne craint pas la peur. Elle ne craint pas le temps, surtout. Elle vous confie « la vie n’est pas parfaite, et moi je ne suis pas perfectionniste. Il faut se dire que la vie est longue et qu’il y a des moments pour chaque chose. » Que c’était doux.
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7 mai 2019 - 00:33:09
Agnès Ogier est une femme qui vous répond : « il faut agir sur tous les fronts. Il n’y a rien de superflu. Il faut que les femmes prennent leur destin en main elles-mêmes, il faut plus de lois, il faut éduquer les petites filles… » Une grande femme, d’une grâce irrépressible, irrésistible. Sa joie vitale vous surprend, son naturel et l’absence - enfin - de précaution oratoire du genre : hommes et femmes, nous sommes complémentaires, pas de guerre des sexes... Elle n’a jamais eu l’intention de faire la guerre. Agnès Ogier respire l’envie de vivre, de prendre le job d’après, juste pour voir. Elle aura beau peser le pour et le contre, elle sait que la curiosité aura le dernier mot. Agnès Ogier est une femme qui nous souhaite plus de légèreté : « mon regret, c’est de ne pas avoir été plus légère, de ne pas m’être dit que les choses ne sont pas si graves. Quand vous partez en séminaire, et que c’est la rentrée de vos enfants, ce n’est pas si grave… Juste un peu plus de légèreté.» Le reste vous intéressera bien sûr, mais ces mots-là vous resteront comme un pardon, comme un contact chaleureux dans un monde où l’on ne se touche plus, comme une sortie de secours quand vous ne saviez plus que penser de vous-même.
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3 mai 2019 - 00:29:07
Anne-Marie Idrac est une femme qui vous dit « l’éternel féminin, ce n’est pas tellement mon genre ». Elle ajoute, presque sans y toucher « l’exercice des responsabilités, avec ce qu’il faut de courage et de ténacité est, d’après mon expérience, une spécialité féminine. » En face de vous, une grande dame, magnifique, altière, complice, sincère. Vous n’en croyez pas vos yeux. On voudrait qu’elle nous parle de sa présidence à la tête d’Air France et de la RATP, des maroquins ministériels en jupette. Elle n’élude pas, non. Elle vous dit qu’elle aime les sujets « charnus », qu’elle aime celle qui décide et qu’elle a toujours dirigé en pensant à la parabole des talents. Mais au fond, elle a surtout envie de vous parler de ses 4 filles. Alors ses yeux pétillent, son sourire insiste. « La difficulté, c’est quand tous vos enfants ont besoin de vous en même temps et que vous êtes en campagne politique ». Elle dit qu’elle a eu de la chance. Ce qui crève les yeux alors, plus encore qu’une grande intelligence, c’est la ferme décision de prendre le parti de la joie, de l’affection et de la tendresse. Cette femme qui était statufiée, dans le Panthéon de votre jeunesse, soudain vous ne voulez plus la quitter. Elle ne vous le demande pas d’ailleurs. Quel cadeau.
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30 avril 2019 - 00:31:59
Najat Vallaud-Belkacem est une femme jeune qui a collectionné les Marocains prestigieux et les trolls en tous genres. Première femme Ministre de l’Education. Première femme issue de la diversité. Soupçonnée d’avoir changé de prénom, d’être une petite fille éleveuse de chèvre. Elle a vraiment cohabité avec la bêtise. Cette femme, vous l’avez souvent vue sur BFM. Elle faisait de la traduction politique, du damage control gouvernemental. Vous connaissez l’intonation de sa voix, ses regards, son sourire. Là devant vous, il y a une femme plus vraie plus juste. Une femme qui ne se ment pas, qui ne cède pas : « critiquer Moix quand on est patron de chaîne, c’est très intéressant, mais est-ce que quelqu’un peut m’expliquer où sont passées les animatrices de télévision de plus de 50 ans ? ».  Najat Vallaud-Belkacem est une Ministre qui finit par vous dire : « Être une femme ? C’est douter ». Oh bien sûr on pourrait penser à une forme de fausse modestie, une rhétorique politique un peu trop rodée. Ce qu’on entend, c’est une femme qui, dans l’intimité avec elle-même, ne se donne pas d’autre choix que l’action. Tant mieux pour nous, on l’attend.
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26 avril 2019 - 00:36:06
Véronique Laury est une femme qui vous dit, sans tourner autour du pot : « le sexisme ? Ce n’est pas frontal. C’est insidieux, presque permanent. » Elle a été jetée dans la mare aux gros crocodiles. Et dans un premier temps, elle a voulu se déguiser. Des dents aiguisées, des coups de gueule, une épaisse carapace surtout. De plus en plus épaisse et de moins en moins efficace. Alors elle est revenue en arrière, à grands renforts d’émotions et de vulnérabilité consenties. Leadershipment incorrecte : « je pleure quand je suis émue et pendant des années j’ai lutté parce que “un patron ne pleure pas”. Bah si, un patron, ça a envie de pleurer. » Véronique Laury est une femme qui vous étonne et qui vous touche. On se demande pourquoi elle vous ouvre son cœur. Parce qu’elle n’a rien à cacher. Des années qu’elle a décidé de ne plus paraître. De renoncer à faire croire. Ça vous vaudra un aller simple vers une drôle de sensation m, une forme d’amitié irrépressible, clandestine, incorrecte. Vous l’aurez bien cherché.
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23 avril 2019 - 00:27:43
Amélie Nothomb vous raconte : « j’appartiens à une famille où la littérature est sacralisée. Dieu, c’était moins important qu’écrivain ». Elle a été Dieu, puis réduite à l’adolescence. Elle a été tout, puis presque décomposée. Mais à ce moment précis, elle est là. Elle tient l’industrie française du livre à bout de ses bras belges. Mais pendant une heure, la qualité de sa présence est bouleversante, et pour tout dire inespérée. Elle ne veut pas se distraire, elle veut faire connaissance et elle veut comprendre. Elle brille d’une longue tirade sur son enfance et sa vocation. Elle sait déjà les questions. On les lui a posées des centaines de fois. Et puis elle revient, elle vous donne de l’espace. Elle parle alors de sa féminité, de la laideur comme une condamnation originelle. De cette chance d’être femme, malgré les rappels à l’ordre constants, l’intimidation.  Amélie Nothomb est une petite femme, frêle. Elle est directe et fantasque. C’est un fantôme et c’est une cantatrice. Langue admirable, esprit irréprochable et présence charnelle. Star et sœur. Pour elle, « être une femme, c’est plus difficile que d’être un homme et c’est pour ça que c’est si bien. Tout ce qui est plus difficile est plus intéressant ». À son bureau, entre de méticuleuses piles de lettres de ses lecteurs, elle affirme qu’elle n’a jamais voulu d’enfant. Elle vous défie délicatement de la juger. Toutes les femmes sont des femmes. Pour vous, c’est un axiome de base, un acquis de la relation de sororité. Toutes les femmes sont des femmes. Celles qui ne peuvent pas, celles qui ne veulent pas. Toutes des femmes. Amélie Nothomb, avec son personnage, pas moins que les autres, et même plus, bien plus.  Tout de même, écrire sur une écrivaine, c’est casse-gueule.
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19 avril 2019 - 00:34:09
Après des années de consultations gynécologiques auprès de femmes de Seine-Saint-Denis, Ghada Hatem soupire : « la femme n’est pas maîtresse de son destin, c’est un objet qu’on se passe, un objet dont on se sert quand on a des besoins sexuels. C’est un objet qui permet de payer des dettes ».  On l’imagine en colère, à fleur de peau, révoltée contre ces violences à l’encontre des femmes qu’elle prend en charge. Excisions, viols, passage à tabac, abus d’enfants… Révoltée, elle l’est. Mais elle ne laissera ni l’exaspération, ni la fébrilité entraver son chemin. Un grand regard clair, une voix tiède. C’est tout ce dont elle a besoin. Se reposer, dormir ? Elle a renoncé. Ghada Hatem vous laisse sans mot. Parce qu’elle se bat désormais pour essaimer partout en France. Parce que rien ne l’arrête, ni le flot de migrantes, ni ceux qui l’écoutent avec l’attention qu’on réserve aux « trucs de bonnes femmes ». Parce qu’elle a cette parole instinctive hors du commun, sans la moindre complaisance, sans la moindre brutalité. Vous éteignez les micros et Ghada Hatem reste là, légèrement soulagée, prête à vous ouvrir tous les mondes qu’elle garde toujours avec elle.
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16 avril 2019 - 00:41:49
Inna Shevchenko est une icône vivante. Il s’en est fallu de peu : « je sais d’expérience que pour certains, il est plus facile de tuer que d’accepter que les femmes reprennent possession de leur voix et de leur corps pour défier leur morale ». Inna Shevchenko est la fille de Barbie et de Staline, et elle veut liquider ses deux parents : « le patriarcat a été érigé sur le corps féminin. C’est donc avec nos corps, sur ce champ de bataille précisément, que nous pouvons détruire le patriarcat. Un corps actif et non passif, un corps qui bouge, qui crie, un corps en colère qui ne sourit pas. » On lui reproche souvent d’être trop ambitieuse. Mais la ficelle est un peu grosse, l’injonction un peu trop grossière. Ça les arrangerait bien. Quand elle arrive, vous savez d’Inna Shevchenko qu’elle milite en se dénudant. Rien ne vous prépare à l’acuité de son intelligence, à la pudeur et à l’élégance de ses confidences. Elle vous dit qu’on lui a enseigné la compétition entre femmes et qu’elle considérait son propre corps comme un objet sexuel. Depuis, pour se libérer, elle crie « Mort au Patriarcat », et soudain, en arrière-plan, vous entendez qu’elle murmure sa soif de sororité, d’entraide et d’exultation partagée.
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9 avril 2019 - 00:43:08
Mélissa Plaza est une internationale de football qui vous explique : « dans le sport, la discrimination s’inscrit dans les moindres détails ». Elle vous raconte les agressions, le manque de moyens, les bus de nuits, les petits coachs qui se vengent d’avoir été trop mauvais pour encadrer des hommes. Et vous, vous ne saviez rien. Elle est la première internationale à devenir docteur en psychologie. Un cerveau, un peu au-dessus des jambes. Pour elle, « les femmes ont tellement intégré qu’elles sont en concurrence pour leur physique qu’elles objectivent en permanence leur propre corps et celui des autres ». Interpeler sur le sort de ses co-équipières, inciter les femmes à devenir des sujets pleins et entiers, Mélissa Plaza a signé depuis longtemps. Elle se met en première ligne. Elle le fait pour toutes celles qui ne peuvent pas, pour toutes celles qui ne savent pas. Il y a un informulé chez Mélissa Plaza. Une partie d’elle qui a surmonté une grande peur. Une partie d’elle qui ne lâchera rien. Et le reste vous est offert avec cette intensité et cette chaleur de celles qui choisissent de vivre. À une petite fille de 5 ans, elle dirait « surtout ne laisse personne te dire qui tu es, et quoi qu’il arrive, je suis dans ton équipe ». Cette petite fille, c’est vous, vous l’aviez toujours su.
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5 avril 2019 - 00:37:18
Eléonore Pourriat est une femme qui vous dit tout de suite : « je n’ai jamais vraiment donné de crédit aux gens qui critiquaient les féministes, parce que moi les féministes je les ai toujours trouvées courageuses et extraordinaires, libres, drôles, impertinentes. » Son charme, vous le sentez irradier tout de suite. Chaleureuse, sans faux-semblant, profondeur du propos. Vous êtes face à une femme qui se bat et qui aime la vie. Pas une pointe d’aigreur dans son engagement, pas de complaisance non plus, elle regarde la vie comme dans les yeux : « Qu’est-ce qui en moi est masculin ? Qu’est-ce qui est féminin ? Et après tout est-ce du féminin ou du masculin, n’est-ce pas juste moi, ce que je suis ? » Eléonore Pourriat parle avec passion, le cinéma et la littérature sont autant de petites pioches avec lesquelles elle creuse son chemin. Et déjà, elle se retourne pour vous tendre la main.
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2 avril 2019 - 00:38:24
Laurence Rossignol est une Sénatrice qui vous assure : "les femmes doivent comprendre qu'elles auront plus de bénéfices à s'entraider qu'à attendre d'avoir les miettes de ce que les hommes peuvent leur donner". Cette discussion avec l’ancienne Ministre relève de la pure gourmandise. Elle voudrait que les femmes cessent d’avoir peur. Elle voudrait apprendre à nos filles à être des rebelles qui s’intègrent. Elle veut tout pour les autres, Laurence Rossignol. Elle s’est battue, au premier degré, face à la société des hommes et celle de certaines femmes, pour faire reculer la prostitution. Contre le mythe de la prostituée au grand cœur. Contre la fable des besoins sexuels masculins primitifs. Elle nomme les choses. Elle ne fait pas de concession avec le corps ni avec la dignité des femmes. Pourquoi les femmes ne renversent pas le patriarcat ? Parce que "la peur du bannissement est inscrite dans notre cerveau reptilien". La claque. Bien sûr, vous aurez entendu la réputation de Laurence Rossignol : une femme dure, pénible peut-être. On aura aussi levé les yeux au ciel. Quand on déambule dans les couloirs du Sénat, à la sortie de son bureau, on chancelle un peu. L’uppercut, c’est sa sincérité. Le direct, c’est sa mécanique intellectuelle. Le coup de grâce, c’est sa profondeur humaine. Cette empathie violente qu’elle ne lâche qu’après un combat rapproché. Après avoir vu Laurence Rossignol, on sait qu’on n’aura plus jamais le goût de l’esquive.
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