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GILETS JAUNES : ALERTE ROUGE SUR L’ECONOMIE ? 07-12-2018

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7 décembre 2018
GILETS JAUNES : ALERTE ROUGE SUR L’ECONOMIE ? 07-12-2018Invités : Philippe DESSERTINE Directeur de l’Institut de Haute FinanceMathieu PLANE Economiste à l'OFCE, directeur adjoint au Département Analyse et PrévisionAudrey TONNELIER Journaliste au “Monde”, en charge des questions des finances publiquesFlavien NEUVY Économiste, spécialiste de la consommationAuteur de « « Le pouvoir des imaginaires, 1001 initiatives pour révolutionner la consommation »A la veille d’une nouvelle mobilisation nationale des "gilets jaunes", les responsables politiques et syndicaux multiplient les appels au calme tandis que l'inquiétude grandit chez les acteurs économiques affectés par le mouvement. S'il est encore trop tôt pour avoir des estimations précises de l'impact sur la croissance, Bruno Le Maire a estimé lundi que les perturbations liées à la mobilisation des "gilets jaunes" exerçaient un "impact sévère" et "continu" sur l'activité économique, avec des pertes de chiffre d'affaires significatives dans différents secteurs, dont la grande distribution, la restauration, ou encore chez certains artisans et commerçants de proximité."Les blocages que notre pays connaît ont déjà eu des conséquences extrêmement négatives pour le commerce", relève ainsi la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Magasins bloqués ou fermés, baisse de la fréquentation par les clients qui ne peuvent plus circuler, livraisons impossibles du fait du blocage des entrepôts, rupture sur de nombreux produits, blocage des pompes à essence… La FCD avance avant l'acte IV de ce samedi des pertes supérieures au milliard d'euros pour les trois premiers week-ends de blocage (-35 %, - 20 %, entre – 20 et – 25 %).Le secteur du tourisme accuse également le choc. Les images des violences urbaines à Paris qui ont fait le tour du monde depuis samedi, en particulier les actes de vandalisme à l’Arc de Triomphe ou l’incendie de véhicules près des grands magasins, risquent de peser sur l’industrie du tourisme qui avait retrouvé des couleurs après les attentats de 2015. À Paris, les hôteliers et les restaurateurs déplorent déjà une baisse de leur chiffre d'affaire : 35.000 nuitées ont été annulées pour décembre depuis le début du mouvement. Plus largement, selon les professionnels du secteur de l’hôtellerie "il y a un coup d’arrêt sur les réservations pour les fêtes de fin d’année, qui reculent de 10 à 15 % par rapport à l’an dernier".Le blocage des routes et des autoroutes qui est l’un des moyens d’action privilégié des "gilets jaunes" n’est également pas sans conséquences sur d’autres acteurs économiques. Depuis le 17 novembre et le début des manifestations, les entreprises de transport routier de marchandises (TRM) et de logistique ont estimé lundi à 400 millions d’euros les pertes d’exploitation subies. L’Association nationale des industries alimentaires (Ania) a également tiré la sonnette d’alarme en affirmant que les pertes du secteur pourraient s’élever à 13,5 milliards d’euros.Pour tenter de calmer la fronde des "gilets jaunes", Edouard Philippe a annoncé mardi plusieurs "mesures d'apaisement" : la suppression de la hausse des taxes carburant pour 2019 et le gel "pendant l’hiver" des tarifs du gaz et de l’électricité. Des mesures qui vont évidemment peser sur les engagements budgétaires d'Emmanuel Macron. La suspension, pendant six mois, de la hausse des taxes sur les carburants va coûter 1,5 milliard d'euros. La facture pourrait donc atteindre 3 milliards d'euros en 2019… Date à laquelle, le déficit devait déjà remonter tout près de la barre des 3 %, à 2,8 %. Mais le niveau de croissance, impactée par le mouvement des gilets jaunes, pourrait encore aggraver les choses en s'avérant inférieure aux espoirs du gouvernement (1,7 % en 2018 et 2019).Alors quelles seront les conséquences économiques de cette crise des gilets jaunes ? Franchir le seuil des 3 % de déficit public imposé par Bruxelles aurait-il des conséquences graves ? Une procédure pour "déviation sérieuse" peut-elle être déclenchée ? Quelles sanctions financières ? Quels impacts sur l’emploi ? Le Medef a-t-il raison de parler "d'état d'urgence économique"?Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30Format : 65 minutesPrésentation : Caroline Roux et Axel de TarléRéalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele et Jacques WehrlinProductions : France Télévisions / Maximal ProductionsRetrouvez C dans l'air sur France.tv

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