Podcast & Crowdfunding : nos conseils pour que ça marche !

Disponible en grande quantité et le plus souvent gratuit, il y a une réalité que l’on peine a divulguer : lancer un podcast peu couter cher. Entre le montant de départ à investir pour le matériel, les coûts récurrents lié à l’hébergement… d’ailleurs voici un article qui détaille les différents types de budgets pour lancer son podcast.

Vous investissez beaucoup de temps et de passion dans votre podcast, c’est une réalité. Mais doit-il pour autant être monétisé ? Cela dépend avant tout de l’objectif que vous vous êtes fixé. Etes vous dans l’optique de faire du podcasting votre métier ? Ou souhaitez vous plutôt qu’il reste un Hobby, un « Side-project » ?

Selon la réponse à ces questions, il sera ou pas conseillé que vous vous lanciez dans le crowdfunding. Ah, vous n’en êtes pas tout à fait sûr tout d’un coup ? Vous pouvez jeter un oeil à l’article sur les questions à se poser avant de lancer son podcast.

Bien sûr, il existe plusieurs sources de financement quand on est podcasteur. Et le crowdfunding, l’une d’elle, possède beaucoup d’avantages pour les podcasteurs qui se lancent. On va vous les détailler bien sûr, mais avant quelques petits rappels bien utiles.

Qu’est ce que le crowdfunding ?

Ce terme « crowdfunding »  vient de l’anglais « crowd =  foule » et « funding = financement »  : pour un porteur de projet, il s’agit d’une manière d’être financé par une multitude de petits dons.

Dans certains cas ces dons se font en échange de contrepartie et parfois non, c’est à la guise de chacun. On reviendra plus tard sur ce sujet.

De façon générale, il existe 2 types de crowdfunding :

Option 1 : Les campagnes de soutien ponctuel 

Sur une période de temps limitée, le porteur de projet va solliciter les dons auprès de ses différents réseaux dans le but d’atteindre son objectif de financement, souvent assez élevés :  de 500€ à 30 000€, pour les plus grosses campagnes.

Sur les plateformes qui proposent ce type de campagne ponctuelle, Ulule ou Kisskissbankbank, le projet doit être très détaillé : une vidéo de présentation, une explication de la répartition envisagée du montant récoltés… Le travail préparatoire nécessaire ne doit pas être négligé !

Également, il est courant que les dons soient découpée en tranches croissantes (5€, puis 10€, puis 50€…) et que chacune de ces tranches donne accès à une contrepartie d’une « valeur » croissante également. Le type de contre-partie peuvent varier selon les projets : mention du contributeurs dans les remerciements, stickers, présence à un enregistrement…. on peut être super créatifs pour déterminer les contre-parties de son projet, mais on y reviendra plus tard dans l’article.

Ce style de campagne est valable pour une période donnée limitée. En effet l’enjeu réside dans la capacité à mobiliser son réseau pour qu’il contribue, car si la deadline est franchie sans avoir atteint son objectif, l’ensemble de la cagnotte est perdue.

Le porteur de projet sollicite donc tour à tour sa famille, ses amis, son réseau, sa communauté…Il faut cibler les messages, orchestrer les relances de manière ingénieuse, comme une campagne de communication pro. C’est une sorte de course contre la montre et une pression que certains n’ont pas aimé vivre, comme Noémie Gmur, une podcasteuse : elle avait lancé une campagne pour son podcast « Entre Eux Deux » et explique pourquoi elle a annulé sa campagne Ulule.

Option 2 : Les campagnes de soutien récurrent 

Les campagnes de soutien récurrent reposent sur le même principe : un créateur est soutenu financièrement par sa communauté !

La différence est que les soutiens se font de manière régulière, le plus souvent mensuellement.  Les dons sont aussi moins importants : on parle le plus souvent de 1€, 2€ ou 5€…facturés chaque mois aux contributeurs.

Les plateformes qui proposent ce type de dons récurrent sont Patreon, Tipeee, My Tip, Utip…

Le système a été pensé pour être rassurant et « indolore » pour les fans : On peut moduler la somme donnée et bien évidemment arrêter le don quand on le souhaite.

La différence avec la campagne de soutien ponctuel réside dans :

  • le montant total est plus étalé dans le temps
  • l’effort de communication est moins concentré car il n’y a pas de deadline, on est sur du « temps long »

Certaines idées reçues sur le crowdfunding

« J’ai pas une communauté assez grande »

Il est vrai qu’il y a un « écrémage » que se fait entre le nombre de vos auditeurs et ceux qui deviendront des contributeurs de votre campagne. Patrick Beja, producteur de plusieurs podcasts dont le « Rendez-Vous Tech« , estime que seulement 2 à 3% de son audience totale donne effectivement sur sa page Patreon.

Pour autant doit-on en déduire qu’il faut absolument des chiffres d’audiences pharaoniques pour envisager lancer une campagne de crowdfunding ? Patrick Beja insiste dans son interview chez le podcast Expat Heroes sur la confiance et la proximité comme étant des facteurs de réussite d’une campagne crowdfunding réussie.

On peut en effet voir le crowdfunding comme un contrat entre le podcasteur et sa communauté : le créateur a prouvé sur la durée qu’il faisait preuve de sérieux dans son activité, qu’il publiait avec régularité, qu’il dédiait temps et passion à produire du contenu de qualité…et en retour sa communauté lui accorde sa confiance en le soutenant financièrement.

Bertrand Soulier dans son podcast « Votre coach web » rappelle qu’on a pas besoin de millions d’auditeurs si on crée une base de vrais fans, ceux que notre contenu touche et inspire.

« Vous n’avez pas besoin de changer le monde entier pour bâtir un business à succès, vous devez juste changer le monde de quelqu’un ». Pat Flynn, Superfans

Cela peut représenter un petit nombre de personne au départ. Rien n’empêche de commencer modestement avec quelques contributeurs pendant quelques mois, puis d’y consacrer plus de temps pour augmenter le nombre de ses contributeurs…

« Je n’ai pas d’argent à mettre dans les contre-parties »

Il y a un peu cette tradition du crowdfunding de définir des contre-parties matérielle pour chacun des dons : stickers, tote-bag, mug etc…

Cependant, la création de ces contre-parties matérielles représentent un investissement monétaire parfois important. Or, si vous vous lancez dans une campagne crowdfunding, c’est que justement vous en avez besoin d’argent. Ce n’est pas hyper logique. Vous boulot c’est de créer du contenus, pas de le design de mug. Et si ce n’est pas vraiment votre passion, cela peut avoir un goût de « à quoi bon ? »

Et là, certains ont eu une idée de génie, proposer d’autres types de contreparties immatérielles à leurs fans :

  • les remercier dans les descriptions des épisodes
  • leur proposer d’apporter leur touches à votre travail : suggérer des questions, des thématiques…
  • les inviter à joindre un endroit de conversation privé comme Discord ou Slack, option choisir par Julien Cernobori pour rassembler autour de lui ses assistant enquêteurs pour son podcast « Cerno« 
  • leur donner accès en VIP à un enregistrement de votre podcast
  • proposer des activités en lien avec le sujet de votre podcast comme par exemple, Quentin d' »Une histoire de la jeunesse » qui organise pour ses contributeurs une visite de Paris dans le thème de son émission… hyper malin !

Avec ce type de contre-parties, vous ne dépensez que du temps, et vous restez concentré sur votre podcast !

« Ça va me prendre beaucoup de temps »

Alors là on va pas dire le contraire, mener une campagne de crowdfunding est très chronophage. D’où la nécessité de bien choisir le type de campagne, de s’organiser, de bien choisir le type de contre-parties… Mais comme dirait Tata Claudine « On a rien sans rien mon p’tit bonhomme ! »

« Si je fais du crowdfunding, je ne pourrais pas faire de pub »

On oppose souvent à tord ces 2 moyens de monétisation : inclure de la publicité sur son podcast et être soutenu par sa communauté via le crowdfunding. Il est vrai que certains podcasts, avançent un désir d’indépendance pour justifier l’ouverture de leur page Patreon ou Tippeee. Le podcast Nouvelle Ecole en faisait partie, et on peut lire sur sa page Patreon : « Il n’y a pas de publicités sur Nouvelle École. Je trouve ça mieux comme ça. Je n’aime pas entendre de la pub quand j’écoute une émission. »

Non seulement les deux peuvent cohabiter, mais il y a plusieurs podcasteurs qui testé les 2 formules. Pour exemple, Patrick Beja, est l’un des premiers podcasteurs qui a réussi à vivre de son activité de podcasteur indépendant, grâce au crowdfunding commencé en 2014. Le podcasteur admettait dernièrement dans un épisode du podcast Expat Heroes, qu’il prévoyait d’intégrer prochainement de la publicité à son podcast pour continuer à soutenir son activité.

On peut en effet voir la chose en deux temps : le crowdfunding peut être un tremplin, pour monétiser ensuite son podcast via la publicité. On s’explique : pour pouvoir intéresser des annonceurs, il faut pouvoir justifier d’une certaine audience, qui s’acquiert avec le temps, au fil des épisodes. Grâce au crowdfunding, on est encouragé à mener notre projet sur la longueur, et cela peut devenir un relais pour attendre d’atteindre une taille critique d’audience. En plus, justifier d’une communauté engagée, peut également être un argument de poids pour un annonceur.

« Mes auditeurs ne vont jamais donner »

Quand on créée un contenu, à fortiori gratuit, c’est difficile de s’imaginer être rémunéré. Il faut lui attribuer une valeur, et donc sortir du syndrome de l’imposteur. Par pudeur, il est peut être difficile pour vous de demander de l’argent ?

Mais pourquoi ne pas voir ça comme un contrat : je passe du temps, j’investis mon énergie et parfois mon argent à produire un contenu qui vous plait tellement que vous me suivez depuis plusieurs épisodes. Et si vous me souteniez pour que cela continue ?

D’ailleurs, êtes-vous vraiment sûrs que vos fans ne donneront pas ? Commencez par le leur demander ! Selon un sondage fait sur notre page Instagram en octobre 2019 : 41% avaient déjà donné pour des campagnes crowdfunding, 50% aimeraient bien le faire, et seulement 9% n’était pas à l’aise avec la démarche.

Alors je choisis quoi comme type de crowdfunding  ?

Pour résumer choisir le crowdfunding ponctuel si :

  • vous avez besoin d’une mise de départ pour lancer un projet, par exemple la parution d’un livre en lien avec votre podcast, ou pour rassembler un capital important pour investir dans du matériel par exemple.
  • vous avez déjà un réseau ou une forte communauté à mobiliser
  • vous la disponibilité pour fournir un effort de communication intense sur une période concentrée

Pour résumer choisir le crowdfunding récurrent si :

  • votre besoin de support financier peut s’étaler dans le temps et vos couts s’accordent avec la récurrence, par exemple un abonnement mensuel pour votre hébergement etc.
  • vous cherchez à rassembler autour de vous vos fans les plus engagés, même moins nombreux pour créer du lien et échanger
  • vous voulez vous appuyer sur la régularité de vos publications d’épisodes pour communiquer sur votre campagne

Qu’est ce qu’il faut pour que ça marche ? Nos 5 conseils !

  1. Bien connaitre sa communauté : Quelles que soient le nombre d’écoutes que font vos épisodes, le nombre de likes sur vos posts réseaux sociaux, il y a au moins un petit nombre de personnes qui aiment votre travail. Rassemblez les autour de vous, apprenez à les connaitre, sollicitez leur feed-backs sur votre travail, donner des informations sur les coulisses de votre podcast… en quelques mots cherchez à connaitres les personnes derrière vos auditeurs et approfondissez votre relation ! Vous verrez qu’en plus du soutien monétaire que vos fans pourront vous apporter, vous recevrez aussi des encouragements et beaucoup d’énergie pour continuer votre travail !
  2. Bien s’organiserProduire un podcast demande déjà beaucoup de temps, et lancer une campagne est aussi chronophage. Pour que cela fonctionne, il faut bien s’organiser : étapes pour communiquer en lien avec votre calendrier de publication d’épisodes, choix des contreparties accordé à votre activité de podcasteur… On vous conseille de considérer que votre podcast et cette campagne sont un seul et même projet pour veiller à ce que chaque action soit « une pierre deux coups ! »
  3. Oublier sa pudeur : Démarrer une campagne de crowdfunding demande de passer au delà d’une pudeur répendue « J’ai du mal à demander de l’argent ». Et si vous changiez de point de vue ? Vous produisez un contenu de qualité, vous publiez des épisodes régulièrement, vous passer du temps à créer du lien avec votre communauté… et en échange, celle-ci soutient cette activité. Un peu comme un contrat !
  4. Faire preuve de transparence : Faire un podcast demande beaucoup d’investissement… en temps et en euros. On l’a déjà dit plusieurs fois, mais est ce que vous avez déjà expliqué concrètement ce que vous faisiez à vos auditeurs ? Les heures de recherche préalable, les soirées d’enregistrement, les après-midi de montage, les weekends de mixage… Faites preuve de transparence sur votre quotidien de podcasteur, votre situation…cela satisfera la curiosité de certains et motivera d’autres à rejoindre vos contributeurs !
  5. Faciliter le don pour les auditeurs : Vous avez créé votre page Tipee ou Patréon ? C’est le début du boulot ! Maintenant, il va falloir que vous informiez vos auditeurs de la possibilité de faire un don et que vous leur expliquiez votre démarche. Et surtout que vous indiquiez à peu près partout l’url de votre campagne : sur votre site, dans la description de votre podcast, sur vos réseaux sociaux, à la fin de chacun de vos épisodes… Et même avec tous ces efforts certains de vos auditeurs, même convaincus, ne passeront à l’action, parce qu’ils oublient !

Pour faciliter au maximum le don de vos auditeurs, vous avez la possibilité  en tant que podcasteur d’ajouter un bouton avec un symbole « cadeau »sur notre application communautaire de podcasts eeko podcast. Ce bouton sera présent sur votre page de podcast, sur tous vos épisodes, sur le player…plus qu’un clic sera nécessaire à vos fans pour être redirigés sur votre campagne crowdfunding. De quoi leur simplifier la vie et encourager leur soutien !

Si cette option gratuite vous intéresse , contactez-nous à [email protected] 

Bon, alors, motivés ? est ce que vous voyez d’autres clefs de succès pour réussir sa campagne crowdfunding quand on est podcasteur ou podcasteuse ?

Anne-Claire
Fondatrice d'eeko-podcast Passionnée de podcasts, j'aime en découvrir de nouveaux et les faire découvrir à mon entourage !

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