La Poudre

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Deux fois par mois, au micro de Lauren Bastide, écrivaines, artistes, chercheuses et militantes se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines. Un épisode un jeudi sur deux. Depuis 2016, la journaliste reçoit dans La Poudre des femmes artistes, militantes ou politiques pour des conversations intimes et profondes qui ont passionné de millions d’auditeurices. Ces récits, enrichis de documentaires événementiels, de tables rondes, et d’analyses par les plus grandes expertes des luttes pour les droits des femmes, en France et dans le monde, forment un tableau captivant de la société à l’heure de la révolution #MeToo. La Poudre was created by journalist and feminist activist Lauren Bastide, co-founder of Nouvelles Ecoutes studio, to offer women a safe space to express themselves. In a one-hour long, in-depth conversation, inspirational women artists, activists, scientists and politics talk about themselves, their path and struggles, but also about the incredible times we are living for women’s rights. Many episodes of La Poudre have been recorded or dubbed into English. Search for the ?? !

154 épisodes

29 juillet 2021
Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Et pour commencer, dans ces temps où la catastrophe écologique est de plus en plus palpable, voici l’interview de la grande militante Vandana Shiva à (re)glisser dans vos oreilles. Diffusée le 19 mars 2020, cette discussion résonne toujours avec autant de force. Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter. The ecofeminist activist Vandana Shiva is the guest of the 68th episode of La Poudre.With Lauren Bastide, they talked about staying hopeful, hugging trees and disobey. Lauren’s foreword: On the 21st of January 2017, I was in Washington D.C. at the Women’s March. This gave birth to the episode « La Marche », published on the 8th of March 2017. That’s where I recorded the « We are not afraid of Donald Trump » that you can hear in the opening credits. I can’t believe it’s been three years already. It was the spark, the starting point of the feminist revolution we are living today. On that day, half a million women were on the streets in Washington. And on that day, I met one woman : Ashley McCray. This encounter was crucial for me. Thanks to her, I understood that patriarchy, colonialism and capitalism are three sides of the same system. Episode summary: Vandana Shiva has been leading both environmentalist and feminist fights for more than fifty years accross the globe. Despite this long-term endeavor, she is also one of the few carrying the idea of necessary hope in her speeches and writings (02:45). She sees hope as essential to avoid defeatism: we need to fight fatalism and use all the remaining time to act instead of running away and abandoning the planet (03:29). Born on the 5th of November 1952 in Dehradun (India), she studied physics and science philosophy, in both India and Canada. After fighting against gigantic dams construction, or taking part in the Chipko movement for forest preservation in India, she has been working towards peasants’ autonomy in their use of seeds by taking a stance against seed patenting (13:17). She warns us about keeping in perspective the various “technological advances” (11:11) which have to remain mere tools which can be challenged and reassessed. When they cannot be called into question, or their reevaluation is made impossible by paternalist discourses, it reveals the neocolonialist methods of the food-processing industry she condemns relentlessly. If Vandana Shiva has been fighting for the environment, she has also taken part in feminist battles, establihsing the profound link between the two. She has indeed received the Alternative Nobel Prize in 1993 for her activism in these intertwined issues. She reminds and honors the value of “womanly” knowledge regarding care and sense of community to help guide us in the much needed transition (22:26). To reach this goal, she also reminds us of the power of civil disobedience, an activist tool used nowadays by Extinction Rebellion among others (33:24). As for Vandana Shiva, she does not give up and keeps on inspiring ecofeminist activists around the world. Executive Producer : Nouvelles Écoutes  Production and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu Production assistant : Gaïa Marty  Editing and mixing : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.
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29 juillet 2021
Pendant la coupure estivale, Lauren Bastide vous invite à (ré)écouter certains des épisodes les plus marquants de La Poudre 🔥 Et pour commencer, dans ces temps où la catastrophe écologique est de plus en plus palpable, voici l’interview de la grande militante Vandana Shiva à (re)glisser dans vos oreilles. Diffusée le 19 mars 2020, cette discussion résonne toujours avec autant de force. This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here. La militante écoféministe Vandana Shiva est l’invitée du 68e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de garder espoir, d’enlever les arbres et désobéir. L’édito de Lauren : Le 21 janvier 2017 j’étais à Washington, pour la Women’s March. Cela a donné l’épisode « La Marche » que j’ai posté le 8 mars 2017. C’est la que j’ai enregistré « We are not afraid of Donald Trump » du générique. J’arrive pas à croire que cela fait déjà trois ans. C’était je pense l’étincelle, la case départ de la révolution féministe que nous sommes en train de vivre. Ce jour là il y a avait un demi-million de femmes dans les rues, de Washington. Et ce jour là j’ai rencontré une femme : Ashley McCray. Cette rencontre a été déterminante pour moi. C’est grâce à elle une j’ai compris que le patriarcat, le colonialisme et le capitalisme étaient les trois facettes d’un même système. Résumé de l’épisode : Vandana Shiva mène depuis près de cinquante ans des combats écologistes et féministes dans le monde. Malgré cette lutte de longue haleine, elle est aussi l’une de celle qui porte le plus la notion d’espoir dans ses discours et ses écrits (02:45). Un espoir qu’elle ne cesse d’affirmer comme essentiel pour éviter le défaitisme : il faut combattre le fatalisme et se servir du temps qu’il reste pour agir, non pour fuir et abandonner la planète (03:29). Née le 5 novembre 1952 à Dehradun (Inde), elle fait des études de physique et de philosophie des sciences, en Inde puis au Canada. Après avoir œuvré contre la construction de gigantesques barrages, ou encore avec le mouvement Chipko (31:16) pour la préservation des forêts dans son pays d’origine, elle agit depuis de nombreuses années pour conserver l’autonomie des paysans sur l’utilisation des semences en se positionnant contre le brevetage des graines (14:17). Elle rappelle ainsi l’importance de garder du recul par rapport aux « avancées technologiques » (11:11) qui doivent rester des outils et donc pouvoir être remis en question. Lorsque cette remise en question n’est plus possible, ou détournée sous couvert de discours paternalistes, elle révèle le néocolonialisme véhiculé par les multinationales de l’agroalimentaire, qu’elle dénonce sans relâche. Si Vandana Shiva porte un combat écologiste, elle s’inscrit aussi dans les luttes féministes, démontrant les liens profonds entre ces problématiques. Elle a d’ailleurs reçu le prix Nobel alternatif en 1993 pour ces engagements conjoints. Elle revendique la valeur des savoirs réputés « féminins » de soin et de sens de la communauté pour servir de guide dans la transition qu’il faut aujourd’hui entreprendre (22:26). Pour cela, l’activiste rappelle aussi le pouvoir de la désobéissance civile, un outil militant utilisé notamment par Extinction Rebellion ces derniers temps (33:24). De son côté, elle ne baisse pas les bras et continue à inspirer les militant·e·s écoféministes à travers le monde. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La voix française de Vandana Shiva est incarnée par Patricia Loison, merci à elle. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-Mahieu Traduction : Agnès El Kaïm Programmation et coordination : Gaïa Marty Prise de son voix française : Charles de Cillia Montage et mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.
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15 juillet 2021
Les philosophes et chercheuses Manon Garcia, Sandra Laugier et Éléonore Lépinard sont les invitées du 100e épisode de La Poudre, enregistré aux Rencontres Philosophiques de Monaco le 18 juin 2021. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé des résistances contre la pensée féministe, beaucoup plus parlé de taches ménagères que prévu, de sexe et de notre ras-le-bol de ne pas être écoutées, bref, elles ont beaucoup parlé des hommes. L’édito de Lauren : Bon en vrai je mens, c’est pas l’épisode 100. Enfin si, c’est l’épisode 100 parce qu’il arrive juste après l’épisode 99. Mais c’est en fait le 139e épisode mis en ligne, parce que pendant les quatre premières saisons, on ne numérotait pas les tables rondes, on les appelait “épisode bonus”. Enfin bref, c’est notre cuisine interne ça vous regarde pas vraiment, mais c’est intéressant parce que le fait que j’appelle cet épisode “l’épisode 100”, ça raconte aussi un peu ce qu’est la pensée féministe. Si si, ça raconte le fait que chaque savoir, chaque décompte, chaque nomination, chaque concept est fondamentalement situé. Chaque nom, chaque chiffre, chaque pensée est complexe, et imbibée de l’identité de celle ou de celui qui en est l’auteur ou l’autrice. Pour résumer, d’un point de vue universaliste cet épisode n’est pas l’épisode 100, mais de mon point de vue à moi – le seul qui compte du coup puisque ce podcast est mon espace et  un peu ma narration –, ben si, en fait, c’est l’épisode 100. Je m’envole un peu là, je suis désolée. J’arrête pas de m’envoler comme ça depuis que je me penche sur la philosophie. C’est fabuleux, la philosophie. C’est presque aussi chouette que la sociologie. C’est pour cela que lorsque Charlotte Casiraghi m’a proposé d’animer une table ronde féministe aux Rencontres Philosophiques de Monaco, bah j’ai sauté de joie. J’ai réuni autour de la table trois penseuses féministes, avec l’idée qu’on allait toutes ensemble réussir à penser des futurs féministes, les futurs féministes, et à décrire ce à quoi pourrait ressembler une société véritablement égalitaire, véritablement juste, véritablement libre. C’est le dernier épisode de la saison 5 de La Poudre. Une saison qui a été riche en savoirs, en complexité et en espoir, et que je vous remercie du fond du cœur d’avoir suivi. Pour continuer de suivre les aventures de La Poudre à la rentrée, je vous invite fort à suivre La Poudre sur les réseaux sociaux, notamment Instagram où on vous tiendra au courant de la suite des événements qui va peut-être vous surprendre. En attendant, place à la philosophie ! Cet épisode est délicieusement long, régalez-vous bien.  Résumé de l’épisode : Alors que depuis plus d’un an, l’incertitude règne en maîtresse et que le climat politique se raidit, comment penser le futur ? Comment opter entre utopie et dystopie ? Lauren Bastide a tendu son micro à trois immenses penseuses pour tenter d’apporter quelques réponses : les philosophes Manon Garcia et Sandra Laugier ainsi que la sociologue Éléonore Lépinard. Ensemble, elles se penchent sur ce que le féminisme peut pour la philosophie et inversement (09:25), mais aussi en quoi il est positif de voir la place qu’il prend dans les disciplines telles que la philosophie dans ces temps où toute une partie des sciences sociales est menacée (19:37). Elles explorent en quoi la pensée du care ou encore l’écoféminisme pourraient apporter des éléments concrets pour penser des politiques publiques plus égalitaires et durables (32:33) mais constatent aussi la présence de nombreux obstacles et résistances contre ces futurs possibles (46:18). Dans le moment historique que nous sommes en train de vivre (50:00), la grande question reste de savoir comment toucher les personnes en position de privilège pour qu’elles se joignent au mouvement (51:29). Si elles oscillent entre optimisme et pessimisme (1:14:05), elles nous offrent ici de nombreuses pistes pour poursuivre le travail amorcé et défricher de nouveaux champs (1:06:45).  Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  Merci aux Rencontres Philosophiques de Monaco et à toute leur équipe d’avoir rendu cet enregistrement possible. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See Privacy Policy at https://art19.com/privacy and California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.
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1 juillet 2021
Clovis Maillet, historien médiéviste et performeur, est l’invité du 99e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, ils ont parlé d’Eugène/Eugénie, de Leslie Feinberg et de Jeanne d’Arc. L’édito de Lauren : Il n’y a pas deux sexes. Non, je vous promets. Que ça soit biologiquement, chromosomiquement ou hormonalement, il est impossible de diviser les humains en deux catégories, il existe tout un spectre qui a été très bien décrit dans les travaux de la chercheuse Anne Fausto-Sterling. Il existe partout, tout le temps et depuis toujours, des personnes intersexes, dont les caractéristiques physiques ou biologiques ne correspondent aux définitions classiques de la masculinité et de la féminité. Ces personnes subissent aujourd’hui, en France, des violences médicales absolument inimaginables tant on s’acharne à vouloir à tout prix les faire rentrer dans les cases de la binarité de genre. Je vous renvoie au merveilleux documentaire de mon ami Océan, En Infiltré·e·s, dans lequel il a longuement échangé avec Mö, une personne intersexe en lutte contre le système médical qui a bousillé sa santé et son identité. Je vous renvoie aussi au site du Collectif Intersexes et Allié·e·s qui fait un travail colossal d’accompagnement et de transmission sur ces questions si invisibles dans le débat public. Figurez-vous qu’au Moyen Âge, ces personnes qu’on appelait hermaphrodites sont parfaitement reconnues et nommées, et personne ne songe à les forcer à rentrer dans l’une des deux catégories de sexe. Au Moyen Âge, il y a trois sexes. C’est l’une des découvertes réjouissantes et déterminantes que j’ai faite en lisant le livre Les Genres fluides de mon invité Clovis Maillet, historien médiéviste que j’ai eu la chance de recevoir sur la scène du Carreau du Temple.  Résumé de l’épisode : Clovis Maillet est historien médiéviste et l’auteur du révolutionnaire Les Genres fluides, de Jeanne d’Arc aux saintes trans, un essai qui explore les formes de transidentités au Moyen Âge. Refusé aux Beaux Arts, il a trouvé sa voix en études d’histoire (07:04), un domaine qui l’a vite passionné et en particulier l’histoire médiévale qu’il connaissait mal avant d’y plonger tête la première. Autant intéressé par l’histoire en elle-même que par la façon dont on l’écrit, il défend l’importance de l’analyse des personnes concerné·e·s qui vont décrypter différemment les sources, sensibles à des éléments invisibles pour d’autres (14:20). C’est son projet aujourd’hui, aux côtés d’autres chercheur·euse·s, d’approfondir les recherches historiques sur les transidentités, à l’instar de la démarche de Michelle Perrot – entre autres –, pour l’histoire des femmes. Les personnes trans ont en effet souvent été effacées de l’histoire ou invisibilisées, même si Clovis Maillet met en garde contre les politiques de la visibilité et leur effet sur les figures mises en lumière (21:25). Pour ses propres recherches sur les saint·e·s trans au Moyen Âge, il a particulièrement travaillé à remettre en série et nommer les parcours des ces personnes (25:39). L’enjeu était grand de trouver des termes qui ne trahiraient pas les significations de l’époque mais pourraient également prendre tout leur sens aujourd’hui (35:24). Il s’est aussi penché sur la figure paradoxale de Jeanne d’Arc (38:57), à la fois sainte catholique et héroïne anticléricale. Ce cas complexe en termes de genre ne cesse d’ailleurs de l’étonner, tant il aurait été plus facile, pour tous les bords tentant de s’approprier ce personnage de choisir des égéries plus lisses (42:00). Immergé dans les échelles de valeurs médiévales qui, bien que patriarcales, prête par exemple plus attention à l’abstinence ou non qu’à l’appartenance à un genre (1:00:65), Clovis Maillet entend bien poursuivre ses explorations et continuer de braquer le projecteur sur l’histoire des transidentités. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit See our Privacy Policy at https://art19.com/privacy and our California Privacy Notice at https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.
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17 juin 2021
La brillante chercheuse, autrice et performeuse Wendy Delorme est l’invitée du 98e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Rosa, de Raphaël, de Grâce et de Louise. L’édito de Lauren : Il existe un art féministe d’écrire le passé et le futur. Dans l’épisode précédent j’évoquais avec Geneviève Brisac l’Orlando de Virginia Woolf et ce·tte voyageur·euse du temps qui préfigure presque les transidentités contemporaines. Et puis il y a Herland, d’une de mes idoles, Charlotte Perkins Gilman, qui imaginait au tout début du XXe siècle le fonctionnement d’une société entièrement exemptée d’hommes. Dans La Parabole du semeur, Octavia Butler imagine en 1993 la société américaine de 2025. Une société de violence et de chaos que seule peut sauver l’empathie. Et puis il y a bien sûr La Servante écarlate, de Margaret Atwood, que j’ai eu la chance de recevoir dans La Poudre, une étrange et inquiétante prévisualisation de l’Amérique trumpiste. Toutes ces autrices féministes ont pour point commun de puiser dans le présent les éléments qui nous démontrent où nous conduirait le pire, mais aussi où se situe l’espoir. Et c’est exactement ce que fait, dans Viendra le temps du feu, Wendy Delorme. Wendy Delorme était bien là, bien présente sur la scène du Carreau du Temple ce soir-là. Pour la première rencontre de La Poudre en présentiel depuis longtemps. Parce que les livres c’est bien, mais les corps, je crois, c’est encore mieux. Résumé de l’épisode : Wendy Delorme est docteure en sciences de l’information et de la communication, enseignante, autrice de grand talent et performeuse, autant de cordes à son arc qui nourrissent toute son œuvre. Son dernier roman, Viendra le temps du feu, mêle des événements réels à un futur potentiel, dans un élan visionnaire qui résonne avec la démarche de Margaret Atwood et sa Servante écarlate (12:35). Dans ce texte, c’est aussi Monique Wittig que l’écrivaine convoque (14:04), une autrice qui a marqué son parcours de sa langue romanesque à la puissance symbolique sans pareille (16:30). L’écriture tient un rôle important dans la vie de Wendy Delorme, et ce depuis son enfance, lorsque sa grand-mère envoyait ses poèmes de petite fille à des maisons d’édition (25:52). La force qu’elle tire de cette transmission, elle la trouve aussi chez ses aînées choisies, les militantes lesbiennes qu’elle a rencontré dès les débuts de son engagement politique, alors qu’elle découvrait l’ampleur du champ féministe (28:47). C’est en écrivant sa thèse qu’elle s’est profondément ancrée dans cette mémoire, en se plongeant dans l’histoire des mouvements LGBTQI+ (31:13). Docteure et performeuse, autrice et enseignante, elle passe du monde de l’intellect à celui du corps sans voir ni opposition ni barrière entre eux, contrairement à la tradition française qui voudrait les garder bien séparés (34:16). Elle défend ainsi le droit pour chacun·e à disposer de son corps comme iel l’entend, tissant des liens indiscutables entre divers enjeux féministes (38:07). Elle-même interroge son propre corps, et comment la façon dont sa forme de féminité et la manière dont elle est perçue viennent interagir avec son discours politique (42:58). Un discours qu’elle avait mis en veille pendant les premières années de sa parentalité, sidérée par la violence de la Manif’ pour tous (49:46), mais qu’elle porte haut à nouveau aujourd’hui, renforcée par le pouvoir de la sororité (57:00). Membre d’un collectif d’écriture, RER Q (18:09), elle mesure la valeur de l’écriture à plusieurs mains, plusieurs cœurs et si cette sororité reste indissociable de la non-mixité, il n’y a aucun doute sur le fait que pour elle, le futur s’écrit au féminin pluriel (59:30). Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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3 juin 2021
Geneviève Brisac, écrivaine poignante, savante et immense lectrice de Virginia Woolf est l’invitée du 97e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Virginia, de génie et de folie. L’édito de Lauren : Je ne sais pas si je vous ai dit combien j’aimais le Carreau du Temple, son équipe, ce lieu, les idées qui y circulent. Le cycle de rencontres « Parole aux savant·e·s » aurait dû avoir lieu sur la scène de son auditorium, mais bon ça s’est passé surtout sur Zoom. Mais même sur Zoom, on pouvait sentir la bienveillance et la passion du Carreau derrière ces rencontres. Donc vraiment je voulais encore leur dire merci. En mars, je me souviens, j’étais un peu au bout du rouleau à cause des confinements successifs et puis du reste. Pour la rencontre prévue le 8 mars, j’ai eu vraiment envie de me faire un cadeau et de vous faire un cadeau en parlant de ma personne préférée dans toute l’histoire du féminisme : Virginia Woolf. Et je l’ai fait avec une femme aussi érudite que bienveillante : Geneviève Brisac. Et c’était fabuleux. En réécoutant cet épisode, je retrouve la joie que je cherchais à convoquer ce soir-là. Mission, donc, accomplie. Les rencontres au Carreau peuvent reprendre en présentiel ce mois-ci, donc joie, joie et encore joie.  Résumé de l’épisode : Geneviève Brisac est une autrice prolifique à l’écriture merveilleuse qui depuis toujours rend hommage aux nombreuses écrivaines et artistes dont le travail l’accompagne. Virginia Woolf est l’une de ces figures, peut-être la plus centrale. Geneviève Brisac admire ainsi sa capacité à dire vrai sur elle-même (09:37), à se livrer sans fard, dans tous les états de son être et jusque dans les replis de sa folie, à laquelle elle assimile la maladie (10:57). C’est d’ailleurs dans la maladie que Geneviève Brisac s’en est fait une compagne de route (13:43). Une compagne qui apporte souvent de la combativité et de l’espoir, même si, comme Sylvia Plath, elle a fini par le perdre elle-même (15:53). Dans ses journaux, l’écrivaine britannique se livre toute entière, à commencer par la relation complexe qu’elle entretient avec sa mère et l’admiration qu’elle lui voue malgré son incapacité à se conformer au modèle d’ange du foyer qu’elle lui renvoie (28:33). Elle évoque également son quotidien à Bloomsbury, entourée de sa sœur, son frère et des amis de ce dernier, petit groupe au cœur de l’effervescence intellectuelle de l’époque (31:13). Une expérience de remise en question des normes de genre et des relations qui pourrait aisément trouver son parallèle dans le bouillonnement de mai 68. Bien qu’elle soit parfois renvoyée à sa position aristocratique, pour Geneviève Brisac Virginia Woolf est une figure transgressive, qui avait choisi un quotidien bien loin des carcans de sa classe et de son genre, ou qui cherchait par exemple à construire une relation de couple égalitaire (36:30). Les réflexions qu’elle menait avec son entourage font ainsi écho bien après son temps, comme lors de la redécouverte d’« Une Chambre à soi » dans les années 1970 (43:01). Sa lectrice fidèle constate à quel point la guerre a balayé toutes ces avancées, les effaçant de l’histoire (39:02). Le suicide de l'écrivaine est d’ailleurs éminemment politique selon Geneviève Brisac (1:03:25), lié à son découragement face à la violence. Ses textes, qui sont parfois ardus mais valent toujours le travail entrepris pour les appréhender (59:00) résonnent fort avec les réflexions actuelles des mouvements féministes (1:06:00). Et si vous hésitez encore à aller à sa rencontre, les mots émouvants de Geneviève Brisac sur l’œuvre magistrale de Virginia Woolf et sur tous les mystères qu’elle recèle encore (1:12:18) ne peuvent que finir de vous convaincre. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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20 mai 2021
Fatima Ouassak, passionnante autrice et politologue est l’invitée du 96e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’esprit critique, des folles de Mai et de désenfantisation. L’édito de Lauren : Je vous parle régulièrement de la joie que je peux éprouver quand je découvre une pensée qui retourne ma façon de voir le monde. La pensée de Fatima Ouassak fait partie de celles-ci. La lecture de son livre « La Puissance des mères » a déclenché en moi des émotions très fortes lorsque je l’ai ouvert pour la première fois l’été dernier. Elle reprend des constats que je connaissais : les violences qui s’exercent contre les jeunes dans les quartiers populaires, le mépris institutionnel contre les actions politiques issues de ces quartiers, la violence contre les femmes musulmanes dans l’espace public et dans les écoles, la confiscation de la pensée écologiste par une classe blanche et aisée. Mais son tour de force c’est de relier tout ça en un seul projet politique : la mobilisation des mères. Elle porte une véritable stratégie révolutionnaire. Une stratégie dont elle préconise l’application dès aujourd’hui à l’échelon local. Et vous savez ce que ça fait ? Ça donne de l’espoir, et c’est bon. En mai, le Front de mères organise le Front de mai, un mois de rencontres et d’ateliers pour imposer dans l’espace politique les enjeux de protection des enfants contre les violences et les injustices. Fatima Ouassak prépare d’autres projets, à l’entrecroisement des luttes antiracistes, féministes et écologistes. Un conseil : suivez-là ! Résumé de l’épisode : Fatima Ouassak est politologue et autrice. Elle est aussi militante, depuis de nombreuses années, dans les luttes antiracistes, féministes et aujourd’hui écologistes. Elle est l’autrice du formidable essai « La Puissance des mères », rendant aux mères mobilisées pour l’avenir de leurs enfants toute la puissance politique de leur engagement, à l’intersection de tous ces combats. Fatima Ouassak a grandi à Lille et malgré l’inégalité du système scolaire, elle souligne la croyance placée en l’école par ses parents (16:05). Une voie d’émancipation qui favorisait à son époque l’esprit critique, une qualité qu’elle ne retrouve plus aujourd’hui dans l’enseignement prodigué à ses propres enfants (20:57). Elle souligne néanmoins la volonté continue des institutions de gommer les traces des héritages de certaines familles immigrées ou descendantes de l'immigration postcoloniale, privant les enfants des racines nécessaires à leur construction (26:05). En regard de cette manifestation limpide du racisme institutionnel, Fatima Ouassak salue la force de résistance des parents qui ne cèdent pas face à cette pression. Une force qu’elle a pu constater autant dans son enfance que dans ses engagements en tant que mère aux côtés d’autres parents. L’expérience de la maternité a en effet été un tournant dans sa lutte militante, modifiant sa vision stratégique pour viser des victoires pouvant avoir un réel impact sur la vie de ses enfants (32:57). C’est ainsi qu’elle s’est notamment reconnue dans les combats écologistes qui répondent aux enjeux concrets d’amélioration de leurs quotidiens. Cofondatrice du Front de mères – un syndicat de parents des quartiers populaires luttant pour protéger leurs enfants au niveau local –, elle tire de la force de celles qui, comme elles, ont porté des combats politiques dans l’espace public en tant que mères, comme les folles de la place Vendôme en 1984 (37:49). Avec le Front de mères, Fatima Ouassak tente de faire reconnaître combien le système discriminatoire et raciste en place désenfantise les jeunes générations des quartiers populaires (45:50). Elle appelle à construire des projets politiques communs pour démonter ces pratiques et bâtir un futur plus égalitaire.  Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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6 mai 2021
La réalisatrice prodige Maïmouna Doucouré est l’invitée du 95e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Maman(s), de Mignonnes et de Netflix. L’édito de Lauren : C’est fou que La Poudre se soit aussitôt placée sous le marrainage des femmes du cinéma. Parmi mes toutes premières invitées, celles qui ont échangé avec moi dès 2016, avant même que le podcast soit en ligne, il y avait les réalisatrices Rebecca Zlotowski et Houda Benyamina. Deux femmes qui m’impressionnaient par leur capacité à se créer un nom aux côtés de tant d’hommes. C’est fou parce que c’est par le cinéma que la révolution féministe que nous vivons aujourd’hui s’est déclenchée. En 2017, les femmes d’Hollywood ont dénoncé haut et fort le sexisme de leur industrie et depuis, l’histoire du féminisme est jalonnée de prises de paroles par des femmes du cinéma qui constituent de grands tournants. Comme un bilan, le livre La Poudre Tome 2, Féminismes et cinéma, rassemble les voix engagées du cinéma qui sont passées à mon micro ces quatre dernières saisons. Aïssa Maïga, Iris Brey, Alice Diop, Julie Gayet, Fanny Herrero, Céline Sallette, Déborah Lukumuena et les autres… toutes ont fait bouger les lignes. Pas seulement dans leur milieu, mais dans la société toute entière. Cet ouvrage dont je suis super fière sera en librairie le 19 mai, mais il est déjà disponible en précommande. Et pour en marquer la sortie, j’ai voulu inviter dans La Poudre l’une des réalisatrices les plus talentueuses du moment. Une femme qui reprend le flambeau de ces combats contre le sexisme et le racisme au cinéma. Une femme qui raconte des histoires et qui crée des images qui changent le monde. Résumé de l’épisode : Maïmouna Doucouré est la réalisatrice internationalement reconnue de Maman(s) et de Mignonnes. Pour elle, aucun doute : le cinéma a le pouvoir de changer le monde en nourrissant les imaginaires (06:23). Après une enfance dans le 19e arrondissement de Paris, elle démarre des études de biologie, fait un petit détour par le théâtre puis se lance sans filet dans la réalisation, grâce à un concours qu’elle remporte sur la base de son scénario (24:35). Dans ce premier court-métrage, elle filme déjà à hauteur d’enfant, un trait que l’on retrouve dans la suite de son parcours. Son second court-métrage, Maman(s), remporte le César du court-métrage en 2017, ex aequo avec Alice Diop, et sera sélectionné dans plus de 200 festivals dans le monde. Le féminisme qui infuse son œuvre n’est selon elle pas une histoire de choix (08:44). En observant la condition des femmes autour d’elle, dans sa famille comme dans la société – ou même dans les histoires de princesses passives qui lui étaient proposées dans la fiction –, impossible pour elle de ne pas combattre le statu quo (10:12) et hors de question d’encaisser sans broncher. Elle nourrit son cinéma de tout ce qu’elle aimerait pouvoir dire à son entourage et transcende ses souhaits de rébellion grâce à sa caméra. C’est aux États-Unis surtout qu’elle trouve soutien et accompagnement (47:32). C’est toutefois aussi là-bas qu’éclate la polémique autour de son premier long-métrage, l’acclamé et récompensé Mignonnes, suite à un choix de marketing problématique de Netflix – la plateforme ayant annoncé le film avec une image prenant à revers tout le propos du projet (40:58). Mignonnes est pourtant une création sensible et nuancée, s’attaquant à l’hypersexualisation des petites filles dans nos sociétés, un sujet que Maïmouna Doucouré a porté en ayant également sa propre fille en tête, née au tout début du tournage (51:52). Sa réalisation puissante et porteuse d’images renouvelant profondément les représentations promet encore de prochains grands films qu’on a hâte de découvrir dans les salles obscures.   Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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22 avril 2021
Cloé Korman, écrivaine de la nuance et de la profondeur, est l’invitée du 94e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de la Muette, de Bobigny et de Marseille. L’édito de Lauren : Depuis trois ans, les actes antisémites flambent partout en France. On profane des cimetières, des symboles à la mémoire de Simone Veil ou d’Ilan Halimi. On révèle la présence de groupuscules néo-nazis, notamment au sein de l’armée française. On insulte. On caricature. On tue. La haine des juifs et des juives s’exprime partout, tout le temps, de façon décomplexée, il y a encore quelques jours sous forme de graffitis sur la façade de Sciences Po Paris. La rabbine et brillante essayiste Delphine Horvilleur le dénonçait déjà il y a deux ans dans l’épisode 46 de La Poudre que je vous invite à réécouter. Récemment, sur Radio Classique, elle disait : « La montée de la haine antisémite est un prélude à une haine qui va frapper tout le monde. Il est urgent de lutter contre la dissociation qui s’opère souvent dans l’espace publique entre l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Car l’antisémitisme est un racisme. » Et c’est ce rappel salutaire qu’est venue faire l’écrivaine Cloé Korman dans son essai « Tu ressembles à une juive » paru en 2020. C’est aussi une romancière bouleversante. Je suis encore éblouie par les éclats de lumière de « Midi », dont je vous recommande chaudement la lecture. Et je suis très honorée de la recevoir dans La Poudre aujourd’hui. Résumé de l’épisode : Cloé Korman est l’autrice de plusieurs romans et de l’essai « Tu ressembles à une juive » paru il y a un peu plus d’un an (10:47). Dans cet ouvrage dont l’intention est toujours autant d’actualité, elle décrypte en quoi l’antisémitisme est une forme de racisme ainsi que les liens étroits entre ces différentes manifestations des discriminations et des haines (16:14). Elle rappelle l’ancrage de l’antisémitisme dans la société française (18:22) et la reconnaissance encore partielle et tardive de la responsabilité de l’état français dans la déportation des personnes juives. Le refus de faire face à cette partie de notre histoire prend pour elle des formes très concrètes, comme la cité de la Muette qui, de camp d’internement au cœur de la politique de déportation de la France, est devenu lieu d’habitation pour des populations précaires où le racisme étatique s’exprime encore (22:09). Ayant grandi à Boulogne-Billancourt, elle est plongée très jeune dans l’engagement politique de ses parents et témoigne de l’incrédulité qui régit les rapports de sa famille à l’état. Une méfiance vis-à-vis des institutions qui la pousse sans cesse à remettre en question les discours officiels (28:10). La langue est un outil qui lui est cher et les mots ont pour elle une substance concrète qui peut autant la réjouir que la blesser. C’est parce qu’elle est sensible à toute leur portée qu’elle cultive la nuance dans la façon de les brandir (32:21). Elle s’en empare d’ailleurs dans ses romans pour raconter des histoires pleines d’ombre et de lumière, une complexité qui touche autant aux espaces urbains qu’aux rapports sociaux. De son passage par les États-Unis, elle a retiré une capacité à témoigner des rapports de domination sans rendre les mots responsables des situations qu’ils décrivent. Si elle n’hésite pas à prendre la plume pour exprimer ses positions politiques dans des tribunes (05:05), elle aimerait aussi avoir la même liberté que les groupes dominants de parfois laisser sur le bord de la route la colère crée par les discriminations pour avoir le loisir de créer sans limite et sans assignation (48:17). Son écriture qui cherche à galvaniser sans céder à la simplification est un remède puissant aux maux d’aujourd’hui dont on ne peut que vous recommander la lecture. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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8 avril 2021
La journaliste et autrice Victoire Tuaillon est l’invitée du 93e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Barbe bleue, de chèvres et de révolution romantique. L’édito de Lauren : J’ai l’impression qu’en ce moment on a toutes et tous beaucoup, vraiment beaucoup, besoin d’amour. Mais d’un amour qui ne ferait pas mal. D’un amour moderne, libre, politique, qui permettrait à chacun et chacune de s’épanouir comme iel l’entend. De sortir des schémas de genre. De se libérer des injonctions à la sexualité, à la reproduction, aux balivernes des contes de fées. Bref, on rêve tous et toutes d’un amour féministe et c’est compliqué. C’est pourquoi je suis extrêmement reconnaissante à ma consœur, Victoire Tuaillon, du studio Binge, d’avoir conçu un podcast entièrement dédié au sujet : « Le Cœur sur la table ». Et comme c’est un sujet important, j’ai eu envie de l’inviter à mon micro pour faire un petit tour d’horizon. C’était au début du printemps, on était à l’opéra de Lyon dans le cadre du festival « Femmes libres ? » et ça m’a fait du bien.  Résumé de l’épisode : Victoire Tuaillon est journaliste, autrice et la créatrice du podcast culte « Les Couilles sur la table » et du récent « Le Cœur sur la table » qui se penche sur le vaste sujet de l’amour dans toute sa complexité. Dans cet épisode enregistré dans le cadre du festival « Femmes libres ? » organisé par l’Opéra de Lyon et dans lequel plusieurs pièces mettent en scène la figure violente de Barbe Bleue, elle déploie au micro de Lauren Bastide les liens entre nos vécus de l’amour et ses représentations (05:00). Les contes de fées et autres tropes de l’amour romantique construisent nos attendus mais génèrent aussi des zones d’ombres dans nos visions des relations amoureuses (07:58). Que se passent-ils après « et ils eurent beaucoup d’enfants » ? À quoi ressemble une relation qui dure, ou qui ne respecterait pas ces codes ? (11:50) C’est sur ces questions essentielles pour repenser nos relations hors des schémas patriarcaux que se penche Victoire Tuaillon. Elle détricote le couple, ou tout du moins sa base politique et religieuse (13:24), s’appuyant sur les écrits de nombreuses penseuses féministes qui toutes, au travers des époques, se sont attaquées à ce sujet relationnel, si central dans nos vies (17:23). Pour Victoire Tuaillon, il est temps de mener une grande révolution romantique intersectionnelle, pour reprendre la formulation de Costanza Spina, et de délier définitivement amour et violence (22:41). Elle propose de plonger tête la première dans la zone grise, en explorer ses recoins et enfin éclairer les rapports de pouvoir qui sous-tendent nos relations, pour mieux pouvoir les reconstruire sur des bases saines, en toute lucidité (32:35). Au-delà de sauver l’amour romantique, elle souhaite qu’on puisse rendre leurs lettres de noblesse à toutes les formes d’amour, dans leurs aspects les plus concrets, qu’on reconnaisse à nouveau les gestes aimants pour ce qu’ils sont, dans le cadre de la famille, celui de l’amitié ou des relations amoureuses (35:20). Elle invite également à repenser l’amour propre, à même commencer par apprendre à s’aimer pour pouvoir mieux aimer les autres et à se défaire des petites voix patriarcales qui abîment nos rapports aux autres et à nous-mêmes (48:15). Si la révolution est en cours, pour elle l’amour est ainsi l’un des hauts lieux de notre résistance politique (01:01:40). Merci à l’Opéra de Lyon et à son festival « Femmes Libres ? » d’avoir rendu cet enregistrement possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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25 mars 2021
Kaoutar Harchi, brillante autrice, sociologue et chercheuse, est l’invitée du 92e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’identité, de reconnaissance et de fémonationalisme. L’édito de Lauren : Je vous parle d’un jeudi où l’on attend une annonce gouvernementale qui nous dira ce qu’on a le droit de faire ou de pas faire le soir et le week-end. Comme la plupart des françaises et des français, je suis partagée entre la résignation et la rage. Le fatalisme et l’inquiétude. À cause de ça, de ces informations fluctuantes, flippantes, sur la pandémie qui décime nos aîné·e·s et nos proches les plus fragiles depuis bientôt un an, j’avoue que je consulte un peu moins les médias qu’avant. Moi qui vis sous perfusion d’infos depuis plus de vingt-cinq ans, j’ai remplacé les flash radios du matin par des playlists, désinstallé les réseaux sociaux de mon téléphone et rationnalisé ma consultation des sites de médias auxquels je reste abonnée. Ce qui ne m’empêche pas d’entendre monter une petite musique de plus en plus angoissante. Rien que là, cette semaine, les attaques contre Assa Traoré se sont multipliées, Médiapart a révélé un courant néo-nazi au sein de l’armée française, la loi sécurité globale s’apprête à passer au Sénat, donnant des pouvoirs colossaux à la police et cerise sur le gâteau, Manuel Valls annonce qu’il fera son retour en 2022. Bref, pendant qu’on cause – ou qu’on ne cause pas –, du Covid 19, le racisme d’état continue sur sa lancée. Heureusement mon invitée, la sociologue Kaoutar Harchi, reste elle pleinement connectée à l’actualité, pleinement ancrée dans le présent, vivement consciente des enjeux du moment et de la nécessité de porter haut et fort, partout où elle le pourra, la pensée féministe intersectionnelle.  Résumé de l’épisode : Kaoutar Harchi est sociologue et autrice. Ses écrits voyagent de la fiction à la tribune et dans la période actuelle, face aux rhétoriques de l’extrême-droite (05:35) et à l’islamophobie qui gagnent du terrain (07:33) elle use de sa plume lumineuse pour mener des combats féministes intersectionnels. Préoccupée par la nette différence entre les mobilisations contre le projet de loi sécurité globale et celui sur les séparatismes, elle note cependant l’espoir apporté par les grandes mobilisations antiracistes récentes (08:50). La violence de la réponse institutionnelle et gouvernementale est, selon elle, le signe que ce rapport de force ébranle enfin le statu quo (11:54). Née à Strasbourg (20:35), elle quitte cette ville dès qu’elle le peut, jonglant avec la complexité de ce départ grâce à l’acte aussi gratuit que nécessaire de l’écriture (21:44). Acte coûteux pour elle, par certains côtés (24:52) mais qui lui permet de déployer ses réflexions sur de nombreux terrains, littéraires comme théoriques, analysant le social au travers d’un prisme artistique (15:45). Pour sa part, elle souhaiterait pouvoir un jour se passer des catégories qui lui font porter la notion d’intersectionnalité haut et fort, et brûler pour de bon les carcans qui voudraient la cantonner à des espaces historiquement liés à la déshumanisation (28:40). Elle refuse le miroir aux alouettes de l’exceptionnalité (41:40), combat les preuves d’allégeance demandées par les structures de pouvoir en place pour accorder leur reconnaissance (38:00) et propose au contraire un combat commun contre les systèmes de domination où personne ne serait laissé sur le carreau. Autrice d’un bel article sur le fémonationalisme (51:02), elle met en garde contre l’utilisation fallacieuse de certaines luttes pour s’attaquer à d’autres et la force de ses écrits est un phare dans le brouillard sombre qui nous entoure ces derniers temps. Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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18 mars 2021
Les journalistes et autrices Lorraine de Foucher, Daphné Gastaldi, Axelle Jah Njiké, Charlotte Pudlowski et Marine Turchi sont les invitées du 91e épisode de La Poudre réalisé en partenariat avec le festival Longueur d’ondes. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de silence, d’écoute et de self-care. L’édito de Lauren : Ce jour-là elles étaient cinq dans le studio : Marine Turchi, Axelle Jah Njiké, Charlotte Pudlowski, Daphné Gastaldi et Lorraine de Foucher. Elles sont journalistes et/ou productrices de podcasts. Par leur travail, toutes ont fait, ces dernières années, plus bouger les lignes que toutes les instances politiques réunies. On a pu se voir dans un vrai studio, et ça faisait du bien, même si c’était un peu triste parce que cette table ronde, normalement, aurait dû avoir lieu au festival Longueur d’ondes qui a malheureusement dû être annulé en raison des contraintes sanitaires. Sur Twitter, quelqu’une a tout de suite réagi en s’exclamant : « Les Avengers du féminisme ! » et comme on a besoin de rire un peu, aussi, j’ai choisi ce titre pour l’épisode. Merci encore Pauline ! Oui parce que bon les sujets de ce podcast sont ceux de leurs enquêtes respectives : le viol, l’inceste, les violences de genre. Donc petit trigger warning, écoutez-le dans de bonnes conditions, même si rassurez-vous, il n’y a rien de graphique, on parle surtout de leurs pratiques de journalistes et c’est passionnant.  Résumé de l’épisode : C’est au festival Longueur d’ondes qu’aurait dû se réunir cette table ronde d’exception pour évoquer le travail considérable et essentiel des enquêtes journalistiques au long cours sur les violences sexistes et sexuelles. Au micro de Lauren Bastide, Lorraine de Foucher, journaliste au Monde, Daphné Gastaldi, journaliste indépendante et co-créatrice du collectif We Report, Axelle Jah Njiké, autrice et créatrice de podcasts, Charlotte Pudlowski, co-fondatrice du studio Louie Media et Marine Turchi, journaliste chez Médiapart, évoquent le rôle de la presse face à celui de la justice dans les enquêtes qu’elles mènent et ont mené sur ces violences (09:33). Convaincues de l’utilité publique de ce travail de longue haleine, elles espèrent que les lignes qu’elles contribuent à faire bouger ne seront pas tracées dans le sable, même si la menace du backlash n’est jamais loin (19:38). Bien que certaines rédactions mettent moyens et formation de leurs effectifs au service de la lutte contre ces violences (13:44), ces pratiques sont loin d’être répandues et exigeraient d’infuser dans tous les médias. Toutes appellent à ce que la parole des personnes victimes puisse avoir plus d’écho, surtout lorsque leur statut social ne les fait pas figurer sur les tables des librairies ou les affiches de cinéma (24:42). La diversité des représentations reste selon elles un sujet central pour combattre le caractère systémique de ces violences (01:08:10). Tour à tour, elles racontent la complexité des enjeux pour respecter les personnes victimes et leur parole (28:00), mais aussi pour rendre leurs récits palpables pour les auditeur·ice·s et spectateur·ice·s (39:40) sans y perdre leur propre humanité. Dans ce travail journalistique minutieux et prolongé, elles affirment l’absolue nécessité du contradictoire et l’importance des témoins, du soutien de l’entourage (45:05). Ces enquêtes laissent des traces sur elles aussi et c’est sur un encouragement au self-care et à l’accompagnement qu’elles concluent cet échange explorant les dessous des enquêtes ayant tant fait ces dernières années pour renverser l’ordre établi (01:15:01). Merci au festival Longueur d’ondes sans qui cet épisode n’aurait pas été possible. Et merci à Pauline Linard d’avoir accepté que nous utilisions son expression pour le titre. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Nora Hissem, Gaïa Marty, Cécile Teixeira pour le festival Longueur d’ondes Prise de son : Adrien Beccaria au studio L’Arrière-Boutique Mixage : Marion Emerit
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11 mars 2021
Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter. The legendary theoretician Judith Butler is the guest of the 90th episode of La Poudre, recorded in public the 21st of November 2020. With Lauren Bastide, they talked about bodies, grief and Macron. Lauren’s foreword: I was scared they might be cold. I was scared they might be complex. I was above all scared they might be appalled by the incapacity of my ordinary brain to grasp the immense complexity of their thinking. In a nutshell, before interviewing Judith Butler, I was struck by a huge impostor syndrome. So I did what one usually does in that case: I overprepared. I literally learned by heart some parts of their writing. I even prepared physically, slept eight hours, hydrated very carefully. And then? Well, not only were they incredibly warm and clear, but they also laughed at my jokes and seemed to think my analysis was of some interest. This interview with Judith Butler ended up being one of the most joyful and smooth interviews in La Poudre’s history. There is probably some lesson to take out of this story but I’m not the philosopher here.  Episode summary: Judith Butler is one of the most important philosophers of our time. Their book “Gender trouble” left a long-lasting mark on queer and feminist theory, even though it took more than fifteen years to be translated into French. Its translation has indeed given rise to many misunderstandings, which Judith Butler finds amusing and interesting now, pushing them to explore the cultural resonances their theories find in various countries (05:20). In a global pandemic, these theories unfortunately have very concrete resonances: they had coined the concept of ‘grievable lives’ and are saddened to see it vividly illustrated by the current situation (13:13). Observing the governments using health safety to justify repressing their populations, they nonetheless believe in the force of non-violence and solidarity (25:34). Together with Lauren Bastide, Judith Butler is alarmed by the attacks on universities, especially on gender and postcolonial theory (35:40). For them, this backlash definitely is the embodiment of conservatives’ fear and their refusal to see the world change (32:00). They stay hopeful thanks to the feminist, queer and antiracist movements inventing new forms of mobilisations around the world (47:02) and the strength, always renewed, of their self-determination claims (39:30). If they acknowledge how important rest is in an activist’s life, they encourage to never abandon the idea, the utopia of radical equality until it is reached (51:52) and invite everyone to think about revolution as an ongoing movement to which it is possible to contribute everyday (57:17). Our deepest gratitude to the Les Créatives festival and their amazing team who made this episode happen. Executive Producer : Nouvelles Écoutes  Production, editing and signature tune : Aurore Meyer-Mahieu Production assistant : Gaïa Marty  Mixing : Marion Emerit
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11 mars 2021
This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here. Lae mythique théoricien·ne Judith Butler est l’invité·e du 90e épisode de La Poudre, enregistré en public sur Zoom le 25 novembre 2020. Avec Lauren Bastide, iels ont parlé de corps, de deuil et de Macron.  L’édito de Lauren : J’avais peur qu’iel soit froid·e. J’avais peur qu’iel soit complexe. J’avais surtout peur qu’iel soit atterré·e par l’incapacité de mon cerveau ordinaire à capter l’immense subtilité de sa pensée. Bref, avant d’interviewer Judith Butler j’ai été frappée d’un immense complexe de l’impostrice. Du coup j’ai fait ce qu’on fait souvent dans ce genre de cas, je me suis surpréparée. J’ai littéralement appris par cœur des pans entiers de ses textes. Et j’ai même fait une sorte de prépa physique : huit heures de sommeil et la peau super hydratée. Et puis voilà. Non seulement iel a été chaleureux·se et époustouflant·e de clarté, mais en plus iel a ri à mes blagues et a semblé trouver mes analyses plutôt dignes d’intérêt. Cette interview avec Judith Butler, au final, a été l’une des plus fluides, les plus joyeuses, de l’histoire de La Poudre. Je suis sûre qu’il y a une sorte de morale à tirer de tout ça, mais la philosophe, c’est pas moi. N’hésitez pas à me faire part de vos impressions après l’écoute, j’ai très envie de poursuivre cet échange avec vous. Ah oui et c’est Elisabeth Lebovici, chercheuse, historienne et militante queer, qui double sa voix en français. Vous avez beaucoup de chance vous savez. Résumé de l’épisode : Judith Butler est l’un·e des philosophes les plus important·e·s de notre époque. Son livre, « Trouble dans le genre » a marqué durablement la pensée queer et féministe, bien qu’il ait mis plus de quinze ans à être traduit en français. Sa traduction a d’ailleurs été le sujet de bien des incompréhensions, dont Judith Butler s’amuse aujourd’hui, explorant les résonances culturelles que rencontrent ses théories (05:20). En temps de pandémie, elles ont aussi des résonances très concrètes : iel qui a forgé le concept de “vies dignes d’être pleurées” se désole de voir la crise actuelle illustrer sa théorie (13:13). Face à la répression des gouvernements utilisant les enjeux sanitaires pour réprimer leur population, iel croit néanmoins toujours à la force de la non-violence et de la solidarité (25:34). Aux côtés de Lauren Bastide, Judith Butler s’alarme de l’attaque faite à l’université, et notamment à la recherche en études de genre et postcoloniale (35:40). Pour iel c’est bien la peur des conservateur·ice·s et leur refus de voir le monde changer qui s’incarnent dans ce backlash (32:00). Iel garde cependant espoir en observant les mouvements féministes, queer et antiracistes inventer de nouvelles formes de mobilisations partout dans le monde (47:02) et la force sans cesse renouvelée de leurs revendications pour la liberté de se définir (39:30). Si iel reconnaît la nécessité du repos, iel encourage à ne jamais abandonner l’idée, l’utopie, de l’égalité radicale (51:52) et invite à penser la révolution comme un mouvement en cours auquel prendre part chaque jour (57:17). Merci au festival Les Créatives d’avoir rendu cet enregistrement possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La voix française de Judith Butler est incarnée par Elisabeth Lebovici, merci à elle. La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Traduction : Lucie Plescoff Programmation et coordination : Gaïa Marty Prise de son voix française : Adrien Beccaria au studio L’Arrière Boutique Mixage : Marion Emerit
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25 février 2021
Gwenola Ricordeau, chercheuse et militante pour l’abolition du système pénal, est l’invitée du 89e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de prisons, de victimes et de justice. L’édito de Lauren : Bon anniversaire tout le monde ! On approche du mois de mars. Ça va faire bientôt un an que nous sommes plus ou moins confiné·e·s, complètement coupé·e·s de notre vie d’avant, celle où on allait boire des coups dans des bars et écouter des gens dans des salles. Cette saison, La Poudre devait se dérouler intégralement dans l’auditorium du Carreau du Temple et j’étais vraiment folle de joie à l’idée de sentir vos présences, vos souffles, vos chaleurs. Alors je suis un peu frustrée. Mais ma petite contrariété n’est pas grand chose comparée à celle des artistes scéniques et en ce moment mon cœur se sert souvent quand je pense à Clara, Yseult, Aloïse, Jeanne, Mélissa et les autres, privé·e·s de leur milieu naturel. Donc je leur envoie un peu d’amour, en passant. Parce que j’ai envie, et c’est comme ça. Enfin voilà on s’adapte et donc ça fait quelques mois que je fais mes conférences sur Zoom. Et y a un bon côté : c’est que je peux parler avec des gens qui sont loin, comme la chercheuse Gwenola Ricordeau qui enseigne en Californie. Et ça c’est une bonne nouvelle. Gwenola Ricordeau est la dernière chercheuse qui m’a retourné le cerveau. À cause d’elle, je ne peux plus lire des phrases comme « la fin de l’impunité » sans ressentir un petit dégoût. À cause d’elle, à chaque fois que je vois le gouvernement répondre aux violences par un durcissement de la répression pénale, je hoche tristement la tête. À cause d’elle, je pense qu’il faut qu’on se débarrasse des prisons, des cours d’assises et de tout ce système pénal, finalement incapable de répondre aux véritables besoins des victimes, ni de protéger quiconque des violences sexistes et sexuelles. Vous allez sortir de cet épisode avec la même certitude, vous verrez, ça fait drôle.  Résumé de l’épisode : Gwenola Ricordeau est chercheuse et enseignante en justice criminelle. Elle est l’autrice de Pour elles toutes, femmes contre la prison, un essai argumentant sa position pour l’abolition du système pénal, un point de vue rarement partagé dans un certain nombre de courants féministes dominants (13:03). Pourtant, l’intensification du recours au système pénal – rejeton d’une société raciste et patriarcale –, a peu de résultats, des conséquences problématiques et des applications peu réalistes (15:00). Gwenola Ricordeau invite à remettre en cause ce système au lieu de se fonder sur la morale individuelle pour évaluer sa pertinence (17:45) et avance les outils de la justice transformative comme solution pour se concentrer sur les besoins des personnes victimes (20:33). Cette forme alternative de justice est d’ailleurs née au cœur de ces besoins puisqu’elle vient des plus vulnérables et marginalisé·e·s, celleux qui n’ont généralement aucun réel accès à la justice telle qu’elle est rendue actuellement (26:48). Remettre les personnes victimes au centre du processus (29:19) est bien tout l’enjeu de la déconstruction de la justice et de ses fonctionnements selon la chercheuse. Elle a elle-même fait l’expérience du parloir et c’est en partant de là qu’elle s’est intéressée au système pénal, à la prison, puis à l’impact de la prison sur la vie des femmes (35:00). Elles notent ainsi l’incidence directe du fonctionnement d’une société raciste et hétérosexiste sur qui est incarcéré·e, comment, et qui en payent les conséquences (38:01). Elle réfute la naturalisation de ce système (48:57) et appelle de ses vœux sa dissolution plutôt que son énième réforme (53:29). Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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18 février 2021
La philosophe Sandra Laugier et Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre et directrice de l’ONG One en France sont les invitées du 88e épisode de La Poudre, enregistré en live le 10 décembre 2020. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de vulnérabilité, d’interdépendance et de soin. L’édito de Lauren : L’autre jour quelqu’un m’a dit que La Poudre était moins sexy depuis que je recevais plus de savantEs et moins d’artistes. Ça m’a même pas énervée, parce que c’est pas vrai. Je trouve qu’il n’y a rien de plus excitant, de plus désirable, que la pensée féministe. Personnellement je ressens des frissons d’extase quand on me donne un mot pour nommer une intuition, quand on me déroule une logique qui me fait voir les choses sous un jour nouveau. L’une des notions théoriques qui m’a donné la plus grande jouissance ces dernières années, c’est celle de care. On la croise à peu près partout où l’on essaie de penser le genre. Pour vous en parler, je vous ai chopé LA chercheuse du care en France : Sandra Laugier. Il y en a deux-trois autres que je cite dans l’épisode. Elle a co-écrit, avec Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre, un petit livre captivant : La société des vulnérables. On s’est parlées un soir d’hiver, sur Zoom. Et vous étiez là, et on s’est donné·e·s chaud avec de l’amour et des idées. Et je vous promets, c’était super sexy. Résumé de l’épisode : Si la crise du Covid a mis un élément en pleine lumière dès le premier confinement, c’est bien la place centrale des enjeux de l’éthique du care et de celles et ceux qui exercent des fonctions s’y rapportant. Le 10 décembre dernier, au micro de Lauren Bastide et en public, Sandra Laugier, l’une des plus importantes penseuses de ce concept féministe en France et Najat Vallaud-Belkacem, directrice France de l’ONG One qui lutte contre l’extrême pauvreté ont décortiqué tout l’apport de cette philosophie à la situation actuelle. Toutes deux déplorent la réaction du gouvernement et sa rhétorique guerrière face à la pandémie (06:00), mais aussi la disparition des femmes de l’espace médiatique, au moment même où leurs rôles sont au cœur de la réponse au virus (08:32). En effet, si nos interdépendances ont été visibilisées de façon flagrante, cette vulnérabilité partagée n’est pas égalitaire : certain·e·s y sont bien plus exposé·e·s que d’autres (10:57). Et sans prisme féministe (14:30) et antiraciste (31:54), impossible de comprendre pourquoi les fonctions les plus essentielles sont aussi les plus dévalorisées et pourquoi les personnes exerçant ces fonctions sont aussi parmi les moins protégées. Ce concept philosophique introduit en France sur la base des travaux de Carol Gilligan grâce à Sandra Laugier, Pascale Molinier ou encore Patricia Paperman (23:15), a mis longtemps avant de trouver sa place comme outil d’analyse dans le champ politique (19:10). Par ailleurs, Vallaud-Belkacem et Sandra Laugier soulignent comment l’obsession de l’universalisme empêche de s’en saisir pleinement en refusant de nommer et visibiliser les inégalités existantes (28:18). Elles relient les enjeux du care à la préoccupation écologique (42:00) et appellent à s’appuyer sur l’expertise citoyenne, celle des femmes et des personnes racisées pour qu’une politique de l’attention et du soin puisse voir le jour (58:15).  Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation, prise de son et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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11 février 2021
Sam Bourcier, activiste queer et penseur transféministe, est l’invité du 87e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, ils ont parlé d’université, de travail et de transféminisme. L’édito de Lauren : Cet épisode est riche, complexe, fourmillant, peut-être un peu déroutant pour quelqu’un qui n’est pas familier avec la recherche en études de genre et ses textes emblématiques. On y croise en vrac Butler, Foucault, Marx, Cixous, Wittig, Solanas, Deleuze, Preciado. On y entend des expressions un peu impressionnantes comme « féminisme matérialiste », «post-porn », « études genre », « agentivité », « désidentification », « anarcoqueer »... Waouh, j’espère que je ne viens pas de vous dissuader, ça serait dommage. La pensée de Sam Bourcier est un fil, qui s’enroule, se déroule, va et vient, qui boucle, qui boucle encore, bref qui déroute un peu. Mais elle est aussi limpide, joyeuse, éclairante. Faites-moi confiance. Laissez-vous porter par le flot, peut-être bercé·e·s. L’écouter peut être une initiation et vous donner envie d’aller creuser un peu partout. Elle peut aussi allumer en vous une étincelle, qui vous fera voir le monde de façon radicalement différente : le god comme une main, le porno comme une technologie, le genre comme un travail. Bref, de penser queer. Un conseil, suivez La Poudre sur Instagram. Nous allons partager avec vous toutes les références évoquées dans l’épisode. Et préparez-vous pour la suite du programme. Dans La Poudre, c’est Judith Butler elle-même qui poursuivra notre séminaire sur le féminisme et le queer. Restez à l’écoute ! Résumé de l’épisode : Sam Bourcier est un activiste et théoricien queer et transféministe, auteur de certains des textes les plus essentiels de ce champ d’étude en France, comme le recueil Queer Zone. De formation littéraire, il passe entre autres par l’ENS et étend son travail de recherche à l’étude des médias et des objets culturels. C’est la découverte de Gender Trouble de Judith Butler dans une librairie londonienne qui signe son entrée sur le terrain du queer, un concept et un sujet d’étude que la sphère universitaire française continue de tenir à l’écart (06:40). Il a largement œuvré à introduire cette notion et ses ramifications en France, en traduisant notamment Teresa de Lauretis. L’un des autres tournants de son parcours est le visionnage de Baise-moi, le film de Virginie Despentes, qui le mène à la formulation du concept de post-porn pour étudier les rapports de domination sur les corps (25:36). Même s’il appelle aujourd’hui à dépasser Butler (20:00), les premiers outils de définition du genre comme performance apportés par Gender Trouble sont toujours autant d’actualité. Sam Bourcier propose ainsi de s’emparer du pouvoir recelé par cette approche pour faire la grève du genre et dénaturaliser sa mise au travail (33:20). Il met pareillement en garde contre le management de la diversité (38:00) et l’institutionnalisation des luttes débouchant dans certains cas sur l’homonationalisme (40:00). Au drapeau, Sam Bourcier préférera toujours la licorne (48:28). Dans les débats qui agitent les courants féministes aujourd’hui, il rappelle combien culture trans et féminisme sont interdépendants et marchent d’ailleurs main dans la main depuis leurs débuts (43:53). Pour que ces Histoires soient commémorées et transmises, il est engagé depuis de nombreuses années dans la création d’un lieu d’archives LGBT et souhaite des archives vivantes, communautaires, à la portée de tou·te·s (57:50). Ce lieu pour lequel il s’est tant battu deviendra très bientôt, on l’espère, une réalité : le projet vient tout juste d’être voté par la mairie de Paris.  Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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28 janvier 2021
La primo-romancière prodige Fatima Daas est l’invitée du 86e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Faïza Guène, d’Annie Ernaux et de Virginie Despentes. L’édito de Lauren : Il y a des livres qui mettent des claques. Pas seulement aux lectrices et aux lecteurs, individuellement, mais aussi à la société toute entière. La Petite dernière est de ceux-là. Je l’avais reçu au début de l’été dernier, avec sa couverture florale et la critique dithyrambique d’une autrice adulée s’étalant sur le bandeau. Il avait tout pour séduire et je l’ai aussitôt dévoré. C’est un livre qui se lit vite, mais qui se relit et se re-relit. C’est un livre avec lequel on n’en a jamais vraiment fini. J’étais convaincue que la France ne s’en remettrait pas, de ce livre-là. Et ce fut le cas. Fatima Daas a bien mis le bazar avec son récit immensément complexe, composé de mots immensément simples. Je suis heureuse d’avoir pu échanger avec elle quelques mois après la sortie, pour une conversation en forme de bilan mais aussi de perspective. Résumé de l’épisode : Fatima Daas est l’autrice de La Petite dernière, un court et brillant roman sorti à l’été 2020, si percutant qu’elle sort tout juste la tête du tourbillon médiatique qu’il a engendré (04:50). Un accueil qui présente des similitudes avec celui qu’avait pu connaître Faïza Guène (06:56), entre autres par la volonté de la cantonner aux cases réservées aux écrivain·e·s ayant grandi en banlieue. Des cases qu’elle explose pourtant dans son ouvrage, à coups de phrases météores. Elle se protège aussi de ces raccourcis grâce au personnage qu’elle s’est créé : Fatima Daas est l’héroïne de son roman et son nom de plume, habile esquive pour porter ce récit tout en préservant une certaine distance (11:26). Fatima Daas, personnage comme écrivaine, ont donc en effet grandi à Clichy-sous-bois et l’autrice parle de tout l’amour qu’elle a pour cette ville (14:02). Elle y a été confrontée très jeune aux questions de langues et de langage, à l’impossibilité de dire, leur préférant souvent le silence. C’est une tragédie familiale qui déclenche l’écriture chez elle : elle ne peut parler, elle écrira (19:10). C’est pendant son master de création littéraire que naît le premier jet qui deviendra La Petite dernière (33:22). Entre ses lignes, elle expose une réalité complexe et toute pleine d’intersections, celle d’une jeune femme asthmatique (44:23), lesbienne (20:40) et musulmane (35:48). Elle y décrit la honte sous plusieurs formes, sans chercher à y échapper, une recherche littéraire qu’elle partage avec Annie Ernaux, une écrivaine qu’elle admire (29:17). C’est une autre femme de lettres qui a accompagné de sa plume la parution de son livre : Virginie Despentes. Comme elle, on ne peut qu’admirer le talent de Fatima Daas pour « danser dans une impasse jusqu’à ouvrir une porte là où se dressait un mur » et attendre avec impatience son prochain roman. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation, prise de son et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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14 janvier 2021
Bertoulle Beaurebec, performeuse et autrice, est l’invitée du 85e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de corps, de sexe et de sorcellerie. L’édito de Lauren : Pour ce premier épisode de 2021, année dans laquelle je mets beaucoup, beaucoup d’espoir, je vous gardais au chaud la voix et la pensée de Bertoulle Beaurebec. La voix du futur. Une femme du futur. On s’est retrouvées toutes les deux dans un nouveau format de La Poudre. Un format un peu improvisé, quelque part entre la conversation et l’interview et qui a eu lieu chez moi, autour d’un thé. Dans cette interview il y a de la chaleur, et des rires. Il y a aussi quelques idées politiques qui vont faire du bien à toutes les méninges. Ah oui, parce qu’en 2021, être abolitionniste, c’est plus possible… Résumé de l’épisode : Bertoulle Beaurebec est une artiste afroféministe queer et l’autrice du formidable essai « Balance ton corps, manifeste pour le droit des femmes à disposer de leurs corps ». Dans cet essai, son expérience de travailleuse du sexe et performeuse lui sert de point de départ pour porter un regard critique et constructif sur nos rapports à nos corps et à la sexualité. C’est bien en raison de ce parcours particulier que son ouvrage aux ramifications profondément féministes intersectionnelles a été traité de façon sensationnaliste lors de son accueil public (05:51). Elle dénonce ce traitement médiatique, qui bien trop souvent déshumanise les travailleur·euse·s du sexe et dont la conséquence la plus récente est le silence du gouvernement face à leur détresse dans la crise sanitaire actuelle (18:28). Après des débuts en étude d’histoire de l’art, Bertoulle Beaurebec rencontre la scène dans un théâtre érotique en tant qu’effeuilleuse (25:55). Elle y découvre la diversité des corps des performeur·euse·s et la créativité qui en découle, tout comme la sororité qui lie les artistes avec lesquelles elle travaille (36:15). Escort par la suite, elle apprend avec les années à assumer être une salope, mot qu’elle se réapproprie aujourd’hui avec fierté en soulignant la pudibonderie de la société actuelle (24:50). Selon elle, c’est cette pudibonderie qui empêche la mise en place d’une vraie éducation sexuelle, laissant le porno comme seule ressource (20:38), ce qui n’est ni le rôle ni le but de cette industrie de divertissement. Si elle témoigne des défauts de cette dernière, comme le racisme auquel elle a dû faire face en tant que performeuse, elle rappelle que le porno ne fait qu’exister dans une société elle-même sexiste et raciste, ne reproduisant que les schémas systémiques de l’environnement dans lequel il est créé. Pour sa part, elle joue à présent dans des films porno féministes, faisant la part belle aux enjeux des mouvements sociaux actuels au cœur des œuvres dans lesquelles elle figure (52:27). Elle fait aujourd’hui du rapport à son corps un lieu d’exploration curieuse, intrépide et bienveillante et conçoit des performances où elle transcende son rapport à la douleur et porte son message politique et spirituel au sommet de l’art (42:32). Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation, prise de son et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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10 décembre 2020
La chercheuse et réalisatrice Mame-Fatou Niang est l’invitée du 83e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de république, de backlash et d’intersectionnalité. Résumé de l’épisode : Mame-Fatou Niang est chercheuse et maîtresse de conférence en littérature française et francophone à l’université Carnegie-Mellon. Dans ses travaux, elle explore comment se construisent les identités des personnes noires dans une France qui se voudrait universaliste. Elle en avait fait le sujet de Mariannes noires, un documentaire interrogeant plus particulièrement la place des femmes noires dans la nation qui « ne voit pas les couleurs ». Pour elle l’intersectionnalité, bien loin d’être la cause, est la réponse à la crise que traverse la République à l’heure actuelle (05:38). Elle dénonce d’ailleurs les accusations d’importation de ce concept (08:52). Bien que le terme ait été forgé par une juriste américaine, Kimberlé Crenshaw, la réalité qu’il définit est, quant à elle, vécue et énoncée par de nombreuses voix françaises depuis des décennies, des sœurs Nardal à Maboula Soumahoro. Si les recherches utilisant l’intersectionnalité comme outil sont aujourd’hui menacées par la Loi de programmation de la recherche (17:27) qui attaque durement les libertés académiques, pour Mame-Fatou Niang de nombreux signes sont sources d’espérance, comme les manifestations antiracistes de l’été 2020 (22:38). Elle considère qu’il est essentiel de déconstruire la supposée opposition antiracisme-universalisme (27:08) pour bâtir une nouvelle res publica qui laisserait de la place à toutes les voix françaises (30:03). Pour cela, il est également temps de réviser l’imaginaire construit autour des marges et notamment des banlieues. Un imaginaire que Mame-Fatou Niang a longuement exploré (41:39) pour démonter le récit produit sur les populations minorisées. La solution : donner voix aux chapitre aux concerné·e·s, plutôt que de laisser leurs contours être délimités selon un point de vue prétendument universel et « neutre » (49:23). Le chemin est encore long, mais la résolution et l’espoir de Mame-Fatou Niang ne peuvent qu’inspirer force et courage. Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre !  La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu Programmation et coordination : Gaïa Marty Mixage : Marion Emerit
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