ARTE Radio - Nouveautés

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Pionnière du podcast, http://arteradio.com produit des créations originales sans formatage ni publicité : émissions régulières, reportages, documentaires, fictions, séries... Les auteur.e.s sont débutants ou professionnels et leur travail est rémunéré. Leurs podcasts sont produits par ARTE Radio à partir d'un projet écrit, et réalisés par les auteur.e.s que nous formons à la prise de son et au montage, sous la supervision du rédacteur en chef et des 2 réalisateurs salariés. Toutes nos créations (plus de 2000) produites depuis 2002 sont disponibles sous contrat Creative Commons sur notre site http://arteradio.com. Projet animé par une joyeuse petite équipe - 5 salariés sur 3,5 postes - ARTE Radio fait partie du service Web d'ARTE France, la branche française de la télévision publique culturelle européenne ARTE à Paris, France. Nos productions ont gagné de nombreux prix internationaux (Italia, Europa, Ondas...) en tant que "meilleur documentaire" ou "meilleure fiction radio". Nous avons coproduit avec BBC, NHK, YLE, Deutschland Radio Kultur, le Centre Pompidou... Nous avons initié des productions vidéo comme "New York Minute", ouvert une plateforme gratuite pour vos audioblogs, et nous animons de nombreuses séances d'écoute dans le monde entier, ainsi que des ateliers pour les scolaires et les adultes.

1118 épisodes

11 mai 2021 - 00:12:41
Quand il était enfant, Jean-Baptiste Rambla fut le témoin de l’enlèvement de sa soeur. Quand il est devenu un homme, il a été jugé par deux fois pour meurtre. Le podcast des faits divers, des crimes et des procès. À partir d’une anecdote, d’un moment, d’un détail, la chroniqueuse judiciaire Elise Costa jure de raconter «sans haine et sans crainte» l’inhumain en chacun et l’humain en nous tous. En partenariat avec Slate. Enregistrement : 19 avril 2021 - Texte et voix : Élise Costa - Réalisation et musique originale : Arnaud Forest - Illustration : Billie Blake
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5 mai 2021 - 01:05:45
Didier Lestrade, écrivain, journaliste et cofondateur d’Act Up-Paris a signé une des pages les plus importantes du militantisme français en tant que figure majeure du mouvement LGBT. Né en Algérie en 1958, il grandit dans la campagne de la vallée du Lot avant de rejoindre Paris à 19 ans, sans le baccalauréat, à la conquête d’un nouveau monde. Un monde où l’on se sent moins seul pour partager et vivre ses désirs et ses amours. Il cultive un goût prononcé pour l’univers et l’esthétique gay qu’il concrétise en lançant à 22 ans la revue « Magazine » qui lui ouvre la voie vers le métier de journaliste, collaborant avec la presse homosexuelle de l’époque ainsi qu’au quotidien Libération où il chronique la Dance Music(1). Une culture musicale issue de la communauté gay outre-atlantique et qui fait des ravages dans les boites gay parisiennes qu’il fréquente assidument. L’époque de la libération (sexuelle) sera de courte durée. L’épidémie du Sida commence à frapper et il n’est pas épargné : en 1986, alors âgé de 28 ans Didier Lestrade apprend qu’il est séropositif. Dans un geste qu’il explique comme « le besoin de donner quelque chose en retour à sa communauté » , il co-fonde en 1989 , avec ses amis Pascal Loubet et Luc Coulavin , Act Up-Paris, association militante de lutte contre le Sida issue de la communauté homosexuelle suivant le modèle américain né deux ans plus tôt. Pour lutter contre l’indifférence générale, un âpre combat est alors livré par l’association contre l’Etat mais aussi contre l’industrie pharmaceutique pour la prise en charge des malades. Ce combat est une épopée majeure dans l’histoire de la désobéissance civile, c’est aussi une avancée décisive pour l’accompagnement des malades dont chacun profite aujourd'hui. La guerre est menée tambour battant, actions coups de poing d’un côté, recherches médicales de l’autre, comme en témoigne le magnifique film de Robin Campillo «120 battements par minute » sorti en 2017, et dont Didier Lestrade a inspiré un des personnages principaux. Rescapé, survivant de la maladie, Didier Lestrade est aujourd’hui installé à la campagne , où il vit de peu et prône la décroissance(2). Auteur de plusieurs livres dont « Act Up, une histoire » (Denoel, 2000) qui relate les premières années de l’association, Didier Lestrade est un conteur fabuleux à la mémoire précise et au verbe sincère. Toujours fidèle à la communauté qui l’a construit, il raconte avec générosité sa vie de justes combats et de passions durables. (1) Chroniques cultes sur la House Music dont une sélection a été publiée sous le titre "Chroniques du dance floor. Libération 1988-1999", Ed. Singulier, 2010. (2) "Cheikh. Journal de campagne", Flammarion, 2007. Pourquoi ces morceaux ont compté pour Didier Lestrade : - BRONSKI BEAT : « Need A man Blues » : "Tout le premier album de Bronski Beat (1984) est unique dans le sens où le groupe était ouvertement gay quand beaucoup d’artistes pop cachaient encore leur sexualité". - ARETHA FRANKLIN : « Say A Little Prayer » : "Première chanteuse noire découverte dans la collection de disques de mon père". - WINGS: « Wild Life » : "Un des premiers morceaux à aborder la condition animale et l’écologie". - MARSHALL JEFFERSON @ TRUTH : « Open your Eyes » : "Premier disque de deep house (1988) avec un fort message spirituel et politique". La playlist "dance music" des sons rythmant l'épisode est disponible sur Deezer et Spotify. Enregistrements : 2020 - Voix, entretien, montage : Aude Lavigne - Réalisation & mix : Charlie Marcelet - Illustrations : Hermione Volt - Production : ARTE Radio et la Fab.
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5 mai 2021 - 00:08:34
À l'occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon, Livo révise ses cours d'Histoire et réalise à quel point l'Empereur était bon et la France était grande... Il appelle le président de l'académie Napoléon pour imaginer ce que Bonaparte aurait fait aujourd'hui. Pendant ce temps-là, on fête les 40 ans de l'élection de François Mitterrand tandis que les partis de gauche se déchirent. Livo va t'il trouver le moyen de réaliser la fameuse union ? "Dépêche", le podcast historique, est à retrouver chaque mercredi sur ARTE Radio. Abonnez-vous sur notre site, Apple Podcasts, Spotify, SoundCloud ou Deezer. Enregistrements : 1, 2, 3, 4 mai 21 - Texte, voix, réalisation : Olivier Minot - Mix : Samuel Hirsch - Production : ARTE Radio
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28 avril 2021 - 00:08:46
Cette semaine, pour fuire les invités politiques d'extrême droite abonnés aux matinales radio, Livo fait un pas de côté et s'intéresse à "l'affaire pénible" du moment : l'enlèvement de la petite Mia. Erreur, derrière cette histoire de rapt familial se cache un gourou de la fachosphère qui peu à peu aspire Livo... Il ne réussit à en sortir qu'en rejoignant le Théâtre national populaire (TNP) de Villeurbanne, occupé par des artistes, et d'où part une manif contre la réforme de l'assurance chômage... Car pendant la pandémie, le libéralisme continue. "Dépêche", le podcast électrique, est à retrouver chaque mercredi sur ARTE Radio. Abonnez-vous sur notre site, Apple Podcasts, Spotify, SoundCloud ou Deezer. Enregistrements : 23-26-27 avril 21 - Texte, voix, réalisation : Olivier Minot - Mix : Charlie Marcelet - Production : ARTE Radio
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27 avril 2021 - 00:11:57
"En 5 ans, beaucoup de choses peuvent traverser une existence : l'amour, la mélancolie, et la rancoeur. Pour toutes ces choses, le temps va jouer un rôle important. L'amour peut devenir fort, la mélancolie peut s'envoler, mais la rancoeur, elle... peut se muer en vengeance". Une nuit d'été 2009, à Sète, Nadège Chesne se suicide. Cinq ans plus tard, le corps de son amant, Patrick Isoird, est retrouvé carbonisé dans une grotte. Élise Costa raconte ce drame à tiroirs. Le podcast des faits divers, des crimes et des procès. À partir d’une anecdote, d’un moment, d’un détail, la chroniqueuse judiciaire Élise Costa jure de raconter «sans haine et sans crainte» l’inhumain en chacun et l’humain en nous tous. En partenariat avec Slate. Enregistrement : 1er mars 2021 - Texte et voix : Élise Costa - Montage : Sara Monimart - Réalisation : Charlie Marcelet - Musique originale : Samuel Hirsch - Illustration : Billie Blake
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23 avril 2021 - 00:49:09
Bookmakers #11 - L’écrivain du mois : Sylvain Prudhomme Né en 1979, Sylvain Prudhomme vit et travaille à Arles. Après une série de livres cosmopolites et expérimentaux dont nous parlerons beaucoup dans ce numéro, ce bref professeur de lettres est remarqué en 2014 avec « Les Grands », roman de deuil et d’amour en hommage au légendaire orchestre de Guinée-Bissau, le Super Mama Djombo. Son art du sensible se déploie ensuite autour des deux frères de « Légende » (2016) et le succès vient avec « Par les routes » (2019), hymne à la liberté d’un auto-stoppeur évanescent, influencé par les travaux de l’écrivain et plasticien Edouard Levé ; le roman décroche le prix Femina et s’écoule à près de cent mille copies. Traducteur d’une biographie de Pancho Villa, à son aise dans les forêts de l’Ariège autant que dans les salons de coiffure afro de Château d’Eau, Sylvain Prudhomme vient de publier un recueil de nouvelles écrites en confinement : « Les Orages ». En partenariat avec Babelio. (1/3) Au départ de ses routes Voici un drôle de garçon, solaire et humble, pudique et généreux – dont le premier texte achevé, à vingt ans et des brouettes, fut une étude méticuleuse du bigorneau, sur cent pages, en forme d’autoportrait non prémédité. Jamais édité, le texte semblait crier : vous allez voir ce que vous allez voir, ce matin calme où Sylvain Prudhomme se déciderait à sortir de sa coquille. On a vu ! Depuis 2007 et la sortie des « Mâtinées d’Hercule », voire depuis 2003 et le recueil de contes « du pays tammari » qu’il est parti recueillir avec des copains sur les montagnes du Bénin, ses livres se suivent et ne se ressemblent presque pas. À 42 ans, l’auteur itinérant de « Par les routes » – lauréat 2019 du prix Femina, près de cent mille exemplaires vendus – a déjà signé une dizaine d’ouvrages qui affirment, selon ses propres termes, son « goût du lointain, de l'utopie, des vies solitaires, des cabanes, des friches, des villes construites à la va-comme-je-te-pousse… et la réserve de possibles qu'elles offrent ». La « réserve ». L’expression reviendra plusieurs fois dans cette conversation, pour parler de toutes les histoires qu’il a encore en lui. Ce natif de La Seyne-sur-Mer (Var) compare aussi sa pratique de l’écriture à un « barrage » qui, à intervalles réguliers, doit s’ouvrir pour que s’écoule « le tumulte du fleuve » de ses perceptions, personnages et situations. Cette métaphore aquatique n’a rien d’un hasard, puisqu’une part notable de son imaginaire s’est constituée près d’un lac mythique, le Tanganyika, « terrain d’explorations, peuplé de bêtes et de héros », au cours d’une enfance africaine qu’il raconte ici pour la première fois – avant de rendre hommage à de grands maîtres-nageurs : Francis Ponge, Claude Simon et Valère Novarina. Enregistrement : mars 2021 - Entretien, découpage : Richard Gaitet - Prise de son, montage : Sara Monimart - Réalisation, mixage : Charlie Marcelet - Musiques originales : Samuel Hirsch - Saxophone : Michaël Havard - Lectures : Christophe Brault - Illustration : Sylvain Cabot - Production : ARTE Radio Remerciements : Bintou Simporé et Benoît Thuault, pour l’utilisation des extraits du live de Sylvain Prudhomme avec Malan Mané et Djon Motta dans l’émission « Néo Géo » sur Radio Nova (26/11/14).
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23 avril 2021 - 00:41:34
Bookmakers #11 - L’écrivain du mois : Sylvain Prudhomme Né en 1979, Sylvain Prudhomme vit et travaille à Arles. Après une série de livres cosmopolites et expérimentaux dont nous parlerons beaucoup dans ce numéro, ce bref professeur de lettres est remarqué en 2014 avec « Les Grands », roman de deuil et d’amour en hommage au légendaire orchestre de Guinée-Bissau, le Super Mama Djombo. Son art du sensible se déploie ensuite autour des deux frères de « Légende » (2016) et le succès vient avec « Par les routes » (2019), hymne à la liberté d’un auto-stoppeur évanescent, influencé par les travaux de l’écrivain et plasticien Edouard Levé ; le roman décroche le prix Femina et s’écoule à près de cent mille copies. Traducteur d’une biographie de Pancho Villa, à son aise dans les forêts de l’Ariège autant que dans les salons de coiffure afro de Château d’Eau, Sylvain Prudhomme vient de publier un recueil de nouvelles écrites en confinement : « Les Orages ». En partenariat avec Babelio. (2/3) Sentiers en chantiers « Bien sûr il faudrait se lever, tenter quelque chose, une sortie, une bonne douche (…) Mais le drap est si doux. » En 2007, l’année de ses 28 ans, Sylvain Prudhomme a une bonne raison de sortir de son lit. Les éditions du Serpent à plumes publient son premier roman, « Les Mâtinées d’Hercule », écrit deux ans auparavant. Soit le monologue existentiel d’un narrateur un peu délirant qui, tout simplement, refuse de quitter son plumard et gamberge sous la couette à propos de l’amour, la mort, ses projets pour la journée qu’il abandonne non sans culpabilité, mais aussi de sa libido, de sa compagne baptisée « Pépée », des pantoufles de celle-ci, ou de son métier. Car ce zigue est ingénieur, vous vous rendez compte ? Ce patachon fabrique des propulseurs. Ce n’est pas rien. Mais Hercule se voit comme « un bon à rien, une sangsue des marais, un concombre de rivière inoffensif ». Formidablement absurde, aussi tendre que débraillé, ce texte est l’une des curiosités glanées dans la rivière des débuts méconnus de Sylvain Prudhomme. Suivront une virée en Tanzanie, « Tanganyika Project » (éditions Léo Scheer, 2010), qui dérive vite en laboratoire oulipien dans lequel il tente de « capturer » les rues ; « L’Affaire Furtif » (Burozoïque, 2010), sur l’épopée maritime d’artistes radicaux qui font sécession avec la société ; puis « Là, avait dit Bahi », « roman vrai » qui marque en 2012 son entrée dans la collection L’Arbalète de Gallimard, composé d’une seule phrase de 199 pages, après un mois en Algérie dans la cabine d’un camionneur septuagénaire. Tels sont les chantiers « un peu conséquents » et les sentiers enchantés de ce deuxième épisode. En route ! Enregistrement : mars 2021 - Entretien, découpage : Richard Gaitet - Prise de son, montage : Sara Monimart - Réalisation, mixage : Charlie Marcelet - Musiques originales : Samuel Hirsch - Saxophone : Michaël Havard - Lectures : Christophe Brault - Illustration : Sylvain Cabot - Production : ARTE Radio Remerciements : Bintou Simporé et Benoît Thuault, pour l’utilisation des extraits du live de Sylvain Prudhomme avec Malan Mané et Djon Motta dans l’émission « Néo Géo » sur Radio Nova (26/11/14).
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23 avril 2021 - 00:39:11
Bookmakers #11 - L’écrivain du mois : Sylvain Prudhomme Né en 1979, Sylvain Prudhomme vit et travaille à Arles. Après une série de livres cosmopolites et expérimentaux dont nous parlerons beaucoup dans ce numéro, ce bref professeur de lettres est remarqué en 2014 avec « Les Grands », roman de deuil et d’amour en hommage au légendaire orchestre de Guinée-Bissau, le Super Mama Djombo. Son art du sensible se déploie ensuite autour des deux frères de « Légende » (2016) et le succès vient avec « Par les routes » (2019), hymne à la liberté d’un auto-stoppeur évanescent, influencé par les travaux de l’écrivain et plasticien Edouard Levé ; le roman décroche le prix Femina et s’écoule à près de cent mille copies. Traducteur d’une biographie de Pancho Villa, à son aise dans les forêts de l’Ariège autant que dans les salons de coiffure afro de Château d’Eau, Sylvain Prudhomme vient de publier un recueil de nouvelles écrites en confinement : « Les Orages ». En partenariat avec Babelio. (3/3) Le plein de Super À 30 ans, Sylvain Prudhomme part vivre au Sénégal pour diriger deux ans durant l'Alliance française d’une ville du sud, Ziguinchor, posée sur les rives du fleuve Casamance. Il y rencontre certains musiciens d’un orchestre « mythique » de Guinée-Bissau, Super Mama Djombo, fabuleusement populaire dans les années 70-80, qui connut la ferveur des stades en tournant dans toute l’Afrique de l’Ouest, en Amérique latine, à Cuba ou en Europe. Mémoires chaloupées des espoirs d’une nation au lendemain de son indépendance, leurs chansons bercent le séjour de l’écrivain. Prudhomme fera du Mama Djombo les héros magnifiques du roman « Les Grands » (Gallimard), qui le révèle en 2014, vendu à ce jour à dix-huit mille exemplaires. Il invente pour l’occasion un personnage central, le guitariste Saturnino Bayo dit « Couto », « mélange d’ancienne gloire grisonnante et de branleur impénitent », « seigneur invariablement désœuvré, invariablement fauché, le putain de patron de la dalle au ventre », qui dès la première phrase apprend la mort de son amour de jeunesse, la chanteuse Dulce (fictive, elle aussi). Vétérans et nouvelles recrues du groupe décident alors d’improviser un concert en son honneur, le soir même – alors qu’un coup d’Etat se prépare. Roman de deuil à la sensualité rare, « Les Grands » lance Couto un jour et une nuit dans Bissau, au gré de ses souvenirs romantiques ou politiques, dans un « mélange de peine et d’excitation », entre les manguiers fourrés de chauve-souris, les gamins qui jouent au foot, les braseros qui éclairent les visages et les « mille accidents du sol ». La narration résonne d’une oralité jamais chiquée – et l’âge d’or de l’orchestre, comme sa progressive dislocation, y palpite beaucoup mieux ainsi que dans une biographie. « Tu nous a demandé d’envoyer la dynamite mon vieux, tu vas être servi. » Mais comment trouver la note juste, dans le boucan des anecdotes en pagaille ? C’est le sujet de ce troisième et dernier épisode. Enregistrement : mars 2021 - Entretien, découpage : Richard Gaitet - Prise de son, montage : Sara Monimart - Réalisation, mixage : Charlie Marcelet - Musiques originales : Samuel Hirsch - Saxophone : Michaël Havard - Lectures : Christophe Brault - Illustration : Sylvain Cabot - Production : ARTE Radio Remerciements : Bintou Simporé et Benoît Thuault, pour l’utilisation des extraits du live de Sylvain Prudhomme avec Malan Mané et Djon Motta dans l’émission « Néo Géo » sur Radio Nova (26/11/14).
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21 avril 2021 - 00:08:50
Cette semaine, Livo cherche des couleurs pour fuir une actu grise. Il fait un bref micro-trottoir sur le futur uniforme des policiers (bleu). Il anticipe le pire sur la planète (rouge) pour Thomas Pesquet. Il enquête sur un maire écolo qui veut des éoliennes sur le Pilat (Haute-Loire), un projet (vert) soutenu par Total, et combattu par des habitants qui n'habitent pas là. Enfin, EDF lance le projet Hercule pour privatiser un peu plus le bien commun de l'énergie (bleu-blanc-rouge). "Dépêche", le podcast électrique, est à retrouver chaque mercredi sur ARTE Radio. Abonnez-vous sur notre site, Apple Podcasts, Spotify, SoundCloud ou Deezer. Enregistrements : 6 février, 8, 19, 20 avril 21 - Texte, voix, réalisation : Olivier Minot - Mix : Charlie Marcelet - Production : ARTE Radio
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15 avril 2021 - 00:45:15
Comment une femme de ménage analphabète née en Guinée-Bissau, immigrée en France dans une cité de banlieue, a pu transmettre à ses enfants des valeurs d’indépendance et de féminisme. En parvenant à travailler contre l'avis de son mari, en élevant cinq enfants avec fierté et rigueur, la mère de Liz Gomis a fait éclore chez sa fille des valeurs d’accomplissement personnel et de féminisme sans en connaître la théorie. Récits croisés et échange entre mère et fille autour d'un parcours remarquable.  "Je m’appelle Liz Gomis. J’ai grandi dans les années 90 aux Mureaux dans les Yvelines. Je suis journaliste. J’ai travaillé chez Canal + et France 4, beaucoup pour Radio Nova, et aujourd’hui j’ai lancé mon propre magazine dédié aux villes africaines.  J’ai un parcours assez atypique. J’ai toujours suivi mon instinct. J’ai pu fouler les planches de l’Apollo Theater à New York comme je me suis retrouvée en voyage officiel dans l’avion présidentiel de Macron. Mais je ne suis pas là pour raconter une histoire d’ascension sociale comme on les aime à la télé, genre « de la cité à l’Elysée », non. Parce ce que c’est beaucoup plus nuancé.  En vérité, je crois que mon parcours je le dois à ma mère : Émilie Gomis en VF, Amilia pour la version immigrée. Une femme pauvre si on parle sociologie. Une combattante, une femme indépendante et courageuse, une féministe qui s’ignorait et qui m’a transmis les bonnes clés pour avancer sereinement. Je lui dois beaucoup et c’est de cela dont je veux parler aujourd’hui." Liz Gomis travaille pour la radio (Nova) et la télévision. Elle a réalisé la série "Africa Riding" sur le skate et les sports de glisse en Afrique pour ARTE Web et prépare une nouvelle série sur les personnes LGBT en Afrique. Cet hommage à sa mère est son premier podcast personnel.  Entretien avec Liz Gomis à la Maison de la Poésie  : https://youtu.be/ePPw5Y-tRvI Enregistrements : 2017-2020 - Prises de son : Liz Gomis, Sara Monimart - Entretien : Silvain Gire - Musique originale & mix : Charlie Marcelet - Réalisation : Sara Monimart, Silvain Gire - Illustration : Julien Pacaud - Production : ARTE Radio
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8 avril 2021 - 00:54:53
Jean-Baptiste Guillot se fait plus souvent appeler JB "Born Bad", du nom du label indépendant qu’il a lancé voici quinze ans : Born Bad Records. Ce gaillard patibulaire en surface vibre, dès qu'on le lance sur le sujet, d’une passion dévorante pour la musique (ainsi que pour la mécanique) et il travaille d’arrache-pied pour défendre ses convictions et ses obsessions. Il cultivait son look de motard rock’n’roll bien avant que la start-up nation ne s’en empare et que les ateliers de motos customisées n’envahissent Paris. Mais JB ne se la ramène pas trop là-dessus, sans doute parce qu’il a mieux à faire que de s’énerver sur la récupération d’un état d’esprit qui est le sien depuis son adolescence. Une adolescence passée entre rock garage et garage pour deux-roues, soirées binouze dans le 78 et week-ends épiques à Londres en scooter et bateau. C’est dans sa maison-bureau de Romainville qu’il nous raconte tout ça, ainsi que ses études moyennes mais efficaces, son expérience mitigée en major, et son goût prononcé pour l’archivage, la pédagogie et les artistes ingérables. Lui qui approche aujourd’hui la cinquantaine a monté Born Bad voici quinze ans pour éditer les disques des groupes fantastiques qu’il voyait se produire sur des petites scènes parisiennes : Frustration, Magnetix, Cheveu, La Femme ou Yussuf Jerusalem. Depuis, il a sorti des albums de Villejuif Underground, Forever Pavot, Star Feminine Band, Marietta, Julien Gasc, Usé, J.C. Satan, ou du projet Wild Classical Music Ensemble, réalisé avec des handicapés mentaux. Soit des artistes pas forcément simples à vendre, des sortes de losers magnifiques, des inadaptés de génie, dont la rage et la liberté créative suffisent à le convaincre qu’il faut les soutenir et les faire connaître d’un maximum d’auditeurs. En parallèle du catalogue de nouveautés qu’il constitue, JB développe aussi une vaste entreprise d’exhumation et de rééditions de disques du patrimoine francophone, oubliés ou méconnus, sortis depuis les années 60 : les références vont du rock’n’roll primitif aux tentatives de house d’avant la French Touch, en passant par des pépites antillaises ou mauriciennes, ou par les disciples hexagonaux de Kraftwerk. On citera en vrac des anthologies de Pierre Vassiliu, Francis Bebey ou François de Roubaix, les deux volumes de Chébran, consacrés au funk et à la disco de France à l'heure du virage rap, Mobilisation générale, sur le jazz spirituel et militant post-68, Bingo, qui réunit des tentatives purement opportunistes de punk-rock, ou encore les quatre volumes de Wizzz, l'anthologie fondatrice de cette politique d'archivage, qui explore les recoins de notre pop psychédélique. JB Guillot bosse principalement tout seul, mais son travail touche beaucoup de monde. Peu de gens transmettent aussi bien la passion, l'expérience, le désir de documenter les marges et les exceptions de notre histoire musicale. Pour nous, il tend l’oreille partout, cherche et recherche, fait le tri, édite et construit. Et le résultat, c’est qu’il offre aux auditeurs d’aujourd’hui et de demain une petite encyclopédie informelle, aussi belle à regarder qu’à écouter. Et pour Transmission il offre là une leçon de vie et d'attitude, et la preuve que le succès peut aller de pair avec une exigence autant éthique qu'artistique. Etienne Menu est journaliste musical, rédacteur en chef de la revue Audimat et du site Musique Journal. Enregistrements : 2020 - Voix, entretien, montage : Étienne Menu - Réalisation & mix : Arnaud Forest - Illustrations : Hermione Volt - Production : ARTE Radio et la Fab.
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13 avril 2021 - 00:07:30
Le métier de médecin légiste ne consiste pas seulement à réaliser des autopsies : c'est aussi et surtout "la médecine des victimes". Elise Costa raconte ici ce métier-vocation qui défend "une cause plus grande". Le podcast des faits divers, des crimes et des procès. À partir d’une anecdote, d’un moment, d’un détail, la chroniqueuse judiciaire Elise Costa jure de raconter «sans haine et sans crainte» l’inhumain en chacun et l’humain en nous tous. En partenariat avec Slate. Enregistrement : 1er mars 2021 - Texte et voix : Élise Costa - Montage : Sara Monimart - Réalisation : Charlie Marcelet - Musique originale : Arnaud Forest - Illustration : Billie Blake
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7 avril 2021 - 00:08:33
Cette semaine, Livo cherche des messages d'anniversaire pour les 5 ans de La République en Marche, mais il est embêté car il n'obtient rien de trop positif. Du coup il demande l'aide du comité En Marche de son quartier, ravi de faire le job en cassant les codes. A part ça, la rue comme lui-même vivent encore et encore sous le régime de la déprime covidienne. En attendant la sortie, papa refait un peu d'école à la maison sans ordinateur, avant de terminer dans un Pôle Emploi occupé par des artistes qui veulent "Danser encore". "Dépêche", le podcast ami des animaux, est à retrouver chaque mercredi sur ARTE Radio. Abonnez-vous sur notre site, Apple Podcasts, Spotify, SoundCloud ou Deezer. Enregistrements : 31 mars 20, 1er, 5, 6 avril 21 - Texte, voix, réalisation : Olivier Minot - Mix : Charlie Marcelet - Production : ARTE Radio
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1 avril 2021 - 00:37:46
Un fils doit gérer les délires de persécution dont souffre son père de 55 ans. De la confrontation de leurs réalités naît une relation complexe et délicate, tour à tour conflictuelle, drôle ou émouvante. Ce documentaire nous plonge dans leur intimité, ponctuée de coups de téléphones, de témoignages de psys et d'entretiens avec une association de proches aidants. Un cheminement qui interroge notre rapport à la souffrance mentale d'un proche, avec une très grande délicatesse dans la prise de son et le montage de différents plans sonores. Et qui évoque au passage les questions de marginalité, de mal logement, de confinement (un tout petit peu), de la misère des hôpitaux psychiatriques, de Jésus Christ, de Marine Le Pen et des musiques d'attentes. Un documentaire réalisé dans le cadre de la résidence radio Si Loin Si Proche animée par Mehdi Ahoudig. Remerciements : Mehdi Ahoudig, Radi'Olive, RadioLà, Radio Saint Ferréol, l'UNAFAM26, le (psy)trialogue, Agnès et Guillaume de l'hôpital Sainte Marie Drôme Ardèche. Enregistrements : avril-septembre 20 - Réalisation : Théo Fortunato - Mise en ondes & mix : Charlie Marcelet - Musique : Oöphoi "Space Forest", Superfishmann "P'tit père" - Illustration : Lucie Albrecht - Production : ARTE Radio
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31 mars 2021 - 00:09:00
Après une sortie de collège pour tester les élèves sur le covid ("tout ça à cause du mec qui a bouffé une chauve-souris"), Livo fuit le re-reconfinement qui re-revient pour s'intéresser aux animaux dans la ville : Pixel le petit chien, Kira le cochon vietnamien, les lapins fans de David Bowie, les matous Vodka et Riza dans une pension pour pa-chats et enfin Rosa la Poule, rescapée de l'abattoir, qui aide l'humaine les humains à combattre la solitude covidienne. Aucun animal n'a été maltraitée pendant cette dépêche. Enregistrements : 12 février, 30 mai, 12 juillet 19, 23 avril, 1er octobre 20, 28, 29, 30 mars 21 - Texte, voix, réalisation : Olivier Minot - Mix : Charlie Marcelet - Production : ARTE Radio
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30 mars 2021 - 00:10:20
Hélène a été condamnée à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Zélia, 2 ans. Dans sa culture d'origine, on ne valorise guère les enfants filles, or elle en a eu cinq. Elise Costa nous plonge dans une histoire douloureuse. Le podcast des faits divers, des crimes et des procès. À partir d’une anecdote, d’un moment, d’un détail, la chroniqueuse judiciaire Elise Costa jure de raconter «sans haine et sans crainte» l’inhumain en chacun et l’humain en nous tous. En partenariat avec Slate. Enregistrement : 1er mars 2021 - Texte et voix : Élise Costa - Montage et Réalisation : Sara Monimart - Musique originale : Samuel Hirsch et Arnaud Forest - Illustration : Billie Blake
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24 mars 2021 - 00:08:54
A ce moment-là : des fascistes attaquent une librairie. Pendant ce temps : une manifestation contre les violences policière se perd en chemin. En même temps : Francis Lalanne mène un carnaval. Au même moment : les "gilets jaunes" s'impatientent. Ailleurs : Michou promène sa maîtresse. Soudain : une Biélorusse chante. Et pourtant : un jeune homme meurt en prison. Mais aussi : Michel Sardou est cas-contact, l'UNEF est accusée, une jeune musulmane discriminée et Pierre Ménès s'enfonce... Livo secoue tout ça et tisse un fil sonore sur lequel il tente de garder l'équilibre... Un tour de force radiophonique. "Dépêche", le podcast de la résistance, est à retrouver chaque mercredi sur ARTE Radio. Abonnez-vous sur notre site, Apple Podcasts, SoundCloud ou Deezer. Enregistrements : 7 décembre 18 ; 20, 21, 22, 23 mars 21 - Texte, voix, réalisation : Olivier Minot - Mix : Charlie Marcelet - Production : ARTE Radio
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24 mars 2021 - 00:41:07
Avant, quand ça chauffait à la maison, les parents nous envoyaient parfois réfléchir dans notre chambre. On claquait la porte bien fort et eux, dans leur sagesse ancestrale, levaient les yeux au ciel en disant : « De toute façon, quoi qu’on fasse, ça sera raté… » Aujourd’hui on vise plus haut. On veut faire mieux qu’être juste le parent “suffisamment bon” loué par le pédiatre américain Donald Winnicot dans les années 60. Quand on fait des enfants, c’est qu’on l’a désiré : comme un projet personnel, une promesse de bonheur et de réussite. C’est normal, c’est l’idéal qui flotte dans l’air du temps. Celui que véhiculent notamment les manuels d’éducation positive au rayon « développement personnel » de la FNAC : une relation fondée sur le respect des besoins et des émotions de l’enfant , la bienveillance, la démocratie familiale. Alors on fait tout pour être les parents qu’on aurait rêvé d’avoir : zen, souriant, à l’écoute, 100% formidables. On achète plein de livres, on consulte “mamanbienveillante.com” , on essaye plein d’astuces et de méthodes. Et évidemment… ça ne marche pas, ou pas toujours, loin de là. Pourquoi ? Dans cet épisode, le second consacré aux mirages de la parentalité, on passe l’éducation positive à la loupe : pourquoi on aspire tous plus ou moins à cet idéal alors qu’il est si difficile à mettre en pratique, en vrai, dans la vie de tous les jours? Est-ce que c'est juste une mode, une arnaque marketing ? Qui sont les experts qui nous abreuvent de discours scientifiques sur le cerveau des bébés et la manière dont on doit leur parler ? Est-ce qu’il faut faire des stages, lire des livres, se « mettre en respiration ventrale » pour devenir ce parent parfait qui ne crie jamais ? Est-ce un horizon ou un mirage destiné à nous culpabiliser sans fin, et à pourrir tous les moments imparfaits qu’on passe avec nos enfants ? Avec : - Isabelle Roskam, psychologue clinicienne - Béatrice Kammerer, journaliste spécialiste d’éducation - Claude Martin, sociologue - Clara H. et Emilie S. Merci à Mathilde Bernos et Karine Le Loët Références : - Béatrice Kammerer, L’éducation vraiment positive, Editions Larousse - Isabelle Roskam, Moïra Mikolajczak, "Le burn-out parental", De Boeck Supérieur - Claude Martin, « Être un bon parent » : une injonction contemporaine, Presses de l’EHESP - Frank Furedi, Parents paranos: laissez tomber votre culpabilité, vous êtes très bien !, Aliasetc - Sharon Hays, The Cultural Contradictions of Motherhood, Yale University Press - Claude Martin, Collectiviser la question parentale : les apports des parenting cultures studies, Revue Lien social et politiques, Erudit - Ellie Lee et Jan Macvarish, Le « parent hélicoptère » et le paradoxe de la parentalité intensive au XXIe siècle, Revue Lien social et politiques, Erudit Vivons heureux avant la fin du monde Comment s’habiller, échanger, voyager, s’aimer dans les années 20 ? Pour se bricoler une morale minimale en des temps de crises sociale, écologique et sanitaire, Delphine Saltel (Que sont-ils devenus ?, Y'a deux écoles) explore chaque mois nos incohérences et les solutions possibles. Mêlant questionnement personnel, tribulations domestiques, reportages et entretiens avec des chercheurs et des activistes, ce nouveau podcast veut alerter, éveiller et rassurer sur un autre monde possible. Enregistrements : janvier 20 - Texte, voix, réalisation : Delphine Saltel - Musiques originales et mix : Arnaud Forest - Illustration : Mathilde Rives - Production : ARTE Radio
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19 mars 2021 - 00:40:08
Pierre Jourde travaille, de son propre aveu, « dans l’agressivité ». En considérant souvent l’écriture « comme une guerre ». C’est le romancier des violences – rurales, esthétiques, métaphysiques – qui pèsent sur les corps et les esprits. Un boxeur assidu, dont l’idéal littéraire ressemble au noble art : un enchaînement de coups, d’esquives et de parades. Un spécialiste de l’incongru aussi, des géographies imaginaires ou des splendeurs sophistiquées de Huysmans, qui enseigna les lettres pendant plus de vingt ans à l’université Grenoble-III, après avoir été professeur dans des collèges de banlieue, de campagne, de cité minière. Sportif accompli, ce Parisien d’Auvergne affirme détenir un record : celui du plus grand nombre de manuscrits refusés en France, pendant vingt-trois ans ! Mais comment encaisser tant de refus, muscler sa persévérance ? Quel fut l’entraînement et la discipline initiale du futur auteur offensif de « La littérature sans estomac » (2002), de « Pays perdu » (2003) ou de « Festins secrets » (2005, prix Renaudot des lycéens) ? Dans ce premier épisode, Pierre Jourde revient sur les leçons de deux de ses coachs les plus illustres, qui l’ont marqué à vie : Marcel Proust et Jorge Luis Borges. En partenariat avec Babelio Enregistrement : février 2021 - Entretien, découpage, lectures : Richard Gaitet - Prise de son, montage : Sara Monimart - Réalisation, mixage, musiques originales : Samuel Hirsch - Guitare, claviers, drone : Matthieu Lesenechal - Illustration : Sylvain Cabot - Production : ARTE Radio
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19 mars 2021 - 00:44:43
Bookmakers #10 - L’écrivain du mois : Pierre Jourde En partenariat avec Babelio. (2/3) Éperdu d’un pays « Le public n’a pas réellement besoin de lire le livre qu’il a acquis. On s’emploie donc à lui fournir une image de littérature. » L’ouvrage qui sort Pierre Jourde de l’ornière s’intitule « La littérature sans estomac », publié en 2002 par L’Esprit des péninsules et dédié à son frère Bernard « qui connaît la bagarre ». Aussi drôle que sérieux, c’est un recueil d’analyses féroces de romans français contemporains, rédigées « sans volonté d’en faire un pamphlet », mais armées d’un agacement. Dans le milieu littéraire hexagonal, mon invité du mois constate que ce qui gravite « autour du texte » (le sujet abordé, la vie publique et privée de l’artiste, ses opinions, les prix reçus) passe « avant » le texte. Le style, la qualité des intrigues, des idées ou des personnages : tout ceci est secondaire et n’est souvent guère à la hauteur de la réputation de l’auteur.e. Pierre Jourde utilise alors son « arsenal universitaire » pour rétablir la justice, avec « un ton guilleret », en dénonçant – « en défonçant » conviendrait mieux – les « provocations prudentes » de Michel Houellebecq ou les répétitions délirantes de Christine Angot, en démasquant les faux rebelles, « ceux qui chantent faux », sempiternellement « au bord du gouffre », « en proie au vertige » ou « travaillés par le néant », obsédés par la respectabilité ou embourbés dans le pathos. Coïncidence : c’est aussi l’année où il se met à la boxe. Cette prolongation de « La Littérature à l’estomac » de Julien Gracq (1949), qui déplorait déjà ces paradoxes en parlant d’une course « de jockeys chevauchant des limaces », reçoit le prix de la critique de l’Académie Française. Il serait naturellement très excitant pour les auditeurs et auditrices de « Bookmakers » d’en savoir plus, mais nous n’allons pas vous donner ce plaisir. Pour trois raisons. D’abord, parce que Pierre Jourde a raconté cette histoire cent onze fois. Ensuite et surtout, parce que ce serait rejouer ici son drame artistique intime : le fait que son activité de « démolisseur de service », d’« ironiste » qui « cogne », éclipse son talent de romancier. Enfin, parce qu’il reconnaît lui-même que ce bouquin a « beaucoup de défauts ». Nous consacrerons donc ce deuxième épisode à sa véritable naissance en tant qu’écrivain, à 47 ans. Le temps d’un magnifique récit de deuil, « rude », lyrique et mythologique, sur ses origines rurales, situé dans un hameau du Cantal. Titre : « Pays perdu », publié en 2003 chez le même éditeur et écoulé au fil des rééditions à plus de vingt mille exemplaires, pour lequel ce disciple rugueux d’Alexandre Vialatte va « rompre la fiction du secret ». Des années plus tard, encombré d’une polémique doublée d’un malentendu qui lui reste sur l’estomac, il écrira : « C’était un livre qui avait honte d’être fier de ce qu’il décrivait. » Enregistrement : février 2021 - Entretien, découpage, lectures : Richard Gaitet - Prise de son, montage : Sara Monimart - Réalisation, mixage, musiques originales : Samuel Hirsch - Guitare, claviers, drone : Matthieu Lesenechal - Illustration : Sylvain Cabot - Production : ARTE Radio
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