Derrière le micro de … Fayole – Bromance

Fayole

Quand Fayole se lance dans un projet, elle le fait entièrement et avec le coeur ! C’est ce qu’on comprend en lisant son portrait, et les raisons parfois très anciennes qui l’ont menée à animer le podcast Bromance : son histoire avec la voix, son attachement à la famille… Ses réponses sont pétillantes, dynamiques et généreuses…en témoignent ses très nombreuses recommandations de podcasts tout à la fin, bonne découverte !

D’abord laissons Fayole se présenter…

Pourquoi t’es-tu lancée dans le podcast ?

Je suis de la génération « radios libres », au collège je m’endormais en écoutant Difool. Pendant 30 ans, j’ai toujours entendu mon père se réveiller avec RFI ou France Inter… Déjà au collège, j’avais dit à ma conseillère d’orientation que la radio ça me branchait bien, elle m’a envoyé faire du droit à la place et finalement j’ai fait de la com, puis du digital !!! Quelques années plus tard, au hasard de belles rencontres, j’ai eu la chance de faire de la radio. Cette expérience m’a beaucoup appris sur moi, sur les médias, leur puissance mais aussi leurs lacunes, nombreuses. Si aujourd’hui, la radio ne me manque pas, le micro oui. Le podcast c’était l’occasion d’en retrouver un sans les contraintes inhérentes à l’industrie. À vrai dire, le podcast est bien plus en accord avec les valeurs que je défends aujourd’hui : l’inclusion, la bienveillance, la diversité, le droit de choisir… c’est ce qu’est en train de rater la radio, comme la TV avant elle et on voit ce que ça a donné !

Un truc que les auditeurs ne savent pas sur toi ?

Mon plus vieux souvenir lié à l’audio, c’est ma grand-mère. Mes parents sont haïtiens, quand j’étais enfant, la liaison téléphonique entre Paris et le bled n’existait pas ou alors, il fallait avoir des actions chez France Telecom et surtout un téléphone dans un pays qui n’a même pas l’électricité et l’eau courante ! Pour communiquer avec ma grand-mère, mes parents (comme tous les haïtiens que je connais d’ailleurs) s’enregistraient pendant des heures sur des cassettes audio, où ils racontaient leur vie, leurs galères, leurs bonheurs… C’était assez pratique, ma mère enregistrait dix minutes, puis elle retournait à ses occupations, mon père venait poser son couplet quand ma mère était occupée à autre chose… Évidemment mon frère et moi (ma petite sœur n’a pas connu ça ou alors pas longtemps…) avions aussi droit à notre petit mot. Pour nous, c’était un peu une corvée. Parler à des gens que l’on connaissait qu’au travers de nos parents, par l’intermédiaire d’un radiocassette c’était lunaire, mais on n’avait pas le choix… Il fallait dire bonjour à mamie, aux oncles et tantes, raconter nos bons résultats scolaires… Le premier qui partait au bled emmenait la cassette à la famille (parce que les services postaux laisse tomber !) Quand ma grand-mère avait écouté sa partie et fait écouter leur partie à mes oncles et tantes, à leur tour, ils enregistraient sur la même cassette leurs salutations. C’est aussi grâce à ses cassettes que j’ai développé mes skills de créole, car à la maison seul le français était de rigueur.

J’ai vu ma grand-mère maternelle (aujourd’hui décédée) deux fois dans ma vie (à 3 et 10 ans), mais je saurais reconnaître sa voix parmi mille autres.

Peux-tu nous partager une anecdote sur les coulisses de ton podcast ?

C’est un peu plus que les coulisses de Bromance… En février 2019, quand le 1er épisode de Bromance sort, je viens de quitter Paris pour une mission en Côte d’Ivoire. En réalité, en plus de quitter ma famille, mon mec et mes amis, je pars de Paris très fâchée contre ma sœur. C’est notre première grosse dispute et j’espère la dernière. Grâce à l’insistance et à la persévérance de ma mère on se reparle enfin. Hier on a passé 30min au téléphone, je lui racontais ma vie à Abidjan.

Quel est ton meilleur souvenir depuis que tu as lancé ton podcast ?

Ça va paraître consensuel mais chaque enregistrement est mon meilleur souvenir. Chaque fois, je me suis régalée à découvrir ces fratries. Toutefois, je me souviens le jour où le podcast s’est retrouvé dans les nouveautés d’Apple Podcast, donc à la Une de l’application, j’étais trop croque ! Avec la team Mukashi Mukashi, on n’était pas peu fiers.

La vie d’une podcasteuse en 3 hashtags ?

Je crois que j’ai beaucoup de chance pour une podcasteuse, mes seuls soucis sont d’ordre éditorial… Pour la technique, enregistrement, montage, mixage… je travaille avec une équipe formidable, qui s’attèle à délivrer un contenu irréprochable tant sur la forme que le fond. Mukashi Mukashi prend le temps et l’énergie nécessaires pour que le son soit agréable, que les invités (et moi aussi) soient mis en valeur, que chaque épisode soit le reflet des histoires qu’acceptent de nous partager les fratries.

En 3 hashtags ça donne :

#Préoccupée

Je passe mon temps à me demander si j’ai posé les bonnes questions, si j’ai posé toutes les questions, si mes invités seront à l’aise, si j’ai été assez à l’écoute, parce que je suis très bavarde en vrai… J’ai toujours peur que la longueur des épisodes soit un frein pour les auditeurs et rien ne me fait plus plaisir que de lire ou d’entendre « ben en fait c’est passé trop vite ! »

#Frustrée

Quand tu commences un podcast, tu as plein d’idées, d’envies et moi j’en ai 3/4 par jour, c’est d’une pénibilité sans nom. Il faut donc apprendre à vivre avec la frustration de ne pouvoir mener tous les projets, mais aussi apprendre à utiliser cette énergie et ces idées autrement.

#Débordée

J’ai une activité professionnelle très prenante, une famille, des amies, un mec… c’est difficile d’accorder du temps à tous sans en négliger aucun. D’ailleurs, je néglige un peu trop la communication du podcast donc je pourrais rajouter le hashtag #culpabilisée.

Quel podcast nous recommandes-tu ?

Que sont-ils devenus ?

Ce podcast m’a littéralement fait chialer parce qu’il est le reflet de mon histoire et de celle de beaucoup de banlieusards il aurait pu s’appeler « On n’est pas condamnés à l’échec » comme le chantait si bien Kerry James. Dans cette série, Delphine Saltel va à la recherche d’anciens élèves qu’elle a connu quand elle était prof. Elle retrouve ces enfants de la banlieue, devenus adultes auxquels elle va faire réécouter des extraits d’enregistrements de l’époque les confrontant à ce qu’ils ont été pour mieux apprécier ou non ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Parfois la série prend des airs de « Rendez-vous en Terre inconnue » mais c’est surtout un constat social et sociétal que va faire Delphine en allant à la recherche de ses anciens élèves. Ce podcast ne m’a rien appris sur la banlieue et ses écoles, rien sur le déterminisme social qui peut parfois offrir des surprises, mais il m’a énormément émue parce que Delphine se confronte à ses doutes, ses propres stéréotypes et même ses peurs pour tenter de comprendre ce que la société française a foiré ou non dans le mot « banlieue ».  

écouter « Que sont-ils devenus ? »

Merci maman, papa

Vous l’aurez compris, je suis passionnée par les origines, le poids des cultures, le déterminisme social et pour moi le podcast qui assouvit le mieux ma soif en la matière c’est Merci maman, papa. J’aurais rêvé faire ce podcast… Dans chaque épisode, Madina nous amène à la rencontre d’un homme ou d’une femme qui a émigré en France à une époque où la France était encore une « terre d’accueil ». Ils nous racontent leur parcours, leur périple, leurs embûches, leurs chances, toutes ces choses qui font d’eux, qu’on le veuille ou non, des citoyens français… A chaque épisode il y a un bout de l’histoire de mon père, de ma mère et de nombreux autres qui ont fait le choix de tout quitter, dans l’espoir d’offrir un avenir à leurs proches. Ce podcast est lui aussi d’utilité publique, par les temps qui courent. J’insiste c’est un bonbon pour ceux qui comme moi sont les héritiers de la migration, mais aussi pour les autres, ceux qui sont persuadés d’être chez eux ! Je rêve d’y entendre un jour mon père ou ma mère car l’immigration c’est aussi un héritage plein de zones d’ombre, de douleurs dont on ne parle pas forcément dans les familles et ce format permet de libérer la parole et de laisser aux autres un témoignage. Merci Madina de rendre cet hommage à nos aînés.

écouter « Merci Maman, papa »

Culture Miam

C’est un snack audio entre bouffe et culture G. J’adore ce podcast, dans chaque épisode Mia t’explique le « quand, pourquoi, comment » d’un aliment, d’une boisson, d’une sauce… C’est comme ça que j’ai appris d’où venaient les pâtes instantanées, le Cuba libre ou encore la sauce algérienne et du coup je les consomme autrement depuis… Oui l’histoire est plus complexe qu’elle n’y paraît !

écouter « Culture Miam »

Melting Pot

Quand ce podcast est sorti, ce concept me trottait dans la tête depuis longtemps, mais je ne l’aurais pas incarné aussi bien parce que justement c’est un sujet qui me tient trop à cœur. Mélanie s’attache à nous faire découvrir des gens de tous horizons, avec des parcours singuliers et riches. Ce podcast est généreux et est un rempart contre les clichés.

écouter « Melting Pot »

découvrir le portrait de Mélanie

On The Verge

Voilà un concept qui aurait toute sa place à la radio pour remplacer ces soiring animés depuis 20 ans par des mecs oui parce que les filles c’est là pour décorer… Dans chaque épisode, Anne-Laure invite un homme à nous parler de sa sexualité, c’est passionnant et surtout bienveillant. Quand tu crois que tu gères le sujet, ben tu découvres encore des trucs… Certes, je n’écoute plus de soiring, mais On the Verge je l’écoute le soir ou très tôt le matin seule dans mon lit la couette sur la tête comme quand je me planquais à 12/13 ans pour écouter Difool et la Marie m’expliquer ce qu’est la sodomie. A mon sens, ce podcast est d’utilité publique.

écouter « On the Verge »

Les mauvaises langues

C’est un talk où on parle d’actu people avec beaucoup de second degré. C’est aussi l’endroit où se retrouvent une partie des podcasteurs de Mukashi Mukashi, dont je fais partie et quand nos agendas sont trop compliqués (ce qui arrive souvent) ben on invite des potes. En vrai tout le monde peut rejoindre la table de Leïla pour bitcher 1h sur les stars de ce monde.

écouter « les mauvaises langues »

L’école du Pad

Si tu aimes les jeux vidéo et/ou l’histoire ben ce podcast va te plaire. Le premier épisode est consacré à l’Égypte vue par Assassin’s creed. Tu sais quoi, ni l’un ni l’autre ne me passionnent, mais cet épisode m’a transportée déjà par la qualité de l’intervenant mais aussi la capacité qu’a Clément à te faire rentrer dans l’histoire et l’univers…

écouter « L’école du Pad »

Kawazofy

C’est un podcast d’introspection, Mathilde reçoit un.e invité.e pour partager un café turc dont il va lire le marc pour nous en dire plus sur lui ou elle. C’est un podcast qui fait du bien aux curieux comme moi. Entendre ces inconnus parler de leur vie, leurs obsessions, leurs amours, leurs défauts, qualités… ça me rassure et me déculpabilise sur mes névroses.

écouter « Kawazofy »

Les petites mains

J’aime les fringues, la mode, mais je suis passionnée par ceux qui les font et pas seulement les grands créateurs dont on connait tous la griffe. Moi j’adore les petites mains, celles qui font des trucs incroyables dans l’ombre. Dans ce podcast Isabelle, nous amène à la rencontre de passionnés, ces gens soucieux du détail, de ces métiers insoupçonnés qui font de la mode un art.

écouter « Le petites mains »

Après il y a plein d’autres podcasts que j’adore et que je vous invite à découvrir aussi :

L’effet miroir, Le Tchip Podcast, Y’a plus de papier, Les gentilshommes, Black Lemonade, Entre nos lèvres, Génération XX, InsecuriTea, Le Gratin, Me My Sexe and I, La Poudre, Nouveau Modèle, Super Héros, Thinkerview, Transfert, Vlan, Pile, Profils…

Sous la douche, au sport, dans la voiture, dans son lit, les occasions ne manquent pas pour dévorer des podcasts.

On vous en dit plus sur…

Bromance

BROMANCE-podcast

Bromance est un de ces podcast qui parvient à porter un thème aussi intime qu’universel : la famille et plus précisement les relations entre frères et soeurs. Un sujet qui parle à tout le monde mais avec lequel nous avons chacun un rapport bien particulier. Lors de longues interviews, Fayole parvient à créer un espace d’intimité avec les fratries qu’elle invite à son micro, si bien que petit à petit viennent se tisser dans nos oreilles,  ces histoires de familles uniques… Tout en délicatesse et subtilité, on navigue de rires en émotions, et on a souvent envie en fin d’épisode d’envoyer un petit message à nos proches pour leur rappeler qu’on les aime !

écouter « Bromance »

Si vous et votre fratrie êtes intéressé.e.s pour participer au podcast de Fayole,  vous pouvez lui écrire à [email protected]

Copyright photo « Pauline Darley »

Anne-Claire
Fondatrice d'eeko-podcast Passionnée de podcasts, j'aime en découvrir de nouveaux et les faire découvrir à mon entourage !

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