Extimité

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Ce podcast donne la parole aux personnes minorisées. Ici, on se sert une grande tasse de thé et on écoute leur récit de vie. Si vous avez apprécié Extimité, pensez à nous mettre 5 étoiles ✨ ✨ ✨ ✨ ✨Co-hosté par Douce Dibondo et Anthony Vincent.

26 épisodes

15 septembre 2019 - 01:18:00
Lors du festival Extimité le samedi 07 septembre à la Cité Fertile, Anthony Vincent a convient à sa table Vénus, Paya et Louis pour discuter du burn-out militant et des solutions de préservations que ces trois militant.e.s mettent en place pour ne pas sombrer dans une fatigue bien réelle, pourtant niée par la conscience collective et l'Etat.Les vertus thérapeutiques de l’engagement associatif, l’intérêt de revendiquer un espace safe et non-mixte et comment jongler entre la préservation des relations intimes et un activisme de tous les instants! Mais quelle part de temps et d’énergie consacrée à nos engagements ? Quels outils de préservation faut-il mettre en place ? Existe-t-il d’autres moyens de s’engager sans être dans l’action permanente ? À l’intersection de plusieurs oppressions, comment jongler avec l’extérieur pour revenir à son intérieur ? Comment persévérer dans son engagement alors que les structures associatives ne sont pas aidées par l’Etat? Ou encore pire, lorsque ce dernier est la cause première de précarité et de danger vital pour des personnes travailleuses du sexe, transgenres, souvent sans-papiers...
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1 septembre 2019 - 01:03:31
"Tu peux être une femme qui fait du drag, être noir et faire du drag, garder ta barbe pour faire du drag, être gros.se et faire du drag. Tu fais ce que tu veux, et si les gens n'aiment pas c'est parce qu'ils ne s'aiment pas." - Gazelle Von Lear dans l'épisode 22 d'Extimité.
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10 août 2019 - 00:04:57
Ceci n’est pas un épisode d’Extimité, mais une annonce de plus pour vous parler du Festival Extimité ! Il aura lieu le samedi 7 septembre 2019 à la Cité Fertile 14 avenue Edouard Vaillant, à Pantin, de midi à minuit. Ce lieu, ainsi que la majorité des activités proposées, seront accessibles aux personnes à mobilité réduite.Au programme Des cours de yoga, donné par une super prof racisée Avec un cours pour débutant, un cours niveau confirmé et un cours de yoga sur chaise parfaits pour celles et ceux qui vivent en fauteuil roulant et/ou passe leur vie à travailler devant un écran afin de relâcher les tensions...Des ateliers de broderie pour customiser vos vêtements préférés. D’ailleurs, on vous suggère fortement de venir avec la pièce que vous souhaitez broder sur place (un t-shirt ou une chemise en 100% coton par exemple) car on ne veut pas vous inciter à l’hyper consommation!Il y aura aussi des ateliers de macramé pour que vous puissiez suspendre vos plantes ou ce que vous voulez à la maison, avec style ;) Des ateliers de tricot pour que vous deveniez la reine ou le roi des écharpes et des ateliers d’autodéfense féministe, donnés par des travailleuses du sexe qui ont pu tester et approuver ce qu’elles vont vous enseigner. Plein de techniques pour vous défendre en cas d’agression physique, mais aussi psychologique. D’ailleurs, on précise que ces cours ne sont pas ouverts aux hommes cisgenres hétérosexuels. Les mecs cishets, vous pouvez en faire partout ailleurs ! Sans rancune ! Seront également au programme, des cours de voguing ! Runway, duckwalk, Spins and Dips n’auront bientôt plus de secret pour vous ;) Psssst, On vous conseille de vous mettre aux squats dès maintenant, car les cuisses vont chauffer !Auront également lieu deux tables rondes l’une sur la fatigue militante, avec Vénus, qui milite pour les droits des travailleuses du sexe, Louis, qui milite contre le VIH/Sida, et Paya, co-présidente de Lallab, association féministe qui fait entendre les voix des femmes musulmanes, vont raconter comment ielles gèrent leur double-vie. leurs expériences, techniques pour compartimenter ou non, et la prévention du burn out militant... L’autre table ronde, sur la convergence des luttes avec trois invité.e.s que vous avez écouté dans la saison 1 d’Extimité Jean-Victor, Aïcha et Miguel. À cette table, on se posera la question de savoir qui converge vers qui ? Qui décide du sens du rassemblement des luttes? Au carrefour de nos vécus pluriels, faut-il nécessairement converger de la minorité vers la majorité ou faut il dépasser ce clivage, et se rassembler entre personnes minorisées ? Ce que l’intersectionnalité nous permet de faire.Et le clou du spectacle du Festival Extimité, ce sera des concerts, avec en première partie un drag show animé par Calypso Overkill Yuni Sekkusu et Gazelle Von Lear !Vous pourrez ensuite écouter le rap incisif et engagé de Shani (https://www.youtube.com/watch?v=KNdlTbbkm24&t=6s dePuis, Jeannie et son R’n’B sensuel et sans filtre (https://www.youtube.com/watch?v=u4WQfU40yXs)Enfin, vous découvrirez en exclu les premiers morceaux de Mélodie Lauret, que vous avez pu entendre dans l’épisode 10 d’Extimité. https://soundcloud.com/extimite/episode-10-melodieOn a voulu que ce festival soit le votre et le rendre le plus accessible possible. Mais tout cela a un coût. Puisque nous voulons payer chaque talent à sa juste valeur, et les servir au mieux avec du matériel de qualité, nous avons dû nous-même avancer beaucoup de frais. Vous même vous savez que les journalistes queers et racisés que nous sommes ne roulent pas sur l’or. Alors, il est très important que vous preniez vos billets le plus tôt possible pour soutenir ce beau projet qu’est le Festival Extimité. On espère vraiment qu’il vous plaira et compte sur vous pour booker vos places et en parler un maximum ! Encore mille mercis d’avoir rendu tout cela possible et à bientôt, à la Cité Fertile !Merci !
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21 juillet 2019 - 01:10:48
"Aujourd'hui, je m'identifie comme gouine et c'est politique. Plus que lesbienne, se revendiquer comme gouine s'inscrit dans un cadre militant féministe." proclame Aïcha dans ce dernier épisode de la première saison d'Extimité. Elle évoque :(3:00) Son rapport à son corps : "Plus jeune, j'ai subi le fait de ne pas avoir un corps qui correspond aux codes [de la féminité], frêle et fin. J'ai toujours été assez costaude. Mais aujourd'hui, j'adore mon corps, j'ai des formes, je suis robuste, et j'ai laissé pousser mes sourcils."(4:40) Son enfance à Tunis : "J'ai été traité comme le garçon de la famille. À vérifier si mes soeurs parties à la plage vont bien."(6:15) Son rapport à son genre : "À un moment donné, j'ai fantasmé sur le fait d'être un garçon. Car tout ce qui renvoyait au fait d'être une fille ne me correspondait pas et mes héros préférés étaient des hommes aventuriers. Je me travestissais aussi, assez jeune, à mettre des costards et me dessiner une barbe. C'était un jeu."(9:30) Comment son genre et sa sexualité étaient perçus à l'école(14:00) Être en couple et la vie queer à Tunis(16:20) Ce qu'être "Butch" ou "Fem" signifie(19:30) Son coming-out(24:00) Son "histoire d'amour avec des grands hauts et des grands bas" avec Paris : "Je maîtrise la langue française, mais pas le parisien. J'ai commencé à comprendre plein de choses que je subissais en tant qu'étrangère, en tant que gouine, et en tant que personne racisée. Quand tu développes les outils pour lire tout ça, tu peux aussi comprendre que tu n'es pas la seule. J'ai aussi compris que j'avais certains privilèges, que d'autres personnes en avait plus ou moins. Chacun.e a des vécus hyper complexes en étant ce qu'on est ici. Réaliser ça m'a donné beaucoup de force et envie de créer des solidarités. Et maintenant je me sens chez moi"(30:40) Sa démarche artistique : "Je travaille sur un concept que j'appelle "l'anti-savoir". L'idée, c'est de partir de supports censés représenter le savoir, comme des cahiers d'écolier ou des rouleaux de parchemins, et d'y créer des fictions qui déconstruisent le Savoir. C'est-à-dire toutes les choses qu'on nous a apprises de la primaire au lycée. Car je pense qu'on nous a appris beaucoup de choses erronées. Je veux dépecer le savoir, autant dans la forme (ouvrir les cahiers et les charcuter), autant dans les corps que je représente (cyborgs et queers)"(40:00) Comment elle articule travail artistique et réflexions militantes(42:00) Être une "femme artiste tunisienne" et son exotisation par le milieu de l'art(55:00) Pourquoi elle se définit davantage comme "gouine" que "lesbienne"(1:02:50) Comment elle voit l'avenir et sa vocation d'artiste : "Ce que j'aime dans le dessin et la condition d'artiste, c'est de pouvoir fantasmer qui je veux être. Je peux m'inventer scientifique, archéologue… Réinventer, c'est ma manière de voyager."(1:05:00) Sa sexualité et le polyamourCe podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Pistes sonores diffusées : Rachid Taha - Ya rayeh Nawel Ben Kraiem - Dérangés Cesaria Evora - Coragem irmonLes génériques de début et de fin sont un extrait du morceau Magoosh de la chanteuse iranienne Googoosh.
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7 juillet 2019 - 01:12:12
"Quand je me suis rendu compte de mon identité de genre et de ma sexualité, j'ai commencé à me renfermer. J'ai créé un autre moi qui n'était ni celui de l'intérieur ni celui du dehors."(1:45) Son enfance au Pakistan jusqu'à 5-8 ans, puis en France(5:30) Ses premières questions sur le racisme, auprès de son père réfugié politique pakistanais(7:00) Le déclic qu'a été la mort de Zyed et Bouna, ainsi que les révoltes des banlieues de 2005 : "S'était créée une forme de solidarité entre personnes qui subissent le racisme. On se rendait compte qu'on vivait les mêmes choses, et qu'on devait créer des stratégies de survie."(10:30) Son métissage : "Ça n'avait pas de sens pour moi de rejeter une culture ou l'autre. J'étais pakistanais-marocain, puis français. […] Le métissage, ce n'est pas que noir et blanc. Ça peut aussi être quelqu'un comme moi qui ai des origines nord-africaines et asiatiques."(16:30) Le privilège d'être "light skin" = clair de peau(19:00) Ses vacances au Maroc, et surtout au Pakistan d'où il a pu se faire une vision du Conflit du Cachemire(26:00) Le manque de représentation pour les personnes sud-asiatiques, "brown people" ou "desi"(32:45) Son identité de genre et sa sexualité queer(38:30) Son rapport aux préjugés sur les masculinités desi : "En France, on me surnomme pak-pak, vendeur de rose ou de maïs, ou me perçoit comme arabo-musulman. Alors qu'en Angleterre, les personnes desi sont justement perçus comme Asiatiques."(45:30) Comment la danse l'aide à se réconcilier avec son corps(51:40) Ce qu'il ressent quand il danse : "Quand je danse, apparemment je fixe beaucoup les gens comme dans une forme de séduction ou comme si je renvoyais le regard qu'on m'assigne depuis la naissance. Je deviens maître du regard, du corps, de l'espace."(1:03:00) Sa transidentité : "C'est un principe du patriarcat : que personne ne se sente bien par rapport à son genre."Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Pistes sonores diffusées : Fela Kuti - Lady Kelela feat Kaytranada - Waitin Bolewa Sabourin, la résilience par la danse, le Monde Afrique, septembre 2018 Sevdaliza - ShahmaranRumi vous recommande : - Le blog photo Just me and allah : A queer Muslim Photo Project de Samra Habib(https://queermuslimproject.tumblr.com/) - Le livre Halal if you hear me de Safia Elhillo et Fatimah Asghar(https://www.haymarketbooks.org/books/1273-the-breakbeat-poets-vol-3) - Le poème "Trans/Generation" de Alok Vaid-Menon (https://youtu.be/iLPwZZjMqyI) - Le zine Lotus a south asian lgbt charity (https://lotuszine.bigcartel.com/) - Le film "Angry Indian Goddesses" de Pan Nalin (https://youtu.be/a-jyKun4yFA)
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23 juin 2019 - 01:02:09
"Pourquoi ne serais-je pas légitime à travailler dans l'art en tant que femme noire en France ?", demande Virginie dans l'épisode 19 d'Extimité.Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Pistes sonores diffusées : (22.50)Meiway - Apollo 95 (28.50)Queen feat Blackjoy - Nothing realy matters (37.00)Interview de Denzel Washington sur SiriusXM // Urban View pour la promotion du film "Fences" (44.35)Lefa feat. Lomepal - Paradise (51.27)Solange - Don't touch my hair
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9 juin 2019 - 01:05:50
"Être drag, c'est casser la binarité de la société", affirme Calypso dans l'épisode 18 d'Extimité.Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Pistes sonores diffusées : (20:10) Azelia Banks - Queen of Clubs (37:35) RuPaul - Call me mother (53:24) Todrick Hall - Nails, hair, hips, heels
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26 mai 2019 - 01:18:26
"Longtemps, j'ai vécu à l'extérieur de moi-même pour me protéger. Des coups physiques et psychologiques à la maison, des insultes à l'école, puis de la violence de l'industrie de la musique à travers le personnage de Sliimy", raconte Yanis dans l'épisode 17 d'Extimité.Il y évoque notamment :(1:30) Son enfance en trois actes à Saint-Etienne : du vivant de sa mère dépressive, les violences physiques et psychologiques commises par sa belle-mère de ses 7 à 13 ans, puis son émancipation suite au divorce de son père."Enfant, j'imaginais ma vie comme celle d'un personnage de théâtre afin de survivre aux épreuves difficiles que j'endurais. Avant de me coucher, je projetais ce que pourrait être ma vie à 30 ans, avec une bande d'amis qui me comprendraient. C'est ce qui m'a fait tenir."(34:40) La création de Sliimy : "Me créer un alter-ego était une forme de résilience : le personnage de Sliimy était comme un mentor, une version améliorée de moi-même qui a aussi servi à me protéger. Il était extravagant, coloré, inspiré de la culture anglaise. […] À travers lui, j'ai créé la fête que je n'avais jamais eu."(42:00) De son arrivée à Paris à 19 ans jusqu'à la fin de Sliimy à 25 : "J'ai l'impression d'avoir vécu sous quelqu'un d'autre, comme un acteur qui jouait Sliimy. J'étais tellement rentré dans le personnage que ni mes amis, ni mes petits-amis n'avaient le droit de m'appeler par mon vrai prénom."(47:00) Comment il a renoué avec Yanis : "Vers 25-26 ans, j'ai réalisé que ce personnage de Sliimy n'était plus du tout en accord avec ce que j'étais […] J'ai aussi compris que même quand on est soit, qu'on porte son vrai prénom, on peut se métamorphoser, transcender ses origines, son milieu social, son passé."(50:30) Son vécu d'homme queer et racisé dans l'industrie de la musique : "En France, je constate une fausse diversité, c'est très ghettoïsé : quand tu es arabe, on t'incite à faire du rap et du R'n'B, sans concevoir que tu puisses faire de la pop ou de l'électro. Les maisons de disques, mais aussi les médias, ont une responsabilité et un pouvoir sur cette question."(55:10) Comment il s'entend avec Yanis aujourd'hui : "Longtemps, j'ai vécu à l'extérieur de moi-même pour me protéger. Des coups physiques et psychologiques à la maison, des insultes à l'école, puis de la violence de l'industrie de la musique à travers le personnage de Sliimy. Maintenant que je suis adulte et que j'ai trouvé des amis qui me soutiennent, me réconcilier avec mon identité m'a enlevé un poids. Je me sens libre, aujourd'hui."(1:12:30) Sa relation avec son genre : "C'est quelque chose de si mouvant dans la vie de certaines personnes, dont la mienne. Je me l'étais peu permis avant, mais maintenant je me sens prêt à l'assumer et jouer avec ça."Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Générique : To Na Bi - Persian Empire.Pistes sonores diffusées : . "Fatima" (13:50) INÉDIT . "Grace" (54:30) INÉDIT . "When life" (34:00), tiré de l’album "Paint your face" de Sliimy (2009) . "Embrace" (1:14:30), single de Yanis (2018)Yanis vous recommande : - "Henry Wessel. A dark thread à la MEP", exposition à la Maison Européenne de la Photographie à Paris, jusqu'au 25 août 2019 - Les collections permanentes du Centre Pompidou à Paris -Soutenir les drag chaque dimanche à la « Drag me up » avec Cookie Kunty en host, au Who’s Club à Paris -"Electro, de Kraftwerk à Daft Punk", exposition à la Philharmonie de Paris, jusqu'au 11 août 2019 -Le festival de la BAAM le 7 septembre, dont les revenus seront reversés à l’association qui travaille auprès de migrants.
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12 mai 2019 - 01:09:58
"Plus la notoriété grandit, plus je vois ce que je suis aux yeux de la société : une femme racisée. Et non une autrice, non une artiste, non une rappeuse. Non, non, non et non", martèle Safia dans l'épisode 16 d'Extimité.Elle y évoque notamment :(2:00) Son enfance, entre son père qui lui parlait arabe, sa mère français, et ses grands-parents alsacien : "J'ai toujours été l'Autre de la famille : en vacances du côté maternel j'étais perçue comme la fille de l'Algérien, et du côté paternel comme la fille de la Française."(6:30) Son rapport à la religion musulmane, à l'école coranique, et à la féminité : "Mon enfance, mon innocence, avaient une deadline : mes règles."(17:00) L'impact des attentats du 11 septembre 2001 sur sa foi imposée par son père : "Au lycée, on me surnommait Oussama Ben Laden parce que je portais le voile."(20:30) Comment elle a associé rap et liberté : "Après avoir coupé les ponts avec mon père, je suis allée vivre chez ma mère. C'était le RER, aller à Paris, écouter du rap. J'écoutais notamment Booba, métis comme moi, qui revendique ne pas être accepté, ne pas être dans les codes, de faire ce qu'il veut. Je me disais : 'Moi aussi je vais être un bonhomme, moi aussi je veux emmerder le monde.'"(24:00) Son émancipation à 17 ans et ses premiers pas artistiques(37:00) Ce qu'être une femme sur scène implique : "Je crois que je n'ai jamais accepté d'être une femme. Parce que c'est trop dur."(45:00) Son parcours aux Beaux-Arts(54:20) Comment elle est passée de l'écriture à la musique : "Quand tu écris un livre, tu as un rapport hyper intimiste avec le lecteur. Avec la musique, tu peux être diffusée au supermarché, dire un truc méga violent politiquement, et les gens sont obligés de se le prendre ! Et si la musique est entraînante, c'est encore mieux, car tu peux faire danser les gens sur le concept que t'as décidé de propager."Safia vous recommande : - “Vernon Subutex”, livres écrits par Virginie Despentes : “pour le paysage social fidèle” - “Mutantes (Féminisme Porno Punk)”, film documentaire de Virginie Despentes - Lil Kim, “pour sa carrière, son panache, son inventivité” - “Une chambre à soi”, de Virginia Woolf, “pour la force que ça m'a donnée, la pugnacité surtout” - Les peintures de Camille Soualem - La musique du groupe Tshegue : “Fati Sysavanet, l’autrice et chanteuse du groupe est d’une puissance inouïe” - “La liberté”, film de Guillaume Massart
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28 avril 2019 - 01:01:25
"J'ai mis du temps à me reconnaître comme asiatique puisque j'ai été adopté par des parents blancs, donc j'ai évolué dans une culture blanche, coupé de mes origines", raconte Jean-Victor Rath Vireah dans l'épisode 15 d'Extimité.Il y évoque notamment :(1:20) Son enfance "divisée en deux parties" : de sa naissance à ses 2 ans au Cambodge, puis son arrivée en France suite à son adoption par des Français.(3:30) Comment il a compris qu'il a été adopté : "Mes parents ne me l'ont jamais caché, au contraire, ils en parlaient librement, photos à l'appui.(5:00) Sa peur de l'abandon : "C'est affreux de penser ça mais j'imagine que c'est légitime puisque c'est une angoisse partagée par d'autres personnes adoptées. Comme mes parents m'ont accueilli chez eux, j'ai longtemps eu le sentiment de leur devoir quelque chose, et surtout la crainte d'être abandonné si jamais je les décevais. […] Je me surprends à vouloir leur prouver qu'ils ont eu raison de m'adopter moi et pas un.e autre."(8:30) Comment son homosexualité lui a davantage posé question que son adoption : "De la primaire à la fac, j'ai appris à m'accepter en tant que personne homosexuelle. Puis, face au racisme de la communauté LGBTQI+, j'ai commencé à questionner mes origines."(19:00) Le racisme qu'il a intériorisé : "En étant entouré uniquement de personnes blanches, j'ai toujours cherché à m'assimiler. Je me disais : 'Ok, je ne suis pas blanc, mais si je ne me renseigne pas sur mes origines asiatiques, peut-être que ça va passer.' Par le passé, je tenais même des propos anti-asiatiques sur Twitter."(22:30) L'absence de représentation des personnes asiatiques, a fortiori sud-asiatiques : "Des personnes m'ont déjà raconté leur surprise d'apprendre que j'étais asiatique, justement parce que je ne ressemblais pas à l'image qu'ils en ont."(29:00) La difficulté de se construire comme Asiatique en France en tant qu'adopté : "Suis-je légitime à me revendiquer comme Asiatique, sachant que je n'ai aucun lien avec mes origines ? En fréquentant mes premiers amis asiatiques, j'ai senti ce manque de ne pas connaître la langue, l'histoire, la culture, ou la cuisine du Cambodge. J'avais donc du mal à me dire que je faisais partie de la communauté asiatique. Mais j'ai fini par comprendre que j'avais beau ne pas encore connaître cette culture, je subissais le racisme anti-asiatique, et rien que ça me légitimise à me revendiquer comme Asiatique."(34:20) L'éventuel retour au pays natal.(39:00) En quoi l'adoption est une forme d'immigration.Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Les recommandations culturelles de Jean-Victor Rath Vireah : - “Funan”, film réalisé par Denis Do - “Crazy Rich Asians”, film réalisé par Jon M. Chu - “Fresh Off the Boat”, série réalisée par Nahnatchka Khan - “Le racisme est un problème de blancs”, livre écrit par Reni Eddo-Lodge - “Kiffe ta race”, podcast animé par Rokhaya Diallo et Grace Ly - “Rina”, album de Rina Sawayama
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14 avril 2019 - 01:04:11
"C'est puissant de rester, c'est puissant de partir", résume Sun, réfugiée en France, dans l'épisode 14 d'Extimité. Elle y évoque notamment :(02:00) Son enfance, où elle associait "être cool" à "être blanc.h.e"(07:00) Ce que la guerre a changé dans son pays d'origine : "ça tue l'espoir"(14:00) Comment sa famille s'est organisée pour quitter son pays en guerre(19:30) Pourquoi elle n'a pas un statut de "réfugiée" mais de "migrante économique"(23:00) Son arrivée à Tours et sa désillusion face à l'Europe qu'elle avait tant idéalisée(27:00) Ses premières confrontations à l'islamophobie française : "Quand je porte le voile, on me voit comme une chaise"(39:00) Comment elle survit au racisme, au sexisme, et à l'Islamophobie au travail (dont la technique des 300 secondes de Marie Dasylva)(44:44) À quoi ressemble vraiment le "Printemps arabe" sur place(56:00) Combien porter le voile aujourd'hui en France, "c'est la merde"Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Générique : To Na Bi - Persian Empire.Pistes sonores diffusées : -Marcel Khalife - Passport - Extrait du poème سجل انا عربي - محمود درويش (I'm a Arab) de Mahmoud Darwish - Anouar Brahem - Conte de l'incroyable amour - Hiba Tawaji - Al Rabih Al Arabi
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31 mars 2019 - 00:53:08
"Mon rapport à la religion a changé à mesure que je me découvrais homosexuel. Je priais pour ne pas être gay. Sauf que ça ne fonctionnait pas", raconte Paul-Arthur dans l'épisode 13 d'Extimité.Il y évoque notamment :(01:00) Son enfance entre le Cameroun et Paris : "j'avais intégré que c'était 2 environnements différents où il fallait que je comporte différemment"(09:00) Ses questionnements sur sa sexualité et sa foi : "Je priais pour ne pas être gay, sauf que ça ne fonctionnait pas."(22:30) Son coming-out forcé(40:00) Journaliste mode dans un média mainstream, comment il tente de changer les représentations de l'intérieur vers plus de représentations et de diversité(46:00) Comment sa race sociale influe sur ses relations sentimentales et sexuelles : (49:00) Comment reconnaître un fétichiste : "Souvent les mecs me répondent qu'ils ne voient pas les couleurs, pourtant dans leurs attirances ils les voient bien […] Si, sur le CV relationnel de ton partenaire, il n'y a que des noirs et des métisses, tu peux commencer à te demander s'il est fétichiste. Puis, si tu te rends compte que tu dois correspondre à l'idée du Noir qu'il se fait, qu'il ne se focalise que sur ton corps d'homme noir et pas à ton vécu et aux oppressions que tu pourrais vivre, il n'y a plus de doute à avoir."Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Générique : To Na Bi - Persian Empire.Paul-Arthur vous recommande :"La Chambre de Giovanni", roman de James Baldwin "My House", série documentaire sur la scène voguing contemporaine new-yorkaise par Vice "Paris is Burning", film documentaire américain sur la scène voguing new-yorkaise dans les années 1980, réalisé et produit par Jennie Livingston "Nakamura", album d'Aya Nakamura
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17 mars 2019 - 01:12:34
"Après cette agression sexuelle, j'ai mangé : je ne voulais plus qu'on me regarde. J'ai voulu avaler mes sentiments", résume Marie-Odile, dans l'épisode 12 d'Extimité. Elle raconte l'hypersexualisation qu'elle a subie puis utilisée, sa relation avec sa mère afro-brésilienne qui l'a élevée comme blanche, et comment l'art l'a aidée à se réconcilier avec ses origines.Elle y évoque notamment :(1:30) Son enfance, de la Guyane à la Réunion, avant d’arriver en France métropolitaine où sa famille n’a jamais été perçue comme telle.(11:00) La blondeur de ses cheveux défrisés et ce qu'ils représentaient pour sa mère afro-brésilienne : "Pour ma mère, il ne fallait pas que je fasse créole, il fallait que je reste blanche. Pour elle, c'était un moyen de me protéger de tout ce qu'elle avait vécu [du racisme intra-familiale et de la société]" (17:00)(18:30) En quoi "le racisme est un héritier de l'esclavage", et le Brésil une société pigmentocratique(20:00) Ses études d'histoire de l'art qui l'ont aidée à voir les liens entre le Brésil et l'Afrique(26:00) Pourquoi sa mère l'a élevée comme blanche et son petit-frère comme noir(30:30) L'hypersexualisation qu'elle subit à cause du cliché de "La Brésilienne" : "Longtemps, j'ai cru que cette part là de mon métissage ne m'apportait que des problèmes par rapport à mon corps. [...] J'ai été plusieurs fois agressée sexuellement et je croyais que c'était la faute de mon corps"(37:00)TRIGGER WARNING / AVERTISSEMENT : Marie-Odile raconte de manière détaillée comment un homme l'a enfermée dans sa voiture et l'a touchée. Elle a pu s'échapper avant qu'il ne puisse la violer. Si ce genre d'histoires vous gêne trop, nous vous conseillons de sauter de 37:00 jusqu'à 39:20.Cette agression sexuelle lui a provoqué des troubles du comportement alimentaire : "Après cette agression, j'ai mangé. Je ne voulais plus qu'on me regarde."(42:30) Son hyperactivité sexuelle post-agression : "Quand je me suis mis un coup de pied au cul et me suis reprise en main, je me suis mise à consommer des mecs en me disant : ok, on ne m'a pas respectée, eh bien je vais faire comme les mecs maintenant. Je prends, je jette. Je couche avec qui je veux, quand je veux, c'est moi qui décide."(47:00) Comment il a été difficile pour elle de trouver l'amour ensuite : "Est-ce qu'il faut que je m'adoucisse, en fait ?"(53:30) Sa réception de #MeToo, elle qui avait déjà tenté plusieurs fois de raconter les agressions et viols qu'elle a subis mais a été silencié par les amies à qui elle se confiait : "Parfois, ça me sidère la non-solidarité entre les femmes"(57:30) Les traumatismes de sa mère, policière à la brigade des mineures au Brésil, et de ses ancêtres esclaves déracinés dont elle est sans doute l'héritière(1:03:00) Sa vision du féminisme : "Je pense que j'ai toujours eu une démarche plus ou moins féministe, sans forcément avoir tout lu sur le sujet. Aujourd'hui, le féminisme est tellement répandu, à la portée de chacun.e, que tu peux te sentir féministe tout comme tu peux te sentir religieux sans aller à l'église."(1:06:30) Comment l'art l'a aidée à réconcilier ses identités : "L'art m'a même servi de thérapie quand je ne pouvais pas parler : je dessinais mes traumatismes. Les sublimer par l'art me permettait de les faire sortir de moi. Aujourd'hui, il cimente mes identités, je peux tout réconcilier grâce à ça."Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Générique : To Na Bi - Persian Empire.Pistes sonores diffusées : - Preciso Me Encontrar - Liniker e Ilú Obá De Min - Letra - Tribalistas - Velha Infancia - "Apprendre à se pardonner" par Marie-Odile - Extrait de l'essai Bad Feminist de Roxanne GAY
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3 mars 2019 - 01:01:14
"Des gens se permettent de débattre de mon genre devant moi...", raconte Kelsi, artiste non-binaire franco-vietnamien, dans l'épisode 11 d'Extimité. Kelsi évoque:(03:00) Ce qu'iel voit dans le miroir : son reflet à travers le regard des autres et son propre regard.(04:30) Ce que veut dire être non-binaire, et se reconnaître comme de genre neutre.(06:00) Son enfance stricte avec des parents militaires.(15:20) Le contexte historique qui a permis d'installer le mythe de la minorité modèle.(19:00) Comment le système scolaire a réprimé son expression de genre jugée trop féminine.(23:00) Son premier coming-out concernant sa sexualité (homosexuelle ou plutôt androphile, à 18 ans).(28:00) Sa découverte de la non-binarité, notamment grâce à l'artiste Alok Vaid-Menon.(34:00) Pourquoi iel a choisi le prénom "Kelsi".(37:00) Comment iel a compris ce qu'impliquait d'être d'origine asiatique, notamment dans la manière dont son genre est perçu : "qu'importe comment je m'habille, je mets les gens en PLS par rapport à la façon de me genrer".(42:00) L'invisibilisation et l'insécurité que ressentent beaucoup de personnes non-binaires.(45:45) Son éveil militant, suite à la mort de Chaolin Zhang, couturier chinois de 49 ans violemment agressé le 7 août 2016 à Aubervilliers, et décédé des suites de ses blessures (l'intention raciste du crime n'a finalement pas été démontrée par la cour d'assises).(48:00) D'où vient l'imaginaire raciste que beaucoup de blancs ont des communautés asiatiques : de la propagande occidentale liée à la crainte du "péril jaune" au 19e siècle.(50:00) La réception de son engagement anti-raciste par le milieu artistique et certains milieux militants, ainsi que le "tone policing" qu'iel a subi (tentatives de decrédibilisation).(53:00) Comment iel a décidé de s'engager à travers son art.Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Générique : To Na Bi - Persian Empire.Pistes sonores diffusées : -Su Boi - Suboi - Người Ta Hiểu ft. Mino & The Band -Su Boi - N-SAO? -Extrait du court-métrage Les lèvres gercées réalisé par Kelsi PHUNG et Fabien CORREKelsi vous recommande : - Gender Revolution, documentaire disponible sur Youtube - Le camp des oublié.e.s , documentaire disponible sur Youtube - L'artiste Alok-Vaid-Menon https://www.instagram.com/alokvmenon/
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17 février 2019 - 01:02:58
"Les rares fois où elles sont représentées dans la culture mainstream, les lesbiennes vivent toujours un drame autour de leur sexualité. Avec ma pièce, j'ai voulu montrer que ça pouvait surtout être normal et même un non-sujet", raconte Mélodie dans l'épisode 10 d'Extimité.Elle y évoque:(02:30) Le diagnostic de sa "précocité" dès l'enfance.(03:00) La phobie scolaire et le harcèlement qu'elle a subis au collège.(07:30) Le théâtre, son "pilier" depuis qu'elle a 5 ans.(12:00) Comment son hypersensibilité et son anxiété influent sur ses relations amoureuses.(18:40) Pourquoi percevoir la précocité comme un "superpouvoir" est problématique.(21:00) Comment elle a compris qu'elle est lesbienne.(24:00) Son coming-out.(28:00) Sa culture juive.(31:00) "J'irai danser tes 20 ans" : la pièce de théâtre qu'elle a entièrement écrite, mise en scène et dans laquelle elle joue.(36:30) Dans quelle mesure la précocité pourrait être vécue comme un handicap.(41:30) Comment le genre et le conditionnement des femmes à compenser leurs problèmes influent sur les diagnostics.(43:00) Son problème de légitimité à parler de la précocité.(47:30) Pourquoi il était important pour elle de montrer des relations queers comme naturelles et non comme un sujet problématique au coeur de sa pièce.(50:00) Son (jeune) âge comme un frein à son travail et à sa crédibilité.(52:20) Comment elle sait prédire l'avenir de ses relations sentimentales.(1:00:00) Sa fluidité de genre.Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Générique : To Na Bi - Persian Empire.Pistes sonores diffusées :Mélodie Lauret - Tu as mis du bleu dans mon regard marron Mélodie Lauret - Extimité (création originale pour le podcast) Extrait de la pièce J’irai danser tes 20 ans par Mélodie LauretMélodie vous recommande :"No et moi", roman de Delphine de Vigan "Variations Amoureuses", pièce de théâtre de Carole Thibaut "120 battements par minute", film réalisé par Robin Campillo "À chaque fois", morceau de Barbara
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3 février 2019 - 00:58:05
« Quand on est dominant, on a toujours des privilèges », concède Miguel dans l'épisode 09 d'Extimité. L'étudiant en médecine et journaliste à ses heures perdues a décidé d'être un "homme traître" à la domination qu'il exerce malgré lui.Il y évoque :(01:30) Son enfance à la fois "heureuse" et "violente".(04:30) Son rapport "de peur" au militantisme.(05:00) Sa pétition pour un accès total aux archives françaises concernant le génocide des Tutsis au Rwanda .(07:00) Le fait de ne pas être perçu comme "un vrai noir" dans le milieu blanc bourgeois catholique où il grandit.(11:00) Les enjeux de visibilisation des personnes racisées dans le champ médiatique.(20:00) Le déclic qui lui a permis de trouver "les bons mots pour parler de sa propre oppression".(24:00) La violence du whitesplaning : comment certaines personnes blanches se permettent de définir ce qui est raciste ou non à des personnes racisées.(28:30) « Quand une personne racisée vous dit que quelque chose est raciste, ça l'est à 100%. Parce que oser le dire a un coût. Amical, professionnel. Pour qu'on puisse parler, on a sûrement dû s'assurer qu'on avait les moyens politiques et intellectuels de se défendre face au discours [de la personne problématique]. »(33:50) En quoi la déconstruction est aussi une affaire de volonté : « Tout est là. Tout le monde a accès à tout. Tout le monde peut déconstruire. C'est juste que les gens ne veulent. »(35:00) Son non coming-out bisexuel : « La question de mon orientation sexuelle a toujours été entre-mêlé avec le fait que je sois noir. »(37:00) Le manque de représentation des personnes racisées queer et sa biphobie interorisée : « Pour être un vrai noir, je devais être homophobe. »(39:00) L'hypersexualisation des personnes racisées.(43:00) Sa relation à la "culture" et au "milieu" queer.(45:30) Son expérience d'étudiant en médecine noir et la sensation de "faire tache".(48:30) Son privilège masculin : « Quand on est dominant, on a toujours des privilèges. Être un homme [dans une société patriarcale] m'aide à comprendre l'expérience blanche. En tant qu'homme, je pourrais être indifférent au féminisme. Quand je parle de féminisme, je suis perçu comme étant objectif, et je bénéficie du privilège que ça soit valorisant, ça m'apporte du prestige. Mais je veux être un homme traître : parce que je suis queer, mais aussi à travers ma posture, en prenant le soin de rappeler systématiquement que je bénéficie du privilège d'être un homme. Ce privilège fait que je peux parler et être écouté plus facilement. Même cette déconstruction est un privilège qui dissuade d'autres femmes de m'accuser de sexisme. Le concept de "white fragility" m'a aidé à déconstruire ma "male fragility" et à utiliser mon privilège non pas pour parler "à la place de" mais bien pour parler "de ma place".»(51:00) Son rapport aux masculinités : « On n'a pas besoin d'être un male alpha pour bénéficier du privilège d'être un homme. »(56:00) Ce que ça fait de se sentir majoritaire, de faire partie de "la norme qui ne se questionne pas et peut se poser des questions que lorsqu'elle le souhaite".Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Générique : To Na Bi - Persian Empire.Pistes sonores diffusées : - Gill Scott-Heron - Revolution will not televised - Extrait d'un entretien de James Baldwin «James Baldwin and embracing the "stranger" » avec Kenneth Clark (1963) - Kiddy Smile - Be honest - Extrait du discours de Frantz Fanon, Racisme et Culture
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20 janvier 2019 - 01:06:06
"J'aime allumer le monde entier", s'enthousiasme Vénus dans l'épisode 08 d'Extimité.[Disclaimer : "Vénus" est devenu le prénom d'usage de notre invitée. Merci de ne pas utiliser son deadname mentionné dans l'épisode enregistré avant qu'elle n'officialise cette décision.]Elle y évoque son enfance (01:00), ses premiers questionnements de genre et de sexualité (3:20), son coming-out forcé (04:30), et la violente altercation avec son père qui l'a conduite à fuguer (07:00).C’est via les applications de rencontres gays comme Grindr et Hornet (18:30) qu’elle a commencé le travail du sexe : « Beaucoup de gens pensent que tous les travailleuses et travailleurs du sexe se divisent en deux cas extrêmes : soit la traditionnelle qui bosse au bois de Boulogne et ne correspond pas aux standards de beauté, soit l'escort magnifique à la Pretty Woman. Mais non ! L'industrie du travail du sexe est une chose incroyable à la diversité géniale qui reflète notamment le fait que nos démarcheurs font peu souvent partie de la société "normée". Chacun·e peut trouver quelqu'un·e qui correspond à sa conception du beau. Ça change totalement du stéréotype qu'on trouve tout le temps à la télé de la femme hyper mince aux traits fins. Quand je vois mes collègues, je me dis toujours : "mon dieu, on est toutes belles, j'adore !"» (23:00)En quatre ans d'exercice, Vénus constate les effets désastreux de la loi criminalisant les clients entrée en vigueur en 2016 (24:00) : les clients brandissent cette loi qui les menacent pour exiger une baisse de tarif ou des rapports sexuels non protégés notamment.Le travail du sexe a en partie aidé Vénus à se réconcilier avec son corps (25:00) : « Tout est beau, tout peut être aimé, il suffit juste de le voir avec les bons yeux. [...] Aujourd'hui, quand je me regarde dans le miroir, je vois une Badass Bitch ! Je m'aime, et j'ai mis du temps à en arriver là. Le dire à quelqu'un·e, c'est déjà compliqué, alors à soi-même ! Quand tu as confiance en toi, tu deviens un danger pour la société, car tu peux faire changer les choses. » Maintenant, elle capitalise même sur la fétichisation de son identité trans (28:00) et racisée (48:00).En plus de la loi de 2016 pénalisant les clients, Vénus raconte comment la loi américaine FOSTA/SESTA votée en 2018 sous Trump fragilise encore plus les travailleuses et travailleurs du sexe (35:00). Privée des sites les plus connus, Vénus a perdu beaucoup de ses clients et a notamment dû commencer à démarcher sur le trottoir aux conditions plus précaires et dangereuses (36:00).Si elle a commencé le travail du sexe par curiosité, c'est par précarité qu'elle continue, en parallèle de ses études de lettres qui lui demandent beaucoup de temps (44:00). L'occasion de défendre le revenu universel (53:00) puis d'évoquer son écriture (55:55).Elle évoque enfin la violence au travail (1:01:00) : « À partir du moment où tu te fais agresser ou violer, ce n'est plus un client mais un agresseur ou un violeur [...]. Mais il faut blâmer davantage les conditions de travail merdiques que le métier en lui-même. Quand une infirmière se fait agresser sur son lieu de travail, on ne va pas dire "fermez les hôpitaux !", mais plutôt qu'on va mettre en place plus de sécurité. »Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Montage : Douce DibondoGénérique : To Na Bi - Persian Empire.Pistes sonores diffusées : - Gucci Coochie - Die Antwoord - Boys wanna be her - Peaches - Lecture du billet "T'as un client" de Vénus, tiré de son blog https://luxuriouslut.com/2018/07/04/tas-un-client/Vénus vous recommande : - Le prisme de la prostitution", essai de Gail Pheterson - La série "Pose", créée par Ryan Murphy, Brad Falchuk et Steven Canals - Le film "Le Voyage de Chihiro", de Hayao Miyazaki - Le Snap Festival organisé à Paris par des travailleuses du sexe - Le morceau "She works hard for the money", de Donna Summer
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6 janvier 2019 - 01:00:49
"Je suis né mi-cuit", raconte Max dans l'épisode 07 d'Extimité. Atteint d'infirmité motrice cérébrale, il raconte comment son handicap influe sur sa vie sociale, professionnelle et intime.Il y évoque notamment comment son handicap a été diagnostiqué, son enfance en Angleterre, son arrivée dans une école spécialisée, et comment l'alcool est devenu un "lubrifiant social" à partir de ses 16 ans."Je suis d'un naturel timide, mais c'est toujours à moi de briser la glace car les gens ont tendance à être mal à l'aise quand ils me rencontrent. Ils n'osent pas me poser les questions qui leur brûlent les lèvres, et encore moins me faire certaines blagues alors que je suis le premier à les faire."Il raconte l'infantilisation dans la vie quotidienne : "Des inconnu.e.s s'étonnent que j'ai un travail et me trouvent admirables rien que pour ça. Du coup, tu ne sais pas comment te valoriser : est-ce que ce que je fais est bien en soit, ou est-ce qu’on perçoit ça comme héroïque parce que je suis handicapé ? »Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Montage : Douce DibondoGénérique : To Na Bi - Persian Empire.Pistes sonores diffusées - Ephemerals - Easy Aint Nothin' - Askin Sevgör - Timeless Moments Ballet No:1 "Birth" - College & Electric Youth - A Real HeroMax vous recommande : - Dans la peau d’un handicapé, documentaire crée par Olivier Hallé, réalisé par Stéphanie Pelletier - Cain, série diffusée sur France 2 - Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque, roman de Charlotte de Villmorin
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23 décembre 2018 - 01:02:44
"J'adore être entourée de femmes, et de ne pas être une femme pendant ces instants là mais juste moi, avec ma personnalité", se réjouit Paya dans l'épisode 06 d'Extimité. Elle y parle de son enfance entre la Paya introvertie dans son foyer, et extravertie en dehors, de son rapport apaisé à la foi musulmane, et de la nécessité du féminisme intersectionnel.Paya y évoque notamment :(01:30) Son enfance à Paris, entourée de quatre grandes soeurs et un petit frère(02:10) La différence entre la "Paya du dedans" et celle "du dehors"(07:00) Comment elle s'est offert l'indépendance juste après le bac, sans l'avis de ses parents(09:30) La différence dans l'éducation de son frère par rapport à ses soeurs et elle : "Ce que mes parents ont essayé de faire n'a finalement pas fonctionné puisqu'ils se retrouvent avec quatre femmes féministes, qui vivent leur vie en toute indépendance, et un homme féministe, qui vit sa vie en toute indépendance, sans se considérer ni différent ni au-dessus sous prétexte que c'est un homme."(12:00) La prise de conscience de sa race à l'entrée en internat : "Je crois que c'est à partir de là que j'ai commencé à réaliser dans quelle mesure mon existence ne dépendait pas seulement de qui j'étais individuellement, mon existence, mon travail, ma personnalité, mais aussi du fait que j'étais noire, que je venais d'une classe populaire, que j'avais une culture musulmane. J'ai réalisé que ce n'était pas forcément pour le mieux, mais que le meilleur moyen que ça ne devienne pas une difficulté, c'était de me saisir de cette question, et de savoir comment j'allais gérer ça"(15:00) La différence de prise au sérieux entre le racisme et le sexisme, jusqu'à ce qu'elle découvre l'intersectionnalité qui lui a permis de ne pas avoir à choisir entre ses luttes(17:30) Sa rencontre avec sa meilleure amie qui l'a aidée à mieux se comprendre elle-même(21:00) En quoi elle se situe "à la frontière entre deux mondes" : "on a vécu toute notre vie avec l'impression d'avoir le cul entre deux chaises, mais il y a tout un banc entre ces deux chaises où se trouvent tous les hybrides"(24:00) Son rapport apaisé à l'Islam(29:00) Comment elle articule ou non foi et féminisme(34:30) Les vertus thérapeutiques de l'engagement associatif(38:45) En quoi la déconstruction est un privilège(45:00) Quand elle s'est sentie majoritaire lors d'un voyage au Sénégal en solo(47:00) L'intérêt de revendiquer un espace safe non mixte(52:30) Comment son activisme a pu l'entraver dans ses relations(57:45) Sa vision du coupleCe podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Montage : Anthony Vincent & Douce DibondoGénérique : To Na Bi - Persian Empire.Pistes sonores diffusées - To Be Young Gifted & Black - Nina Simone (et interview) - Phenomenal Woman écrit et récité par Maya Angelou (OWN) - Irruption - Gael FayePaya vous recommande : -Americanah, de Chimamanda Ngozi Adichie - Les identités meurtrières, d'Amin Maalouf - Women SensTour, documentaire réalisé par Sarah Zouak
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9 décembre 2018 - 00:35:06
Dans l'épisode 05 d'Extimité, Yuni parle de la fluidité de son identité de genre, de la scène drag queen parisienne, et comment sa transidentité influe sur ses relations sentimentales.Il évoque notamment :(03:07) la différence entre drag, transformisme, et club kids(04:17) comment il définirait Yuni : "une femme transgenre, forte et battante"(06:00) son enfance perdue entre les genres, dans un milieu ouvrier(07:40) son coming-out "gay" le jour de la fête des mères(08:31) comment il veut qu'on le genre(09:30) comment il a choisi son prénom d'usage "Yuni"(11:30) les agressions subies en raison de son apparence physique(12:30) pourquoi il ne ressent pas le besoin de faire son coming-out "trans"(13:30) sa routine de maquillage : "comme je suis une personne très gentille, j'aime me dessiner des sourcils très sévères et un liner ultra sharp"(15:00) comment son personnage de drag lui permet de s'ouvrir davantage aux autres en soirée mais aussi au quotidien(16:45) comment entrer et s'imposer sur la scène drag(18:30) à quoi servent les drag queens, en soirée et dans la société(22:20) comment ses questionnements sur son identité de genre a pu poser problème dans ses relations amoureuses.Ce podcast est une création originale de Douce Dibondo et Anthony Vincent.Montage : Anthony VincentGénérique : To Na Bi - Persian EmpirePistes sonores diffusées : Garbage - Androgyny KDM x MP - Men are Trash "Comment le brouillage du genre est-il sorti des marges?" dans le Billet culturel, présenté par Mathilde Serrel sur France Culture, 29 juin 2018Nos recommandations : La chaine Youtube de Calypso Overkill : https://www.youtube.com/channel/UC93DP_LIIoSw4tCsR6h9BzACan’t Drag Us Down : Meet London’s Female Queens, reportage signé Broadly https://www.youtube.com/watch?v=VJYaq_XnjaQParis Is Burning, documentaire disponible sur Netflix https://en.wikipedia.org/wiki/Paris_Is_Burning_%28film%29
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